LES PASSAGERS DE L’AUBE INTRIGUE AMOUREUSE, SCIENTIFIQUE ET SPIRITUELLE DE VIOLAINE ARSAC AU THEATRE 13/JARDIN – 103 A, boulevard Auguste-Blanqui – 75013 Paris (métro Glacière) du 9 JANVIER ▸ 9 FÉVRIER 2020 Du mardi au samedi à 20h – le dimanche à 16h –

THEATRE 13

Une fiction basée sur des faits scientifiques réels. Un médecin rationnel peut-il en arriver à croire qu’un homme est plus qu’une mécanique scientifique ? La science peut-elle rejoindre le spirituel ? Au-delà du théâtre, un questionnement intime et universel, sur notre condition humaine. Une histoire d’amour hors du commun, lumineuse et insensée.

Violaine ARSAC était l’invitée de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4 le 7 Décembre 2019, en podcast ci-dessous :

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KIM VAN KIEU ou le jeu des dieux d’après NGUYEN DU – Texte et récit Isabelle Genlis – Festival Contes d’hiver avec Hô Thuy Trang au Centre MANDAPA – 6, rue Wurtz 75013 PARIS – Samedi 11 Janvier 2020 à 20 H 00 – LA TRESSE DE L’OGRESSE conte d’Isabelle Genlis, musique : Hô Thuy Trang, également au Centre MANDAPA le Mercredi 15 Janvier 2020 à 14 H 30 –

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Réservations :
https://www.weezevent.com/widget_billeterie.php?id_evenement=501176&lg_billetterie=1&code=48122&width_auto=1&multi=68726.12.1.bo.1&color_primary=221872&

Presse :
http://www.isabellegenlis.fr/kim-van-kieu.html

Isabelle GENLIS est l’invitée de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4 le samedi 4 Janvier 2020, ci-dessous en podcast :

RADIO LIBERTAIRE

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 Mardi 14 janvier – 10h  – Scolaire
La Tresse de l’ogresse, Mandapa, avec Hô Thuy Trang
 Mercredi 15 janvier – 14h30 – Tout Public
La Tresse de l’ogresse, Mandapa, avec Hô Thuy Trang
 Jeudi 16 et Vendredi 17  janvier – 10h – Scolaires
La Tresse de l’ogresse, Mandapa, avec Hô Thuy Trang

Réservations :
http://www.centre-mandapa.fr/?p=14347

Presse :
http://www.isabellegenlis.fr/la-tresse-de-logresse.html

Saigon / Paris Aller Simple – Auteure et interprète E.Le Van Kiem – Spectacle tout public ven. 31 janv. 20 et sam. 01 févr. 20 à 20 H 30 – Conservatoire de Châtillon 5 rue Paul Bert Châtillon (92320) –

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N.B Eliane Le Van Kiem et Claude Zaretti étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur RADIO LIBERTAIRE 89.4 , le Samedi 15 Juin 2019, en première partie ci-dessous en podcast :

C’est tout de même loin Saïgon de Paris, plus de 10000 Km à vol d’oiseau entre les deux villes. Si une histoire commune à Saïgon ( aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Villeet à Paris pouvait être racontée, elle trouverait sa source dans la mémoire de quelques vietnamiens déracinés amenés à quitter leur terre natale sans jamais pouvoir y revenir.

 A une époque où les individus privilégient toutes ces informations qui leur sautent au visage grâce à leur portable et les réseaux sociaux, nous voudrions faire l’éloge de la lenteur, du silence, de l’émotion retenue, de cela qui ne vous éblouira pas, qui définit l’intériorité de quelques êtres, parle de destinée, un grand mot certes, mais qui a tout de même du sens.

 En nous racontant l’histoire de son père Louis, Eliane Le Van Kiem recouvre son intimité et la sienne propre grâce à la musique et le chant, et justes sont ces chemins qui permettent d’appréhender la présence d’un homme en évoquant ce qu’il aime, avec pudeur, sans le sortir de l’ombre qu’il a toujours souhaitée.

