LA MAISON DE POUPEE DE HENRIK IBSEN – ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE PHILIPPE PERSON – TRADUCTION RÉGIS BOYER – au THEATRE DU LUCERNAIRE – 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS – DU 7 DÉCEMBRE 2016 AU 21 JANVIER 2017 DU MARDI AU SAMEDI À 21 H – DUREE 1 H 30 –

 

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AVEC FLORENCE LE CORRE  (NORA) NATHALIE LUCAS  (MADAME LINDE) P H I L I P P E C ALVA R I O (TORVALD HELMER) PHILIPPE PERSON  ( K RO G S TA D )

Cette pièce écrite par IBSEN en 1879 aurait le même impact émotionnel que le « Cri » de Munch sur les spectateurs. Qu ‘est ce qui peut faire basculer le destin d’un homme ou d’une femme hors des sentiers battus ? Quel est donc le grain de sable qui peut faire dérailler un scénario immuable, qui se répète de générations en générations dans la société bourgeoise que décrit Ibsen. Nous n’avons pas de boule de cristal . S’agiterait-elle sur le sapin de Noël qui trône dans le salon de Monsieur et Madame HELMER un jeune couple plutôt banal. Nous apprenons que Torvald va devenir Directeur de Banque. Il est fêté comme il se doit par sa jeune épouse Nora tout excitée par cet événement. Très rapidement nous comprenons que Torvald la traite comme une femme enfant destinée à le distraire, à le flatter par sa beauté, son charme. Nora en effet a toute l’apparence d’une jeune femme frivole, insouciante et aussi vivace qu’une alouette.

Ce n’est qu’au second acte que nous découvrons qu’un terrible secret ronge la jeune femme victime d’un maître chanteur qui n’est autre que l’employé qu’entend limoger son mari. Voilà un synopsis qui nous rappelle les thrillers de Hitchcock. L’attention de l’auteur et ce faisant du metteur en scène se cristallise sur la personne de Nora confrontée à une solitude inouïe du fait de son secret qui la met en porte à faux avec son mari planqué dans ses valeurs conformistes et rigides.

C’est l’expérience de cette solitude terrible qui va révéler à Nora ce dont elle est capable. Tout le long de la pièce l’étau se resserre autour de Nora . L’angoisse qu’éprouve la jeune femme à l’idée d’être dénoncée à son mari par le maître chanteur, son créancier, le public la partage mais sans réaliser quelle pourrait être la réaction de Torvald.

Ce  fameux secret qui de nos jours peut paraitre bénin  est emblématique de la cagoule portée par Nora pendant ses huit ans de mariage. Dés lors que le voile aura été tiré, Nora pourra se regarder en face, voir l’horizon s’ouvrir devant elle, comprendre ce formidable appel d’air que représente la liberté.

A travers le portrait de Nora et de Torvald , c’est tout un édifice social à la fois rigide et hypocrite qu’ Ibsen dénonce parce que cet édifice qui existe toujours étouffe dans l’œuf la créativité humaine, contraignant les individus à se résigner, à subir des lois sans imaginer pouvoir les discuter.

Au delà du personnage de Nora , c’est l’individu qui est invité à se mesurer avec ses propres forces, donc ses faiblesses aussi et ses propres désirs, pour se connaître et donner un sens à cette vie qui le concerne en premier lieu, après tout. Nora choisit la solitude mais il ne s’agit pas d’un choix égoïste mais d’une véritable aventure humaine.

La rupture amoureuse entre les deux époux est violente et poignante. Nora s’arrache véritablement à  son mari comme si elle venait de faire sa mue, ne laissant à l’homme devenu un étranger, que les souvenirs artificiels d’une poupée.

Quel gâchis ! Torvald et Nora ne joueront plus ensemble la comédie du couple heureux…Nora n’a plus le temps, elle doit vivre !

