Dans le cadre des Rencontres Théâtrales du Val d’Amour, LA DEVISE de François BEGAUDEAU au Boulodorme de BANS le Samedi 25 Juin 2016.

DEVISE

mise en scène Benoît Lambert

Avec : Marie-Ange Gagnaux, Yoann Gasiorowski

Il n’y avait pas de drapeau bleu, blanc, rouge, caracolant sa devise « Liberté, égalité, fraternité » ce bel après midi du 25 Juin 2016 au Boulodrome de Bans qui fêtait la 6ème édition des Rencontres Théâtrales du Val d’Amour. Et pourtant tous les témoins qu’ils soient élus de la République, organisateurs du festival, artistes et surtout le public venu en famille, pourront vous assurer qu’il flottait bien dans l’air l’esprit de cette fameuse devise.

Que les sceptiques dessillent leurs yeux, cette devise inscrite, sculptée à même la pierre au-dessus de toutes les mairies de France, s’est reflétée dans l’escarcelle d’un jeune auteur contemporain, co-scénariste et interprète du film « Entre les murs » (palme d’or à Cannes en 2008), François BEGAUDEAU.

« Pour la faire parler » lui a signifié son commanditaire, le metteur en en scène engagé Benoît LAMBERT, de façon inédite au théâtre, lui offrir même un siège, une tribune, à côté des tableaux noirs, face aux lycéens.

Branle-bas de combat pour François BEGAUDEAU qui en dépit de sa notoriété n’entend pas l’utiliser comme professeur d’Éducation civique.

A moins de le mettre en scène ce bougre d’éducateur, de bonne composition, sommé de donner du sens à la devise nationale à un public de lycéens .

Un défi qui tient de la haute voltige, de la cascade idéologique, philosophique, politique etc. Comment ne pas tomber dans la bien-pensance avec un tel sujet . L’homme fait appel à une coach, une Marianne de la République, censée l’aider à grimper tout autour de cette formule impavide qui fait rayonner de ces belles dents, bleues, blanc, rouge, la France dans le monde entier.

Une devise faite pour être déclamée à plein poumons comme si elle surgissait du cœur du peuple, et qui se trouve statufiée au dessus des mairies, exposée aux rangées de pics qui chassent les pigeons. Quel paradoxe ! ?

Et si nous en faisions l’inventaire de cette devise, au premier, deuxième, troisième degré. Si nous la chauffions à blanc !

La faire parler, lui tirer les vers du nez, non cela ne s’apprivoise pas comme ça une devise qui a vraiment l’allure d’une façade qui semble narguer tous ceux mêmes qui voudraient y croire.

François BEGAUDEAU a pris le parti d’en sourire . Le héros de la pièce chargé de « redonner du sens à notre devise, véritable socle moral de la République » a conscience de n’avoir ni le costume ni le décorum, ni la langue de bois adaptée à une telle exigence.

Il a le vertige ! Mais c’est heureux pour le public, il semblerait qu’il ait entendu parler du parti du M.O.U (mouvement ondulatoire unifié) créé par l’humoriste Pierre DAC, candidat à l’élection présidentielle, il y a plus de cinquante ans !

En tout cas, le public a particulièrement apprécié la représentation de cette pièce servie par d’excellents comédiens, dans une mise en scène sobre et efficace de Benoît LAMBERT.

Le spectacle a été suivi d’un débat passionné et contradictoire en présence de l’auteur, du metteur en scène, et de deux philosophes dont l’un est libraire. Que l’on soit tenté de monter au créneau pour avancer ou de rester plus circonspect puisqu’à vrai dire, les notions de liberté, égalité, fraternité seront toujours relatives, l’important en effet est de permettre aux différentes sensibilités de s’exprimer, sinon fraternellement, de la façon la plus conviviale possible. Encore une utopie, et pourquoi pas, quand les utopistes pragmatiques retroussent leurs manches, ils ne prêchent jamais dans le désert. On pouvait donc l’entendre comme un oiseau de Prévert, ronronner ou siffloter dans l’air cette belle devise « Liberté, égalité, fraternité » au boulodrome de Bans, ce Samedi 25 Juin 2016 !

