Gilles et Bérénice de Gilles CAILLEAU à La Gare Franche – 7 Chemin des Tuileries 13015 Marseille – TOUT PUBLIC à partir de 13 -14 ans – Du vendredi 30 septembre au dimanche 16 octobre 2016 –

Gilles et Bérénice – YouTube

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Inspiré de Bérénice, de Jean Racine
Gilles Cailleau : écriture, scénographie et interprétation – André Ghiglione : mise en herbe – Nils Brimeur : lumières – Christophe Brot : décor et accessoires – HMMH : chapiteau-parapluie – Virginie Breger : costumes – Nils Brimeur, Thibaud Boislève, Eric Ladan et Lydie Del Rabal : régie et montage – Patou Bondaz : administration – Anne-Laurence Loubigniac : diffusion – Célia Jaussiome : affiche

Prochaines représentations DATES ET HORAIRES :

Vendredi 14 octobre, 20h
Samedi 15 octobre, 20h
Dimanche 16 octobre, 16h

Absorber Racine par la racine, c’est le défi que relève à chaque représentation de Gilles et Bérénice sous un chapiteau parapluie le comédien circassien Gilles CAILLEAU, avec la compagnie Attention fragile. Nous avons eu la chance d’assister à la 184ème représentation à la Gare Franche, un lieu de création unique à Marseille «  en plein milieu des quartiers nord, une usine métamorphosée en théâtre, une bastide où se croisent des tas de gens, des oies et des jardins potagers » où il a élu résidence du 18 Septembre au 21 Octobre 2016.

Les histoires d’amours contrariées sont universelles, les sentiments n’ont pas de frontière et quiconque a croqué une pomme d’amour aura le déclic nostalgique ou mélancolique, c’est selon, en l’imaginant cette belle pomme dévaler sur un champ de coquelicots. Absurde, improbable, surréaliste. L’histoire, Gilles Cailleau nous la raconte un peu comme si la pièce de Bérénice lui était tombée sur la tête, pour le faire parler lui, sa grand-mère et tous les gens qu’il fréquente notamment des lycéens.

Mystérieuse pomme que cette pièce Bérénice, trop belle, trop tentante, trop lisse. Mais elle ne demande qu’à être goûtée, à fondre dans votre bouche. Bérénice, grosso modo, c’est l’histoire d’amour compliquée de deux amis d’une vingtaine d’années qui n’ont d’yeux que pour Bérénice. L’élu de cœur de Bérénice, Titus décide de rompre ses fiançailles pour raison d’état – « la coutume romaine est tellement bête, tellement banale » nous glisse Gilles Cailleau – tandis que le soupirant Antiochus avoue sa flamme à la belle Bérénice ulcérée qui ne ne veut pas l’entendre… Tous les trois souffrent, se déchirent. Racine met en musique leurs émotions et soudain voici qu’un trublion, un clown, un saltimbanque force la vitrine de quatre siècles et déclare tout de go qu’il est Titus, Antiochus, Bérénice, tous à la fois, des jeunes du 21ème siècle qui font du camping et dorment sous la même tente dans un champ de coquelicots.

Nous le croyons parce que Gilles Cailleau est manifestement atteint par cette pièce qu’il a apprise par cœur à vingt ans, qu’il a dû déclamer en état d’ivresse comme ce pauvre Antiochus mal aimé. Les notes de Racine se répandent par vagues en pleine ébullition, court-circuitant les fanfaronnades du circassien, qui ne rêve que de voir s’élever Bérénice incarnant tous les chagrins d’amour dans leur fulgurante douleur.

Gilles Cailleau nous convie à un improbable et surprenant pique- nique avec Bérénice, Titus et Antiochus sous un chapiteau parapluie qu’il déplace très volontiers tel le tapis volant d’Aladin. Il a bu dans la potion magique de Racine qu’il nous fait goûter de façon ubuesque, étourdissante, renversante !