Nous avons été conquis par l’interprétation de Florence LE CORRE d’une délicatesse, une justesse impressionnantes ! Cette jolie boule de cristal illumine ses partenaires, Philippe PERSON, excellent en maître chanteur mordant et vénéneux, Philippe CALVARIO à mi-chemin entre le mari m’as-tu-vu  et le pauvre type et Nathalie LUCAS qui joue avec finesse, l’amie réfléchie et bienveillante.

Le déroulement en plans séquences des différentes situations, s’effectue sans qu’on y songe car à vrai dire nous n’avons les yeux tournés que sur Nora. Son visage et celui de son amie si émotifs, pourraient faire penser à d’autres visages féminins filmés par le grand Bergmann.

Quelle grâce tout de même que cette pièce dans ce monde de brutes . Quel miracle !

Paris, le 17 Décembre 2016             Evelyne Trân

EICHMANN A JERUSALEM, ou les hommes normaux ne savent pas que tout est possible. – Texte de Lauren HOUDA HUSSEIN – Mise en scène Ido SHAKED – d’après le procès d’Adolf EICHMANN à JZERUSALEM en 1961 – au THEATRE DU SOEIL à la CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Route du Champ de Manœuvres, 75012 Paris – du 8 au 18 Décembre 2016. du mercredi au vendredi à 20h30, le samedi à 15h30 et 20h30, le dimanche à 15h30 Durée : 1h30

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Une création du Théâtre Majâz

Texte Lauren Houda Hussein
Mise en scène Ido Shaked

Avec Lauren Houda Hussein, Sheila Maeda, Caroline Panzera, Mexianu Medenou, Raouf Raïs, Arthur Viadieu, Charles Zévaco

La mise en scène du procès d’EICHMANN d’Ido SHAKED sur le texte et le montage saisissants de Lauren HOUDA HUSSEIN est sidérante. Le procès quel qu’il soit peut apparaître comme une entité « monstrueuse ». L’on y assiste la plupart du temps à une déportation de la parole, des émotions dans un contexte qui entend abolir ce qui relève de la subjectivité. Ce qu’il y a d’humain, de chaotique, d’indicible est frappé de plein fouet par une mise en scène qui le dépasse. Si l’on attend d’un procès qu’il puisse permettre à un homme en son âme et conscience de dire toute la vérité, qu’il se trouve sur le banc des accusés ou celui des témoins, la déception laissera toujours un goût amer dans la bouche.

Les témoignages terribles des victimes d’EICHMANN (les paroles rapportées proviennent des minutes du procès) n’ont pas permis de l’émouvoir, voire de le faire craquer. Parce qu’il leur a été demandé de s’exprimer dans la même langue que celles des juges et du bourreau .

Qui ne le sait, il n’y rien de plus déstabilisateur pour un homme que l’émotion qui le submerge. C’est le langage qui joue le rôle de parapet avec ses fameuses règles de grammaire, pour la contenir. Mais en vérité, elle est toujours là, elle occupe toutes ces particules du corps vivant, se durcit comme une roche lorsqu’elle n’a pas pu s’évacuer, peut aussi devenir de l’eau stagnante, pourrissante.

Certains politiques savent très bien utiliser ces émotions qui sentent mauvais, la peur, la haine de l’autre, le sentiment de frustration, elles font partie du corps humain.

EICHMANN apparaît comme un homme qui a été vidé de ses émotions, un lobotomisé, un robot sans âme. C’est alors que nous pouvons comprendre que les juges et les victimes n’avaient personne en face d’eux. Comment se battre contre personne, comment lutter pour que l’intolérable ne se reproduise plus, si nous sommes incapables de cerner comment il s’est répandu ?

Une voix discordante s’est exprimée lors du procès EICHMANN, celle d’Hannah ARENDT, philosophe et journaliste. Elle a soulevé la question de la banalité du mal et il lui a été reproché de remettre en question le comportement des victimes, leur soumission. Large débat car il y a eu toutes sortes de victimes, chacune avec son histoire personnelle soudain annihilée, effacée, gommée !