Paris, le 27 Juin 2016                           Évelyne Trân

 

Dans le cadre du Festival du Futur Composé 2016 – La jeune femme et la licorne au Carreau du Temple – 4 rue Eugène Spuller 75003, Paris le 14 Juin 2016 –

Marie%20ClauzadeDURÉE : 1H20
MISE EN SCÈNE : MARION COUTAREL
ECRITURE ET DRAMATURGIE : LAURENT BERGER
LUMIÈRE : JEAN-YVES COURCOUX
MUSIQUE : EMMANUEL JESSUA
SCÉNOGRAPHIE : LAURENT CARCEDO, MURIEL CHIRCOP
COSTUMES : ALINE ERSHAM
REGARD CHORÉGRAPHIQUE : BRIGITTE NÉGRO
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE : PAULINE CASTELLI
CRÉÉ ET INTERPRÉTÉ PAR LES ACTEURS DE LA BULLE BLEUE : MÉLAINE BLOT, LAURA DELEAZ, MIREILLE DEJEAN, ARNAUD GÉLIS, SARAH LEMAIRE, PHILIPPE POLI
RÉGIE GÉNÉRALE JÉRÉMY NÈGRE ET CLÉMENT POTIÉ, KÉVIN TRÉVILLY, ANTOINE CALLY / LES PHOTOGRAPHIES DU SPECTACLE ONT ÉTÉ PRISES PAR MARIE CLAUZADE
PRODUCTION : COMPAGNIE LA BULLE BLEUE / THÉÂTRE DE LA REMISE
CO-PRODUCTION : DOMAINE D’O – DOMAINE DÉPARTEMENTAL D’ART ET DE
CULTURE – MONTPELLIER

 Jeune femme

Dossier La jeune femme à la licorne

Programme Festival 2016

Intense et délicate cette Jeune femme à la licorne, illuminée par la grâce de son interprète et la présence de ses partenaires, tous comédiens de la Compagnie LA BULLE BLEUE.

 LA BULLE BLEUE  est une troupe permanente réunissant des comédiens, des techniciens et des administrateurs en situation de handicap.

 C’est une histoire familiale qui nous est contée à travers cette jeune femme à la licorne, inspirée de la Ménagerie de verre de Tennessee WILLIAMS. Tout un tissu affectif, tendu, distendu, avec ses vides et ses trampolines, ses vertiges aussi. C’est aussi fragile et aussi beau qu’une toile d’araignée.

 Les interprètes, partie prenante de cette création collective dirigée par Marion COUTAREL, la metteure en scène, comédienne du Théâtre de la  Remise, sont à la fois funambules et tisserands d’une histoire de famille,  retournée, imaginée, inventée, rêvée.

 Leurs vécus, leurs fragilités sont mis à contribution, pour exprimer la vulnérabilité de cette jeune fille qui doit cohabiter avec un frère qui a la rage de vivre et une mère omniprésente mais hors d’atteinte.

Surmonter ses difficultés psychologiques, physiques, c’est possible. En tout cas les artistes de la troupe  LA BULLE BLEUE semblent avoir complétement oublié leurs handicaps. Ce qui les caractérise sur scène c’est leur talent incontestable, leur vitalité, leur imagination.

 Cela nous fait d’autant plus plaisir, figurez-vous, que nous sommes plus  nombreux que l’on ne le croit, sur cette terre à lutter pour faire reconnaitre le droit à l’homme avec ses béquilles d’exister, pouvoir se regarder en face dans un miroir, et se dire, à tout prendre, je préfère être mal foutu que d’avoir une gueule de robot !

 Quand nos défauts, nos bosses, nos blessures et nos vertiges éclairent notre regard d’humain !

Paris,  le 24 Juin 2016                               Evelyne Trân           

 

 

 

 

 

 

LES RENCONTRES THÉÂTRALES DU VAL D’AMOUR à BANS et à VAUDREY Du 21/06/2016 au 26/06/2016 – Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche –

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Les rencontres  Théâtrales créées en 2011 commencent leur sixième édition, ce 21 juin 2016, le jour de l’été.

Vingt-quatre communes de la Communauté des communes du Val d’Amour  soutiennent l’évènement.

C’est un natif de Mont-sous-Vaudrey Eric PETITJEAN, acteur et metteur en scène dont nous avions apprécié la formidable prestation dans la Putain de l’Oyo au Théâtre de l’Aquarium, qui est à l’origine de ces rencontres auxquelles participe toute la population.

Six jours de fête culturelle, de fête de théâtre mais pas seulement …

 CALENDRIER

MAR 21 JUIN 18H00 CONCERT / EGLISE DE VAUDREY

20H00 SNACK / BAR DES RENCONTRES

PUIS FÊTE DE LA MUSIQUE

MER 22 JUIN 19H00 L’AFFAIRE SUIT SON COURS / PLACE DE L’ECOLE DE

VAUDREY

JEU 23 JUIN 20H30 ROSA / GRANGE PETITGUYOT Â VAUDREY

VEN 24 JUIN 19H30 LA CHANSON DE LA PEUR / BAR DES RENCONTRES

20H30 ROSA / GRANGE PETITGUYOT Â VAUDREY

SAM 25 JUIN 14H00 LA DEVISE / BOULODROME DE BANS

15H15 LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : NOTRE

DÉMOCRATIE / BOULODROME DE BANS

LES 50 ANS DU CCSVA / BOULODROME DE BANS

18H00 LE FILM

19H45 L’APÉRO ANIMÉ PAR TÉLÉ MOUSTIC –

LES ADIEUX DE LA PRÉSIDENTE

21H00 LE REPAS (SUR RÉSERVATION)