Paris, le 10 Octobre 2016                         Evelyne Trân

Espía a una mujer que se mata d’après Oncle Vania de Daniel Veronese – Mise en scène Guy Delamotte Au Théâtre de L’Épée de Bois Cartoucherie de Vincennes à Paris Du 24 Octobre au 23 Novembre 2016 – Du lundi au mercredi 20h30 – au Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes

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ESPIA A UNA MUJER QUE SE MATA d'après Oncle Vania de Tchekov. Texte: Daniel Veronese Mise en scène: Guy Delamotte Avec: Martine Bertrand, Vero Dahuron, Marion Lubat, François Frapier, Davis Jeanne-Comello, Philippe Mercier, Timo Torikka. PANTA THEATRE Caen 02 03 2016 ©Tristan Jeanne-Valès
ESPIA A UNA MUJER QUE SE MATA
d’après Oncle Vania de Tchekov.
Texte: Daniel Veronese
Mise en scène: Guy Delamotte
PANTA THEATRE Caen
02 03 2016
©Tristan Jeanne-Valès

Mise en scène Guy Delamotte
Traduction Françoise Thanas
Avec Martine Bertrand, Véro Dahuron, Marion Lubat, François Frapier, David Jeanne-Comello, Alain D’Haeyer et Philippe Mercier

Il n’est point besoin de forcer le trait pour représenter un tableau familial. Qui n’a pas en mémoire quelques courants d’airs de scènes familiales qui ont succédé ou précédé des moments de calme, de solitude, dans une maison. Présence, absence, entrée, sortie de chacun des personnages rythment la vie d’une même famille sans même qu’elle s’en aperçoive.

Le familier respire par tous les pores d’une maison ou d’un appartement, les murs n’ont pas seulement des oreilles, ils ont une mémoire. Dans « l’oncle Vania » Tchekhov met en scène ceux qui ont quitté la maison, la retrouvent puis l’abandonnent à nouveau et ceux qui y ont toujours demeuré et y resteront toujours.

Les difficultés des relations entre les personnages tiennent probablement de la différence de leurs tempéraments. Pour simplifier, certains seraient nomades, les autres sédentaires. Lorsqu’ils se retrouvent, les liens affectifs se dénudent, ils font éclater leurs boursouflures, les négligences qui les ont appauvris, leurs ruptures.

Dans cette pièce, l’atmosphère est chargée de tensions. Il y a l’émotion inévitable éprouvée par l’oncle Vania, sa nièce Sonia et la belle mère Maria par la venue du vieux professeur Sérébriakof, le père de Sonia et sa belle jeune femme Eléna. Lorsque l’oncle Vania réalise que le professeur n’est venu leur rendre visite qu’avec l’idée de vendre la maison qu’il occupe avec Sonia et Maria, sa colère et ses ressentiments éclatent . Il devient fou au point de tirer au pistolet sur Sérébriakof.

Les spectateurs peuvent se rendre compte qu’ils ont été des voyeurs impuissants, que beaucoup de choses dans le comportement, les propos de Vania présageaient cette issue, ils ne l’ont pas vue venir de la même façon que parfois l’on peut s’étonner de la violence d’un orage pourtant annoncée par de sinistres nuages.

Daniel VERONESE a adapté l’oncle Vania et baptisé la pièce d’une phrase, tirée de « l’oncle Vania » : A espia una mujer que se mata qui signifie : Espionne une femme qui se tue. Son adaptation très instinctive a le mérite de mettre en relief la sensitivité des personnages, de révéler le clair obscur de leurs attitudes, ce qu’il y a d’animal à sang froid ou chaud chez eux, en prise avec leurs interrogations existentielles, voire spirituelles.

Très dynamique, la mise en scène de Guy DELAMOTTE épouse toutes les nervures de la pièce qui se déploie de façon substantielle, pour aller à l’essentiel, ces paroles soufflées, articulées comme des prières, des pensées à voix haute encore embrumées par le rêve, l’émotion, qui font rayonner les silences.

La distribution est épatante, très inspirés par la résonance argentine qu’offre l’adaptation Daniel VERONESE, les comédiens interprètent avec bonheur ces personnages tchekhoviens incontournables, il y a notamment ces deux acteurs très instinctifs, très physiques toujours formidables sur scène, François FRAPIER, l’oncle Vania, Timo TORIKKA, Astrov.

