Les Élans ne sont pas toujours des animaux faciles de Frédéric Rose et Vincent Jaspard , mis en scène par Laurent Serrano au Théâtre du Lucernaire – 53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris – du mercredi 24 août 2016 au dimanche 6 novembre 2016 du mardi au samedi à 21 H et le dimanche à 19 H –

Un mot qui tombe dans la soupière, qui n’arrive pas à se relever, qui se noie ou s’évapore, des pensées qui s’effilochent, qui ne trouvent pas le bout, les conversations entre amis ont un parcours de montagnes russes quand il s’agit de meubler le silence, donner corps à quelques inquiétudes ou vous sortir de votre ennui.

Comme au jeu du mikado, trois compères musiciens se balancent quelques idées fraiches ou rassies qui font mouche ou tombent à l’eau en les éclaboussant, le temps d’un éclair, un orage, une illumination. Dans le trio, on va retrouver celui qui avance l’idée, celui qui va la contredire et l’autre qui va jouer l’arbitre plus ou moins neutre ou l’observateur.

 Mais où veut il en venir, qu’est-ce qu’il raconte, il est fou, il est cinglé. Ah bon, eh comment ? Mais tais-toi donc, tu ne comprends rien, c’est pas sérieux… Attention, tu dérapes…  Laissons le dire… après  tout …

 Quand ils en ont assez de parler sans véritablement s’entendre,  les trois compères remballent leurs questions sans réponse, et s’offrent des bouffées d’air musicales.

 Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles mais ils réunissent les trois musiciens, les libèrent dans une forêt devenue magicienne, la musique. Et  les voilà qui voguent en rêve, ballotés par des sirènes, des chansons qui les transportent comme de véritables bouteilles à la mer.

 L’enthousiasme des musiciens est communicatif, les spectateurs ont la sensation d’assister à la mue de  la chenille en papillon. Oubliées les discussions oiseuses, les bougonneries, les piques et les pensées qui font mal à l’estomac, les musiciens forment un trio de papillons  pour un éventail de chansons de rêve, butinées au cours de leurs voyages : Chanson d’automne (VERLAINE, TRENET) , They can’t take that (I.et G. GERSHWIN), Yellow  train (B.URBAIN), Home at last (St DAN), The Girl Next Door (R.BLANE et M.HUGH), Extraterrum (B.URBAIN), Wonder Why (M.ANDERSAN et R. WEEKS), Anne-Laure Song (B.URBAIN), Summertime Blues ( E. COCHRAN), Une bouteille à la mer ( C. NOUGARO et M.VANDER).

 Que font les musiciens quand ils ne chantent pas, ils discutent de tout et de rien comme n’importe qui. Mais qui sait si leurs compositions de charme n’ont pas pris naissance quand l’ennui battait son plein, ou bien au milieu de discussions bruyantes. Apprenons à observer celui qui tapote le bras de son fauteuil tout en ayant l’air de vous écouter, n‘est- il pas en train de pondre une chanson ?

 Ils n’ont pas voulu choisir, ils aiment les mots pour leur destin tragi-comique, ils aiment par-dessus tout la musique, Benoit URBAIN, Emmanuel QUATRA et Pascal NEYRON sont des comédiens musiciens aguerris mais toujours étonnés, qui racontent comment nos états d’âmes se transforment en notes musicales.

 Voilà un spectacle original, riche de sketches souvent comiques de Frédéric ROSE et Vincent JASPARD. Joli parcours dessiné avec tendresse par Laurent SERRANO qui nous introduit dans le cœur quelque peu mystérieux du musicien avec chaleur et beaucoup de charme.

 Paris, le 10 Août 2014

mis à jour le 22 Août 2016                                Evelyne Trân

 

PACAMAMBO de Wajdi Mouawad au THEATRE DE L’ESSAION 6, rue Pierre au lard (à l’angle du 24 rue du Renard) 75004 Paris – du 18 août au 2 septembre jeudi, vendredi et samedi 19h30 – du 10 septembre au 26 novembre uniquement les samedis à 17h30 –

pacamambo

Auteur : Wajdi Mouawad

Mise en scène : Joseph Olivennes

Distribution : Pamina de Hauteclocque, Jock Maitland, Vianney Ledieu, Aloysia Delahaut, Et Rafaële Minnaert En alternance avec Anne Lefol

Dominée par la figure de Julie, une adolescente qui interpelle la mort qui vient d’emporter sa grand mère, à la façon d’une Antigone, PACAMAMBO est une pièce composite qui brasse plusieurs courants, plusieurs cultures qui se recoupent comme dans un puzzle dont les morceaux se soulèveraient pour désigner cet au delà, ce lieu subliminal, ce paradis d’amour et de paix qui doit bien exister puisque tout le monde en parle !