Nous savons pourtant une chose c’est que cette vague énorme de l’holocauste, nombre d’observateurs l’ont vue s’avancer sans qu’aucune digue ait pu la retenir.

Cette vague menaçante, il appartient à ceux qui la dénoncent, de la scruter, elle est aussi peuplée de chacune des particules de notre conscience, elle ne s’appelle ni Hitler, ni Eichmann, ni personne en particulier. Il faut la regarder en face non plus comme un monstre, ni même une banalité mais comme une excroissance de nos dénis, nos ignorances, nos peurs.

En tant que vivants, nous ne devrions pas nous raccrocher à cette chape de plomb de l’oubli ou de l’indifférence, ni à celle du néant et de la mort. Recouvrer le chemin des émotions subjectives, la mise en scène de ce procès, nous y engage, en faisant apparaître cette promiscuité de chacun des protagonistes. Les comédiens jouent tous les rôles aussi bien ceux des témoins que ceux des juges ou de Eichmann sans distinction physique comme à la lecture des minutes du procès par un archiviste qui ne se trouve pas distrait par l’observation charnelle. Cette distanciation se révèle très parlante, parce qu’elle est ponctuée par des gestes d’écriture à même le sol pour marquer cette sensation de déshérence, d’impuissance et quelques mots blafards projetés sur le mur qu’il appartient à chaque spectateur de saisir avec sa propre imagination, sa propre mémoire.

Ce spectacle remarquable fait froid dans le dos mais il réchauffe de l’intérieur !

Paris, le 11 Décembre 2016                                 Evelyne Trân

SAINT-LAZARE VEGAS d’Emmanuel DUPUIS AU THEATRE DE L’ESSAION – 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS – du 8 Décembre 2016 au 14 Janvier 2017 – Les jeudis, vendredis et samedis, à 19h45 – Relâches : 24 décembre, 25 décembre, 31 décembre 2016 –

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Mise en scène : Christophe Givois
Distribution :

Fatima Chaïb-Eddour, Jude Joseph ,  Joyna Moon, Christophe Givois

Durée : 1h15

Voilà une comédie de « Fin du monde » qui n’est pas triste ! D’humeur plutôt fantaisiste, Emmanuel DUPUIS s’est laissé guider par sa fascination pour la Gare Saint Lazare et par quelques rêveries qui l’emportent  lorsqu’il observe des SDF autour de cette gare.

 En vérité, le célèbre Samuel BECKETT a fait beaucoup de tort à cette fraction de la population « exclue » avec sa pièce « En attendant Godot ». Immanquablement, le cliché se greffe sur notre pauvre cervelle nous illusionnant sur le caractère hautement  philosophique des miséreux.

Dieu merci, tout le monde n’a pas lu Beckett et ceux qui trouvent comique ce clochard de Charlot ne font pas le rapprochement  avec les mendiants ivres qui les accostent.

  Cela dit peut être bien qu’Emmanuel DUPUIS inconsciemment  ou pas porte sur les épaules un passé encore tout  frais. Le photomaton qu’il érige en personnage pourrait bien faire figure aussi d’une belle boite de conserve géante dont l’étiquette porteuse des rêves de ses deux héros, Caul et Brinduc subirait  les vertiges d’un passé flageolant et d’un dérèglement  de contes atmosphériques absolument déconcertants.

 L’on assiste grosso modo à une bataille de polochons entre nos petits clichés  de bon aloi : Dieu, ce grand fourre-tout, la Machine, l’assistante sociale, le sentiment que les SDF sont des gens comme les autres,  et l’incroyable optimisme d’Emmanuel DUPUIS qui croit vraiment aux vertus de l’onirisme (un mot savant servant de synonyme à rêverie)  qui va bon train puisqu’au final  grâce à ce formidable coup de pied au derrière que constitue l’imagination, Caul, cet indécrottable SDF ira rejoindre sa dulcinée ailleurs !