Voilà un spectacle qui a de l’étoffe, l’étoffe tchekhovienne, cela va sans dire, l’étoffe théâtrale de la vie, exaltante malgré ses clairs obscurs.

Paris, le 13 Mars 2016  

Mise à jour le 7 Octobre 2016                            Évelyne Trân

LE CHAT D’après l’œuvre de Georges SIMENON – Mise en scène de Didier LONG – Assisté de Julie MARBOEUF – Avec Myriam BOYER et Jean BENGUIGUI AU THEATRE DE L’ATELIER – 1 place Charles Dullin 75018 Paris – Du mardi au samedi à 21h00 Le dimanche à 15h00 –

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L’adaptation théâtrale du roman LE CHAT de SIMENON par Blandine STINTZY et Christian LYON nous amène à imaginer la fable qu’eût pu écrire LA FONTAINE à propos des deux personnages que tout oppose et qui se mettent en couple dans l’espoir de rompre leur solitude et de finir leurs vieux jours en toute sérénité. Parce qu’il s’y dégage une certaine ironie mettant à nu les pulsions et les désirs exacerbés de deux individus encagés dans leur huis clos .

Incarnés par Myriam BOYER et Jean BENGUIGUI, Marguerite, une petite bourgeoise étriquée, et Émile, un ouvrier retraité, ne donnent pas l’impression d’être des vieillards en décrépitude. Au contraire, ils sont encore pleins d’une vitalité enragée qui les poussent à défendre leur territoire toutes griffes dehors, l’une avec son perroquet, l’autre avec son chat.

La guerre qu’ils se mènent devient probablement un dérivatif à la perspective de la mort et de la solitude, d’autant plus prégnante qu’en face de leur logement, un bulldozer est en train détruire inexorablement les immeubles du quartier.

Du coup, tous les gestes tatillons des deux vieux, leurs tics, leurs souvenirs de jeunesse ressassés deviennent des clignotants humains aussi émouvants que ceux justement d’un chat ou d’un perroquet, des signes de vie…

Ces deux là ne se sont pas mariés par amour. C’est donc la frustration amoureuse qui sous-tend l’agressivité des deux protagonistes. Ils ont essayé de s’apprivoiser naïvement mais l’amour, ils ne savent plus ce que c’est sinon la tendresse qu’ils projettent sur leurs animaux respectifs.

La mise en scène de Didier LONG astucieuse et bien rythmée semble dérouler un album de l’histoire du vieux couple du début à la fin en privilégiant les flash-back d’Émile et Marguerite.

Myriam BOYER et Jean BENGUIGUI sont drôles et émouvants sans forcer chacun la psychologie de leurs personnages qui s’expriment simplement. Nous sommes loin des esprits torturés des héros de Beckett par exemple.

Nous pourrions nous croire en pleine guerre avec la vision de ces immeubles bombardés impitoyablement . En comparaison, la guerre que se mènent les deux bougres même s’ils se font mal, leur permet au moins de crier leur existence.

Si nous avons gardé en mémoire les visages bouleversants de Simone Signoret et de Jean Gabin, ici ce sont les voix des interprètes qui tapissent cette sombre histoire, des voix que l’on entendrait à travers les murs, fragmentées de silences, des voix aussi qui ne s’écoutent pas, happées par le vide. Nous avons beaucoup apprécié la simplicité sans effets de Jean BENGUIGUI dans ce rôle d’ouvrier plombier à la retraite et comme toujours nous avons été émus par la présence de Myriam BOYER à fleur de peau.

Paris, le 3 Octobre 2016                             Évelyne Trân

 

« L’ivresse d’une profonde heure » avec Maureen Esivert(voix), Mathieu Meyer(piano), Eric Willoth(cb) et Emmanuel Pollet(batterie) à la Cave Du 38Riv’ 38 rue de Rivoli, 75004 Paris – le 30 Septembre 2016 à 21 Heures –

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Un véritable écrin en plein Paris que cette petite cave voûtée du 12ème siècle, qui assure une belle programmation de concerts de jazz.