22H00 LE CONCERT DU GROUPE C’DRIC

DIM 26 JUIN 10H30 PRÉNTATION DES ATELIERS ENFANTS / SALLE DES

FÊTES DE VAUDREY

14H00 LA MAISON HANTÉE (DÉAMBULATION) / ÉCOLE DE

VAUDREY

14H00 THÉÂTRE DE L’ÉPOUVANTE / VAUDREY

15H45 THÉÂTRE DE L’ÉPOUVANTE / VAUDREY

16H30 LE DÉFILÉ DES MONSTRES / RUES DE VAUDREY

17H30 CABARET BLASTER / VAUDREY

19H30 GALA DE TWIRLING BARTON

Silvia LENZI chante Une vie… (mode d’emploi) au petit Louvre/salle Van Gogh – 23 Rue Saint-Agricol 84OOO AVIGNON – à l’occasion du Festival Off, tous les jours du 7 au 30 Juillet 2016 à 15H 45.

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Presentation UNE VIE Mode demploi Avignon (1)

High Tech – Silvia Lenzi – YouTube

17 mars 2016 – Ajouté par Silvia Lenzi

Extrait du spectacle « Une Vie…(mode d’emploi) ». Du 7 au 30 juillet 2016 au Théâtre Le Petit Louvre d’Avignon …

P.S. : Silvia LENZI et Emile BRAMI étaient les invités de l’émission « Deux sous de scène » en 2ème partie, sur Radio Libertaire 89.4 , le samedi 18 Juin 2016 (en podcast pendant un mois, sur le site « Grille des émissions R.L.)

Silvia LENZI, nous avions pu apprécier son talent de violoncelliste lors de la création de « Céline, Proust » un spectacle conçu par  Émile Brami et Mikaël Hirsch, mis en scène et interprété par Ivan MORANE.

C’est à l’occasion de ce spectacle qu’elle rencontre Émile BRAMI. Elle devient sa muse et il écrit pour elle une trentaine de chansons dont une quinzaine illustre cette création. Un vrai bouquet de fleurs savamment agencé où la pensée violette peut se pencher au-dessus d’une jaune tulipe, le myosotis tendre se joindre à la marguerite rebelle.

N’étant pas fleuriste, je laisse le soin aux spectateurs d’imaginer la beauté de ce bouquet musical déposé aux pieds de Silvia LENZI, dont la voix profonde et douce pénètre si bien les chansons d’amour et devient piquante et coquine en vagabondant à travers nos modes de vie que nous soyons vegan ou facebook ou libertaire…

Il se dégage aussi beaucoup de fraîcheur et de malice dans la composition du spectacle mis en scène avec un grain de folie par Ivan MORANE.

Les musiciens également comédiens donnent l’impression de danser avec leurs instruments. Ils sont toujours en mouvement mimant des scènes de chansons, n’hésitant pas à faire jouir musicalement des casseroles !

Ajoutons que c’est Silvia LENZI elle-même qui a composé toutes les musiques et que les arrangements ont été écrits par ses compagnons de route depuis 20 ans, le clarinettiste Etienne LAMAISON et le percussionniste Bruno GRARE.

C’est un réjouissant spectacle au parfum pénétrant mais si frais qu’il parait tout bienvenu à Avignon pour faire la pluie et le soleil et donc un bel arc en ciel qui enchantera grands et petits. A ne pas manquer !

Paris, le 18 Juin 2016                        Evelyne Trân

DÉJÀ LA FIN ? – Texte : Henri-René Lenormand. Alison Cosson – Mise en scène Patrice BIGEL – COMPAGNIE LA RUMEUR – USINE HOLLANDER – 1, rue du Docteur Roux 94600 CHOISY LE ROI –

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Texte : Henri-René Lenormand. Alison Cosson

Mise en scène : Patrice Bigel

Scénographie, lumières, costumes : Jean-Charles Clair

Son : Patrice Bigel. Clément Mathis.

Avec :

Simon Cadranel, Raphaële Carril, Roland Dupouy, Karl-Ludwig Francisco, Mirjana Kapor Huerre, Charly Hamel, Martine Lamy, Françoise Léger, Émilie Olivier, Mélanie Prévot, Valentine Riedinger, Gilles Vanbunnen, Éloïse Vereecken.

Presse : Catherine Guizard / La Strada & Cies

Administration, production : Agnès Chaigneau

Et l’éternel recommencement…L’auteur du Crépuscule du Théâtre,  Henri-René LENORMAND a basculé dans l’oubli, disons qu’il a loupé une marche d’escalier et qu’il s’est évanoui dans l’air comme tous ces acteurs de la vie cités par Prospéro dans la Tempête de Shakespeare.

