Les Estivades du Verbe Fou à Avignon du 15 au 31 Juillet 2020.

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Le Verbe Fou ré-ouvrira ses portes pour une quinzaine de jours du 15 au 31 juillet avec : 

 » Les Audacieux  » de Colette/Debussy par la compagnie Imagine
 » Le corps de mon père  » de Michel Onfray par la compagnie Rhizomes
 » Amor Sulfurosa « , écrits licencieux et complaintes vénéneuses d’Alain Klinger et Lionel Damei par la compagnie Chansons de Gestes
 » Requiem, ou le Louis d’Or  » de Alphonse Allais, Villiers de l’Isle-Adam, Gaston Leroux et Guy de Maupassant par la compagnie Laventurine
 » Le dindon  » de Feydeau par la compagnie les Joyeux de la Couronne (sortie de résidence en soirée de clôture)
 » Sang négrier  » de Laurent Gaudé par la compagnie les Apicoles (sous réserve)

EN JEUNE PUBLIC DES 5 ANS à 14h45

 » Loup cherche beurre désespérément  » de Manuelle Molinas par la compagnie Fantasio
 » L’Avare de Molière  » par la compagnie les Joyeux de la Couronne

Dossier de presse : spectacles juillet verbe fou

FORCIOLI chante et dit BRASSENS : LE SENS DE L’IMAGE par Laurent Gharibian

forcioli

Ce spectacle a connu sur Paris une seule représentation le 30 janvier 2020 dans un lieu intimiste dont l’acoustique permet de se produire sans micro : « Les rendez-vous d’ailleurs ». Accueil chaleureux, programmation originale (1).

Parce que cet événement a suscité grand intérêt, une reprise reste fort probable dans la capitale ou en régions dans les mois à venir. Raison de plus pour signaler, encore aujourd’hui, l’existence de ce moment d’exception malgré les effets collatéraux qu’a provoqués la pandémie actuelle sur l’économie des arts de la scène, en particulier. Restons optimistes.
Ecrivain de chansons et interprète, Philippe Forcioli est aussi compositeur. Parmi ses multiples réalisations, il a mis en musique le poète René-Guy Cadou dans un triple CD…depuis longtemps épuisé (2). En quatre décennies, Forcioli aura publié plus de 15 albums de textes et chansons de son cru. Dans le disque « Il est passé par ici » il avait réuni les « poètes de son coeur » soit Joseph Delteil, Paul Fort, Arthur Rimbaud, Francis Jammes, Rainer-Maria Rilke, Jean Malrieu, François d’Assise… au même titre qu’un certain Georges Brassens.
A Brassens, Forcioli consacre enfin un spectacle intégral. Dans cette salle propice à la confidence, la voix gagne encore en authenticité et se fait entendre avec toutes les nuances voulues. Pour l’heure, ce travail de création ne fait pas l’objet d’une captation vidéo ou d’un enregistrement en studio. Priorité à la magie de l’éphémère qui produit auprès du public un éventail de sensations puis de souvenirs vivaces. Un public exigeant qui a noué de véritables liens d’amitié avec l’homme de plume (pour sa grâce aérienne) et l’homme de scène (pour sa faconde terrienne).
Un copieux DVD (3) célèbre avec panache les 40 ans de chanson de Forcioli lequel compte parmi ses admirateurs Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Jacques Bertin et fut très estimé des regrettés Georges Moustaki, Allain Leprest ou Nilda Fernandez.
Brassens, Forcioli le porte haut dans son coeur. Au travers de cette fresque intimiste où se succèdent des tableaux riches de sens, Forcioli compose un fidèle portrait du Sétois dont on retrouve, ici, l’essentiel des thèmes propres à ce que l’on peut qualifier de « grand’ oeuvre ».
Parmi les six chansons inscrites au programme (plus le dernier couplet du « Testament ») « La maîtresse d’école » (mis plus tard en musique par Jean Bertola).Titre édité à titre posthume et repris par Maxime Le Forestier. Forcioli y apporte une autre couleur, plus sensuelle encore. A noter la belle mélodie de Gérard Quillier sur « L’enterrement de Paul Fort ». On redécouvre « Le bout du coeur » rare sur une scène ou bien – sur le texte inspirant de l’ami Pierre Louki – ce bijou qu’est « Le coeur à l’automne. A vrai dire peu de grands succès mais des séquences d’humour tendre ou vachard alternant avec l’émotion en demi-teinte. Un ensemble cohérent, sensible et, pour tout dire, finement ouvragé.
Quant aux textes dits, ils sont la charpente de cette proposition poétique en tous points novatrice. Titres connus ou plus discrets, Forcioli les enchaîne sans transition aucune, mêlant les époques et les styles. Du contraste, du relief, du rythme surtout. On savoure ainsi la « substantifique moëlle » d’une langue puissamment évocatrice, tantôt saisissante par sa verdeur tantôt tout en camaïeu : Brassens connaissait son affaire…
Ici, Forcioli porte les mots par la magie d’une voix au grain si singulier, cette voix frémissante à même de transmettre l’ironie, l’humour, l’espoir autant que l’intranquillité de la condition humaine.
La gestuelle, d’un naturel accompli, dessine avec pertinence le climat de chaque saynète tandis que le regard achève de séduire par tant d’humanité : entre chaleur, douceur et fermeté.
L’homme de scène, tout empli d’une énergie fiévreuse et pourtant apaisante, parvient à donner au texte d’une chanson comme une musique nouvelle. Il agit sur l’auditoire tel un révélateur : tout en connaissant par coeur certains passages des chansons, on reste captivé de bout en bout tant par la force du propos, la poésie des images que par le mouvement quasi-cinématographique des situations évoquées. Il y a tout cela. Mais bien davantage. La joie de vivre, le spleen, la tendresse surtout brillent comme des bulles d’intelligence flottant dans l’air du temps. Philippe Forcioli ou l’art d’un baladin unique en son genre. Cinq fois le mot « coeur » apparaît dans cette chronique : le hasard n’existe pas!
                                                                                                           Laurent GHARIBIAN
(1) 109, rue des Haies – Paris 20ème.
(2) Le CD 3 est constitué de pièces de J.-S. Bach jouées au piano par Clara Saussac.