Ce 30 Septembre 2016, le piano, la contrebasse, la batterie s’étaient donné rendez-vous pour accueillir une jolie fée en la personne de Maureen ESIVERT, une chanteuse à voix et à textes qui tout au long de sa performance a certainement aussi bien touché les âmes du 12ème siècle que le public ravi de découvrir son répertoire très éclectique qui réunit des auteurs mus par la même passion incontournable « L’ivresse d’une profonde heure ».

Le résultat est tout à fait passionnant car l’occasion est unique d’être emportés par la poésie de NORGE, de Birago DIOP, de BAUDELAIRE et même d’auteurs plus contemporains comme Camille De COURCY, et Maureen ESIVERT elle-même, le tout (la liste n’est pas exhaustive) dans une ambiance jazzy, extrêmement vivante, colorée, assurée par des partenaires musiciens manifestement inspirés.

Ce qui assez remarquable c’est que la gravité, l’émotion chez Maureen ESIVERT s’accompagnent de sensualité et de candeur.

C’est le tremplin de l’ivresse certainement, le bonheur de la création où vibrent plusieurs cordes à son arc puisqu’elle est à la foi auteure, compositeur et interprète.

Il y a dans son regard, dans son allure, des étincelles de chat prêt à bondir, à s’engouffrer là où l’appellent la musique, la poésie, qu’elle a véritablement dans la peau.

Qu’elle continue à brûler de ses propres ailes dans l’ivresse de sa profonde heure et la nôtre naturellement !

La beauté jamais ne se perd, nous y croyons. Maureen ESIVERT a un bel avenir d’artiste devant elle !

Paris, le 2 Octobre 2016                          Evelyne Trân

DURAS, DE TOUT…DE RIEN…DE RIEN DU TOUT – Rapprochement de textes de Marguerite Duras : Claire Deluca, Jean-Marie Lehec – Mise en scène et interprétation : Claire Deluca, Jean-Marie Lehec au THEATRE DE LA REINE BLANCHE – 23 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS – du 22 Septembre au 3 Décembre 2016 – Jeudi et samedi à 19 Heures – le dimanche à à 16 Heures – Relâches les 19 et 27 Novembre 2016.

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Distribution

Rapprochement de textes de Marguerite Duras : Claire Deluca, Jean-Marie Lehec

Mise en scène et interprétation : Claire Deluca, Jean-Marie Lehec

Lumières : Paul Hourlier

A travers une habile compilation de textes de Marguerite Duras essaimés dans l’oreille de Claire DELUCA sa fidèle interprète et complice depuis leur rencontre en 1965 pour les pièces Les Eaux et Forêts et la Musica, c’est une auteure inattendue que nous découvrons.

Une Marguerite DURAS espiègle qui nous assure que l’art de la conversation existe, nous qui croyons le plus souvent être condamnés à parler de la pluie et du beau temps.

Les deux personnages qui devisent sur scène prennent tout simplement le temps de se dire ce qui leur passe par la tête comme à la cueillette de champignons, de muguet, de fraises de bois. Un soupçon d’enfance les définit dans leur ère de récréation, chacun apporte ses fruits imaginaires à l’autre qui les accueille aussitôt. Converser ça peut être aussi cela, laisser rebondir la balle comme l’idée, suivre son mouvement et choyer le rêve d’autrui comme s’il était le sien.

L’un s’amène avec son bidon troué, il est en panne d’essence depuis 2 ans, son interlocutrice s’étonne à peine car elle est aussi dingue que lui avec son chien en chiffon sur les bras qu’elle appelle zigou.

Mais cela ne vient rien dire « être dingue ». C’est la vie qui est bizarre après tout, si l’on y réfléchit bien. C’est un curieux énergumène que l’homme, nous souffle Duras, qui cherche à donner du sens à toutes choses.

Nous avons repêché une phrase assez emblématique d’un des locuteurs qui décrit le comportement d’un agent de police n’ayant qu’un mot à la bouche « Circulez ! ». Il l’analyse ainsi : «  Ce laconisme abrite un rêve intérieur intense qu’on pourrait appeler circulatoire ».

Et c’est à un dialogue anti-circulatoire que nous assistons entre deux êtres qui laissent pleuvoir leurs souvenirs, leurs rêves, leurs fantasmes, au bonheur de la promenade, de la découverte sans se prendre la tête, ce qui est le bénéfice de la sagesse, d’un certain retour à l’enfance.