Patrice BIGEL aurait retrouvé le texte de cette pièce écrite en 1934 dans une brocante. Henri-René LENORAMND était alors un dramaturge réputé d’avant garde, lecteur de Freud et de Strindberg.

Dans les années trente, le cinéma était en plein essor et un auteur tel que lui pouvait s’éprouver menacé d’extinction. Les scénarios à grosse ficelle et aux effets spectaculaires allaient-ils remplacer les textes à forte trempe, tels ceux de Shakespeare et d’Ibsen? Les comédiens allaient-ils déserter la scène du théâtre pour s’ investir sur le grand écran ?

La suite a prouvé que les acteurs qui font du cinéma ne peuvent pas se passer du théâtre. Les deux disciplines peuvent même être complémentaires et s’enrichir mutuellement.

Les propos d’Henri-René LENORMAND font écho aux difficultés que rencontre le théâtre aujourd’hui pour attirer le public. Une histoire d’offre et de demande ? L’ancien et le moderne peuvent très bien cohabiter. Le théâtre a plusieurs visages de même que le public. Ne doit-il pas comme tous les arts se doper d’inconscience, avoir pour devise l’aventure créatrice avec ses risques et périls ?

Il manque d’auteurs contemporains, dit-on ? Qui ose monter la pièce d’un dramaturge inconnu ? Des éditeurs reçoivent des montagnes de manuscrits qu’ils jettent à la poubelle avant même de les lire. Cruel constat lorsqu’on songe à la médiocrité des scénarios télévisuels censés divertir le public, tous soumis à des grilles de statistiques de satisfaction éphémère.

A l’époque d’Henri-René LENORMAND, le succès du cinéma remettait en question l’avenir du théâtre. Cette perspective de fin de quelque chose qui en annonce une autre, absolument inconnue, plane dans les pièces de Tchekhov auxquelles il fait référence. Certes, il faut avoir un certain âge pour être conscient d’avancer vers l’avenir avec des échasses plongées dans le passé. C’est la situation peu confortable du vieux directeur de théâtre, fier d’avoir monté toutes les pièces de Shakespeare et moqué par un metteur en scène « moderne » qui fait la démonstration grotesque de l’effondrement de ses valeurs devenues obsolètes.

Et pourtant plus que jamais, ces histoires de chair souvent  comprimée, évacuée, oubliée, éprouvent physiquement et non virtuellement  le besoin  de s’exprimer et c’est la scène du théâtre qui les accueille. Comment comprendre sinon, cette extraordinaire effusion théâtrale que représente notamment le festival d’Avignon et il y en a bien d’autres…

L’homme de théâtre déchu, dans cette pièce, c’est en quelque sorte Sisyphe, à la fois auteur, comédien, metteur en scène, artisan voué à se battre à mains nues parce que c’est indéfinissable la création, ici et maintenant.

 

Le théâtre n’a pas besoin d’apologie comme le phénix il renaîtra toujours de ses cendres.

La mise en scène de Patrice BIGEL du texte de Henri René LENORMAND auquel s’ajuste parfaitement celui d’Alison COSSON, fait songer à un palimpseste onirique.

La musique d’ambiance qui court dans tous les recoins obscurs de la scène, les bruits des pas des protagonistes qui résonnent dans le silence, l’élocution lente des comédiens créent une sorte d’écoulement théatral, en goutte à goutte crépusculaire qui annonce le jour.

Nous y croyons ! Si c’est déjà la fin alors c’est le commencement d’autre chose. Et si la remarque de la chiffonnière venue ramasser les gravats parait très pragmatique, c’est qu’elle est également saine. Le monceau des manuscrits de pièces de théâtre qui va partir à la décharge, étalé sur la scène, impressionne comme un geste théâtral ultime. Confrontés à cette vision, nous ne pouvons nous empêcher de rêver à leur contenu. Ils attendent seulement que nous allions à leur rencontre. Et tout est possible ….

Oui tout se passe comme dans un rêve, chahuté par l’imagination des auteurs, ainsi l’apparition d’un grand ours en glace, allégorie d’un iceberg en train de fondre, tandis que s’agitent, se démènent, continuent à lutter pour exister, les artisans, les comédiens, la vedette, le dramaturge, le directeur de théâtre mettant en scène leur propre drame. Leur spectacle est éloquent, profondément expressif !

Paris, le 18 Juin 2016                                  Évelyne Trân

Augustin passe aux aveux d’après les confessions de Saint Augustin – traduction de Frédéric Boyer – Adaptation de Martine Loriot et Dominique Touzé – au THEATRE DES DECHARGEURS – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS – à 21 Heures, les jeudis et vendredis du 19 Mai au 1er Juillet 2016 –

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Traduction :

Mise en scène :

Comédien(s) :

Crédit Photo Visuel :

« La maison de mon âme est étroite » dit Saint Augustin, le célèbre auteur des Confessions, un livre où il retrace l’itinéraire qui a abouti à sa conversion au christianisme. Le chemin d’Augustin paraît strictement intérieur et la lecture de ses confessions peut interpeller aussi bien les croyants que les athées en tant que témoignage d’un homme dont la quête spirituelle renvoie aux angoisses existentielles de tout être, qui ne sont pas l’apanage des seuls religieux.

