LADY MACBETH – SCENES DE MARIAGE de Michele de Vita CONTI – Mise en scène de Michele de Vita CONTI – avec Maria Alberta NAVELLO au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS – CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Route du Champ de Manœuvre 75012 PARIS – Du 16 au 21 Avril 2018 –

 

Un projet de  Michele de Vita Conti et Gian Manuel Rau
Texte  et mise en scène Michele de Vita Conti
Traduction Myriam Tanant
Avec Maria Alberta Navello
Costumes Brigida Sacerdoti
Lumières Mauro panizza
Scénographie Lucia Menegazzo
Production Fondazione Teatro Piemonte Europa

Il faut bien qu’elle résonne terriblement dans la conscience, l’image de cette femme qui frotte misérablement ses mains tachées de sang. Parce que ce sang une femme peut l’associer aussi bien à celui des menstruations qui découlent du vagin, à celui versé lors de l’accouchement qu’à celui d’un crime.

 Et Shakespeare nous le dit à travers le personnage de Lady Macbeth :

 « Venez, venez, esprits qui excitez les pensées homicides; changez à l’instant mon sexe, et remplissez-moi jusqu’au bord, du sommet de la tête jusqu’à la plante des pieds, de la plus atroce cruauté. Épaississez mon sang ; fermez tout accès, tout passage aux remords »

 Lady Macbeth se décrit comme prisonnière de son sexe qu’elle a pris en haine de façon inouïe :

 « Venez dans mes mamelles changer mon lait en fiel, ministres du meurtre. »

 La rage de vivre, le désir de pouvoir, l’ambition ne sont évidemment pas l’apanage des hommes. Mais Lady Macbeth, l’éminence grise de son mari Macbeth qu’elle pousse au crime n’est pas libre et ne le sera jamais. Dans la mesure où elle éprouve sa condition de femme comme une infirmité, c’est la rancœur, une irréversible déception qui l’étourdit lorsqu’elle prend conscience que son mâle de mari n’est pas digne de ses ambitions :

 « Le héros se transforme en lâche, il n’est rien de ce qu’il a promis ».

 Dans cette pièce « Lady Macbeth, scènes de mariage « le dramaturge italien Michele De Vita Conti,  augure une introspection organique du personnage. Nous avons l’impression qu’il se dévore lui-même, sadique et masochiste à la fois, savourant l’écume de sa haine, de ses frustrations,

 Chair vive de la femme, incontournable, oui, il faut bien qu’elle nous paraisse au moins une fois, indomptable, cette Lady Macbeth, car c’est avec son propre sang qu’elle affirme son destin tragique. Un sang tumultueux, sauvage, mais sans échappatoire.

 Cette Lady Macbeth interprétée par Maria Alberta NAVELLO, nous éblouit par sa force incantatoire. A travers sa juvénilité ardente, nous pouvons l’imaginer pieds nus sur des rochers, avançant obstinément vers un mirage. Comme les mots saignent, comme la mer est houleuse !

 Paris, le 22 Avril 2018

 Evelyne Trân

MON LOU – TEXTE DE GUILLAUME APOLLINAIRE – MISE EN SCÈNE CHRISTIAN PAGEAULT – JEU MOANA FERRÉ – AU THEATRE DU LUCERNAIRE – 53, rue Notre-Dame-Des-Champs 75006 PARIS – DU 18 AVRIL AU 23 JUIN 2018 DU MARDI AU SAMEDI À 19H –

COMPOSITION MUSICALE : JEAN-MICHEL TRIMAILLE SCÉNOGRAPHIE : ISABELLE JOBARD CRÉATION LUMIÈRES : RO D O L P H E M A RT I N COSTUMES : JUDITH CORTIAL AS S I S TA NTE : CLAIRE BALLOT-SPINOZA

Nous ne savons pas grand-chose de Louise de Coligny, cette jeune femme qui inspira un amour passionné à Guillaume Apollinaire.