Claire DELUCA et Jean-Marie LEHEC, excellents musiciens sont les ailes bruissantes de ces textes où perce le regard de Duras doux, infiniment rêveur. De la pure poésie !

Paris, le 2 Octobre 2016                            Evelyne Trân

MONOLOGUE POUR LA PAIX par le comédien MOA ABAID dans le cadre de la journée pour la Paix et contre les violences Samedi 8 octobre 2016 de 15h00 à 19 heures à la Médiathèque Ulysse, salle Rogowski 37 cours du Rû Montfort 93200 SAINT DENIS – Métro Porte de Paris Ligne 13

enfants gaza charlieFilm documentaire reportage : LA GRANDE MARCHE CITOYENNE CHARLIE HEBDO

du 11 janvier 2015 à Paris, réalisé par Kouider Dimmi

Deux spectacles –lectures :

Monologues de Gaza

Le théâtre pour guérir ?…En 2010, après l’opération « Plomb durci », qui a tué 1380 Palestiniens à Gaza, le théâtre ASHTAR de Ramallah crée un atelier d’écriture et d’Art-Thérapie pour des adolescents de 14 à 18 ans. Ce travail a fait naître les 33 textes des «Monologues de Gaza ». Après une nouvelle attaque qui a encore tué 1843 palestiniens en 2014, ces  jeunes lancent un appel : 

« Ne nous oubliez pas, lisez en public ces « monologues ».

MOA ABAID

Monologue de la Paix

Extraits de poèmes de Katznelson, déporté à Auschwitz en 1944 et de Noureddine Aba, écrivain, journaliste, sur le massacre « C’était Sabra et Chatila à Beyrouth 18 et 19 septembre 1982 »

par le comédien Moa ABAID

Moa ABAID est un artiste interprète binational. Son but est « de montrer que la douleur humaine est la même qu’elle que soit l’ethnie la religion ou la couleur « .

 Lecture de poèmes de la Paix :

Mahieddine Bentir, Mustapha Al-Mountanabi,Nadia Guerbas, Nicole Barrière,

Débat : « Où en est la Palestine aujourd’hui ? »

Associations invitées : Comité Paix Palestine Israël (CPPI), France Palestine Solidarité (AFPS), Mouvement de la Paix, BDS, Raid de la Paix…

* Réservation recommandée apcv.memoires@gmail.com – www.apcv.org

BRASSEUR et les Enfants du Paradis de Daniel COLAS sur une idée de et avec Alexandre BRASSEUR au Théâtre du Petit Saint-Martin – 17 Rue René Boulanger 75010 PARIS – À partir du 15 septembre 2016 – Du mardi au samedi 19h ou 21h en alternance. Samedi 17h en alternance. Placement libre. Téléphone : 01 42 08 00 32

Brasseur

Présenté par ATA en accord avec Uska Productions
Écrit et mis en scène par Daniel Colas
D’après une idée de et avec Alexandre Brasseur Avec Cléo Sénia. Assistante mise en scène Stephanie Froeliger. Décors Jean Haas. Costumes Jean-Daniel Vuillermoz. Lumières Kevin Daufresne. Musique Stéphane Green et Éric Marchand. Vidéo Olivier Bemer.

 Les enfants du Paradis , un film dans lequel les spectateurs peuvent avoir l’impression d’être au théâtre, unique en son genre, un hymne à l’amour, à la femme avec une galerie de personnages, indissociables de leurs interprètes : Arletty Garance, la femme libre, Jean-Louis Barrault, le mime Deburau, Marcel Herrand le truand, Pierre Renoir, le marchand d’habits Jéricho, Maria Casarès, la pure Mathilde, et Pierre Brasseur, Frédérick Lemaître.

Le film sorti en 1945 juste après la libération a été classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco mais il ne s’agit pas d’une pièce de musée, il est de l’étoffe des rêves comme dirait Shakespeare.

Rentrer dans les coulisses de ce rêve, c’est ce que nous propose avec bonheur Daniel COLAS sur une idée d’Alexandre BRASSEUR qui incarne Pierre BRASSEUR son grand-père qui raconte le tournage du film quelques années après sa sortie.