L’expérience d’être vivant n’est évidemment par la même pour tous. Le corps, siège des émotions, est-ce donc la maison dont parle Augustin ? L’aveu de ses débordements charnels, l’épreuve du plaisir, les pulsions sexuelles qui travaillent un homme ou une femme, comment les surmonter ? Font-elles partie de ces démons qui poussent les hommes à la guerre ou au mysticisme meurtrier.

Les religions, c’est certain, se sont appliquées à jeter des points de suture aux débordements humains, quitte à se mordre la queue, à se mordre la langue.

Il n’y a pas de discours adapté pour rendre compte des tourments individuels. Ceux qui souffrent sont dits malades sinon fous. Le manichéisme, cette philosophie qui fut une religion proposant une vision du monde partagé entre bons et méchants, obscurcit la conscience humaine.

Pour la petite histoire, Augustin n’était pas un pur Romain, il avait des origines berbères. Les migrations des populations de mémoire d’homme ont toujours existé. Qui voudrait empêcher le monde de bouger ? Il est terrible aujourd’hui, d’entendre de la bouche d’un parti d’extrême droite qu’il faut empêcher les migrants d’envahir l’île de Mayotte parce qu’ils sont porteurs d’une vilaine religion. Les migrants sont-ils des insectes, des cafards humains destinés au saupoudrage insecticide ?

Qu’en aurait pensé Augustin ? Son interlocuteur idéalisé est Dieu, mais ses questions concernent l’homme et le monde.

L’adaptation théâtrale des confessions de Saint Augustin par Martine LORIOT et Dominique TOUZE ouvre un pan de rideau sur la personnalité de l’homme. Interprété par Dominique TOUZE, le personnage dégage une chaleur humaine, un aspect bon vivant, inattendu de la part d’un prêtre devenu saint.

L’écriture paraît si moderne qu’elle évoque des textes, des conversations de héros Dostoïevskiens.

A la question « Qui est là ? »d’Augustin répond au centre de la scène comme installé sur son trône, le musicien Guillaume BONGIRAUD, interprète de sa composition musicale pour violoncelle électro-acoustique et percussions.

Cette porte ouverte vers Augustin est empreinte d’un charme réel . Et puis Augustin avait la chance d’ignorer qu’il deviendrait saint. Ici, incarné par Dominique TOUZE, c’est heureusement un homme de toute sa charpente humaine qui s’exprime.

Paris, le 13 Juin 2016                                      Évelyne Trân

AU FESTIVAL DES CAVES 2016 – Les poissons partirent combattre les hommes d’Angélica LIDELL, le 11 et le 12 JUIN 2016 à DIJON – Mise en scène Julien BARBAZIN – Interprétation Benjamin MBA –

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Mise en scène :
Avec :
Edition(s) du festival :

D’Angelica Liddell

Mise en scène : Julien Barbazin

Avec : Benjamin Mba et Céline Morvan (voix)

Son : Antoine Lenoble et Charles Barbazin

En coproduction avec la Cie les Ecorchés (Dijon)

Saisissante apparition d’un être hybride, accoutré d’une belle longue et lourde, rutilante robe rouge qui évoque le faste, le luxe d’une société décadente, le visage noir barbouillé de blanc jusqu’au cou, les mains osseuses et fines mises en valeur par des gants de soie, quelle est donc cette créature, cette caricature de femme qui remplit l’espace d’une petite cave, avançant au milieu du public aussi impressionnante qu’une mante religieuse, qu’une étrangère venue d’un autre monde ?

Face à elle au fond du mur, juste un drapeau avec des étoiles et un micro qui permettent d’imaginer l’invisible mais incontournable homme politique prêt à entonner quelque discours d’inauguration juste avant le cocktail et les petits fours.

C’est à ce notable dénommé Monsieur LA PUTE que probablement s’adresse la créature d’une voix suave, un tantinet moqueuse et obséquieuse, rappelant son goût pour l’art, les belles filles, le raffinement en toutes choses.

Mais dans quel monde sommes nous ? La royauté espagnole, ses enluminures, Velázquez ? l’élégante créature peut fort bien drainer ces clichés derrière elle, mais son visage outrageusement peint en blanc dit autre chose. Adieu Velàsquez, adieu petits fours et champagne ! L’image de la belle Espagne vient d’être salie. Une de ses splendides plages est devenue le rendez vous de drames sordides qui se sont répétés de jour en jour . Angélica LIDELL fait référence à ces clandestins qui meurent chaque année en tentant de traverser le détroit de Gibraltar . Quelle horreur ! Les braves vacanciers en train de dorer leurs fesses au soleil ont vu se traîner sur le sable une femme agonisante accouchant d’un enfant. D’autres cadavres ont suivi. Les touristes ont regardé, ils n’ont rien fait, les pauvres.