(3) DVD « La fête aux amis » disponible sur commande :  forciolichante@gmail.com

Dernière minute : Philippe Forcioli est programmé au Festival Brassens de Vaison-La-Romaine le lundi 5 octobre 2020 à l’Auditorium Léo Lagrange : 22h00 .

 

Coup de projecteur sur Gaston Couté : Le Gâs qu’a mal tourné – Texte lu par Bernard Meulien – Editions Thélème –

Avatar de Evelyne TrânTHEATRE AU VENT

GASTON COUTE

Il y a bien longtemps que Bernard Meulien n’avait repris le chemin des studios pour célébrer Gaston Couté, l’un de ses poètes de prédilection. C’est chose faite depuis la rentrée 2019 grâce à un éditeur qui mérite, pour son audace coutumière, un vrai coup de chapeau. Notre homme de théâtre, comédien et diseur, garde toute sa reconnaissance au regretté Vania Adrien Sens puisqu’il doit à ce dernier la découverte en 1971 de l’univers Couté. Un univers auquel Bernard Meulien est resté fidèle, tel un artisan plutôt… gourmand.

En effet, le programme est copieux : 26 titres dont deux chantés a cappella. Pas d’accompagnement, ici, contrairement au vinyle enregistré avec le compositeur et musicien Paul-André Maby en 1978. Aujourd’hui, on retrouve notamment plusieurs des textes gravés dans cet opus désormais historique, dont le superbe cycle Les Saisons rarement interprété, il est vrai, par ses pairs Jacques Florencie, Vania Adrien Sens, Gérard…

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Coup de projecteur sur Gaston Couté : Le Gâs qu’a mal tourné – Texte lu par Bernard Meulien – Editions Thélème –

GASTON COUTE

Il y a bien longtemps que Bernard Meulien n’avait repris le chemin des studios pour célébrer Gaston Couté, l’un de ses poètes de prédilection. C’est chose faite depuis la rentrée 2019 grâce à un éditeur qui mérite, pour son audace coutumière, un vrai coup de chapeau. Notre homme de théâtre, comédien et diseur, garde toute sa reconnaissance au regretté Vania Adrien Sens puisqu’il doit à ce dernier la découverte en 1971 de l’univers Couté. Un univers auquel Bernard Meulien est resté fidèle, tel un artisan plutôt… gourmand.

En effet, le programme est copieux : 26 titres dont deux chantés a cappella. Pas d’accompagnement, ici, contrairement au vinyle enregistré avec le compositeur et musicien Paul-André Maby en 1978. Aujourd’hui, on retrouve notamment plusieurs des textes gravés dans cet opus désormais historique, dont le superbe cycle Les Saisons rarement interprété, il est vrai, par ses pairs Jacques Florencie, Vania Adrien Sens, Gérard Pierron, Marc Robine ou le comédien Bruno Daraquy (1).

Au disque, Bernard Meulien se livre avec autant d’aisance, de passion et de finesse que sur scène (à ce propos sa prestation, en septembre dernier, a captivé le public des Journées Gaston Couté de Meung-sur-Loire). À côté des grands classiques Le Christ en bois, Le foin qui presse, Les électeurs, Grand’mère gatiau (2), on se régale de textes moins connus mais tout aussi remarquables : Saoûl, mais logique, L’affaire Chevaux-Jacquelin (ou Les affaires sont les affaires), L’aumône de la bonne fille (gravé naguère par Jacques Florencie), Pourquoi ou Les Bohémiens. Le choix des textes et leur agencement constituent déjà, à eux seuls, une jolie réussite. Le comédien habite ces mots emplis de révolte, ces mots d’un humour féroce et ces mots d’amour sensuel. Il dit avec naturel la célébration de la nature, l’espoir en la vie, la tendresse et la compassion pour les gens de peu, destins fracassés.