Tempêtes et remous d’une création collective dans la France occupée qui avait valeur de résistance sans que tous les protagonistes en aient vraiment conscience. Seul Prévert y croyait qui entend faire passer son message de la victoire de la liberté incarnée par Garance, face aux autorités, face à la censure que craignait beaucoup Marcel Carné, débordé par l’audace de son scénariste faisant dire à Jéricho « marchand d’habits, marchand d’amis » ce qui est une référence inouïe à la propagande de délation organisée par les Allemands. « Comment pactiser avec l’ennemi sans collaborer, rester libres lorsqu’on est occupé ? » ne cesse de se demander Carné. Ce n’est tout de même pas une anecdote le fait qu’Arlette qui incarne la liberté n’ait pu assister à la première du film parce qu’elle était emprisonnée pour le seul crime d’avoir aimé un Allemand.

En un sens, ils étaient tous politiquement incorrects, ou plus simplement en marge de la bonne société hypocrite et frileuse, Marcel Carné cachant son homosexualité, Arletty avec son Allemand, Alexandre Trauner et Joseph Kosma tous deux juifs hongrois, Marcel Herrand et Jean-Louis Barrault qui ont mauvaise conscience de ne s’être pas engagés dans la résistance. Un événement tragique, la mort d’un jeune résistant, propriétaire du Prieuré qui accueillait les artistes donna la mesure de « l’effroyable réalité » : Trauner, le décorateur et Kosma qui jouait au piano les thèmes des pantomimes de Deburau, avaient la mort aux trousses.

Les circonstances complexes du tournage du film ont joué leur rôle. C’est toute la dimension humaine d’une création collective qui nous est rapportée par un trublion, un cabotin, un comédien Pierre Brasseur, inoubliable Frédérick Lemaître qui évoque l’ancien titre du film Les funambules « Mais dans le fond, c’est bien ce que nous étions  à marcher droit sur un fil tendu vers le but, sans regarder l’abîme de part et d’autre, de peur d’y basculer, on allait droit vers la lumière ».

Profession de foi d’un artiste qui reconnait qu’il ne fait pas partie des héros et que c’est pour cela qu’il est comédien pour pouvoir les jouer.

Le talent de conteur d’Alexandre Brasseur rend captivante cette belle aventure humaine que fut la création des Enfants du Paradis. Seul en scène sauf lorsqu’il contemple une magnifique créature rappelant Garance, il donne voix à Carné, Prévert, Barrault, Herrand, Arletty avec la même pétulance que son grand-père. Mais nous n’avons pas l’impression qu’il joue, il est vraiment habité par ces personnages. Une belle passion à partager, à poursuivre, à transmettre à toute personne aimée pour le plaisir de lui chuchoter à l’oreille « Faudra que tu ailles voir les Enfants du Paradis ».

Paris, le 24 Septembre 2016                                Évelyne Trân

Festival les Enfants d’abord du 8 au 16 octobre 2016 sur les péniches de Paris et les espaces à fleur d’eau. Festival pour les tout-petits et ceux qui les accompagnent –

LES ENFANTS D'abord
Nous reproduisons ci-dessous, pour information , l’édito des organisateurs.
Pour consulter le programme, cliquer sur  BROCHURE-WEB

Contacts :

06 65 36 44 35     Standard

lesenfantsdabord75@gmail.com

3 ans, ça se fête !

Soyez les bienvenus à la troisième édition du festival Les Enfants d’abord du 8 au 16 octobre 2016.

 Passionnées par la création pour le très jeune public, 18 compagnies vous donnent rendez-vous dans 4 arrondissements de Paris, pour découvrir 20 spectacles. 12 péniches, barges et lieux à fleur d’eau accueillent les 72 représentations de ce festival destiné à la petite enfance et à tous ceux qui les accompagnent.

 Partager, imaginer, comprendre, s’émouvoir, sont des expériences qui correspondent autant à l’épanouissement de chacun qu’à la nature même du théâtre. Et c’est parce que l’art fait grandir et que le théâtre est un espace de liberté et d’échanges, que nous nous attachons à choisir le meilleur de la création pour la petite enfance.