 Un peu d’optimisme en ces temps de morosité, cela fait du bien. Il est possible de s’étonner du manque de méchanceté ou d’agressivité des protagonistes. Mais apparemment, l’auteur entend préserver la présomption d’innocence de ces personnages plus scotchés à l’ordinaire (qui vaut de l’or) qu’à ses complications. Dès lors, tout est possible partir de Saint Lazare pour aller à LAS VEGAS. S’il y a quelque chose qui cloche, cela tient au fait que ces personnages « malheureusement ordinaires » soient capables d’appréhender une réalité complètement déréglée. Peut-être n’ont-ils pas le choix ou alors un monde meilleur serait-il en train de se peaufiner à l’horizon ? Un monde où les hommes auraient gardé leur parfum d’enfance et où la poésie et sa copine, l’imagination régneraient enfin ! L’équipe théâtrale porteuse d’un tel programme ne doit pas ménager ses efforts pour conduire à la victoire ces SDF hors du commun !

 Paris, le 9 Décembre 2016                    Evelyne Trân

 

 

« L’Empereur, c’est moi! » de Hugo Horiot. Mise en scène de Vincent Poirier au STUDIO HEBERTOT – 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris Du 15 au 20 novembre, à 21h00, le dimanche à 15h –

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avec 

Hugo Horiot,

et Clémence Colin.

Ne serions nous pas tous un peu autistes par hasard ? Certainement pas. Et pourtant, le qualificatif autiste est utilisé dans la vie courante pour décrire une personne jugée peu communicative, dans sa bulle. Le terme est péjoratif. Il est à peu près certain que des personnes réputées « normales» se sont trouvées un jour ou l’autre dans une situation très proche de l’autisme, par suite d’une émotion, d’un chaos intérieur, qui impliquait une rupture momentanée avec l’extérieur. Cette rupture Hugo HORIOT, l’a connue très jeune pour ainsi dire à la naissance et elle a duré toute son enfance.

Que Hugo HENRIOT ait pu mettre des mots sur cette douloureuse expérience, relève de l’exceptionnel. Nous imaginons le soutien que lui a apporté sa mère et la grâce du théâtre qu’il pratiqué dès l’âge de 15 ans.

Hugo HORIOT est un oursin d’émotions mais les pics de sa carapace très tendre, il a réussi à les apprivoiser, à les soulever de façon presque aérienne, ce qui lui a permis de les projeter dans son imaginaire et de se saisir enfin de mots.

Hugo HORIOT est un véritable combattant, un rebelle inné qui se refuse à l’ordre établi. Qu’est-ce que ça veut dire après tout ces curieuses lois humaines qui décident qu’à partir du moment que vous êtes né, vous devez signer un contrat avec ceux qui vous accueillent. Contrat d’obéissance aux lois, aux coutumes, aux à priori qui vous encadrent. Il faut être comme les autres, comme la plupart des autres, sinon vous n’êtes pas normal !

Hugo HORIOT raconte ce choc inouï à la naissance. Hugo n’a jamais été un bébé poupon, gage d’innocence. Est-ce si facile de faire comprendre aux autres que vous n’êtes pas un bébé mais une personne ? Les revendications des nouveaux nés, à vrai dire se noient dans les braillements.

La normalité est une sorte de liquide transparent qui laisse passer n’importe quel individu sans broncher. La plupart des individus font le saut vers la réalité parce qu’il n’y a pas d’autre porte. Hugo semble t-il avait choisi de rester derrière la porte, soit parce qu’il n’avait pas confiance, soit parce que cette réalité ne lui disait rien qui vaille. Pas normal ? Il s’est cogné contre cette porte parce que derrière il entendait la voix de sa mère et qu’il voulait la rejoindre en dépit de ses doutes, ses frayeurs, sa colère.

Quand la réalité fait des grumeaux, qu’elle n’est pas aussi lisse et transparente qu’on voudrait le croire ! Deux et deux font quatre et les trains ne déraillent qu’exceptionnellement. Faut-il comparer les humains à des trains, à des chiffres ?