Voilà – entre autres – ce que nous transmet le poète et chansonnier Gaston Couté, lui-même admiré de Max Jacob et de Pierre Mac Orlan… Pour Gaston Couté, cet « enfant perdu de la révolte », la vie fut brève (1880-1911) mais intense. Son œuvre reste d’une troublante actualité. Qu’elle s’exprime en patois beauceron ou en français moderne, elle garde une saveur incomparable et a inspiré, par ailleurs, de nombreux compositeurs d’hier et d’aujourd’hui. Par sa générosité, son humanité profonde et sa sensibilité Bernard Meulien ajoute, une fois de plus, sa pierre à un édifice méconnu. Et pourtant considéré – par une audience grandissante – comme l’un des pans essentiels de notre patrimoine.

Le disque s’ouvre sur un volet sombre et acide, Le champ de naviots, pour se clore sur Le patois de chez nous où palpite le cœur d’un poète certes zébré d’orages mais sachant, de même, accueillir la surprise de l’apaisement. C’est assez dire combien Bernard Meulien chemine, comme à l’accoutumée, en pleine cohérence avec lui-même. Tantôt mordant et ironique, tantôt enjoué ou grave mais toujours aérien, le comédien participe d’instinct à une aventure de partage, exaltante et, partant, nécessaire. Dans le dépouillement le plus sensible qui soit, voici un disque néanmoins empli de couleurs et de contrastes : le visuel de présentation, atypique, en témoigne une fois de plus. Cohérence, toujours…

Laurent Gharibian 

(1) Citons quelques interprètes féminines de Gaston Couté : Édith Piaf, Patachou, Monique Morelli et, plus près de nous, Claude Antonini, Monique Tréhard ou Frédérique (toutes trois compositrices, les deux premières lui ayant consacré un album complet). Sans oublier Hélène Maurice qui participa avec Bernard Meulien et Gérard Pierron au projet Le discours du traîneux qui enflamma le théâtre de l’Européen en février 2011.

(2) Chanté a cappella. Ainsi que La marseillaise des requins

« Le Gâs qu’a mal tourné » : CD format mp3 (durée : 1 h 17). Éditions Thélème, Paris. Site : http://www.editionstheleme.com

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel – Mise en scène de Guy CASSIERS avec Jérôme KIRCHER – LES GEMEAUX – Scène nationale de Sceaux – 49 Avenue Georges Clémenceau 92330 SCEAUX – du 4 au 7 mars 2020 à 20 H 45 –

linh, Une histoire d’amitié hors normes interprétée par Jérôme Kircher, seul sur scène. Cette  création poursuit l’exploration de Guy Cassiers autour des questions de migration.

De l’ordre de l’intime est le spectacle « La petite fille » de Monsieur Linh. Il n’y a qu’un seul acteur sur scène pour raconter ce conte à feux doux qui exprime l’inexprimable, l’amitié entre un vieux réfugié et un veuf esseulé. Le comédien sait qu’il n’est pas tout seul, un théâtre d’ombres s’agite derrière lui, ce sont ces propres images relayées en direct par un projecteur.

Jérôme KIRCHER parle lentement et doucement. Sa voix est musicale, elle dessine comme au crayon, voire au fusain, ce qui au fur et mesure de l’histoire va permettre aux spectateurs de découvrir la tragique destinée de Monsieur Linh et de sa petite fille. L’intrigue est simple, elle pourrait être résumée en quelques phrases, il ne s’agit que d’un chemin après tout. Le vivre de l’intérieur ou plutôt en se projetant sur le cheminement propre du vieil homme qui réussit à communiquer avec un homme dont il ne parle pas la langue, à qui il fait partager sa passion pour sa petite fille, tout cela relève de l’ineffable, de la grâce. Juste une histoire, deux personnages et pourtant l’infini qui peut s’y propager celui de l’émotion, celui de l’imaginaire.