 Les Enfants d’abord est un festival de création et de répertoire. Il fait dialoguer tous les arts de la scène, théâtre, danse, marionnettes, ciné-concert, musiques, chansons, théâtre d’ombres… Autant de belles propositions à partager durant ces 8 jours de festival avec l’école, la crèche, le centre de loisirs, et le temps de 2 week-ends en famille… Avec le plaisir de découvrir l’univers poétique des péniches et des quais.

 Les Enfants d’abord vous convie à ces voyages artistiques et ludiques. Embarquement immédiat pour le plaisir renouvelé de se retrouver et de vivre ensemble de nouvelles aventures.

En avant toute !

Claude A . Godefroy & Hélène Snyders

ROSA LIBERTE de Filip FORGEAU librement inspiré de la vie et du combat de Rosa LUXEMBURG au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS à la Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 PARIS – Du 27 septembre au 09 octobre 2016 – Du mardi au samedi à 20h30 – Le samedi et dimanche à 16h –

ROSA

teaser ROSA LIBERTÉ – Cie du Désordre

Auteur : Filip Forgeau
Réalisateur/Metteur en Scène : Filip Forgeau
Interprète : Soizic Gourvil

LumièresMichaël Vigier

Création sonore : Lionel Haug

ROSA

Sous la pancarte d’une Rue Rosa LUXEMBURG, nous pouvons lire « militante marxiste et révolutionnaire allemande , 1870-1919 ». Après avoir assisté au drame poétique qu’a écrit Filip FORGEAU « Rosa liberté » nous ne pouvons nous empêcher de penser que cette femme fut également poète et que ce qu’elle défendit tout le long de sa vie, c’est son inaliénable ressenti de la personne humaine, le respect de la personne humaine.

Il suffit de lire quelques lettres que Rosa LUXEMBURG écrivit lors de ses séjours en prison, pour comprendre qu’elle était au fond d’elle même une écorchée vive, elle écrit : « C’est ainsi que de ma cellule, je suis liée par des fils invisibles à des milliers de créatures, grandes et petites, que je m’inquiète, que je souffre, que je me fais des reproches pour tout ce qui leur arrive… vous faites vous aussi partie de ces oiseaux et de ces êtres pour qui je m’émeus à distance ».

Issue d’une famille de commerçants juifs, elle naît en Pologne sous la domination russe. Dès l’adolescence, elle s’engage comme militante au sein du Prolétariat, un parti révolutionnaire et doit s’enfuir en Suisse où elle entreprend des études d’économie politique. Puis elle s’installe en Allemagne et milite au sein du Parti social démocrate à la 2ème internationale . Pendant la révolution russe en 1905, elle défendit contrairement à Lénine, l’idée que la grève de masse était le principal moyen d’action révolutionnaire. Elle fonda en 1916 avec Karl LIEBKNECHT la ligue des spartakistes, un mouvement révolutionnaire et antimilitariste. Elle est assassinée par des soldats nationalistes le 15 Janvier 1919.

Rosa LUXEMBURG ne fut pas seulement une théoricienne, elle combattit physiquement, se mettant sans cesse en danger, tout en restant lucide. Elle qui se qualifiait de « Petite, boiteuse, juive »  disposait de deux armes, sa capacité d’analyse politique et son courage physique.

Véritablement du côté des humiliés, des offensés, elle fait partie de ces personnes rebelles et pourtant humbles qui représentent un danger pour les pouvoirs en place, parce qu’elles n’ont peur de rien, ayant tout à gagner.

Rosa LUXEMBURG n’était qu’un petit bout de femme, qui prit conscience à partir de ses épreuves personnelles, qu’elle pouvait mettre au service de son idéal humaniste, son intelligence, corps et esprit confondus.

C’est douloureux, bouleversant de l’éprouver à ce point à travers le poème de Filip FORGEAU. Cette chair à vif, la comédienne Soizic GOURVIL l’exprime avec une intensité rare.