La relation à la mort est intime et universelle. Nous adultes, pétris de culture et de conventions, nous ne pouvons répondre qu’assez niaisement, il faut le dire aux questions des enfants à propos de la mort. Et tant mieux ! Mais dans la pièce, il ne s’agit pas d’abstraction, l’événement de la mort a eu lieu et c’est une jeune fille qui en parle.

Une enfant qui refuse de faire le deuil de sa grand-mère, n’est-ce point normal ? L’événement de la mort d’un proche, c’est un coup de ciseaux sur l’instant, de cordons qui vous rattachent à la terre à son quotidien, à son ordinaire. Mort égale extraordinaire !

C’est ainsi que la mort devrait rejoindre l’extraordinaire naissance. La jeune fille crie « Pacamambo » comme une enfant qui vient de naître mais en toute connaissance de cause, en tenant la main à une morte, sa grand-mère.

C’est un joli conte qui permet aux différents personnages qu’un enfant rencontre aussi bien dans l’imaginaire que dans la réalité de s’incarner sur scène. La perception d’un enfant, plus libre, ne dresse pas de frontières entre le chien, le psychiatre, la grand-mère et la mort. Son regard est entier et purement affectif.

A travers le regard de Julie interprétée avec passion par Pamina de HAUTECLOCQUE, les spectateurs peuvent sonder leur propre imaginaire et se laisser aller à rêver de … Pacamambo .

De toute évidence, Julie fait partie de ce pays. Chez elle, tout le monde a droit à la parole, morts et vivants confondus et même le chien une créature interprétée avec une succulente drôlerie par Jock MAITLAND. Joseph OLIVENNES, le metteur en scène, dirige les comédiens : Rafaële MINNAERT est une adorable grand-mère, Vianney LEDIEU, un affable psychiatre et Aloysia DELAHAUT joue le personnage de la mort avec une belle extravagance. 

Un spectacle à voir en famille, la vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants dont Wajdi MOUAWAD s’est inspiré pour composer sa pièce . Au croisement des cultures, mœurs et coutumes, c’est l’impression de l’enfance qui continue à nous interpeller. Est-elle si innocente ?

Paris, le 20 Août 2016                                Evelyne Trân

 

 

 

Interview de Jérémie Le Louët à l’issue de la représentation de Don Quichotte le samedi 6 Août 2016.

Don Quichotte, ce n’est pas seulement les moulins à vent. La vision de Jérémie Le Louët humanise vraiment ce personnage, cet anti-héros. Les propos que nous avons retranscrits à partir d’un bonne partie de l’entretien audio ci-dessous en témoignent.

 

 

–  C’est un projet que vous aviez de longue date, Don Quichotte?       Vous l’avez lu enfant ?

Non, je ne l’ai pas lu enfant. Je l’ai lu, il n’y a pas si longtemps que ça. D’abord, j’ai mis en scène des classiques contemporains et plus anciens, Ionesco, Maupassant, Shakespeare. Après Richard III, on a tous ressenti dans la troupe une lassitude du spectacle linéaire et on a eu besoin de questionner un peu le modèle, la tradition. Nous avons écrit un spectacle collectivement qui s’intitulait « Affreux, bêtes et pédants » qui était une satire de la vie culturelle française dans laquelle on explorait toutes sortes de théâtralité. C’était finalement un spectacle qui parlait de la désilllusion.

Ensuite, j’ai monté Ubu Roi qui se monte joyeusement dans la tradition. C’était une entreprise de démolition mais dans la joie. Une sorte de spectacle très très violent et un peu volcanique dans lequel on s’amusait à trainer dans la boue nos modèles et le pire de la théâtralité, une sorte d’hommage à un théâtre dont on avait envie de se moquer et pour lequel on avait en même temps beaucoup de tendresse. A l’issue du spectacle, je crois qu’on était tous habités du même …

Du même désir d’adapter Don Quichotte. il y a tellement d’allées et venues dans ce texte, il y a tellement de choses donc il y a la possibilité de trouver un chemin …C est un labyrinthe ?

Un labyrinthe exactement. C’est aussi un livre qui est mutant. On a essayé de monter ça un spectacle qui serait en mutation permanente comme le monde est en mutation permanente. Il est à cheval entre le Moyen âge et la Renaissance où on se sent, quelque part, le cul entre deux chaises.Quand on regarde derrière nous on a des modèles, on a le sentiment qu’il y a peut être un âge d’or qui nous a précédés et finalement on ne sait pas s’il est réel ou s’il est fantasmé. Est-ce que les années 60 étaient réellement un âge d’or. Finalement, nous, on n’en sait rien. On éprouve le sentiment peut-être un peu curieux d’une nostalgie d’une époque qu’on n’a pas connue. C’est peut-être assez générationnel et le spectacle est en même temps un hommage et une moquerie et je crois surtout empreint d’une profonde mélancolie.