 *Paris le 10 Février 2020

Evelyne Trân

*Article publié précédemment sur le site du Monde Libertaire

CANDIDE de VOLTAIRE – MISE EN SCENE d’ARNAUD MEUNIER au THEATRE NATIONAL DE NICE – SALLE PIERRE BRASSEUR – Promenades des arts 06360 NICE – du 5 au 8 Février 2020 – Tournée Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine | 6 mars 2020 Les Scènes du Jura, Scène nationale | 11 et 12 mars 2020 Comédie de Colmar, CDN d’Alsace | 18 au 20 mars 2020 Théâtre du Gymnase, Marseille | 24 au 26 mars 2020 Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale | 1er et 2 avril 2020 Théâtre de Villefranche, Scène conventionnée | 8 et 9 avril 2020 Théâtre de Montbéliard | 16 avril 2020 Théâtre de la Ville, Paris | 21 avril au 7 mai 2020.

avec Tamara Al Saadi, Cécile Bournay*, Philippe Durand, Gabriel F., Romain Fauroux*, Nathalie Matter, Stéphane Piveteau, Frederico Semedo les musiciens Matthieu Desbordes, Matthieu Naulleau participation vidéo Emmanuel Vérité

candide

collaboration artistique Elsa Imbert version scénique, dramaturgie et assistante à la Mise en scène Parelle Gervasoni composition musicale Matthieu Desbordes, Matthieu Naulleau scénographie & vidéo Pierre Nouvel lumière Aurélien Guettard costumes Anne Autran perruques & maquillage Cécile Kretschmar stagiaire perruques & maquillage Enrique Medrano Feliu regard chorégraphique Jean-Charles Di Zazzo régie générale Thomas Chazalon accessoires Hubert Blanchet construction décor & costumes Ateliers de La Comédie de Saint-Étienne
remerciements à Djamil Mohamed, de l’Opéra de Saint-Étienne
production La Comédie de Saint-Étienne, CDN avec le soutien du DIESE # Auvergne – Rhône-Alpes | dispositif d’insertion de L’École de la Comédie de Saint-Étienne, du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, de la DRAC PACA, de la Région SUD PACA et de la SPEDIDAM

*issus de L’École de la Comédie
Création à la Comédie de Saint-Étienne le 2 octobre 2019

TOURNEE 2019 – 2020

Création à La Comédie de Saint-Étienne | 2 au 11 octobre 2019
Théâtre National de Nice, CDN Nice Côte d’Azur | 5 au 8 février 2020
Théâtre d’Angoulême, Scène nationale | 12 au 14 février 2020
Théâtre de l’Union, CDN du Limousin | 18 au 20 février 2020
Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine | 6 mars 2020
Les Scènes du Jura, Scène nationale | 11 et 12 mars 2020
Comédie de Colmar, CDN d’Alsace | 18 au 20 mars 2020
Théâtre du Gymnase, Marseille | 24 au 26 mars 2020
Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale | 1er et 2 avril 2020
Théâtre de Villefranche, Scène conventionnée | 8 et 9 avril 2020
Théâtre de Montbéliard | 16 avril 2020
Théâtre de la Ville, Paris | 21 avril au 7 mai 2020

Devenu une œuvre culte, Candide de Voltaire tout d’abord publié sous un nom d’emprunt, le docteur Ralph, l’an de grâce 1759, puis interdit à plusieurs reprises, fut ce qu’on appelle aujourd’hui un best-seller.

 Il ne s’agit donc pas de ce qu’on appelle communément « une tempête dans un verre d’eau ».

 L’idéal est de se plonger dans la lecture de cette œuvre le plus librement possible c’est-à-dire en oubliant que ce conte fait l’objet d’innombrables commentaires. Candide aurait-il inspiré à Hergé le personnage de Tintin ? En littérature comme au théâtre tout est possible.

 Qui est Candide sinon le lecteur lui-même, embarqué dans un récit fleuve où s’engouffre une kyrielle de personnages qui sans comprendre ce qui leur arrive comme le dénommé Candide, un brave garçon chassé du paradis, vont expérimenter l’ignominieuse distance entre le monde des idées et la réalité, à travers des mésaventures rocambolesques où ils braveront tous les maux possibles et imaginables en provenance de l’homme lui-même ou de la nature.

 Et c’est drôle, épouvantablement drôle comme dans un théâtre de marionnettes où l’impitoyable marionnettiste Voltaire manipule avec un certain sadisme ses créatures et ce dans un rythme effréné de péripéties mais le synopsis en vérité c’est juste le filet dans lequel va se trémousser le candide lecteur car c’est l’idéale condition pour prêter l’oreille aux discussions philosophiques des personnages porte pensées de Voltaire, comme ce savant qu’interroge Candide :

  « Monsieur, vous pensez sans doute que tout est au mieux dans le monde physique et dans le moral, et que rien ne pouvait être autrement ? –  Moi, monsieur, lui répondit le savant, je ne pense rien de tout cela : je trouve que tout va de travers chez nous ; que personne ne sait ni quel est son rang, ni quelle est sa charge, ni ce qu’il fait, ni ce qu’il doit faire, et qu’excepté le souper, qui est assez gai et où il paraît assez d’union, tout le reste du temps se passe en querelles impertinentes : jansénistes contre molinistes, gens du parlement contre gens d’église, gens de lettres contre gens de lettres, courtisans contre courtisans, financiers contre le peuple, femmes contre maris, parents contre parents ; c’est une guerre éternelle. »

 Voltaire commentateur de notre époque, de nos journaux télévisés ? Il se régalerait !  