Il est salutaire de prendre conscience que Rosa LUXEMBURG n’a pas dit son dernier mot. Il y a tous ces anonymes, tous ces gens qui doivent lutter pour défendre leurs droits qui lui font écho. Leurs combats ne sont pas pathétiques, ils sont force de vie. Non, Rosa LUXEMBURG qui fut assassinée de façon sordide, ne se présente pas comme une martyre. Elle savait qu’elle mourrait dans la rue. Elle s’est seulement représenté tout le long de sa vie, qu’elle ne devait pas se laisser impressionner par l’ignorance, la barbarie, parce que cette barbarie est sans esprit, elle n’a pas connaissance de la personne humaine. Et ce sens, Rosa LUXEMBURG l’avait, elle était née avec, il fallait qu’elle le communique.

Cette rencontre avec Rosa LUXEMBURG, dans la petite salle de l’Épée de bois, nous laisse bouche bée. Nous saluons la performance de Soizic GOURVIL qui traverse le long fleuve poème de Filip FORGEAU avec une grâce indicible. Nous saluons Rosa LUXEMBURG !

Paris, le 12 Mars 2016

Mise à jour le 19 Septembre  2016                  Évelyne Trân

SexEden du 25 Août 2016 au 5 Novembre 2016 – Du jeudi au samedi à 21h au THEATRE DE L’ESSAION – 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS –

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 Mise en scène par Susana Lastreto, lumière d’Arnaud Delaumeni, création des corps par Aymeline Lestrat, avec Susana Lastreto et François Frapier (jusqu’au 6 octobre) et avec Julian Negulesco (à partir du 6 octobre).

Nous avons eu la chance de découvrir SEXEDEN, un petit spectacle éclair qui a vu le jour au festival des Caves, et étant donné son succès s’est déplacé pour trois représentations au Théâtre 14 .

Toujours aussi farceuse, l’équipe de la Compagnie GRRR qui invite les spectateurs à gravir en file indienne, un labyrinthe d’escaliers sans savoir où il va atterrir. Le voilà qui se retrouve sur la scène ! Zut, un rideau se lève et il aperçoit la salle avec ses rutilants fauteuils rouges, vide !

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Surgissent un homme et une femme de belle corpulence. SEXEDEN ! nous allons certainement assister à un remake de la scène biblique d’Adam et Eve, revue et corrigée par Susana LASTRETO, pensons nous, en jetant un coup d’œil affligé sur l’arbre sec qui lève les bras au ciel au milieu de la scène.

Et bien pas du tout, c’est beaucoup plus comique. Il s’agit d’une rencontre entre un homme et une femme qui ont changé de genre et qui découvrent cette merveilleuse sensation de se retrouver dans la peau d’un autre sexe. L’ancienne femme et l’ancien homme qui forment un couple adorable se jaugent l’un et l’autre avec un sens critique désopilant. Chacun tient à sa nouvelle identité. Il (Susana LASTRETO, méconnaissable) a un côté matador avec son gros ventre imposant, elle (François Frapier toujours excellent a l’allure d’Alice SAPRITCH) en robe bariolée très voyante, ne cesse de rouler des hanches.

Conversations de comptoir aux portes de l’Eden, mais très bien frappées par la fine Susana qui sait faire tourbillonner les têtes de ces deux trublions homme et femme, lesquels finissent par en perdre leur latin lorsqu’il s’agit de décliner au plus fort de la détente, sa profession de foi : homo hominis, mulier mulieris… Quand on pense que le créateur a gratifié l’homme et la femme de sexes susceptibles de s’emboîter uniquement pour grimper jusqu’au septième ciel, quelle imagination !

La confusion des genres a cela de positif qu’elle engendre de nouveaux termes. Parité oblige, le mot biterie devrait rentrer dans le dictionnaire.

Le public captivé est impressionné par la transformation sexuelle des deux phénomènes . Elle l’ancien il, devient de plus en plus féminine, il l’ancienne elle, se prend vraiment pour un mec…

Leur parade amoureuse – ils forment un couple extraordinaire – est d’une tendresse inouïe.

Un petit bijou de spectacle, à une époque de crise hormonale, qui fait du bien. Pourquoi ne pas être homme et femme à la fois ? Luxuriant le jardin d’Eden de Susana LASTRETO et drôle, tellement drôle !

Paris, le 21 Juillet 2015

Mise à jour le 17 Septembre 2016               Evelyne Trân