Après tout, il ne s’agissait que de ces migrants noirs, des humains certes mais qui n’ont pas les mêmes valeurs que vous Monsieur LA PUTE, rappelle à bon escient la créature.

Le drame de ces migrants qui veulent échapper à la misère, c’est qu’ils ont la naïveté de croire qu’ils seront bien accueillis dans les pays riches. Embarqués sur des bateaux de fortune, faisant l’objet d’un trafic impitoyable, certains sont jetés à la mer et dévorés par les poissons.

Une vision qu’accapare l’imagination indignée d’Angélica LIDDELL, une auteure, metteure en scène , comédienne espagnole qui se décrit comme une résistante citoyenne . Non, les cannibales ne mangent pas les cannibales lance t-elle à Monsieur LA PUTE. Mais ne faut-il pas craindre une mutation des poissons nourris de chair humaine ?

Décrépitude, inertie d’une société ankylosée qui aurait perdu le sens même du mot humanité. Faut-il donc que le terme humanité soit réservé à ceux qui ont figure humaine, qui ne respirent pas la misère, qui n’échouent pas comme des bêtes, des baleines victimes de la pollution sur nos belles plages ! Qu’ils crèvent mais qu’ils crèvent donc ces mammifères indignes de ce doux nom d’humains !

Mais la roue tourne nous dit en substance Angélica LIDDELL . Car une société qui n’est pas capable de reconnaître les siens, qui est viciée humainement, va à sa perte. Est-il si loin le temps où régnaient seuls sur notre planète, les poissons ?

La mise en scène terriblement suggestive de Julien BARBAZIN met en valeur de façon très vigoureuse, l’indignation douloureuse d’Angélica LIDDELL.

Nous avons été absolument bluffés par l’interprétation phénoménale de Benjamin MBA, qui incarne une créature qui n’est plus qu’une caricature d’humain lorsque par exemple, l’homme noir se trouve « obligé » de se barbouiller en blanc, qu’il est mutilé par le regard de mépris de la bonne société. Quand la créature laisse tomber son masque, sous le grondement de sa colère, le message passe, il est terrible, si expressif, qu’il va au fond du cœur, pour l’impressionner . C’est un énorme point d’indignation !

Une véritable petite perle que ce spectacle qui fait partie des propositions du Festival des Caves créé et organisé par Guillaume DUJARDIN depuis 10 ans. Dans ce festival de création les représentations ont lieu dans des caves prêtées par des particuliers ou d’autres lieux secrets dont les spectateurs ne découvrent l’adresse que la veille. L’accès aux caves est limité à 19 personnes. Guillaume DUJARDIN ne se soucie pas de l’audience, ce qui lui importe c’est la proximité des comédiens avec le public. Cette année le festival affiche trente-deux spectacles dans quatre-vingts communes, soit plus d’une centaine de caves, pour un total de trois cents dates en deux mois.

Paris, le 12 Juin 2016                           Evelyne Trân

 

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Madeleine de Guillaume Apollinaire, Madeleine Pages du 9 mai 2016 au 4 juil 2016, à 19 H 30, les lundis au Théâtre des Déchargeurs – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS –

MADELEINETexte : Guillaume Apollinaire Madeleine Pagès

Adaptation :

 

Madeleine, l’heureuse destinataire des lettres du soldat Apollinaire, étoile filante d’un amour « impossible » aussi impossible que le sentiment de mort qui régnait dans les tranchées, était elle même toujours transie intimement, lorsque surmontant sa pudeur, elle consentit à leur publication.

Madeleine était une toute jeune femme de 22ans, professeur de lettres lorsqu’elle rencontra Apollinaire le 1er Janvier 1915 dans le train qui la ramenait de Nice à Marseille. Apollinaire venait de faire ses adieux à Lou. C’est en entendant le soldat parler des « Fleurs du mal » penché à la portière du train, qu’elle décida de rester en sa compagnie dans le même compartiment. C’était son choix, un choix qui présida, raconte-t-elle, dans sa préface à la première tempête qui bouleversa sa vie.

Le contexte de cette correspondance qui se poursuit de Janvier 1915 jusqu’en septembre 1916 est particulièrement terrible. Comment imaginer le soldat Apollinaire, confronté à l’horreur de la guerre, coincé dans un trou, scruter à la bougie désespérément, les lettres que lui envoie Madeleine.