Sur le monde… Il y a un clin d’oeil lorsqu’il dit « Je suis en colère » aux indignés,

– Qu’est ce qu’on peut faire ? Peut être rien, peut être juste communier. Peut-être que cela ne sert à rien, peut être que c’est ridicule et peut être que cette chose naïve tout simplement comme à l’agora, on peut la mettre sur la table. Voilà on en parle. Et en même temps cette chose est effrayante qui est en fonction de la récupération, qui rend cynique …. C’est extrêmement déplaisant. On a l’impression qu’on a du mal à échapper à une sorte de cynisme.

Le spectacle porte en lui un brin de cynisme mais le héros est pur. Le héros lui, je pense, n’est pas dans le cynisme. Voila pourquoi les gens nous suivent avec autant de ferveur et d’empathie. C’est que ça vient de Don Quichotte , cela ne vient pas d’un autre. L’époque est très cynique, c’est vrai.

– Il y a aussi de l’extravagance, de la folie dans notre époque

Oui . Il y a l’impression que le savoir est à portée de main, ça c’est exceptionnel, c’est magnifique et en même temps ce savoir, on l’ a certes archivé mais on n’est plus capable de l’intégrer. La question du savoir évidemment… pour faire un spectacle qui soit également une traversée dans l’histoire du théâtre et de la théatralité avec des citations qui paraissent archaiques, plus en rupture. Pour pouvoir s’en moquer, il faut savoir le défendre avec une réelle ferveur et un vrai 1er degré. Ca pour le coup, c’est une chose qui nous tient depuis tant d’années : nous ne sommes pas sectaires.

  • C’est un héros pour vous Don Quichotte ?

Oui bien sûr mais c’est un héros qui n’accomplit rien et c’est terrible, c’est terrible, c’est terrible

  • Il a le désir de faire des bonnes choses, c’est déjà pas mal

Exactement. Mais à la fin quand il est évincé, il y a ce regard très mélancolique de Cervantes qui fait dire à son héros : je renie, je renie, je les déteste, je ne veux plus en entendre parler. C’est très dur.

Cervantes, c’est assurément quelqu’un qui a réussi le tour de force de faire un roman expérimental et populaire. Il est capable f’une lourdeur humoristique incroyable avec des fulgurances tout à fait épatantes. C’est ce que nous avons voulu rendre dans le jeu qui évolue, les lumières, la technique . Tout change dans le spectacle tout le temps et en même temps il y a une tendresse et une forme de sacarsme qui touche le monde. Souvent on parle de festival populaire mais ça ne veut rien dire . Populaire, c’est nous, populaire qui c’est ? On ne peut partir que de soi, sinon c’est l’autre. Si le populaire, c’est l’autre, ça devient problématique.

DON QUICHOTTE D’après Miguel de Cervantès – Adaptation et mise en scène : Jérémie Le Louët / Compagnie des Dramaticules – du 24 Juin au 20 Août 2016 à 21 Heures au Château de GRIGNAN dans le cadre des Fêtes Nocturnes .

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INTERWIEW JEREMIE LE LOUET à l’issue de la réprésentation du 6 Août 2016

Avec : Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan
Frajenberg, Jérémie Le Louët, David Maison et
Dominique Massat

Collaboration artistique : Noémie Guedj / Scénographie : Blandine Vieillot / Construction : Guéwen Maigner / Costumes : Barbara Gassier / Couture : Lydie Lalaux / Vidéo : Thomas Chrétien, Simon Denis et Jérémie Le Louët / Lumière : Thomas Chrétien / Son : Simon Denis / Régie : Thomas Chrétien, Simon Denis et Xavier Hulot

 Le souffle de CERVANTES associé à celui du mistral a fait merveille ce samedi 6 Août 2016 au Château de Grignan.

Invoqué par la dynamique troupe des Dramaticules adulatrice de son inénarrable roman de 1500 pages, Don Quichotte de la Manche, il s’est fort bien retrouvé dans l’adaptation chevaleresque de Jérémie Le Louët .

Le public est naturellement estomaqué par les mésaventures de Don Quichotte qui en grand défenseur des opprimés pourrait faire figure d’un missionnaire humanitaire ainsi que sa chaste dulcinée.

Bien qu’il s’agisse avant tout de divertir grâce à une mise en scène festive, un brin foutraque mais fort bien rythmée, le valeureux Don Quichotte incarné par Jérémie Le Louët  profite de son passage au 21ème siècle pour faire éclater son indignation viscérale contre la mauvesaité du genre humain.

