PHENIX FESTIVAL – LE FESTIVAL DE LA CREATION DANS UN MONDE SOLIDAIRE du 1ER AU 20 JUIN 2021 –

PROGRAMMATION

18 spectacles répartis dans 7 théâtres

https://phenixfestival.com/

Ah ! Vous dirais-je mamans
Amour Amère - Affiche
Astrid - Affiche
Caligula - Affiche
Cendres sur les mains - Affiche
Chaplin 1939 - Affiche
Climax - Affiche
Inkarné - Affiche
L'Un est l'autre - Affiche
La Fragilité des choses - Affiche
La grande musique - Affiche
Le Souffleur - Affiche
Martin Eden - Affiche
Moi Vivante - Affiche
Quelque chose au côté gauche - Affiche
Rave 1995 - Affiche
Affiche - Sur un air de tango
Un pas après l'autre - Affiche

La vie : La vie dans sa fragilité, la vie et sa partition, la vie et ses valises.

L’amour : L’amour filial, l’amour et ses conditions, l’amour fou, l’amour de son prochain.

Le pouvoir : Le « pouvoir tout », le pouvoir et ses dérives, le pouvoir et son miroir.

La conscience : La conscience de l’environnement, la conscience du passé, la conscience de nos actes.

Et vous : Cette programmation parle de vous, au plus profond de vous, ce qui bouillonne dans votre for intérieur. Comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, mimes, marionnettistes, clowns, ventriloques… les 75 artistes qui remonteront sur scène à l’occasion du Phénix Festival nous disent une chose : l’existence ne cesse de se réinventer. Il y a là une notion d’éternité.

RABELAIS de Jean-Louis Barrault d’après les textes de Rabelais

mise en scène Hervé Van der Meulen au Théâtre 13 – 103 A, Bd Auguste Blanqui 75013 PARIS (métro Glacière) du 1er juin au 8 juin : du mardi au samedi à 18h, le dimanche à 16h et du 9 juin au 19 juin : du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

Durée 2h10 environ – Sans entracte – À partir de 15 ans

avec 18 comédien.ne. s Étienne Bianco, Loïc Carcassès, Aksel Carrez, Ghislain Decléty, Inès Do Nascimento, Pierre-Michel Dudan, Valentin Fruitier, Constance Guiouillier, Théo Hurel, Pierre-Antoine Lenfant, Olivier Lugo*, Juliette Malfray, Mathias Maréchal, Ulysse Mengue, Théo Navarro-Mussy*, Fany Otalora, Pier-Niccolò Sassetti, Jérémy Torres, Agathe Vandame * en alternance

Musique originale Marc-Olivier Dupin

Assistants Julia Cash, Ambre Dubrulle et Jérémy Torres

Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq

Scénographie et accessoires Claire Belloc

Costumes Isabelle Pasquier

Lumières Stéphane Deschamps

Maquillage Audrey Millon

Chefs de chant Juliette Épin-Bourdet, Juliette Malfray et Pablo Ramos Monroy son Arthur Petit

Production Studio l ESCA / Nicolas Lovatin . Crédit photographies du spectacle Miliana Bidault. Coproduction Le Studio l ESCA et le Théâtre Montansier de Versailles

Le théâtre vous a manqué, vous y croyez encore au théâtre de la vie, alors nous vous donnons rendez-vous au spectacle Rabelais, conçu par Jean Louis Barrault il y a quelques décennies et revisité par Hervé Van der Meulen. Une belle occasion de donner un coup de pied aux vilaines frontières d’espace et de temps pour assister à la mise en orbite d’une réjouissante fresque théâtrale.

Rabelais était un ogre dans tous les sens du terme, édifiant en ouvroir du monde, ce cratère géant que constitue le nombril de l’homme.

Nombril, fer de lance orgastique, siège de toutes de les sensations communes à tous les hominiens.

Nous avons oublié de baver au sujet de cet instrument de foire, nous les civilisés, les honteux qui trouvons indigne que la tête de l’homme puisse être éclaboussée par ses propres excréments. Horrifique scatologie !

Rien ne différencie l’homme de l’animal, sinon la parole. Chez Rabelais, la parole sort des tripes, elle entend réconcilier l’homme de tête avec ses boyaux, ses viscères, ses entrailles, sa merde. Mais que de fleurs dans ce fumier ! Appelons-les :  Ironie, Poésie, Délire !