 Son père avait le Vietnam dans la peau, l’écorce de son enfance et adolescence. Arrivé en France en 1947 pour faire ses études, il s’est intégré professionnellement et a épousé une Française. Mais sa vie durant, il a porté en lui comme un lourd secret, la nostalgie de son pays.

 Lumineuse et poète, Eliane Le Van Kiem, fait penser à un Petit Poucet adulte, émerveillé par tout ce qui peut lui servir à se rapprocher de ce père trop silencieux.

 Le spectacle parlé, chanté, est à la fois ludique et bouleversant. Il dégage un charme audacieux, celui de la force des sentiments qui abolit toute frontière.

 Paris, le 18 Avril 2019

Mis à jour le 4 Janvier 2020

 Evelyne Trân

L’EUBAGE de Blaise Cendrars – Voyage sonore avec Marc-Henri Lamande et Michel Thouseau à l’espace « S comme cargo », 4 rue Martel – 75010 Paris, le 1er Décembre 2019 à 19 Heures.

L EUBAGE

Marc-Henri Lamande et Michel Thouseau étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE, sur Radio Libertaire 89.4, le Samedi 30 Novembre 2019, en première partie, en podcast ci-dessous :

L’Eubage aux antipodes de l’unité est un poème en douze chapitres, écrit par Blaise CENDRARS en 1917. Ayant subi l’amputation de son bras droit, deux ans plus tôt, il lui fallait coûte que coûte jeter l’ancre et d’un point de vue métaphorique, le combat que mène le narrateur capitaine d’un vaisseau spatial pour entrer en collision imaginaire avec le cosmos, s’apparente aux expériences de l’auteur confronté à l’indicible, contre terre.

 Pour relever la tête, il importe de foncer vers l’inconnu à travers ses multiples correspondances ou radicelles de façon à inquiéter cet inconnu en nous-mêmes qui nous mène en bourriques. Tout simplement parce que cet inconnu parle une langue incompréhensible pour notre ratio.

 L’écho d’une voix, c’est un peu l’archet sur la phrase telle quelle en bordure de lèvres, froissement d’une feuille contre une branche surprise par l’éclair de la lune car en Poésie, oui, il est possible de s’identifier à toute chose et de franchir ces distances auxquelles répugne la raison, par exemple mordre par le sourire la vision d’un chien qui halète au-dessus des toits.

 L’impossible est au bout de la phrase, par exemple celle-ci : la respiration est un cheval en liberté. Il faut avoir assisté à l’improvisation musicale de Michel Thouseau pour jouir de son effet explosif sur son instrument l’osmophone.

 L’inconnu appelle l’inconnu, voilà tout ! Il y a cette vague qui s’appelle explosion qui rabat toutes les cartes juste au point de naissance auquel assiste le musicien comme à la levée du jour et ce après avoir écouté la voix qui crayonne l’espace, qui l’a pénétré de sa chair, qui l’a fait éclore.

 C’est tout le bonheur de découvrir l’Eubage de CENDRARS grâce à leurs humbles exposants Marc-Henri LAMANDE et Michel THOUSEAU !

 Paris, le 1er Janvier 2020

 Evelyne Trân

TROIS FEMMES (L’ÉCHAPPÉE) TEXTE ET MISE EN SCÈNE CATHERINE ANNE (ÉD. ACTES SUD-PAPIER) au Lucernaire 5 3, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris – Du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020 – Du mardi au samedi à 19 Heures, le dimanche à 16 Heures.