 Cette femme, c’est avec l’imagination du poète que nous la découvrons à travers les lettres qu’il lui a adressées et les poèmes. Les sentiments fusent dans cette correspondance, les déclarations deviennent de véritables effluves mais ce qui est propre au génie de poète, c’est cette capacité à travers une maitrise totale de sa plume, de faire entendre les angoisses d’un amant éperdu, ls tiraillements de la chair et réellement le désespoir d’un homme qui sent bien qu’il n’est pas aimé de sa muse.

 Guillaume se jette dans l’amour comme devant un fruit défendu. Il souffre mais dans un espace de temps incroyable (leur relation n’a duré que 6 mois), après la rupture, il transforme l’amour charnel en un amour chaste, un amour sans bornes qui ne risquera pas de blesser son Lou, parce qu’il est totalement désintéressé.

 Plus de corps pour les unir, quelle cruauté ! Apollinaire au front sait qu’il peut mourir à tout instant, le poème « Si je mourais là-bas… » qu’il envoie à Lou n’est pas une plainte, en l’écoutant l’on sait qu’Apollinaire regarde son Lou avec tendresse, qu’il entend lui dire ce que tout être à envie d’entendre. Apollinaire avait-il deviné l’âme de  Lou, celle attachée à son mystère, au mystère de l’être qui seul pouvait les rassembler.

 Moana FERRE s’abandonne totalement à la lecture des lettres et des poèmes d’Apollinaire pour devenir Lou « La plus pudique des impudiques ».

 Le charme opère, on oublie tout, on se laisse transporter par les mots, séduit qu’ils puissent être prononcés par la destinataire elle-même.  Et la chair sublimée succombe, elle rêve, elle s’extasie, elle s’illumine, elle voyage, elle s’exprime.

 Et nous redécouvrons combien n’est pas statique un poème d’Apollinaire, notamment « Si je mourais là-bas… », à travers l’effusion picturale qu’elle inspire à l’actrice, sur le champ ou le déploiement d’origamis.

 La mise en scène pleine de délicatesse et la scénographie superbe accompagnent généreusement Moana FERRE incarnant un Lou qui s’écrit et s’invente, prend son envol, transcendé par l’amour d’Apollinaire.

 Paris, le 21 Avril 2018

 Evelyne Trân

 

LES IMPOSTEURS – Dramaturgie de Alexandre KOUTCHEVSKY au NEST THEATRE de THIONVILLE – Lundi 16 avril à 10h et 14h30 – Mardi 17 Avril à 10 H et 14 H 30 et Mercredi 18 Avril à 10 H – Aux lycées Hélène BOUCHER et CHARLEMAGNE _

 

dramaturgie

Alexandre Koutchevsky
mise en scène
Jean Boillot
lumière
Emmanuel Nourdin
avec

Isabelle Ronayette et Régis Laroche

Dans le cadre de la semaine extra du festival NEST, 4ème édition, les adolescents d’une classe de 1ère ont eu le privilège de découvrir une création d’Alexandre KOUTCHEVSKY, « LES IMPOSTEURS » mise en scène par Jean BOILLOT.

Comment passe-t-on de la réalité au théâtre, pourquoi, comment devient-on comédien ?

Une chose est sûre c’est que le théâtre a toujours existé. Mais les enfants qui jouent au gendarme et au voleur dans la cour de récréation ne se pensent pas pour autant comédiens, le jeu pour eux est une seconde nature.

Très finement, Alexandre KOUTCHEVSKY déroule le fil de vie de deux acteurs, une femme et un homme incarnés ardemment par Isabelle RONAYETTE et Régis LAROCHE.

Les deux artistes jonglent avec leurs souvenirs déclenchés par une photo de classe que seuls ils peuvent faire parler puisqu’ils en sont les sujets avec leurs camarades.

Mais en réalité c’est la photo qui les fait parler réveillant des émotions enfouies, inattendues.

Ils vivent cela sur l’instant et ils ne jouent pas, pensons-nous, leurs sentiments sont réels, ils parlent comme nous, ils ont juste cette particularité d’être comédiens dans la vie.

Allons-nous les croire, les écouter jusqu’au bout. A vrai dire, difficile de n’être pas bluffés, lorsque les artistes font entrer dans leur jeu, un lycéen en retard, ce qui n’était pas prévu dans le scénario.