Indignation qui prête à rire mais qui interpelle néanmoins le public qui réagit de bon cœur aux exhortations de ce chevalier excentrique mais touchant.

Sortir des sentiers battus, s’attaquer aux esprits terre à terre que Sancho Pança représente, se moquer du monde, ecclésiastes, nobles, bergers, et même malheureux, les faire se rencontrer au point culminant de leurs excès, pour livrer sa vision humaniste, voilà l’entreprise phénoménale de CERVANTES qui rappelons-le a eu une existence  très mouvementée. Son personnage Don Quichotte sort véritablement de ses tripes.

La vie semble ne pas vouloir prendre au sérieux tous ces échantillons de la nature humaine, des fétus de paille dans l’univers en quelque sorte. Comment dès lors leur reprocher de se nourrir  d’illusions.

 Au théâtre, c’est la force de l’illusion qui prévaut, une illusion aux multiples phares, magie, vidéo, cirque, musique et Rêve ! Don Quichotte peut bien jaillir au milieu de tous les artifices et de toutes les époques, c’est un pur, est convaincu Jérémie Le Louët .

 Les personnages de Don Quichotte et Sancho Pança sont véritablement entrés dans la vie de  la troupe des Dramaticules pour le bonheur du public tout à la fois ému, diverti et médusé !

Paris, le 9 Août 2016                                   Evelyne Trân

 

AFRIKA MANDELA – Un long chemin vers la liberté – au Théâtre du Lucernaire – 53 Rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS – du 22 Juin au 27 Août 2016 à 21 Heures du mardi au samedi –

Afrika-MandelaTE X TE     J E A N – J A CQ U E S A B E L G RENEAU

M I S E  E N  S C È N E    KAT Y G R A N D I

AVEC

MODESTE NZAPASSARA (LA MÉMOIRE DE MANDELA)

PATRICIA VARNAY (LA JOURNALISTE )

JEAN-JACQUES ABEL GRENEAU ( P I ETER BOTHA)

LUMIÈRES ET RÉGIE GÉNÉRALE : FOUAD SOUAKER

PRODUCTION : SEA ART

CORÉAL I SATION : THÉÂTRE LUCERNAIRE, LIEU PARTENAIRE DE LA SAISON ÉGALITÉ 3 I N I T I É E PAR HF ÎLE-DE-FRANCE

L’arbre MANDELA, ses branches, ses racines, tel le baobab mythique est à ce point vivant qu’il peut même devenir bouc émissaire des espoirs déçus des Africains du sud toujours confrontés aujourd’hui à la misère économique et sociale.

Le message de Nelson MANDELA c’est celui de la patience, d’une humilité vaillante. L’homme a trouvé la force de tenir bon, ce qui est extraordinaire, pendant vingt sept ans en prison, grâce à la conscience de ses limites.

C’est l’homme en chair et en os qu’entend évoquer dans cette pièce Jean-Jacques Abel GRENEAU. A travers cette évocation, il est possible de comprendre que s’il n’avait pas tout d’abord été un homme, il n’aurait pas pu devenir le porte parole de l’A.N.C. qui n’avait qu’un seul objectif la fin de l’apartheid.

Face à lui un autre homme Pieter Willem BOTHA qui consacra sa vie au nationalisme Afrikaner, symbole de l’apartheid, qui plus par pragmatisme que par conviction initia des réformes contre la ségrégation raciale.

Dans cette pièce MANDELA fait penser à un philosophe, un vieux sage qui pratique la méditation, qui remet à sa place la journaliste étourdie qui vient l’interviewer en clamant « J’ai rendez vous avec l’histoire, j’ai rendez vous avec l’homme de l’histoire ».

Lui qui est athée répond avec humour « N’oubliez pas qu’un saint est un pêcheur qui cherche à s’améliorer » et encore « Je suis la mémoire, je dirai ce que je veux ».

L’homme issu d’une famille royale  Thembu de l’ethnie Xhosa  a reçu une éducation africaine traditionnelle et européenne.

S’il utilise la dialectique juriste européenne puisqu’il est avocat, il ne peut renier la sève culturelle africaine . Nous devons entendre aussi ce message.

La pièce débute par le beau poème de Ingrid JONKER « l’enfant n’est pas mort… l’enfant devenu homme arpente toute l’Afrique, l’enfant devenu géant voyage dans le monde entier sans laissez-passer ».

Cet enfant évoque à la fois Mandela et tous ceux à venir.

Nous avons apprécié la mise en scène très aérée de Katy GRANDI qui donne la dimension de la générosité et de l’humilité de MANDELA. Seul un grillage barbelé, celui de la prison, suggère combien fut long et semé d’embûches le long chemin vers la liberté.