TROIS FEMMES (Catherine Anne 2019)

TROIS FEMMES (Catherine Anne 2019)

Photos : Victor Tonelli

AVEC PAR ORDRE D’APPARITION
CATHERINE HIEGEL (MADAME CHEVALIER)
CLOTILDE MOLLET (JOËLLE, LA MÈRE)
MILENA CSERGO (JOËLLE, LA FILLE)
ASSISTANT A LA MISE EN SCENE : DAMIEN ROBERT
DÉCOR : ÉLODIE QUENOUILLÈRE
COSTUMES : FLORIANE GAUDIN
SON : MADAME MINIATURE
MUSIQUE : ÉMILE JUIN
LUMIÈRE : SAMAËL STEINER
ASSISTANT LUMIERE : LORIS GEMIGNANI
RÉGIE GENERALE : LAURENT

Une pièce réglée comme du papier à musique sur la bande d’un orgue de barbarie où s’engouffrent les voix de trois femmes, pour un portrait de groupe, une photographie dénichée sous le tapis.

Ne craignons pas d’être échaudés par nos réflexes, nos préjugés, nous le savons hélas, quand il s’agit d’identifier le quidam en face de nous, pour le décrire quelques questions suffisent à nous faire ruminer, est-il riche ou pauvre, jeune ou vieux, bien ou mal dans sa peau ?

Que peut-on attendre de la relation entre une vieille femme riche, acariâtre, et son auxiliaire de vie fatiguée mais courageuse, résignée à endurer les vicissitudes de sa condition, peu éloignée de celle de domestique ?

La vieille et la pauvre ont au moins un point commun, celui de ne pouvoir échapper à la fatalité. La bourgeoise en fin de vie s’amuse à agiter ses grelots de richesse pour provoquer en vain la digne et honnête garde de nuit. Fait irruption la fille de cette dernière sans foi ni loi, sinon celle de vivre sa vie en profitant d’un malentendu providentiel lui permettant de jouer le rôle de la petite-fille de la bourgeoise.

Les trois femmes n’ont pas les mêmes valeurs mais elles ont des tripes susceptibles de faire remarquer qu’une souris sinon un cadavre exquis se loge sous le tapis.

Catherine Hiegel est exquise comme d’habitude, elle donne l’impression de s’amuser de l’affairement qu’elle suscite de la part de deux personnes aussi opposées, l’humble auxiliaire et la jeune fille aux dents longues.

Milena Csergo campe avec justesse une jeune femme décidée à s’en sortir coûte que coûte – elle est au chômage – refusant l’image de la soumission que lui renvoie sa mère.

Quant à Clotilde Mollet, sa composition est si bien calquée sur la réalité que nous croyons avoir déjà rencontré cette brave employée.

Chapeau donc à ces trois comédiennes qui donnent vie à une comédie sociale voire « policière » sans d’autre prétention que de divertir le public !

Paris, le 31 Décembre 2019

Evelyne Trân

 

 

L’ENTRÉE EN RÉSISTANCE CRÉATION Théâtre La Reine Blanche — Scène des Arts et des Sciences – 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris du 27 nov. au 05 janv. 2020 du mercredi au samedi : 20h45 – Dimanche : 16h – Relâches les 25 décembre & 1er janvier 2020.

lentree_en_resistance_web_rond_1000px-680x679 (1)TEXTE + MISE EN SCÈNE=Jean-Pierre Bodin + Alexandrine Brisson + Christophe Dejours

COMPAGNONNAGE=Jean-Claude Fonkenel + Jean-Louis Hourdin

RÉALISATION, IMAGES & MONTAGE : Alexandrine Brisson

TOURNAGE : Pierre Befve, Alexandrine Brisson

MONTAGE et CONCEPTION VIDÉO : Gyomh

CONSEIL MULTIMÉDIA : Martin Rossi

MUSIQUES : Bach, Mendelssohn, Schubert, Carbon Killer

LUMIÈRES et RÉGIE GÉNÉRALE :Philippe Terrasson

RÉGIE VIDÉO & SON : Stéphane Comon

CONSTRUCTION : Nicolas Forge

N.B : Jean-Pierre BODIN était l’invité de l’émission « DEUX SOUS DE SCENE » en 2ème partie sur Radio Libertaire 89.4 en podcast ci-dessous, le samedi 28 Décembre 2019.