 C’est un pas de géant, avec Rabelais, l’homme pense aussi avec sa tête de chien.  S’il faut en croire le verbe de Rabelais, un homme ne réfléchit pas seulement avec sa tête mais avec tous ses organes, en premier lieu, la bouche, l’appareil digestif et le cul.

 Que cela vous en bouche un coin de faire venir Rabelais à notre époque pour purger, arroser de son verbe faramineux, insolent et explosif, nos maux d’estomac, nos relents, ballonnements, nos humeurs en somme, c’est normal ! Faut-il être ou se croire malade pour s’assurer les leçons de ce grand médecin ?

 L’œuvre de Rabelais vise une des plus graves maladies de l’homme, la mélancolie. Il y faut un remède de cheval et pour ce faire libérer l’ogre qui est en soi qui ne festoie que pour rendre grâce à ces merveilleux organes que sont la bouche, le ventre, le sexe, qui forment orchestre pour nourrir et euphoriser l’esprit.

 C’est un monde parallèle totalement libertaire qu’imagine Rabelais. Gargantua et Pantagruel sont des géants au propre et au figuré, ils ont des manières et des pensées de géants à mi-chemin entre le Moyen Age et la Renaissance. L’œuvre de Rabelais constitue un incroyable témoignage des débats philosophiques de cette époque en réaction à la ceinture du pouvoir religieux inquisiteur. Rabelais dénonce la torture, la cruauté des guerres, la toute-puissance de l’argent. Sous couvert de la parodie, il s’agit d’un véritable manifeste contre les mœurs de son temps.

 Jean-Louis Barrault qui créa la pièce RABELAIS en Décembre 1968, intitulée « Jeu dramatique en deux parties, tiré des cinq livres de François Rabelais » dans une ancienne salle de catch, l’Elysée Montmartre, avec une musique de Michel Polnareff, une trentaine de comédiens, dit de l’auteur « C’est l’Enfance empoignant la vie à pleins bras ».

 Il fallait avoir de l’estomac pour remettre en scène cette pièce qui durait quatre heures à l’origine et environ deux dans la représentation actuelle. Sans aucun doute le metteur en scène Hervé Van der Meulen et sa troupe de comédiens baignent totalement dans la langue juteuse de Rabelais qui agit comme une véritable potion magique.

 Quelle meilleure drogue que la langue de Rabelais, elle peut être parlée, dansée, chantée en cœur, elle circule à bout portant, grâce à l’orchestration particulièrement maîtrisée et inspirée de Hervé Van der Meulen.

 En un mot cette mise en scène est formidable ! On y entend battre le cœur des jeunes d’aujourd’hui galvanisés par cet ancêtre visionnaire, génial et tellement drôle.  

Impossible de sortir indemne d’un tel spectacle, tous les sens en sont ébaudis !

Eze, le 24 mai 2021

Evelyne Trân

N.B : Article précédemment publié le 9 mai sur Le Monde Libertaire.fr en ligne

Parle Sirène !

A Ali Rahmane

              

La nuit, les cafés parfois respirent

Comme des églises

Suis le sorcier qui te déguise

Dis « Bonjour » au patron du bar.

C’est pour nous qu’il a dressé

Le chevalet de Don Quichotte

Et qu’il baille à tout venant.

Mais sur sa toile ivre d’enfance

Regarde la cithare enchantée

Enfouie dans les bras d’Orphée.

La mer cocasse est venue

Aux bancs de sable s’est retenue

De glisser sur cette image.

Et ruissellent sur le comptoir

Les notes de cette chanson

« Il y a longtemps que je t’aime,

jamais, je ne t’oublierai »

Un rayon de lune savant

Ouvre la page sur Carthage

Des phrases fusent de toutes parts.

Un visage oublié

Au cœur d’une cithare et d’une sirène

S’unit.

T’as le visage noyé

Sous mon étreinte

Dit la mer à la cithare

C’est pourquoi tu deviendras

Sirène au visage d’homme

Cette nuit.

Il chante à présent

Sur l’arche de Noé

Et sous notre nez, il repasse

Le jeune Orphée déguisé

En mentor.

Tente l’oubli, tente l’oubli

Qu’il nous rapproche

Distille tes mots dans l’océan

Parle Sirène à ma cithare !