Confronté à la jeune et fraîche journaliste interprétée par Patricia VARNAY et le fier BOTHA joué par Jean-Jacques Abel GRENEAU, Nelson MANDELA a l’assurance de celui qui sait en son âme et conscience qu’il n’étouffera jamais le cri de la liberté. Son interprète Modeste NZAPASSARA illumine littéralement le verbe poétique de Jean-Jacques Abel GRENEAU, très instructif humainement.

Paris, le 31 Juillet 2016                    Évelyne Trân

 

LE JOUEUR D’ECHECS de Stefan SWEIG au Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs 7500 PARIS jusqu’au 27 Août 2016 à 19 Heures du mardi au samedi – Relâche le 25 Août 2016 –

Le joueur déchecs 2Auteur : Stefan SWEIG
Artistes : André SALZET
Metteur en scène : Yves KERBOUL

Stefan SWEIG a souvent mis en scène des personnages solitaires dans leur bulle intérieure, presque coupés du monde. Mais il n’y aurait pas d’histoire s’ils ne se trouvaient pas confrontés à un événement extérieur, une émotion qui viennent bouleverser leurs illusions d’autarcie individuelle.

S’il paraît foncièrement individualiste Stefan SWEIG est conscient que l’homme est un être social . Le boire et le manger ne suffisent pas à un individu pour vivre, sans communication humaine, il est voué à la mort.

Plancher de solitude, lumière accrue de l’extérieur qui bouscule un être contraint par réflexe de protection à se replier sur lui même ou mouvements insipides d’actions qui se déroulent sans émotion particulière, configurent des états de consciences indépendants ou parallèles qui peuvent fort bien s’ignorer.

C’est manifestement ce qu’exprime Stefan SWEIG dans sa nouvelle « Le joueur d’échec » ou l’auteur qui a l’esprit d’escalier prend un malin plaisir à faire descendre le lecteur, juste muni d’une petite torche au fond d’un mystère humain.

Au départ, le narrateur obligeant et aimable raconte juste une anecdote souriante, sa rencontre lors d’une croisière avec un champion du monde d’échecs. Le narrateur est juste un homme curieux, doué d’un certain flair psychologique, pour qui la nature humaine n’a pas de secrets, quoique. Pour occuper sa croisière, il décide d’organiser une partie d’échecs entre un homme d’affaires imbu de sa personne et le champion également assez arrogant.

Le profil psychologique de ces personnages n’est pas très excitant, le champion et l’homme d’affaires étant aussi bornés l’un que l’autre. C’est alors que survient un 3ème personnage qui va chambouler cette partie d’échecs vouée à l’ennui.

Nous n’en dirons pas plus car toute la saveur de cette nouvelle tient au suspense, à cette façon si particulière qu’a l’auteur d’éclairer par de menues descriptions comportementales chacun des protagonistes.

Le point de l’intrigue, c’est bien sûr ce 3ème homme qui va jouer la partie d’échecs sans qu’aucun de ses partenaires, hormis le narrateur, ne s’intéresse à ses réelles motivations.

Il s’agit bien du dernier homme, celui qui a subi l’isolement et la torture dans une geôle des nazis en Autriche dont l’apparition à l’occasion d’une partie d’échecs ne viendra troubler que de façon éphémère et absconse l’ordre des choses. Qu’importe le vécu de cet homme qui pourrait s’appeler personne, il est venu pour jouer, il a joué. Échec et mat.

De toute évidence dans cette nouvelle qui sera publiée à titre posthume, Stefan SWEIG barre d’une grande ombre une autre partie d’échecs celle de la guerre en Europe déclarée par Hitler qui le poussa à s ‘exiler à Londres puis au Brésil avant de se suicider .

Dans cette nouvelle sont perceptibles nombre de faux fuyants de notre conscience, de multiples mouvements d’ombre et de lumière que la mise en scène d’Yves KERBOUL s’est attachée à exprimer de façon sobre mais très sensible.

Le jeu très transparent d’André SALZET qui signe cette remarquable adaptation, laisse courir les émotions au-delà des murs. C’est face à nous mêmes que nous nous retrouvons. L’appel au secours de Stefan SWEIG est hélas toujours d’actualité !

Paris, le 30 Juillet 2016                      Evelyne Trân

La cerisaie, variations chantées de Anton Tchekhov , mise en scène par Susana Lastreto du Jeudi 28 Juillet au samedi 30 Juillet 2016 à 20 H 30 (matinée également le samedi à 16 H 30) au THEATRE 14 – 20 avenue Marc Sangnier 75014 Paris –

la-cerisaie-variationsArtistes : Alain Carbonnel, Hughes De La Salle, Hélène Hardouin, Juanita Boada, Nathalie Jeannet, Matila Malliarakis, Igor Oberg, Solange Wotkiewicz, Annabel de Courson, Jorge Migoya.
 