Les PDG de France Télécom viennent, après de longues années de procès, d’être reconnus coupables de harcèlement moral ayant provoqué une vague de suicides d’employés dans l’entreprise. Le spectacle « l’entrée en résistance » qui a lieu en ce moment au théâtre de la Reine Blanche rassemble un artiste comédien metteur en scène Jean-Pierre BODIN, une musicienne Alexandrine BRISSON et un chercheur Christophe DEJOURS qui ont décidé d’entrer en résistance contre cette catastrophe qui menace tous les individus la déshumanisation du monde de travail.

 Travailler devrait être un bonheur et non synonyme d’esclavage. Pour ma part, j’estime que le travail c’est comme le manger et le boire, c’est vital. Mais la notion de travail s’est tellement dévalorisée au profit de la notion de rentabilité, de productivité que nombre d’individus s’éprouvent condamnés à travailler pour vivre et enrichir leur entreprise sous le joug d’actionnaires qui ne s’intéressent nullement à la qualité du travail fourni. Si l’argent tombe dans la caisse tout va bien et cela seul compte.

 Les managers et les directeurs des ressources humaines sont probablement dopés par leur sentiment de supériorité sur la masse salariale. Après tout, oui cela va de soi, une entreprise n’a pas de vocation humanitaire ou caritative.

 Pour comprendre que la notion de rentabilité balaie toutes les valeurs d’épanouissement du travail, les initiateurs du projet de résistance ont effectué « un travail d’enquête et de collectage auprès de salariés, syndicalistes, juristes, médecins du travail, chercheurs, et de forestiers qui nous ouvrent les portes de leur bureau magnifique : la forêt ».

 Le spectacle débute par le témoignage d’un garde forestier heureux de transmettre une forêt en bonne santé et d’effectuer « un travail vivant » Il n’y a pas un arbuste ou une broussaille qui ne retienne son attention car il considère que chaque végétal possède son intelligence. Mais de telles considérations n’ont plus de sens face à un manager qui ordonne de doubler le cubage et qui assène qu’une machine remplace 10 hommes.

 A l’hôpital, c’est encore la rentabilité qui a le maître mot et qui met à mal le serment d’Hippocrate. Pour que le service ne ferme pas, seul mot d’ordre, le chiffre.

 Des cadres témoignent qu’ils apportent leur concours à des actes qu’ils réprouvent et qu’ils en souffrent. Mais d’autres obéissent avec ces arguments « Moi je suis trop bête, je fais ce qu’on me dit ».

 Christophe DEJOURS a une explication. Il parle d’abolition de la pensée. Cette faculté d’arrêter la pensée est dénommée l’acrasie, synonyme de faiblesse de la volonté.

 Il est possible aussi de se référer au « Sauve qui peut » à cet instinct du moi d’abord et après moi le déluge.

 Réfléchir demande du temps mais ce n’est pas du luxe. Dans quel monde avons-nous envie de vivre ? Quand on pense que le travail en société occupe la majeure partie d’une vie humaine, il importe d’écouter les témoignages trop nombreux de ceux pour qui le travail a été ou est encore synonyme de souffrance ou même de désespoir.

 Les travailleurs sont leur propre outil de travail et l’argument de la rentabilité est fallacieux face à ce que représente leur capacité de résistance aux injonctions sans âme de managers gestionnaires. Qui peut renoncer à vouloir donner du sens à son travail ? Peut-on imaginer que l’homme d’aujourd’hui soit moins créatif que l’homo sapiens. Il faut refuser l’ère de l’homme robot et privilégier la main humaine seule capable de penser et donc de respirer.

 Sous la forme d’une conférence spectacle musical, ce trio original, main de velours dans un gant de fer, appelle une chaleureuse entrée en résistance de l’individu au cœur de la forêt humaine.