 Il convient de se souvenir de cette formule en bas d’un générique de film :

 « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. » 

La voilà l’imposture, la vraie !

Nous préférons bien sûr, cette réflexion de comédiens :

 « Tous ces personnages que nous avons joué – Non été … –  Tous ces personnages que nous avons joué à être sont comme ces morceaux d’enfance que nous avons oubliés… ».

 C’est cette part d’enfance que les adolescents croient devoir quitter qui continue à vibrer chez les artistes leur permettant de naviguer entre divers personnages, à tour de rôle.

 Etourdissant clin d’œil de l’être comédien à l’être adolescent, sujet à la métamorphose, selon Jean BOILLOT, si proche de l’enfance, si proche de l’âge adulte !

Paris, le 19 Avril 2018

Evelyne Trân

 

 

LE FESTIVAL RING 6ème édition – CDN NANCY LORRAINE- LA MANUFACTURE – Du 6 au 20 Avril 2018 – AUX MARCHES DU FUTUR !

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Le futur ça commence quand, avant ou après la mort ? Et le bel aujourd’hui à l’enseigne d’un poème de Mallarmé qu’en faites-vous ? A chacun ses références de toute façon, les figures de pensées bien pensantes ou malvenues ne manquent pas qui signaleront à votre interlocuteur si vous faites partie de son monde ou pas, Et si vous passez pour un étranger, vous pouvez éviter de réciter la fameuse tirade de Shylock «  Un Juif n’a-t-il pas des yeux ? Un Juif n’a-t-il pas des mains, des organes, des dimensions, des sens, de l’affection, de la passion ; nourri avec la même nourriture… »

Des personnes ont pensé avant vous, d’autres penseront pour vous, d’autres penseront après vous, essayez donc de vivre avec votre temps, vous n’allez tout de même pas refaire le monde avec quelques amis en sirotant une bière. Vous êtes déjà fiché par une multitude de pensées clichés qui infusent votre petite conscience : Après moi le déluge, la nature a peur du vide, l’humanité va mal, très mal …

 Cela dit, si vous avez un peu de temps, du loisir, de la curiosité, pourquoi ne pas répondre à l’appel du futur en marche, en vous projetant dans un monde dystopique, organisé par Zigmagora, à quelques dizaines d’années-lumière.

 STAGE POUR CITE, le spectacle déambulatoire auquel nous convie Michel DiDYM, fait voyager des spectateurs témoins, équipés de smartphones et de casques, invités à réagir face à une réalité futuriste qui menace leur corporéité humaine.

 Puisque nous sommes déjà conditionnés par l’usage familier du téléphone portable, que le ver est dans le fruit, croyons nous être vraiment capables d’exister innocemment dans un monde régi par des » intelligences artificielles en réseau ».

 Qui n’a pas envie de crier au secours en écoutant les messages de Cassandre (figure mythologique obsolète). Comment échapper au règne de la numérisation, fini le papier, finie la chair pourrissante, il va falloir faire vite !

 Le nouveau-né en guise de carte d’identité, ne se verra-t-il pas affublé d’une belle puce électronique, ce genre de puce que l’on colle sous l’aile d’un oiseau pour surveiller ses déplacements ?

 Dites-vous que vous n’intéressez pas cette intelligence artificielle, que vous avez encore la faculté de saigner, déféquer, jouir, transpirer, que votre identité humaine est reliée à votre chair et qu’aucune machine au monde ne peut se substituer à votre substantique moelle.

 Faites confiance à l’humain qui est en vous, regardez un sucre et dites c’est, un sucre, c’est tout. Faites-le fondre dans votre bouche. Oui mais, elle n’est numérisable votre sensation et bien tant mieux !