Chiche ! Susana LASTRETO a peut-être bien planté un cerisier dans son théâtre en hommage à Anton TCHEKHOV et à sa cerisaie, libérant de turbulents souvenirs où se mêlent à la fois Peter BROOK et Michel PiCCOLI.

Quinze ans que la Compagnie GRRR est en résidence d’été au THEATRE 14 mais la belle aventure est sur le point de se terminer. Et la Cerisaie dit-elle a réveillé des échos de leur propre histoire :

« Mettre en scène la Cerisaie est un défi, il nécessite des moyens que nous n’avons pas encore trouvé ».

 Anton TCHEKHOV lui-même n’a-t-il pas laissé mûrir longtemps ses personnages, notamment Lioubov, Lopakhine, Trofimov, Firs avant de les autoriser à s’incarner sur scène. Il confie à sa chère épouse Olga, son petit cheval,  que « la Cerisaie point dans son cerveau, elle se transforme tous les jours ».

  C’est la joyeuse Compagnie GRRR qui joue tous les personnages en suspension. A vrai dire tout se  mélange car les artistes sont à la fois les personnages et  les comédiens qui les apprivoisent en chansons.

Les cerises ce sont les chansons douces amères, nostalgiques ou coquines qui nous content « l’enfant que j’étais » de Jeanne Moreau ou nous parlent d’un Dieu gargouille et carnaval qui fait soupirer Lioubov «Ah si seulement Dieu pouvait nous venir en aide ! ». Des cerises qui ont la chance d’être alcoolisées par la férule d’excellents musiciens Annabel de Courson et Jorge Migoya.

 Tchekhov était un grand rêveur et sa Cerisaie, une très fine partition, c’est vu du ciel à la terre ou inversement, du fil tendu de l’invisible au visible, et le bonheur de revoir certaines scènes, d’écouter la magnifique tirade de l’étudiant Trofimov :

 « Imaginez, Ania : votre grand-père, votre arrière-grand-père, tous vos ancêtres possédaient des esclaves, ils possédaient des âmes vivantes, et ne sentez-vous pas dans chaque fruit de votre cerisaie, dans chaque feuille, dans chaque tronc, des créatures humaines qui vous regardent, n’entendez-vous donc pas leurs voix ?… » 

et s’émouvoir de la triste fin du vieux domestique  Firs. 

 Tchekhov c’était aussi un bon vivant, et nous voulons bien croire que son dernier geste avant d’expirer et d’avoir vu jouer sa Cerisaie, fut de boire une coupe de champagne.

Avec Susana LASTRETO et toute la troupe de la compagnie GRR, en rêvant de la Cerisaie, nous avons trinqué avec le jeune TCHEKHOV !

Paris, le 29 Juillet 2016                                  Evelyne Trân 

 

 

J’AI SOIF d’après Si c’est un homme de Primo Levi et Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix de Joseph Haydn – Avec Musique Sacrée en Avignon les 20 et 21 Juillet 2016 à AVIGNON –

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Poème Si c’est un homme sur une plaque commémorative posée sur la façade de l’hôtel de ville de Livourne le 27 janvier 2014 en hommage aux victimes de la Shoah.

Poème placé en exergue de Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Turin, janvier 1947, Primo Levi

Distribution

Mise en scène et jeu Serge Barbuscia 
Orgues Maurizio Salerno, Luc Antonini

Production

Coproduction Musique Sacrée en Avignon, Festival d’Avignon
En partenariat avec l’association Orgue Hommage à Messiaen, la Mairie de Roquemaure, l’association des Amis de l’Orgue de Roquemaure, la Mairie de Malaucène, l’association des Amis de l’Orgue de Malaucène, le Festival des Choeurs Lauréats de Vaison-la-Romaine, le Théâtre du Balcon

J'ai soif

 

Nous souhaiterions presque nous abstraire de la beauté du site, la basilique des Doms d’Avignon, ne pas céder à la tentation d’extase musicale que procure l’écoute de l’oratorio « les sept dernières de paroles du christ » commandé à Joseph Haydn en 1786 pour la semaine sainte, en tant qu’accompagnement aux paroles attribuées au christ lors de sa  crucifixion.

Peut être parce qu’il est possible d’avoir mauvaise conscience de satisfaire notre curiosité, notre désir de sensations sublimes alors même que ce qu’il nous est proposé d’entendre c’est à travers des extraits de l’œuvre de « Si c’était un homme » de Primo LEVI , un témoignage, juste la parole d’un homme en somme, en quête d’humanité, qui vient de subir une expérience de déshumanisation, de négation totale de l’idée que quiconque dans sa vie ordinaire peut se faire d’un humain.