 Paris, le 29 Décembre 2019

 Evelyne Trân

 

LES NUITS POLAIRES PAR LA CIE LES ANGES AU PLAFOND A LA FABRIQUE DES ARTS // 21 ter boulevard de Stalingrad – Malakoff – du MARDI 21 > SAMEDI 25 JANVIER –

Les Nuits polaires (c) Vincent Muteau - min

Photo Vincent MUTEAU

Durée :1h
Tout public à partir de 10 ans

mardi 21 janvier à 20h30
mercredi 22 janvier à 19h30
vendredi 24 janvier à 20h30
samedi 25 janvier à 19h30

Scolaires
mardi 21 janvier à 14h30
mercredi 22 janvier à 10h30
jeudi 23 janvier à 10h30 et 14h30
vendredi 24 janvier à 10h30 et 14h30

DISTRIBUTION

Les Nuits Polaires sont peuplées par Brice BERTHOUD, Dorothée RUGE,
Dominique HARDY en alternance avec Jessy CAILLAT
Mise en scène, construction des marionnettes : Camille TROUVÉ
Adaptation, construction, jeu : Brice BERTHOUD
Construction et manipulation : Dorothée RUGE
Création lumière : Gerdi NEHLIG
Création bruitages : Xavier DROUAULT
Squelette d’igloo : Cousin DOUDOU
Transformation du noir au blanc : Éric DESVIGNES
Musique : Guillaume TROUVÉ

Dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette, la Compagnie Les Anges au Plafond présente au CARRE  BELLE FEUILLE son spectacle Les Nuits Polaires .

 Une occasion de  dépaysement unique. En effet, l’équipe de la création s’est employée à recréer l’atmosphère d’une nuit polaire et c’est comme par enchantement que les spectateurs pourtant à mille lieues du Groenland sont conviés à pénétrer à l’intérieur d’un igloo et faire connaissance  avec un curieux personnage solitaire, confiné dans un minuscule pied à terre avec pour seul compagnon Alexandre un coq assez déplumé.

 Il n’y a pas beaucoup de place dans cet igloo en toile, les spectateurs resserrés en cercle peuvent bien faire l’objet d’une hallucination collective : ils sont partis au Groenland et sont vraiment rentrés dans un igloo. L’espace d’une heure, ils n’auront pour tout repère que le plafond de l’igloo, et un sentiment d’empathie envers cet homme seul (l’enfant que nous fûmes peut-être jadis, isolé dans un grenier, une cave,  ou une cabane) Robinson Crusoé nordique, victime de la maladie  du Vertigo.

 Le bon sens terrien nous rappelle que trop de solitude ne sied guère à l’homme. Alors comment s’étonner que quelques âmes compatissantes ou pas aient l’idée de venir tenir compagnie au pauvre homme. Les créatures qui envahissent la cahute ne sont pas des anges . Ce sont des trappeurs, des aventuriers, des bourlingueurs, forts en gueule, buveurs invétérés, fomenteurs d’histoires extravagantes, mythomanes etc…

 On oublie que ces créatures se présentent sous la forme de marionnettes tant elles sont expressives,  vivantes, si proches de la bouche de leur manipulateur, et de celle du conteur Jorn RIAL dont elles semblent s’être littéralement échappées. Leur vitalité, leur pugnacité tient au fait qu’elles sont inspirées de personnages réels que l’écrivain et ethnologue danois Jorn RIEL a mis en scène dans une série de nouvelles « Les racontars arctiques ».

 C’est le genre de spectacle accompli auquel il faut se rendre plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances. Les lumières savent protéger le mystère des expressions, des gestes de ces marionnettes si humaines qu’elle rêvent aussi d’amour et du rayonnement d’une certaine Emma sur la banquise.

 Ce qui réjouit aussi c’est que l’équipe de création se trouve dans la même longueur d’onde que  celle qui parcourt un livre ouvert en pleine lune sur les genoux d’un lecteur, et les étoiles qui l’éclairent sont vraiment celles de l’imagination physique, ouverte, propice aux apparitions…

 Le jeu de Brice BERTHOUD tient du vertige, la musique et les bruitages restent sur le mode de la discrétion comme pour mieux lever notre regard vers les incroyables marionnettes de Camille TROUVE .