Evelyne Trân

le 13 Novembre 2003

Autodidacte, et passionné de peinture, Ali RAHMANE a réalisé dans des moments de très grande détresse des oeuvres qui traduisent son état du moment. « Je souffre de cette passion que j’aime au-dessous de tout, qui est là constamment en moi ; la peinture me dévore, je suis obsessionnellement malade, squatté corps et âme par elle, je travaille jours et nuits, à dessiner ou à reproduire les images qui me trottent dans la tête, je retrouve la liberté. A travers la peinture j’ai découvert pour la première fois que j’étais un homme libre ». Ces mots expriment la passion sans commune mesure qu’il voue à cet art. Ali RAHMANE nous a quittés une nuit de mars 2007.   

Sources : http://www.telephonearabe.net/

18e Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs du 19 mars 2021 à 14:17 au 28 mars 2021 :

Société des poètes français ; Librairie Calypso ; Cimetière Montparnasse, 16,rue Monsieur Le Prince ; 17 bis Av. Parmentier, 3 Bd Edgard quinet, Paris, 75006 ; 75011, 75014, France


Centenaire du Guyanais René Maran Prix Goncourt 1921
Thème : »Des désirs, des Afriques »

18e Printemps des Poètes des Afriques et d'Ailleurs

- Parrain : Martial Sinda
(professeur honoraire à la Sorbonne-Nouvelle, premier poète de l’Afrique Equatoriale française en 1955 avec « Premier chant du départ » aux éd. Seghers)
.

Comité d’organisation
- Président : Thierry Sinda (poète et universitaire)
- Directeur artistique : Moa Abaïd (acteur, metteur en scène
)

INVITÉ(S) / POÈTE(S)

POÈTES PROGRAMMES Raoul-Philippe Danaho Hanitr’Ony Pascale Labylle Henri Moucle Marie-France Danaho, Habib Osmani Jean-Baptiste Tiémélé Romuald Chery, Francine Ranaivo Fredy Jaoffera Denise Chevalier, Alain-Alfred Moutapam Iverleen Diallo Batista Giselle Déloumeau Christophe Morlino Evelyne Pèlerin Ngo Maa Pat Bèlè Nicolas-Daniel Biséricaru Ferdy Ajax Gilles M’Arche Thierry Sinda.

FORMALITÉS

Tout public

PROGRAMME

VENDREDI 19 MARS : Ouverture
13 h – 14 h Ouverture
- Balade poétique : de Dumas à Maran
LIEU
Statue Alexandre Dumas (sortie du jardin du Luxembourg, côté RER Port Royal)
Sans réservation

15 h – 17 h
Présentation du festival
Scène ouverte
Pot poétique de l’amitié
LIEU : Société des Poètes français 16, rue Monsieur Le Prince Paris 6e
Réservation obligatoire au 06 10 01 95 25

SAMEDI 20 MARS :
Hommage à René Maran, auteur du manifeste Batouala

MATIN // 10 h – 12 h Lecture sur Tombes : René Maran (division 11), Joël Sinda (division 18), Jean-Paul Sartre (division 20) et Moune de Rivel .
LIEU : Cimetière Montparnasse RDV 9 h 45 au 3, Bd Édouard Quinet Paris 14e
Sans réservation

DIMANCHE 21 MARS :
13 h – 17 h
Chassé croisé René Maran, le poète
Société des poètes français / Hôtel Stella
LIEU : Société des Poètes français
Réservation obligatoire au 06 10 01 95 25

VENDREDI 26 MARS :
13 h – 17 h
In memoriam / poétesse Sophie Cerceau
Lecture-dédicace -scène ouverte
Verre de l’amitié
LIEU : Société des Poètes français
Réservation obligatoire au 06 10 01 95 25

SAMEDI 27 MARS :
14 h – 17 h
HOMMAGE A RENE MARAN, L’HOMME
Lecture-dédicace -scène ouvert
Conférence-débat : « René Maran, un homme entre les rives » par Thierry Sinda. Lecture illustrative Moa Abaïd, Denise Chevalier, et Gisel Déloumeaux
LIEU : Librairie Calypso, 17 bis avenue Parmentier Paris 11e
Réservation obligatoire au 06 10 01 95 25