Primo LEVI n’a pas fait partie de ces victimes du camp d’Auschwitz sélectionnées pour la chambre à gaz. Il a pu observer, tout en faisant partie, ceux qui étaient condamnés à une mort lente, à se vider de leur substance jusqu’à s’effacer du monde des humains.

Primo LEVI a conscience que l’expérience qu’il a vécue est impossible à communiquer. En tant que survivant, il a pu sauvegarder en lui ce réflexe d’assistance à personne en danger. C’est le sens, l’essence même du mot humain qui s’est déchiré sous ses yeux. Après une telle épreuve, une remise en question de l’homme, de ses valeurs, de ses croyances balayées par une réalité meurtrière innommable, s’impose. Aucun homme n’est préparé à vivre des situations aussi extrêmes. La glorification des héros ne sert que de bouclier et d’écran artificiel, de déni de la fragilité morale, psychologique, physique d’un homme mis en danger par un autre. Œil pour œil, dent pour dent, là n’est pas la question.

Il est question de survie. Primo LEVI n’ a pas seulement éprouvé l’humiliation morale, il a éprouvé la tentation de l’oubli. Après une catastrophe, après la mort, la vie reprend ses droits et son cours ordinaire, tout se passe comme si rien ne s’était passé, ce qui signifie que ce malheur là profitant de l’oubli peut à nouveau se déclarer.

Qu’est ce qui fabrique un homme ? Pour paraphraser Simone de BEAUVOIR, nous pourrions dire, on ne naît pas humain on le devient . Il ne s’agit pas tant d’une quête d’identité que de donner un sens humain à l’existence, puisqu’évidemment la destruction de l’homme par l’homme n’a pas de sens.

Le message de Primo LEVI est humble, il ne s’adresse pas aux héros, à ceux qui cultivent la force pour écraser les plus faibles, il s’adresse à ce qu’il y a de plus d’ordinaire, d’enfoui aussi dans la conscience, nos réflexes de lâcheté, de peur et de haine que la raison si elle n’est pas accompagnée de volonté, ne suffit pas à contenir.

Nous pouvons remercier Serge BARBUSCIA d’avoir fait entendre ce message de Primo LEVI qui parcourt son corps tout entier et dont la voix parfois paraît aussi émue que celle d’un enfant…

C’est beau parce que nous sommes vivants, ne l’oublions pas !

Paris, le 24 Juillet 2016                      Evelyne Trân

Artaud-passionde Patrice TRIGANO au Théâtre ARTEPHILE : 7, rue du Bourg Neuf 84000 Avignon – du 7 Juillet au 30 Juillet 2016 à 15 H 45 –

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florence loeb
Portrait de Florence LOEB par Antonin Artaud (photo D.R.)
durée : 1h / cie Terrain de Jeu / texte : Patrice Trigano / mise en scène : Agnès Bourgeois / avec : Jean-Luc Debattice, Agnès Bourgeois / scénographie : Didier Payen / musique (live) : Fred Costa, Frédéric Minière / costumes : Laurence Forbin / Lumière : Laurent Bolognini.
production : Terrain de jeu / soutien : Anis-Gras à Arcueil / la cie Terrain de Jeu est conventionnée par la DRAC Ile de France et la région IDF.

Le regard d’une toute jeune fille puis d’une vieille femme sur Antonin ARTAUD, c’est celui de Florence LOEB, la fille du galeriste Pierre LOEB qui a inspiré Patrice TRIGANO, l’auteur de cette pièce « Artaud passion ».

Antonin ARTAUD a fait un portrait de Florence LOEB extrêmement suggestif et pénétrant, daté du 4 Décembre 1946. Il avait rencontré Florence LOEB, lors de son retour à Paris après 9 années d’internement, 2 ans avant sa mort, lors d’un vernissage de ses dessins à la galerie  de Pierre LOEB.

C’est un charbon ardent que cette rencontre entre une adolescente et un vieillard. Étonnamment, loin de la rebuter ou de la dégoûter la présence physique d’Artaud fascine la jeune fille.

C’est un corps écriture qu’elle devine, un corps devenu le présentoir d’une souffrance humaine abyssale, exsangue mais animé par une sorte de voyance extra humaine.

Noue entendons Florence tutoyer Artaud comme s’il l’habitait . Par la parole elle invoque sa présence sur scène, elle l’idéalise forcément, elle en fait un dieu :

« Mon mentor, mon pygmalion, la torche vivante que tu étais a éclairé le monde … Par la tendresse qui émane de la profondeur de tes yeux bleus, je tombe sous ton charme… ».