 Voila un spectacle de grande qualité que nous ne pouvons que recommander au public.  L’art des marionnettistes loin de faire entorse à notre réalité, la prolonge vers ses cavités inouïes,  lumineuses et palpables au cœur de notre humanité.

 Paris, le 30 Mai 2015 

Mis à jour le 28 Décembre 2019                 Evelyne Trân

 

L’obole du poète

illustration d’Adama Trân

Faudra-t-il que je vous parle de ma douleur pour que vous me croyiez enfin !

 Mon nom est invisible, je parle du fond de mon terrier et mon moi est chargé de quantités de petites bêtes qui me racontent des histoires.

 Si j’ai un visage, il se déplace, il est regard pour accueillir toutes ces petites choses qui s’étonnent d’être ensemble.

 Tout au fond du trou, je n’ai recueilli qu’un pâle morceau de papier. Il était tout délavé, il mesurait 2 centimètres. C’était ma seule richesse. Un lambeau de papier, voyez-vous, ce quelque chose de frêle et de solide à la fois que j’aime car j’ai horreur du marbre.

 Ce petit morceau de papier est fichu dans ma mémoire. Il s’y ballote. Grâce à lui, je vois la mer, les palmiers, la plage, je vois une voile et son bateau et un bout de ciel de nuage charmant.

 Grâce à ce bout de papier, je peux me transporter en pleine mer. Sur ce bout de papier, je peux voir défiler mille écritures, je peux entendre crépiter la mer, je peux reconnaître les lèvres d’un poète chéri.

 Il n’a jamais flanché ce bout de papier. Il est devenu pointu au-dessus de la mer, trop léger pour s’y noyer, le voilà refuge de milliers de poètes sur les flots. Sur 2 cm, il y a la place pour écrire le mot poète ou simplement sourire.

 Je ne suis pas important dit-il. Je caresse tout le souvenir des gens qui sont morts, je lave leur mémoire pour la réveiller toute chaude encore sur quelque rocher, sous les pas d’un enfant. Je transporte leurs âmes, je suis insignifiant.

 Celui qui enlèverait de ma mémoire ce fichu papier, ne me ferait pas de mal. S’il le fallait, j’écrirais sur une feuille d’arbre, j’écrirais sur ma main, j’écrirais en l’air. Mais ce n’est pas moi qui écris, c’est la pluie, le soleil, c’est leur faconde qui s’exprime avec un bout de papier tellement résistant qu’il se déplace. S’il le fallait, j’écrirais sur mon ombre, il parait que c’est possible, alors, alors tout est possible…

 Sur un bout de papier déchiré comme un morceau de pays qui avance, il y a la place pour le sourire d’un homme aimé, pour ses cicatrices et même son regard qui perce à travers, et qui te dit prends le.

               Evelyne Trân

JEANNE PLANTE EST CHAFOUIN. Théâtre Lepic – 1 Avenue Junot 75018 PARIS – Paris. Dernière le 16 décembre à 20h30. Dès janvier 2020 en tournée dans toute la France – Par Laurent Gharibian –

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Après six lundis, répartis sur quatre mois, au Théâtre Lepic, le spectacle sera prochainement en tournée dans toute la France. Une belle occasion, pour un public averti et curieux d’assister à un moment rare d’humour explosif, insolite et légèrement transgressif…Comme annoncé, il s’agit, bien plus qu’un tour de chant, d’une vraie « fantaisie musicale » peu conventionnelle aux allures de numéro de cabaret kitschissime. Le triomphe, à l’Européen, en mars 2019, aura laissé des traces durables. 