DIMANCHE 28 MARS :
In memoriam Princesse-Poétesse Houria
Matin : 10 h – 12h 00
LiEU
Cimetière parisien de Thiais : 261 Route de Fontainebleau, 94320 Thiais (Carré musulman 18e division)
Après-midi : 14h – 17h
Clôture
LIEU : Société des Poètes français
Réservation obligatoire au 06 10 01 95 25

ADRESSE DE L’ÉVÈNEMENT

16,rue Monsieur Le Prince ; 17 bis Av. Parmentier, 3 Bd Edgard Quinet

Paris

75006; 75011, 75014

France

L’ORGANISATEUR

Poètes des Afriques et d’Ailleurs

poetesdesafriques@gmail.com

0610019525

http://www.neonegritude33.afrikblog.com

La Plénitude des Cendres de Yan ALLEGRET du 10 au11 Février 2021 au Théâtre de l’Etoile du Nord – 16, Rue Georgette Agutte 75018 PARIS –

Conception, texte et mise en scène Yan Allegret
Avec Hacine Chérifi, champion du monde WBC, catégorie poids moyen
Jean-Baptiste Epiard, comédien

Dans le cadre de LA FABRIQUE DES ÉCRITURES un évènement réservé aux professionnels, nous avons pu assister au Théâtre de l’Étoile du Nord – 16, rue Georgette Agutte 75018 PARIS – à une représentation de LA PLÉNITUDE DES CENDRES de Yan Allegret qui met en scène Hacine Chérifi, champion du monde de boxe WBC, catégorie poids moyen et Jean-Baptiste Epiard, comédien.

Yan ALLEGRET a découvert le théâtre et la boxe en même temps. Le parallèle entre l’espace du ring et celui du plateau a déterminé son désir de confrontation entre le théâtre et la boxe.

En tant que dramaturge, il aurait pu créer un personnage de boxeur mais il a éprouvé la nécessité de rencontrer un boxeur en chair et en os. Hacine Chérifi s’est imposé à lui. Au delà du champion de monde des poids moyens le 10 Mai 1998 à Villeurbanne, le seul après Marcel Cerdan, c’est un homme qui lui a parlé et c’est cette parole « dans sa simplicité » à qui il a voulu offrir l’espace d’un plateau.

Que se passe t-il dans la tête d’un boxeur pendant un combat ? Quel est l’impact de la présence du public sur ces acteurs sur scène qu’ils soient comédiens ou sportifs ? Le public est l’inconnue majeure . Sur scène, ceux sont toujours l’intime et le collectif qui se font face à face.

« J’ai retrouvé dans sa parole la même solitude que celle de l’acteur de théâtre, la même lente préparation souterraine, la même nécessité d’être au présent, le même vertige face au public et les mêmes cendres après la confrontation » nous dit Yan Allegret.

La mise en scène est très épurée. Nous assistons à une véritable chorégraphie où les gestes de combat de deux hommes, l’un boxeur, l’autre comédien, leurs réponses sollicitent la perception de l’autre, le désir d‘aller à sa rencontre . Lâcher prises, attaques, parades deviennent des leitmotivs d’un langage corporel qui induit une volonté de communication et de partage des différences.

L’un est boxeur, avant d’être comédien, l’autre est comédien avant de se retrouver boxeur. Chacun peut s’enrichir de l’expérience de l’autre. Cela n’est pas dit mais se vit sur scène .

Ce spectacle devait faire l’objet d’une tournée. Nous avons été heureux de le découvrir parce qu’il exprime ce que nous attendons en priorité du théâtre, l’ouverture de notre imaginaire pour sonder nos rêves et leur apporter des réponses . Il y a cette émotion particulière que peut ressentir tout public, celle du tract avant d’assister à une représentation parce qu’il sait que les artistes jouent à l’instant présent.

Le théâtre sollicite toujours notre présence d’un point de vue intime et collectif.

Paris, le 15 Février 2020

mis à jour le 6 Mars 2021

Evelyne Trân

N. B / Article précédemment publié sur LE MONDE LIBERTAIRE le 15 Février 2021

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Brigadier_meme_pas_mort_!

Hommage à la Princesse HOURIA à Radio Libertaire 89.4 dans l’émission Deux sous de scène le samedi 26 Décembre 2020.