 Dans le spectacle, les spectateurs témoins ont une mission lancée par Zigmogara « retrouver les émotions perdues, saisir les traces d’humanité, les valeurs de la fraternité, du partage et de l’équité ». Un guide capuchonné les emmène explorer les grottes de quelques personnes du futur éparpillées dans la ville, cave, coulisses de bibliothèque etc. Nous assistons à une scène désopilante où un homme en quête d’amour se voit offrir au restaurant la femme de ses rêves, virtuelle. Dans une autre scène, une bibliothécaire est mise au rancart parce qu’elle veut sauver de la destruction des livres évincés de la numérisation générale, programmée par l’ordinateur. Dans une cave terrée comme un rat, une pauvre femme raconte que son cerveau est branché à une entité artificielle qui la surveille et qu’elle n’a d’autre alternative que de se cacher ou de faire sauter la puce de sa cervelle et mourir.

 Le futur serait-il préhistorique, insinuant que l’homme tel que nous le connaissons doit être définitivement rangé dans la case préhistoire pour laisser la place au transhumain, équipé d’un organe supplémentaire, la pile algorithmique.

 Les participants de la randonnée futuriste qui dure plus de 2 heures auront néanmoins l’avantage pour les moins jeunes d’observer qu’à défaut d’être bien branchés à leurs smartphones, ils s’entendent transpirer, souffler, récriminer contre leurs corps impatients. Mais la bonne vieille ville de Nancy les regarde, et bonne âme se moque gentiment de leur folle équipée « Croyez bien que nous les vieilles pierres, nous faisons partie de vos rêves, osez donc désobéir à votre guide, ici et maintenant ».

 Conscients d’avoir participé à un projet de vaste ampleur, élaboré par le laboratoire Zitgamora, celui de s’interroger sur notre futur immédiat, semelles au vent, les ailes du passé toujours en avant, nous nous sommes projetés vers l’avenir, prêts à débattre avec un rayon de soleil, comme des gosses.

 Chassez la nature, elle revient au galop. Rusée, elle se manifeste par des coupures de courant.

  Le spectacle POLIS mis en scène par Arnaud TROALIC, en a fait les frais. Il s’agit d’un spectacle confessionnal où chacune des participants munis de casques peuvent réagir aux propos d’une personne installée dans un fauteuil sur une place publique (en l’occurrence la place de Stanislas), répondant à des questionnaires toujours remis à jour par de sérieux animateurs (en amont ils ont expérimenté les questionnaires cocasses de Max Frisch) planqués dans un aquarium.

 Suite à un problème technique, lors d’une séance à laquelle nous avons assisté, lesdits participants n’ont pu réagir. Nous avons pu cependant apprécier la sincérité des personnes conviées à une expérience unique, un dispositif scénique plutôt ahurissant, où elles donnaient l’impression de rejoindre la mer intime de la collectivité en s’exprimant.

 La place publique, n’est ce point le lieu idéal pour s’exprimer ? Mais encore faut-il y être convié. Res publica ! Quand la chose publique qui se déploie devant vous prend la forme d’un grand animal causeur, quasi extra-terrestre, comment ne pas frissonner.

 Un singe mangerait des cacahuètes et nous ririons à ses grimaces. L’animal en question est un homme longiligne magnifiquement tatoué, il mange des mots et ce faisant lance ses anathèmes contre une société malfaisante. Il est en colère, une colère froide délivrée par une voix puissante, des phrases cinglantes, terribles.

 L’homme ensuite se déshabille, revêt un short, agrafe à même la peau ses feuilles de poésie, enfile des moufles de boxe, accomplit le rituel du boxeur,

puis quitte la place, découvrant une silhouette étrange de bel insecte à talons aiguilles.

 C’était un mirage, un oracle parmi les quatre proposés par le performer Didier MANUEL, extraordinaire !

 Le réel a-t-il encore un visage qui ne soit pas virtuel ? Il n’y a d’autre visage que celui du public pensent les organisateurs du Festival Ring qui brandissent les baguettes magiques des nouvelles technologies mais refusent d’en devenir esclaves.

 Place donc aux états d’âmes, les spectateurs écoutent pousser leurs ailes d’aventuriers, de défricheurs de rêves et c’est leur rôle après tout, le meilleur que puisse leur offrir l’audacieux Festival Ring.