Ceux qui ont reproché à Apollinaire d’avoir écrit « Dieu que la guerre est jolie ! » n’ont certainement pas eu connaissance du contenu de ces lettres.

« Songe à quel point dans la vie des tranchées, on est privé de tout ce qui nous retient à l’univers, on n’est qu’une poitrine qui s’offre à l’ennemi. Comme un rempart de chair vivante. .. Je sens vivement maintenant toute l’horreur de cette guerre secrète sans stratégie mais dont les stratagèmes sont épouvantables et atroces ». Et il termine sa lettre par « Mon amour, je pense à ton corps exquis, divinement foisonné, et je reprends mille fois ta bouche et ta langue »(2 Décembre 1915) .

L’amour contre la mort. Apollinaire rêve de posséder Madeleine aussi bien spirituellement que charnellement. Ses fantasmes vis à vis de Madeleine forment le déni de sa réelle condition, de son désespoir, de son impuissance. Et il est vrai que la bougie Madeleine s’éteindra comme si elle n’avait plus lieu d’être lorsque Apollinaire blessé à la tempe par un éclat d’obus, en Mars 1915, n’aura plus la force de l’alimenter.

Le souvenir de Madeleine restant lié à cette expérience de guerre, il est compréhensible qu’Apollinaire traumatisé, ait voulu l’oublier, l’effacer pour s’abandonner à un autre fantasme, celui de la jolie rousse vierge, exempt de cette tragique mémoire.

La lecture de ces lettres est passionnante, vertigineuse. Les interprêtes Pierre JACQUEMONT et Alexandrine SERRE sont visiblement émus. Sur le fil, ils laissent crépiter les vagues; la voix chantante et fraîche d’Alexandrine SERRE détend l’atmosphère plus ombragée, plus sourde et angoissante qui passe par la voix de Pierre JACQUEMONT.

Toute en émotion retenue, quasi intérieure pour Pierre JACQUEMONT, la lecture des lettres d’Apollinaire, si violentes parfois, requiert une infinie douceur et une grande écoute de la part de sa destinataire, Madeleine.

Le public est convié à se convertir d’une certaine façon en Madeleine, et vis à vis de ce poète soldat, croiser les doigts en souriant à cet appel d’Apollinaire :

« Madeleine, tout ce qui n’est pas à l’amour est autant de perdu ».

Paris, le 11 Juin 2016                              Évelyne Trân

Opéra-ballet Traviata’s company – 4 représentations exceptionnelles – 3 • 4 • 6 • 7 juin 2016 à 20h30 au Théâtre des Variétés – 7 Bd Montmartre 75002 PARIS –

Traviata

Distribution

Auteur : Gilles Roland-Manuel / d’après l’opéra de Verdi, la Traviata / mise en scène Johanna Boyé, assistée de Leslie Menahem chorégraphe : Cathy Bisson / piano et orchestration : Stéphane Leach Les musiciens de l’Ensemble Calliopée, direction artistique Karine Lethiec Avec Katia Charmeaux, Vincent Viotti, les comédiens du Théâtre du Cristal, les Vives Voix / Les chanteurs lyriques : Charlotte Despaux (Soprano), Catherine Boni (Mezzosoprano), Antonel Boldan (Ténor), Anas Seguin (Baryton) / les danseurs : Antoine Arbeit, Zoe Bleher, Gregory Cianci / Et les jeunes et les éducateurs des institutions spécialisées : IME Alternance 75, IME Jean Richepin, IME Alternance 92, IME Jeune Appedia, Foyer Jeanne d’Arc, IME Cognacq-Jay, IME Cour de Venise, FAM Le Cèdre Bleu, FAM des Bons Plants, Fam La Coudraie, IME Montaigne, Domaine du Saule.

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Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui (ce joli vers de Mallarmé) c’est le salut de toute une troupe d’artistes professionnels, (handicapés ou pas) et amateurs (autistes ou non) qui a travaillé d’arrache-pied pour sortir de terre, cette magnifique adaptation de la Traviata de Verdi, en comédie musicale, rêvée, imaginée vécue par le Docteur Gilles ROLAND-MANUEL Président et fondateur du Futur Composé qui organise tous les 2 ans son festival.

La création n’est pas réservée à des élites ou alors nous sommes tous des élites, semble nous dire ce passionné d’opéra. De la même façon que le soleil, la pluie et la lune touchent chacun des terriens qu’ils soient riches ou pauvres, heureux ou malheureux, les émotions que nourrissent, galvanisent les trois arts du théâtre, la musique et la danse sont universelles.

En pénétrant dans ce formidable vivier d’émotions de l’opéra de Verdi, les participants font fi de leurs complexes, leurs histoires particulières, leurs handicaps déclarés ou pas, pour seulement apporter leur flamme à un tableau vivant unique, celui certes d’une représentation éphémère, mais authentique qui restera gravée aussi bien intimement que communément.