 Adapter Candide  au théâtre voilà qui est ambitieux ! Arnaud MEUNIER rompu à la discipline du théâtre-récit, mouvemente ce conte fleuve « Dans un univers scénique qui emprunte à la fois aux illustrations impertinentes de Candide qu’en a fait Joann Sfar dans sa Petite bibliothèque philosophique, qu’à l’imaginaire de l’artiste contemporain Pierre Nouvel ». Il met en scène une belle équipe d’acteurs-conteurs – accompagnés de deux musiciens – qui endossent tous plusieurs personnages et semblent se déplacer sur une bande dessinée géante.

 Le spectacle tout à fait attractif  fait ressortir l’aspect « bon enfant » humaniste et truculent du conte, mais nous ne sommes pas si candides, derrière le conteur affable où perce une certaine tendresse pour ces pauvres humains, c’est le lanceur d’alerte Voltaire qui s’exprime avec une bienveillante férocité !

Nice le 27 Février 2020

 Evelyne Trân

 

UN TRAMWAY NOMME DESIR de TENNESSEE WILLIAMS AU THEATRE LA SCENE PARISIENNE 34, rue Richer 75009 PARIS – Du 14 Janvier au 12 Avril 2020 – Du mardi au samedi à 21 H, le dimanche à 19 H.

TRAMWAY

Mise en scène : Manuel OLINGER
Adaptation : Pierre LAVILLE
Lumière : Théo Guirmand

 Avec : Julie DELAURENTI, Manuel OLINGER, Tiffany HOFSTETTER ou Murielle HUET DES AUNAY, Philipp WEISSERT ou Gilles Vincent KAPPS, Jean-Pierre OLINGER

Nous aurions tendance à oublier qu’un Tramway nommé désir est avant tout une pièce de théâtre créée en 1947 dans un théâtre de Broadway tant son adaptation au cinéma en 1951 par Elia Kazan est restée dans les mémoires.

C’est sous une lumière crue que s’exposent les protagonistes de la pièce. Cette lumière accuse la promiscuité inconfortable que subissent les personnages.

Curieux lieu de vie que cet appartement « minable » de 2 pièces à la Nouvelle Orléans. Avec le recul, son décor devient exotique avec le rappel d’éléments représentatifs : balcon en fer forgé, murs en lames de bois, ventilateur au plafond, réverbères.

La frugalité du mobilier qui se limite à une table et des chaises et surtout le grand lit du couple qui envahit la pièce de vie tandis que la 2ème pièce est juste bornée par un paravent, en dit long sur la précarité sociale des occupants.

 En résumé, il s’agit d’un drame social et intime de facture réaliste qui explore le mal être existentiel inhérent aux contraintes qu’impose la cohabitation.

 En dépit de leur misère, Stanley un jeune ouvrier d’origine polonaise et sa femme Stella paraissent vivre le parfait amour. L’irruption dans leur appartement de la sœur de Stella, Blanche va déranger profondément Stanley qui manifestera violemment son hostilité à l’encontre de sa belle-sœur. Il profitera de sa faiblesse pour l’expulser de chez lui en lui assénant le coup de grâce, l’enfermement dans un asile d’aliénés malgré le désaveu de Stella.

 Blanche est un personnage complexe plus au moins mythomane, une femme-enfant qui n’assume pas le décalage entre ses rêves auxquels elle continue à s’accrocher et la brutalité de la réalité que représente le viril Stanley qui méprise ostensiblement les minauderies de Blanche et ses postures de femme fatale.

 La démonstration est évidente. Les forts écraseront toujours les faibles par égoïsme assumé pour garantir leur territoire. Stanley n’a pas d’état d’âme – ou du moins s’il en a c’est uniquement vis-à-vis à de lui-même – contrairement aux autres protagonistes, Stella qui aime sincèrement sa sœur et le prétendant de Blanche qui aurait souhaité la présenter à sa mère mourante avant de se dédire après avoir découvert le passé sulfureux de Blanche.

 Evidemment, il s’agit d’un point de vue extérieur, à l’état brut. Il appartient aux comédiens de suggérer l’ambivalence de chacun des personnages au-delà de leurs apparences.

 La violence de Stanley, alcoolique, qui en vient à donner des coups à sa femme bien aimée, est un signal de faiblesse, de désarroi, ce même désarroi qu’il devine chez Blanche. Mais il ne veut surtout pas perdre la face vis-à-vis de Stella qui l’adule. Ce qui réagit en lui, c’est « le sauve qui peut » et tant pis pour Blanche.