 Paris, le 19 Avril 2018

 Evelyne Trân

FESTIVAL NEST THEATRE – LA SEMAINE EXTRA – 4ème édition – D’AILLEURS, JE SUIS D’ICI ! Du 13 au 18 avril 2018 – Le NEST – Centre Dramatique National transfrontalier de Thionville-Grand Est – Direction Jean Boillot – Nest-theatre.fr – 5 route de Manom 57100 THIONVILLE –

LA SEMAINE EXTRA 4e édition d’ailleurs, je suis d’ici !

Voici quatre ans que le NEST a créé un festival « pour et avec » les adolescents La Semaine Extra. Les jeunes sont les élèves d’aujourd’hui et les citoyens de demain. La Semaine Extra articule le temps et le hors temps scolaire, dans les établissements et dans les théâtres de Thionville pour présenter des spectacles pluridisciplinaires, venus de France et d’ailleurs, avec des ateliers, des rencontres et des projets participatifs. Isabelle Ronayette et Régis Laroche, artistes associés du NEST, en sont les nouveaux directeurs artistiques. La prochaine édition du festival a lieu du 13 au 18 avril 2018 et réunit sept spectacles sous un thème «d’ailleurs, je suis d’ici» qui veut explorer les questions d’appartenances, qu’est-ce qui fait qu’on se sent chez soi ou pas ?

«Ma maison. Ma famille. Mes amis. Mon école. Ma ville. Mon pays. C’est chez moi. L’endroit que je connais et qui me reconnait. Qui me constitue, et où je me construis. Celui qui m’amène à penser le monde, à me positionner. Un sentiment d’appartenance rassurant ! L’endroit où je veux, où je dois rester. Mais aussi, celui que je voudrais, que je devrai, quitter. Pour devenir et me risquer. M’émanciper pour me confronter. Partir à la rencontre de l’autre. Habiter une autre maison, découvrir un autre pays. Ailleurs ! Avoir le sentiment que finalement, chez moi… c’est partout !»

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FESTIVAL RING – NANCY THEATRE – 6ème édition du 12 au 20 AVRIL 2018 – CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL NANCY LORRAINE – DIRECTION MICHEL DIDYM – 10 RUE BARON LOUIS – BP 63349 – 54014 NANCY CEDEX – 03 83 37 12 99

UN FESTIVAL TOURNÉ VERS L’INNOVATION  ET LA RECHERCHE NUMÉRIQUES SPECTACLES, INSTALLATIONS MOMENTS D’INVENTION : DISCUSSIONS, DÉBATS, AFTERS  CRÉATIONS

Le numérique est au carrefour de l’art, de la science, de la technologie et des émotions. Dès sa naissance, il y a plus de 2000 ans, le théâtre a toujours su s’emparer des révolutions techniques et nous poursuivons, nous aussi, cette évolution à l’ère technologique. Cette 6ème édition du festival RING présente un foisonnement d’expériences nouvelles, visuelles, sensorielles et interactives. Les artistes que nous vous invitons à découvrir interrogent le monde dans sa transformation digitale et invitent à nous questionner sur notre futur immédiat. Pendant 9 jours, le festival RING propose un vaste terrain de jeux et de réflexion qui entend vous surprendre et vous étonner. Réalité augmentée, réalité virtuelle, intelligence artificielle, robotique, transhumanisme, objets connectés y seront convoqués. Nancy prendra l’allure d’une cité imaginaire où se télescoperont différentes visions artistiques, nous transportant dans de nouveaux espaces à vivre et à imaginer. Débranchez-vous et venez vous connecter sur le festival RING !

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LES BORDS DU MONDE PAR LA COMPAGNIE OPHELIA THEATRE – THÉÂTRE DE L’ÉPÉE DE BOIS – Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre – Du 12 au 22 avril 2018 – jeudi et vendredi 20h30 – samedi 16h et 20h30 – dimanche 16h –

Photos D.R.