C’est d’ailleurs tout le charme de ce spectacle de laisser planer l’idée du simple amour, de sa pureté, même si elle peut faire ricaner. Derrière la violence du personnage vindicatif et révolté, il y avait la douceur. C’est l’être qui en témoigne dont le personnage de Florence se fait l’interprête à travers son ressenti affectif et non intellectuel.

Artaud ne cessera de prendre la parole, c’est un incroyable résistant – il a subi des dizaines d’électrochocs – mais il est lucide. Il suit obstinément le chemin qu’il s’est donné :

« J’ai choisi le domaine de la douleur comme d’autres celui du rayonnement et de l’entassement de la matière… »

« Toute création est un acte de guerre contre la faim, contre la maladie, contre la vie, contre la mort, contre le destin, c’est pourquoi il n’y a pas de meilleure révolution que le théâtre. Le théâtre double la vie. La vie double le vrai théâtre… ».

Il y a du sentiment dans ce spectacle. Artaud dégaine, c’est un Don Quichotte au pays des Indiens des Tarahumaros, un slameur bégayant lors de sa conférence au Vieux Colombier, un poète qui inspire un beau duo de musiciens au saxo, à la guimbarde et le créateur d’une curieuse machine cinétique en forme d’hélice. Toute l’équipe s’est donné le mot pour faire piaffer l’imagination sensitive, affective, explosive d’Artaud.

Agnès BOURGEOIS illumine cette Florence amoureuse qui a certainement séduit le « sauvage » Artaud qui « délicatement me fait part de ses problèmes ». Quant à Jean-Luc DEBATTICE, il fait rayonner avec émotion toute l’ardeur des propos d’Artaud.

Un très beau spectacle qui offre aux spectateurs une vision d’Artaud, tout à fait palpitante. A ne pas manquer !

Paris, le 23 Juillet 2016                      Évelyne Trân

 

À FLEUR DE PEAU par le Groupe F – 17 juillet 2016 – Palais de Venaria – Festival Teatro a corte 2016 –

DO8_2410ÉCRITURE ET DIRECTEUR DE CONCEPTION CHRISTOPHE BERTHONNEAU / COMPOSITION MUSICALE SCOTT GIBBONS 7 CREATIONS TECHNIQUES THOMAS NOMBALLAIS / PRODUCTEUR EXÉCUTIF CÉDRIC MOREAU / ANIMATION VIDEO THIERRY DORVAL – YANN LOÏC LAMBERT / COLLABORATION ARTISTIQUE DOMINIQUE NOEL / COSTUMES ANN WILLIAMS – GITTA HEINZ-FRANQUET / AVEC BARBARA AMAR, BERTRAND GUERRY, CÉDRIC MOREAU, DIDIER BONNARDEL, BRAU GILLES, JEAN-LUC Pennetier, JEAN-MICHEL RIOU, JEAN-PATRICK PELLETIER, JOHANNA Bortuzzo, MARIO SAREL, RACHEL CRONIER, SYLVAIN MAN, THOMAS NOMBALLAIS

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Le festival Teatro a Corte 2016 a réussi à faire entrer dans l’imposant parc de la VENERIA, près de 3000 personnes venues assister au magnifique spectacle pyrotechnique conçu par le GROUPE F, une compagnie française, réputée dans l’art du feu qui a travaillé notamment pour BJORK et a illuminé la Tour Eiffel en l’an 2000.

De curieuses silhouettes de cosmonautes accompagnées de créatures qui crépitent sous leurs flammes vont et viennent autour d’une ruche en forme de pyramide volcanique pour essaimer dans le ciel de fulgurantes fusées d’artifice, créer des jets de flambeaux qui font office de jets d’eau, tout en évoluant en suspension comme de véritables spationautes. .

Quel est donc le sens du manège de ces personnages. Faut-il comprendre qu’ils sont d’essence extra-terrestre puisqu’ils communiquent avec des créatures de feu ?

Le feu tout de même reste un mystère. Nous connaissons tous la formule « Il ne faut pas jouer avec le feu » Mais le feu a des antennes cosmiques auxquelles sont particulièrement sensibles les artisans de ce spectacle époustouflant visuellement.

Balade terrestre ou balade cosmique ? Après tout la terre ne fait-elle pas partie du cosmos. Nous pouvons bien nous projeter dans l’espace et le temps confondus pour assister à ce ballet entre l’homme d’aujourd’hui et l’homme du futur.

La sensation de vertige que procure la promiscuité d’un être aussi fragile que l’homme avec le cosmos résonne de façon très émouvante dans cette proposition tout à fait fantastique.

Paris, le 20 Juillet 2016                            Évelyne Trân