Thèmes abordés : Madagascar, Comores, Sorabe, Adjami (écritures des langues africaines en arabe) littérature métissée franco-africaine en français, littérature africaine en langue africaine, validation du Sud par le Nord, statues africaines en Occident.

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/podcast/semaine/2020-52.html

LES PIEDS TANQUES – Quand les mémoires s’entrechoquent … Comédie dramatique écrite et mise en scène par Philippe CHUYEN au Théâtre 12 – 6 Avenue Maurice Ravel 75012 PARIS – Du 24 Septembre au 11 Octobre 2020

Avec
Gérard Dubouche (dans le rôle de Zé, le pied-noir)
Thierry Paul (dans le rôle de Loule, le Provençal «de souche»)
Philippe Chuyen (dans le rôle de Monsieur Blanc, le Parisien)
Mourad Tahar Boussatha (dans le rôle de
Yaya, le Français issu de l’immigration algérienne)

Interview de Philippe CHUYEN dans le cadre de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4 le samedi 3 Octobre 2020.

Entretien de Philippe CHUYEN avec Michel TOURTE

Synopsis
En Provence, sur un terrain de boules, quatre joueurs s’affrontent : Zé, le pied-noir; Yaya, le Français né de parents algériens ; Loule, le Provençal «de souche» et Monsieur Blanc, le Parisien fraîchement arrivé dans la région. On pourrait croire à une simple partie de pétanque entre amis. Mais ce sont toutes les souffrances de la guerre d’Algérie et les questions d’identité qui nous sautent soudain à la figure. Au gré des boules pointées ou tirées, le passé resurgit et on découvre les blessures secrètes de chacun, leur lien filial et intime avec cette guerre : ils s’opposent, se liguent, livrent leur vérité mais tous ont à cœur de finir cette partie, sur ce terrain qui les rassemble et les unit…
Texte puissant, interprétation musclée, mise en scène inventive, Les Pieds Tanqués propose un grand moment de théâtre à la fois historique et jubilatoire : une comédie dramatique forte, sur l’identité et le vivre ensemble, dans laquelle les mémoires s’entrechoquent et où la gravité des propos n’exclut pas l’humour. Grosses engueulades garanties et fous rires assurés !

Note d’intention de l’auteur
Depuis le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, célébré en 2012,
j’avais le désir et l’impérieuse nécessité de produire un spectacle ayant
pour décor cette guerre «qui ne dit pas son nom», période hautement
douloureuse de l’Histoire de France. Sans désir de polémique, de mise
en accusation ou construction d’un discours culpabilisateur, l’objectif de
Les Pieds Tanqués est de montrer qu’un juste travail de mémoire peut
constituer une arme d’apaisement face à des batailles mémorielles qui sont
souvent sources de haines et de conflits identitaires. Dépassionner le débat,
c’est ce qu’attache à faire la pièce.

Les quatre personnages à la fois attachants et drôles vont nous montrer que
dans une guerre il n’y a pas de vainqueur et que, près de 60 ans après les
«évènements», leur victoire à eux sera de continuer la partie, de ce jeu de
boules aussi futile qu’il nous est utile.

Philippe Chuyen

HEDDA de Sigrid Carré-Lecoindre -Mise en scène et interprétation Lena Paugam – Mardi 3 novembre 2020 à la Scène nationale de l’Essonne, Agora – Desnos à Evry (91) –

Tournée

Mardi 3 novembre 2020 Scène nationale de l’Essonne – Evry (91)
Dimanche 7 mars 2021 Théâtre d’Etampes (91)
Vendredi 2 avril 2021 Théâtre Le Rayon vert – St-Valery-en-Caux (76)
Du 6 au 8 avril 2021 Théâtre de Verdun (55)

Texte Sigrid Carré-Lecoindre
Mise en scène et interprétation Lena Paugam
Dramaturgie Sigrid Carré-Lecoindre, Lucas Lelièvre, Lena Paugam
Création sonore Lucas Lelièvre
Chorégraphie Bastien Lefèvre
Scénographie Juliette Azémar
Création Lumières Jennifer Montesantos
Production Théâtre de Belleville et la Compagnie Alexandre
Coproductions La Passerelle – scène nationale de Saint-Brieuc, Théâtre du Champ-au-Roy (Guingamp),
Quai des Rêves (Lamballe), Théâtre de La Paillette (Rennes)
Accompagnement et diffusion CPPC – Rennes
Soutien Spectacle Vivant en Bretagne, SPEDIDAM, L’Aire Libre (St-Jacques de la Lande)

Voix ou voie intérieure mise à nu sans d’autre réceptacle que la douleur, ce serait méchant de dire que le personnage d’Hedda cultive la douleur. Mais il y a des terrains, des huis clos, ceux qu’entretiennent des couples qui favorisent les poussées de fièvre quand l’intimité ou la fusion entre deux personnes dégénère en hostilité, faute de respiration, faute de pouvoir aller voir ailleurs.