Dramaturgie et mise en scène Laurent Poncelet
Assistant José W. Jùnior
Avec Gabriela Cantalupo, Tamires Da Silva, Abdelhaq El Mous, Zakariae Heddouchi, Marcio Luiz, Ahmad Malas, Mohamad Malas, Kokou Mawuenyegan Dzossou, Lindia Pierre Louis, Lucas Pixote, Germano Santana, Clécio Santos, Sodjiné Sodetodji
Lumière Fabien Andrieux | Musique Zakariae Heddouchi et Clécio Santos

Faut-il qu’ils aient connu la misère, l’injustice, les horreurs de la guerre, font-ils partie de ces migrants poussés à fuir leur pays ?

 Une chose est sûre c’est qu’ils ont au creux du ventre un insatiable désir de liberté exacerbé par une énergie vitale phénoménale.

 Privilège de la jeunesse, sans doute, et pas seulement car l’esprit traverse ces jeunes danseurs indomptables. Il est plein d’une mémoire qui les dépasse, c’est la mémoire esprit corporelle, celle qui se manifeste lorsqu’en dansant, leurs corps palpent l’invisible et ce faisant oublient les frontières, les vieux barreaux d’un monde sans âme.

 Quand on a pour passeport l’idée qu’il faut se délivrer des étiquettes qui vous collent à la peau, celles généralement de la misère, qu’il importe de relever la tête pour soi, pour ceux qui vous ont précédé et pour ceux à venir, comment ne pas avoir la pêche.

 Ils écrivent en dansant un vaste poème, ils viennent de plusieurs pays,  Brésil, Syrie, Togo, Maroc, France, Haïti et ils pourraient réciter en chœur ces mots de Jacques Roumain, le grand poète haïtien :

 « Comme la contradiction des traits se résout en l’harmonie du visage, nous proclamons l’unité de la souffrance et de la révolte de tous les peuples sur toute la surface de la terre et nous brassons le mortier des temps fraternels dans la poussière des idoles ».

(Extrait du poème « Bois d’ébène »).

 Qui dit mieux. Oui, nous les voyons écrire devant nous sur les palissades, mus par le même élan, le mot liberté. Il s’affiche sur leurs visages, il guide leurs gestes, il illumine leur imaginaire, il leur permet de se reconnaître en dépit de leurs différences, il les réunit lors d’une scène magnifique où tous dansent galvanisés par la joie des retrouvailles.

 Mis en scène par Laurent PONCELET, ils offrent au public un spectacle d’amour. Que disent ces tambours, ces corps qui semblent soulevés par les éléments, terre, feu, ciel, astres, ils délivrent un message de liberté et de fraternité, torrentiel !

 Paris, le 13 Avril 2018

 Evelyne Trân

 

LE HIKIKOMORI SORT DE CHEZ LUI de HIDETO IWAI – ヒッキー・ソトニデテミターノ – A LA MAISON DE LA CULTURE DU JAPON – 101 Bis Quai Branly 75015 PARIS – du Jeudi 15 au samedi 17 Mars 2018 –

 

Texte, mise en scène, interprétation > Hideto Iwai

 

Hideto IWAI, le metteur en scène et auteur de la pièce « Le hikikomori sort de chez lui » a été lui-même hikikomori. Ce mot désigne une personne recluse chez elle sans aucune communication avec l’extérieur, en dehors de sa famille. De 16 à 20 ans, Hideto IWAI a donc vécu cette expérience, suite à une tentative infructueuse d’insertion dans le monde du travail. Il ne croyait pas pouvoir s’en sortir mais le théâtre lui a ouvert une porte providentielle.  

 Lors d’une interview, Hideto s’est décrit comme une personne ayant « une conscience de moi exacerbée ». A vrai dire, ce sentiment peut être largement partagé par des adolescents anxieux à l’idée de rentrer dans la vie active et surtout de se confronter à une société économique sans états d’âme.

 Pour autant le propos de Hideto IWAI n’est pas de dénoncer ladite société mais de parler des hikikomori représentant à l’extrême des individus qui refusent de sacrifier leur monde intérieur au profit d’un monde extérieur qui ne leur dit rien. Ces hikikomori peuvent être également des adultes.