 Une telle pièce est criante d’actualité sur la condition des femmes, les ravages de l’alcool, les femmes battues, la folie, la dépression…

 Mais au-delà de l’évidence qui étiquette chaque personnage, il y a cette angoisse, sortilège de l’inquiétude qui embarrasse le quotidien des protagonistes, leurs non-dits. Difficile de saisir le mal qui les ronge puisqu’il est impératif de faire bonne figure, de tenir bon, de se cramponner à l’essentiel en passant sous silence ses états d’âme.

 Le comportement des personnages – il n’est pas difficile de cerner chez eux ce qui les mobilise, l’attente d’un enfant pour Stella, le désir d’évolution sociale pour Stanley, l’émigré, la quête éperdue d’amour pour Blanche – ne cesse d’abuser le spectateur.

 Une menace gronde que personne ne voit venir, une sorte d’incendie qui provoquera l’effondrement de Blanche. Qui a allumé la mèche ? Était-ce inévitable ? 

 Nous comprendrons peut-être que Stanley se fout du sort réservé à sa belle-sœur et que sa vie avec Stella va reprendre son cours comme si de rien n’était, rien n’avait eu lieu. Exit Blanche, n’en parlons plus.

 D’un point de vue réaliste, la mise en scène de Manuel OLINGER se révèle très efficace. La tension est perceptible tout au long de la pièce mais le mal qui rôde, qui chaloupe tous les agissements des personnages reste extérieur.

 Cela dit, l’ambiance « moite et chaude » de la Nouvelle-Orléans est fort bien restituée, la scénographie épatante, l’interprétation des comédiens très juste et les interventions des musiciens de jazz tout à fait bienvenues.

 C’est à notre sens le charme de cette représentation d’un Tramway nommé désir, de nous replonger dans l’atmosphère fébrile de la Nouvelle-Orléans, celle qu’a connue Tennessee Williams, qui dans cette pièce, remue les cendres de sa propre tragédie familiale, notamment, la lobotomie de sa sœur internée dans un asile.

 Paris, le 22 Février 2020

 Evelyne Trân

 

 

Dernier carton d’Olivier Balu – Mise en scène par Laurent Ziveri – Avec Patrice Laffont, Michaël Msihid au Théâtre du Gymnase – 38 Bd Bonne Nouvelle 75010 PARIS – Salle : Petit Gymnase Dates : Du 13 janvier au 1er avril 2020 – Horaires : Lundi, mardi et mercredi à 20h00 Durée : 1h15

affiche-dernier-carton

Qui ne se souvient dans un cauchemar s’être trouvé dans la position de celui qui tire souvent en vain une corde pour débrouiller le nœud qui l’immobilise ?

 Si le rêveur a l’impression de pas trouver d’issue et de tourner en rond dans sa tête c’est que probablement il s’est ligoté lui-même et qu’il lui manque ce courage ou cette perche lui permettant d’accepter l’aide d’une main étrangère justement secourable.

La vérité c’est que le rêveur est son propre metteur en scène. Sachant qu’il a affaire à des complexes de longue date, il ne peut faire intervenir n’importe quel sauveur.  Appelons le sauveur à défaut d’autre qualificatif, généralement il a la figure d’un sage, d’un témoin quasi indifférent qui assiste aux mésaventures du rêveur sans manifester une quelconque émotion. Cette impassibilité a pour résultat d’énerver au plus au point le rêveur qui rumine à haute voix, sort de ses gonds et commence à interpeller quelques personnes réelles qui l’ont dérangé profondément. Le voilà face à face à ces personnes qui sont la cause de ses ressentiments. Mais en vérité il ne les perçoit qu’en surface, ce sont juste des idées de personnes, des fantômes éloignés, incapables de saisir les accusations du rêveur.

 Le rêveur vient de faire un scandale et il entend autour de lui les murmures des témoins qui assistent à son coup de gueule.

Le rêveur se réveille en larmes, il a la sensation de s’être défoulé, il est allé au bout de lui-même, croit-il, mais il comprend que sa révolte prend trop de place, que sa colère l’emmure. Il s’est trouvé acculé dans sa position de victime, une position qui le révulse parce qu’elle ne lui permet pas d’avoir la tête haute alors qu’il est toujours le metteur en scène, le malheureux protagoniste de son propre rêve en proie à des leurres qu’il a lui-même allumés.

 Quel complexe trimballe -t-il ? Celui de n’être pas à la hauteur, celui de se trouver propulsé au milieu d’une foule indifférente où quelques connaissances interviennent généralement pour souligner ses manques, le désapprouver ou se moquer de lui. Il va falloir qu’il prononce son propre mal qu’il défie en attendant la torche qui puisse l’éclairer.