Au-delà de la dénonciation des violences conjugales, la pièce de Sigrid Carré-Lecoindre parle de l’incommunicabilité entre les êtres, des rapports de domination affectifs qui finissent par créer de tels nœuds qu’à la fin même si cela ne casse pas, le foyer de souffrance qui s’est installé envenime les relations.

Le personnage d’Hedda, timide, qui intériorise aussi bien le bonheur que la cruauté de la vie d’un couple interpellera nombre de femmes mais aussi des hommes. Ce n’est pas une question de sexe. Ceux qui ne peuvent répondre à la violence par la violence sont-ils condamnés au silence ?

Il s’agit d’un témoignage de femme inspiré d’Hedda Nussbaum, accusée par son mari d’avoir tué sa fille adoptive et dont le procès fit scandale aux Etats Unis dans les années 80. Ses défenseurs la présentèrent comme victime de violences physiques et psychologiques exercées sur elle par son mari. Elle a écrit en 2005 un livre Surviving Intimate Terrorism.

Alors que personne ne crie dans cette pièce, que nous ne voyons pas les coups portés par l’époux sur sa femme, les spectateurs sont amenés à se demander comment Hedda et l’homme qu’elle aime en sont arrivés à ce point de non-retour.

La présence de l’interprète et metteure en scène Lena Paugam séduit par sa finesse, sa délicatesse. Sa voix se fraie un chemin non pas dans les buissons ardents mais à travers les obscurités lumineuses de sa perception. Elle retentit sans bruit pour exprimer les émotions douloureuses, ces bleus à l’âme qui condamnent sans appel la violence d’où qu’elle vienne.

Eze, le 14 Octobre 2020

Evelyne Trân

Article précédemment publié dans LE MONDE LIBERTAIRE en ligne

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Double_visite_du_brigadier

SORCIÈRE – Textes de Marguerite DURAS -Mise en scène Stéphan DRUET -Avec Macha MÉRIL au Théâtre de Poche-Montparnasse – 30 représentations exceptionnelles du 15 Septembre au 18 Octobre 2020 – Représentations du mardi au samedi 19 h, dimanche 15 h –

Textes de Marguerite DURAS
Mise en scène Stéphan DRUET
Musiques Michel LEGRAND
Avec
Macha MÉRIL
Lumières, François Loiseau

Entrer dans la forêt de Marguerite Duras, pieds nus ce n’est pas un exercice pour Macha Méril mais un exploit, exploit dans son sens le plus humble, peut-être ce sentiment d’avoir réussi le saut vers l’inconnu.

Il y a toujours cet inconnu qui rôde dans l’univers de Marguerite Duras. La sorcière est-elle celle qui jette un sort ? Il y a ce rapport intime avec les mots, insaisissable ; ils peuvent aussi bien paraître lourds lorsqu’on les soulève qu’inattendus lorsqu’il faut les lâcher sans se soucier des malentendus. N’est-ce point l’intention qui compte ?
Dans le spectacle, ils font penser à des feux follets qui vous mordent les chevilles et pourraient vous faire danser comme Macha Méril dans une forêt heureuse et magique.
Des mots donc, des phrases lâchées qui deviennent une nébuleuse avec pour fil rouge le mot sorcière à connotation tapageuse. L’écrivaine a écrit pour la revue « Sorcières ». Il faut jeter un sort au mot sorcière, rappeler ce qu’il évoque et qui il désigne.