Deux albums « Les mots cachés » en 2009 et « La veuve araignée » en 2012 avaient apporté à la comédienne, danseuse et musicienne la pleine reconnaissance comme auteure-compositrice-interprète. Suivaient le livre-disque pour enfants  « Farces et attrapes » en 2016. Et le CD « Jeanne Plante est chafouin » fin 2018.
 La confirmation sur scène est éclatante. Des arts de la scène Jeanne Plante connaît les secrets. Elle apparaît en robe longue fendue, rouge pailletée, en décolleté super sexy. Coiffée d’une inénarrable perruque rouquine. Un ensemble cohérent qui ne saurait, un seul instant, détourner son auditoire de ce regard clair, suggestif. Voix sensuelle, beau médium, diction parfaite – à souligner par les temps qui courent – l’artiste capte d’emblée l’attention.
Avec ses mots d’auteure aux mille facettes et ses musiques idéalement adaptées à sa tessiture, Jeanne Plante bâtit un univers à nul autre pareil : expressif, décoiffant et d’une acuité sans concession faisant naître les rires complices. Dans ce langage, aucune afféterie : crudité, franchise, naturel. Une observation au scanner des doutes, contradictions et espoirs d’une femme gourmande. Jamais rassasiée dans sa recherche de plaisirs sensuels, d’amour total, en vérité.
Et l’émotion surgit, inattendue, inscrite en parcelles dans cette fresque surréaliste, touchante et  ancrée dans le quotidien. Mais tournée tout autant vers les bonheurs fantasmés…
En quinze chansons originales et  trois reprises, Jeanne se raconte et, ce faisant, retourne vers le public un miroir virtuel. Sans tain. En ouverture « Chafouin » donne le ton : carte de visite affirmative, évocatrice. Il faut écouter chaque mot et chaque silence du titre « Je jouis » – cosigné avec Fred Raspail. Cela sonne à la manière d’un hymne libérateur pour ne pas dire libertaire. Cette chanson serait sûrement interdite dans de nombreux pays…La transgression en toute majesté. On est prévenus. 
Trois reprises, donc, avec une découverte : l’étonnant  « Sex Mad » – du regretté Eric Robrecht.  La seconde « Cocuage et crustacés » aux paroles réécrites par Vincent Roca sur l’immortelle mélodie de Gérard Bourgeois : ou comment revisiter, façon iconoclaste, un classique que l’on reconnaît bien vite. La troisième, ce 2 décembre, c’est un irrésistible « Le chanteur » interprété en duo avec Askehoug, voix de cuivre, présence dynamisante… Daniel Balavoine a dû bien rigoler de là haut. C’est ainsi, Jeanne Plante aime à respecter la tradition du music-hall en invitant un interprète différent à chaque représentation. En mars, à l’Européen c’était Alexis HK.
L’énoncé des titres illustre un humour ravageur à peine teinté de spleen : « Le détail qui tue », « Le bouton de ta veste », « La chieuse des vacances » entre autres… En peintre du sentiment amoureux décliné sous l’angle de l’autodérision, Jeanne Plante s’en donne à coeur joie : la mise en scène de Patrice Thibaud, alerte et précise, souligne en finesse la tendresse poétique comme la folie douce d’un personnage se révélant, au fil des chansons, finalement assez proche de nous. Tous sexes confondus…Il faut bien le reconnaître…
Après un intermède instrumental, au mitan de la représentation, Jeanne réapparaît tout de noir vêtue, collants et pull moulant, cheveux nature à la garçonne. Craquante. Effet de contraste réussi. Et toujours ces titres comme « La vie c’est jamais comme on veut » ou « Les mots qui touchent ». Tout un poème.
Les trois musiciens accompagnateurs se font par moments comédiens ou chanteurs. Aux percussions (des casseroles !) Jacques Tellitocci assure vraiment. En subtilité. Et pour un titre, dont il est l’auteur, se révèle crooner, rital et un peu macho. Ca marche. Jérémie Pontier brille aux claviers. Lui aussi fait son numéro, imitant Ray Charles et Stevie Wonder : drôle mais léger comme il se doit. Philippe Desbois -guitalélé (!) et violoncelle – en chevelu qu’il est se voit dédier-un genou à terre- un titre composé pour lui seul et qu’interprète avec délice notre simili-dominatrice.
Ces trois-là sont étroitement associés au succès de « Jeanne est chafouin ». Equipe soudée, belles vibrations. Tous ont joué avec les très bons. Adamo, Agnès Bihl, Bertrand Belin, Holden pour le premier. Sanséverino, Clarika,Yves Jamait, Jeanne Cherhal pour le second. Art Mengo, Bernard Lavilliers, Louis Chédid, Jean- Louis Aubert pour le troisième larron. Cela s’entend. Cela se voit. On pourrait imaginer un album en trio. Un probable carton, là aussi…
Jeanne Plante termine avec « Une dernière chanson ». Toujours logique, mine de rien, notre fantaisiste. Un bijou manifestement attendu par les fans de la première heure. Pour ce faire elle est descendue de scène et plaisante avec les spectateurs. Sourire radieux.
 Pour résumer, il nous semble bien qu’il y ait la verve acérée et tendre d’un Wolinski chez cette femme d’esprit. Par ailleurs sanguine (et fort) joli fruit : si elle avait croisé Prévert, Jeanne Plante aurait bien pu inspirer cette chanson au poète de l’amour, de l’amitié comme de l’irrévérence… Allez savoir !!!
                                                                                              Laurent Gharibian   
Spectacle vu en 2019 à Paris (L’Européen, 20 mars ; Théâtre Lepic, 2 décembre). En tournée dans toute la France, saison 2020/ 2021 et plus si affinités.