 Les psychanalystes parlent de blessure narcissique. Il est possible qu’elle soit à l’origine de nos difficultés relationnelles, de nos névroses, de nos défenses vis-à-vis d’autrui.

https://www.lautrecphoto.com

La pièce le dernier carton nous incite à imaginer deux rêveurs qui circuleraient sur deux rives parallèles lesquelles finiraient par fusionner parce que les propos de l’un et l’autre se font écho, qu’ils parlent au fond de la même chose, ce sentiment irrationnel d’être à terre, ligoté, sans d’autre issue que d’appeler à l’aide.

 La pièce d’Olivier BALU, efficacement mise en scène par Laurent ZIVERI, expose un véritable rêve éveillé où l’inconscient, ici bienveillant, fait irruption. Chacun des protagonistes – un animateur de télévision connu mais désabusé qui vient d’être quitté par une femme de trente ans sa cadette et un déménageur miné par le sentiment que socialement il n’est « rien » et qui nourrit une certaine hostilité vis-à-vis du riche bourgeois que représente l’animateur en question – pourra mettre en scène de façon fantasmatique cette pénible sensation d’être prisonnier en laissant l’autre jouer le rôle de bourreau. L’altérité permet d’inverser les rôles jusqu’à un certain point, celui du desserrement des lianes. Les deux personnages confinés dans une pièce vide où ne subsiste qu’un dernier carton, ne sont-ils pas condamnés à respirer le même air.  

 Il s’agit d’un thriller psychologique qui conduit deux personnes profondément opposées par leur situation sociale, leur culture, à se rencontrer sur la même lisière, celle de la blessure narcissique qui les pousse à s’affronter sans perdre la face.

 Les comédiens Patrice LAFFONT et Michaël MSIHID, vraiment épatants, sont impressionnants de vérité. Ils interprètent des personnages quelque peu insaisissables, singulièrement touchants  et vulnérables qui la ramènent mais profondément doutent d’eux-mêmes et il n’y a pas d’esquive possible dans ce huis clos sauf à retourner le couteau contre soi-même. L’expression du doute est centrale dans ce psychodrame. Prisonniers de leurs propres complexes, les deux hommes finissent par comprendre qu’ils ont tout intérêt à être solidaires de leurs infortunes. A l’enseigne, ce n’est plus « Aide-toi, le ciel t’aidera » mais « Aide toi, l’autre t’aidera ». Peut-être pas par charité mais pour se sauver lui-même.

 Paris le 21 Février 2020

 Evelyne Trân

ROI DU SILENCE – Un spectacle de et avec GEOFFREY ROUGE-CARRASSAT – Les Déchargeurs 3 rue des Déchargeurs 75001 PARIS – SALLE VICKY MESSICA 4 au 22 février, mardi au samedi à 21h –

Multimedia 02:04

Lumières

Assistant mise en scène

Crédit Photo Visuel

Exorciser le mal de mère, un mal dont on ne peut jamais se débarrasser qui fait partie de ses miroirs renversants qui au lieu de vous renvoyer votre propre image la double, l’ombre, la dénature, la subvertit. Présence absence de la mère vécue comme une imposture, une défragmentation de soi. Au demeurant le sentiment infernal de ne pas correspondre à l’image au désir d’une mère qui trône comme une reine :

 « Dieu a la tête de ma mère, il m’attend derrière la porte avec un martinet ».

 Une mère ogresse qui engloutirait tout sur son passage dont on ne peut nier l’existence sauf à se nier soi-même, sauf à s’oublier. Comment accoucher de sa mère sinon en l’extirpant de soi-même. C’est aux forceps et le plus virilement possible que l’enfant incarne ce membre viril qui frappe sur le tambour. Est-il en train d’apostropher sa mère, c’est notre interprétation :  Tu me voulais homme à ta place mais il ne suffit pas de vouloir et de décréter « tu seras un homme mon fils ». Sans doute parce qu’avant d’être défini par son genre féminin ou masculin, un être ne serait ni homme ni femme, juste une personne.

Une mère qui devient un personnage de théâtre avec qui on peut parler.  Une mère que l’on devine assez exubérante, envahissante, castratrice ?

Le spectacle conçu par Geoffrey ROUGE-CARRASSAT ne peut être qu’un hommage à sa mère, une lettre d’amour. Tout ce qui a pesé sur l’enfant de jadis, l’enfant que l’on est toujours vis-à-vis de sa mère, explose ici par la magie du théâtre.

Le psychodrame de cette relation mère/fils ou fils/mère – le comédien interprète à la fois le fils et la mère – ne peut s’exprimer que dans un espace onirique.

 A partir de sa propre expérience, l’auteur scrute ces barreaux du silence, ces petites phrases mortelles qui résonnent comme des camouflets qui peuvent écorcher une âme trop sensible, celle d’un enfant contraint malgré lui au silence.

Geoffrey ROUGE-CARRASSAT ne voulait pas dit-il « faire un énième spectacle sur l’homosexualité ».