Poings serrés qui se détendent au fur et mesure pour dire ces émotions propres aux femmes, la perte d’un enfant, les humiliations que des hommes infligent aux femmes parce qu’elles sont des femmes et puis les échappées belles de celle qui regarde mourir une mouche, raconte une recette de soupe aux poireaux, et comment, elles, les sorcières ont commencé à parler aux arbres en l’absence des hommes partis à la guerre ; enfin le rappel d’instants d’enfance enchantée au Vietnam « on est le même corps étranger ensemble soudé fait de riz et de mangue… ».


La musique sensuelle fleurie de Michel Legrand exprime « une joie d’exister sans recherche de sens… en inventant des solutions personnelles à l’intolérable du monde ».
Redevenir paysage dans l’esprit de Duras, l’esprit de la forêt, être femme dans l’invisible nuit, la scruter cette nuit en se rappelant qu’on est femme après tout, choisie par la forêt, un instant prodigieux, enchanté, délivré. S’inventer femme avec cette douceur perméable de celle qui entend revenir à la source, se dit femme non pas seulement à travers le regard de l’homme mais à travers son corps indéfinissable, jouissif et libre.

Le spectacle suggère tout cela et nous aimons cette femme que nous ne connaissions pas, une femme qui témoigne pour les femmes, celles qui ont préféré être désignées sorcières et ont tenu tête aux mâles et à cette invention de la virilité qui ignore la féminité des hommes, en soi, une autre gageure.

Il faut toujours oser regarder à travers la forêt aussi obscure soit-elle car il n’y a pas d’autre issue que celle de l’apprivoiser, et l’entendre et l’écouter comme nous l’avons fait au cours de ce spectacle si gracieusement incarné par Macha Méril.

Eze, le 2 Octobre 2020

Evelyne Trân

Article précédemment publié dans le MONDE LIBERTAIRE

https://www.monde-libertaire.fr/?article=le_brigadier_et_la_SORCIERE

Les Ecchymoses Invisibles – Drame de Djamel Saïbi – Durée 1h05 – Du 10 Octobre au 19 décembre 2020 Samedi 19h sauf le 24/10, 14/11, 05/12 au Théo Théâtre 20 Rue Théodore Deck 75015 Paris.

Compagnie La Déesse Compagnie
Mise en scène Djamel Saïbi
Avec Emma Dubois – Eric Moscardo

Scènes de la vie conjugale, nous voilà bien loin de l’univers d’Ingmar Bergman dans cette pièce de Djamel Saïbi qui pourrait servir de pièce à conviction dans un procès soit de divorce soit de condamnation d’un homme pour harcèlement moral de son épouse.

Les spectateurs assistent d’une part au monologue d’une femme terrorisée par son mari et ce après 24 ans de mariage et d’autre part à des scènes de ménage où la brutalité de l’homme s’exerce de façon abjecte vis à vis de sa femme avec une violence verbale insoutenable.

A priori l’homme a tellement l’habitude de traiter sa femme comme une domestique qu’il ne se contient plus . La personne qu’il a en face de lui n’est plus une femme mais un paillasson, un objet de défouloir, méprisable .

La femme sous l’emprise d’un homme qu’elle a aimé, est d’autant plus vulnérable qu’elle n’a pour miroir qu’une image dépréciée d’elle même.

Il faut imaginer les conditions d’existence de toutes ces femmes durant des siècles, prisonnières de l’autorité d’un mari, économiquement et moralement puisque considérées comme des êtres inférieurs.

Cela laisse des traces dans la mémoire et même les hommes les plus évolués inconsciemment peuvent avoir des réflexes machistes.

Le dogme de la bonne épouse, la bonne mère, aux petits soins de son mari, rôde toujours dans les cervelles.

C’est ce que met en évidence ce docufiction à travers le personnage de Michel dont le comportement totalement primaire frôle la caricature.

Mais la réalité peut dépasser la fiction. L’auteur des ecchymoses invisibles s’appuie sur des témoignages .

C’est brutal mais cela a force de résonance. Réveillez-vous les femmes, ne vous laissez pas faire. Si l’homme qui est en face de vous, est aussi odieux que le personnage de la pièce, prenez votre courage à deux mains, réagissez ! Quant à votre cher mari, il devra changer de disque et réfléchir un peu !

Les comédiens interprètent ce psychodrame avec conviction. La scène du Théo théâtre étant assez étroite, on se croirait dans un ring et si on a l’idée de s’identifier aux personnages, attention aux coups !

Eze, le 2 Octobre 2020

Evelyne Trân