Une femme dans le genre de Joséphine… présente Une lettre bien tapée… Une paire de gifles… Un type dans le genre de Napoléon… de Sacha Guitry au Théâtre de l’Ile Saint Louis Paul Rey – 39 Quai d’Anjou 7500 PARIS – Les 2, 8, 15, 16, 29 Novembre et 6, 7, 13 Décembre 2019 à 21 Heures –

Une femme dans le genre de Josephine (1)

Déshabiller du regard celle ou celui qui vous fait tourner la tête, peu s’en faut avec le sieur Sacha Guitry qui préfère jouer au chat et à la souris avec ses personnages en donnant le plus souvent le grand rôle à la souris. L’on sait que le chat aime à s’amuser longuement avec sa proie avant de l’ingurgiter.

Dans les trois pièces Une lettre bien tapée… Une paire de gifles… Un type dans le genre de Napoléon… aussi vives que des courants d’air que nous sert la pétillante Isabelle Toris Duthillier, l’homme et la femme seront toujours sur la même onde, celle du désir. Pas question de se prendre au sérieux, faute quoi aurait lieu la douche froide.

Chacune des pièces doit être perçue comme les préliminaires à une future rencontre amoureuse ou plus crûment à un coït.

La femme assume son rôle de poule pimpante qui glousse face à l’homme qui doit le plus souvent lustrer sa crête de coq.

Dans son emploi, du moins dans l’univers de Guitry, la femme est toujours Reine car l’homme ne peut se passer d’elle et cette fieffée femme en profite ! Mais d’où vient donc sa réputation de misogyne ?

Un des points communs des trois pièces est l’élément de surprise, c’est à qui saisira la perche que lui tend « innocemment » l’autre. A cet égard une paire de gifles  est géniale, elle requiert une certaine accoutumance à la rouerie distillée de façon infinitésimale toujours sur le fil d’un désir qui s’éblouit lui-même.

 Une paire de gifles c’est une rencontre entre Célimène et Alceste revisitée par Guitry. Mais l’homme et la femme ne sont tout de même pas des bêtes, il y a une fichue pointe de cérébralité dans l’expression de leurs désirs !

Patrice Faucheux et Laurent Schteiner excellent dans leurs rôles de chats matois et Isabelle Toris Duthillier est irrésistible en femme allumeuse.

Un spectacle éclaboussant d’esprit et de gaieté ! Quoi, vous avez cru assister à des combats de coqs et de poules dans un poulailler de théâtre ? Fichtre, la nature humaine est-elle donc si comique ? En tout état de cause, Guitry en chef d’orchestre du désir, fait sien cet aphorisme de Pascal « Qui veut faire l’ange fait la bête » ou vice versa ! C’est hallucinant !

Paris, le 11 Décembre 2019

Evelyne Trân