 Nous sommes saisis par la puissance du verbe de l’auteur et sa présence sur scène qui donnent un tour surréaliste au témoignage.

 Il s’agit d’une véritable pièce qui devrait inspirer bien des auteurs et des interprètes. Chapeau l’artiste !

 Paris, le 20 Février 2020

 Evelyne Trân

ELEPHANT MAN – TEXTE ET MISE EN SCÈNE D’ANTOINE CHALARD au LUCERNAIRE -53, rue Notre-Dame des Champs 75006 PARIS – du 15 Janvier au 1er Mars 2020 à 20 H du mardi au samedi, dimanche à 17 H.

Elephantman1 - Brigitte BoitelleOK

Photo Brigitte BOITELLE 

AVEC
CLÉMENTINE YELNIK (MADAME KYTES, MADAME MOTHERHEAD, MADAME KENDAL)
ANTOINE CHALARD (DOCTEUR TREVES, DIRECTEUR GOMM)
FLORENT MALBURET (JOSEPH MERRICK)
COSTUMES : MARIE VERNHES
MASQUE : GALINA MOLOTOV
CRÉATION LUMIÈRE : JUDEX BOYER ET FABRICE LEGROS
PHOTOS : CHRISTIAN DELCAMBRE
PRODUCTION : THÉÂTRE DU MIDI
COPRODUCTION : COMPAGNIE LÉ LA
CORÉALISATION : LUCERNAIRE

Notre regard dépendant de nos à priori primaires peut-il évoluer ? Antoine CHALARD raconte le destin extraordinaire de Joseph MERRICK alias Elephant Man, victime de sa monstruosité physique au point de n’avoir d’autre issue pour vivre que de s’exhiber en tant que phénomène de foire.

 A la fin du 19ème siècle « l’engouement de la population pour les monstres, les freaks est à son apogée ». Il s’avère que la difformité physique de Joseph MERRICK est la manifestation d’une maladie, d’un véritable handicap qui attirera l’attention d’un jeune médecin ambitieux. Joseph Merrick deviendra à son corps défendant un objet de laboratoire médical.

 Cependant une relation d’amitié s’instaurera entre le médecin et son patient et même l’infirmière en chef qui lui exprimait au premier abord son hostilité.

 Que peut-il bien se passer dans la tête d’un homme pénétré de sa monstruosité, rejeté par sa propre famille, qui n’a d’autre choix que de s’adapter au bon vouloir de la société qui lui assigne soit le rôle de monstre de foire soit celui de cobaye de laboratoire ?

 Emprisonné par sa carcasse de monstre, l’homme envoie quelques signaux de son humanité. Resurgit dans notre mémoire l’histoire de la Belle et la bête filmée par Jean Cocteau. Aussi bien la peinture « le cri » d’Edvard Munch ou les visages torturés de Francis Bacon ou les têtes cabossées de Picasso ne bousculent-ils pas notre regard.

 Face à la violence de ces visions, nous voilà en quête d’un zeste d’humanité et de sentiment. Que ce sentiment exprime la haine, la fureur, la passion ou l’amour, il aura toujours sa place au théâtre.

 Et c’est la puissance de l’expression inattendue et spectaculaire qui stimule notre perception. Madame Kytes – interprétée par l’impressionnante Clémentine YELNIK – qui exploite sans vergogne Elephant Man n’est-elle point elle aussi un monstre ? Et le docteur n’est-il pas un monstre ambitieux qui cherche à tirer profit de cet extraordinaire objet de recherche que représente Elephant man.

 Eléphant man ne dit pas grand-chose, il dépend totalement des autres devenant le pôle d’intérêt d’individus dont il ne mesure pas les bonnes ou mauvaises volontés.

 Une main d’artiste, celle de Galina MOLOTOV a fabriqué le masque censé représenter la monstruosité d’Elephant man. Porté par l’excellent Florent MALBURET, il irradie d’humanité. Il n’est plus question de laideur mais d’expression. Nous avons en face de nous, un corps, un visage qui semblent supporter toute la misère du monde et nous reconnaissons chez lui les stigmates des épreuves que n’importe quel individu peut rencontrer au cours d’une vie. Sauf que Joseph Merrick est en avance, il est marqué avant même d’avoir vécu.

 Tel le portrait de Dorian Gray, il devient le réceptacle de tous les maux possibles ou imaginables mais contrairement à Dorian Gray qui incarne le mal, Joseph Merrick est innocent et son histoire est authentique.

 L’émotion est d’ordre exponentiel, elle dépasse toute conjecture réaliste. Il revient au conte, au mythe de prendre le relais.  Poétique, sans bavardage inutile, cette représentation d’Elephant Man s’adresse à notre imaginaire et à notre entendement de façon onirique et fantastique. Nous sommes émus tout simplement.

 Paris, le 20 Février 2020

 Evelyne Trân