La trace intime, la trace particulière, il faut le dire, c’est ce supplétif, ce supplément d’âme qu’ajoutent ces comédiens et chanteurs autistes, qui disposent d’une force d’expression peu commune, d’un enthousiasme étonnant parce qu’ils donnent l’impression de vivre au présent, rien qu’au présent, leurs prestations sur scène.

Ils forment le chœur de vagues bouillonnantes qui trouble, émule, fait vibrer les couples de danseurs et de chanteurs très inspirés qui interprètent en reflet les rôles de Violetta et Alfredo.

La mise en scène de Johanna BOYE étourdit les sens, l’on songe parfois à une peinture fauviste tant les mouvements de la danseuse balaient finement les chants des deux amants.

Surprenante et originale adaptation de la Traviata, elle même adaptée de la Dame aux camélias de Dumas fils, avec pour emblème bien sûr ce camélia rouge arboré sur les costumes des choristes dont on entend battre le cœur à l’unisson, heureux, vivace comme un bel aujourd’hui.

Paris, le 5 Juin 2016                                Evelyne Trân

FESTIVAL MISES EN CAPSULES au CINE 13 THEATRE – 1 Avenue Junot 75018 PARIS – du 23 Mai au 11 Juin 2016 – Du Lundi au Samedi à partir de 19 Heures –

Mises en Capsules

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C’est toujours l’effervescence au Ciné 13 Théâtre, lors du festival de Mises en capsules, qui accueille un public melting-pot, à l’affût de friandises théâtrales énergisantes fourrées de rire et de réflexion, sucrées, salées, voire fortement épicées.

Sont conviés aux rênes de ce festin théâtral, des auteurs contemporains, capables de mettre la main à la pâte en tant que metteurs en scène ou comédiens.

Quelle est donc la recette des participants à ce festival ? Une certaine dose de bonne humeur cela va de soi, mais aussi ce désir réactionnel qui est le moteur de toute création, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. N’avons nous pas besoin au cours de nos existences stressées, de nous purger de temps en temps de nos trop bonnes ou mauvaises pensées ?

Alors la recette d’un bon spectacle du festival de mises en capsules, c’est quoi ? Tout d’abord une bonne pâte, le texte, qui couvre environ 45 minutes sur scène, et puis les ingrédients, qui permettent à la pâte de gonfler, de devenir de plus en plus croustillante et d’exhaler son doux ou plus âcre fumet. C’est le travail jubilatoire des comédiens et du metteur en scène, des techniciens, toute une équipe attachée à faire de leur spectacle quelque chose d’unique, voile au vent, qui respire l’aventure, qui fouette un peu le sang des spectateurs.

A cet égard, la pièce « Brice GOUBERTE ou la quête du magnifique néant » remplit excellemment les attentes de ce festival. Certes, le monde de l’entreprise n’a pas fini d’être satirisé, de même que le marteau sur l’enclume occasionnera toujours des étincelles Il n’empêche, se représenter un patron de grande entreprise sous la figure d’un charlatan ou d’un animateur de télé et celui de l’employé, sous celle d’un chien domestique, cela siffle dans l’oreille comme la fable de la Fontaine, « Le chien et le loup» , c’est aussi impressionnant, aussi cruel. Serviles patrons et cyniques employés, allez donc vous faire voir au théâtre !

La pièce « Je vais voir quelqu’un » qui met en scène des saynètes, des monologues et brèves, inspirés des expériences d’un analysé, fils de psy, Julien SIBONY, jouit d’une belle mise en scène, superbement rythmée et si bien interprétée ! C’est si drôle qu’on a du mal à se remettre à l’esprit combien le passage sur le divan d’un psychanalyste égale pour certains l’épreuve du fakir marchant pieds nus sur des clous !

Voilà des « Oh secours !» teintés d’humour qui font du bien. La programmation du festival de mises en capsules est très riche, gageons que les spectateurs y trouveront, chacun leur perle, leur aphrodisiaque pour rire et penser à la fois, pour ne pas mou-rire bête, n’est ce pas !

Paris, le 4 Juin 2016                             Evelyne Trân

http://www.misesencapsules.com/calendrier
Brice GOUBERTE ou la quête du magnifique néant
Le 25/05 à 21h15 – 28/05 à 22h00 – 1/06 à 19h00 – 4/06 à 19h45 – 8/06 à 20h30 – 11/06 à 21h15

 Je vais voir quelqu’un

Auteur : Julien Sibony
Metteur en scène : Julien Sibony en collaboration avec Constance Gay Avec : Emilie Caen, Catherine ANGLADE, Michael Abiteboul, Gil Galliot, Benjamin Guillard, Thomas Séraphin
Le 25/05 à 22h00 – 28/05 à 19h00 – 1/06 à 19h45 – 4/06 à 20h30 – 8/06 à 21h15 – 11/06 à 22h00