 Hideto IWAI a conscience d’avoir perdu une partie de lui-même en s’engageant dans la vie active mais son regard s’est ouvert sur les autres en tant que personnes indépendamment de leurs rôles dans la société.

 Son champ d’observation s’exerce bien au-delà d’un regard clinique ou sociétal, il accueille en permanence, l’imaginaire.

Il nous pousse à nous demander comment le courant passe entre notre monde intérieur et le monde extérieur. Ce dernier, il faut en quelque sorte oublier de le considérer uniquement comme un monstre sociétal, il peut se révéler aussi bien à travers la vision d’une personne étrangère assise en face de soi sur un banc dans un parc ou dans le métro.

 Dans le dispositif scénique de la pièce, Hideto IWAI représente des individus « qui se regardent sans se regarder physiquement ». Tout au long de la représentation, tous les comédiens sont présents en permanence. L’idée est de faire exister sur scène des personnages même absents au présent.

 De la même façon que nous nous interrogeons parfois sur ce que nous sommes en train de voir, Hivet IWAI privilégie la perception subjective avec l’intention de faire travailler l’imaginaire du public.

 Le regard Hideto IWAI n’en reste pas moins pleinement objectif puisqu’il inclut dans l’espace de communication le silence des individus et ce faisant leur espace intérieur.

 L’aspect exorbitant d’un événement clash, une dispute familiale par exemple, devient le point de rassemblement des membres d’une même famille. Maïs le metteur en scène n’entend pas séparer ce point de tout ce qui l’entoure, suggéré par la présence  sur le plateau de personnes qui ne participent pas à l’action.

 Il va sans dire que nos repères habituels d’espace et de temps en prennent un coup. C’est un peu comme si sur un même tableau nous étions amenés à observer un individu ou un évènement s’étoilant à perte de vue, de façon quasi intemporelle.

 L’horloge théâtrale que manie avec art, Hideto IWAI est une horloge de conscience rythmée par des événements extérieurs mais également par les rêves, les souvenirs, les émotions.

 De la communication entre ces deux espaces, intérieur et extérieur dépend la liberté de conscience de tout homme, semble nous dire Hideto IWAI.

 Nous saluons volontiers cet objectif ambitieux. Le public pourra découvrir prochainement le travail d’Hideto IWAI au Théâtre de GENNEVILLIERS.

Paris, le 11 Avril 2018

Evelyne Trân

 « A l’invitation du T2G et dans le cadre de Japonismes 2018, Hideto Iwai créera en novembre 2018 à Gennevilliers un spectacle en français et japonais avec des habitants et des comédiens professionnels, à partir des récits de leurs propres vies ».

 

 

 

La Magie lente de Denis Lachaud – Mise en scène de Pierre NOTTE au THEATRE DE BELLEVILLE – 94 rue du Faubourg du Temple 75011 Paris – MERCREDI 4 > DIMANCHE 15 AVRIL 2018 du mercredi au samedi à 19h15, le dimanche à 15h –

TOURNEE 2018

• 6 > 28 Juillet : Avignon – Festival d’Avignon Off / Artéphile
• 9 novembre > 23 décembre : Paris – Théâtre La Reine Blanche Lire la suite « La Magie lente de Denis Lachaud – Mise en scène de Pierre NOTTE au THEATRE DE BELLEVILLE – 94 rue du Faubourg du Temple 75011 Paris – MERCREDI 4 > DIMANCHE 15 AVRIL 2018 du mercredi au samedi à 19h15, le dimanche à 15h – »

Concert de Jean-Luc DEBATTICE – GOTHIQUES ET GROTESQUES au CENTRE WALLONNIE- BRUXELLES – 46 Rue Quincampoix, 127-129, rue Saint Martin – 75004 Paris – LE JEUDI 12 ET LE VENDREDI 13 AVRIL 2018 À 20H00 – Téléphone : 01.53.01.96.96 –

Nouveau tour de chant de Jean-Luc Debattice
Jean-Luc Debattice, chanteur, comédien et auteur-compositeur intense et inspiré. Il sera accompagné par Nathalie Fortin et Bruno Helstroffer.