Il importe d’écouter le témoignage d’Hugo HORIOT, qui est absolument bouleversant, voire instructif. Tous, pour la plupart, avons enfoui dans notre mémoire cette brebis galeuse, la nôtre, qui disait non, qui bêlait affreusement. Hugo n’a pas voulu l’enfouir, il l’a dégagée de lui même pour la faire sortir , sachant qu’elle avait des choses à dire, sachant qu’elle nous concernait.

Et elle se révèle très tendre au fond comme Clémence COLIN qui interprète dans la langue des signes cet autre moi d’Hugo HORIOT.

La mise en scène sobre et pudique de Vincent POIRIER met en valeur la personnalité d’Hugo HORIOT qui réussit à déployer sur scène toute la force de son imaginaire sans oublier le public devenu terre plein d’une réalité émue aux larmes.

Paris, le 5 Décembre 2016                       Evelyne Trân

 

Parcœur d’ Arnaud Arbessier au THEATRE DES DECHARGEURS – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS – du 9 sep 2016 au 16 déc 2016 – Vendredi à 19h30 –

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Qui ne se souvient de sa première émotion en récitant par cœur une poésie à la demande d’un maître ou d’une maîtresse ? Pour ma part, ce moment fut fabuleux. J’ignorai le mot trac mais j’étais terrorisée . Or au fur à mesure que les mots s’échappaient, sortaient du gouffre, j’ai éprouvé que le professeur m’écoutait. J’en fus tellement étonnée ! De quel texte s’agissait-il, je l’ai oublié mais il remue invisible dans ma mémoire, il me parle certainement comme il a parlé à ce professeur.

Passeur de mots, c’est l’un des plus beaux métiers au monde; j’ai connu un poète mourant, qui ne touchait plus terre, qui communiquait grâce à ses poésies pétries en lui qu’il continuait à balbutier comme si elles faisaient partie de son corps, de ses mains, de ses yeux. C’était lui !

Arnaud ARBESSIER, comédien, fils de Louis ARBESSIER de la Comédie Française, nous raconte simplement sa relation avec les mots, une relation amoureuse. Il dit que les mots sont magiques et que oui, il importe pour la vivre cette passion, d’apprendre par cœur un texte quel qu’il soit pourvu qu’il soit aimé.

Il remonte à la source, il nous parle de son père qui savait si bien dire le poème Villequier de Victor Hugo, de sa rencontre avec des textes de Léo FERRE.

Deux fleuves parallèles mis en musique juste par la voix, le poème Villequier et le poème Il n’y a plus rien . L’un s’adresse à Dieu pour demander pourquoi sa chère Léopoldine est morte, l’autre, révolté et sauvage gravit des chemins de dépression intense. Je me souviens encore de Léo FERRE chantant Avec le temps  dans une émission de Jacques MARTIN, à la fin de sa vie. Lui si combatif, avait l’air si désespéré, si las !

Mais les fleuves ne cessent de cligner des yeux, ils vivent après tout. La chanson  Avec le temps interprétée par Arnaud ARBESSIER peut dire autre chose, laisser s’exprimer quelque lumière derrière le désespoir.

Écouter Il n’y a plus rien à travers la voix d’Arnaud ARBESSIER c’est comme grimper sur un chemin de montagne caillouteux, les yeux dans le vent, la poussière, le soleil. Il n’y a plus rien, il y a tout.

Quel bel hommage aux poètes, aux comédiens ! Quelle belle rencontre ! Laissez penser les mots en vous puisque en vérité les mots agissent d’une certaine façon comme des cailloux qui scintillent sur les chemins qui touchent vos semelles. La ligne n’est pas droite bien sûr, le parcours prend du temps, c’est presque une aventure, c’est toujours de l’or au bout de la course !

Paris, le 5 Décembre 2016                          Évelyne Trân

Le mariage forcé de Georges Dandin d’après Molière au Ciné XIII Théâtre – 1 Avenue Junot 75018 PARIS – Du 04/12/2016 à 15:30 au 31/12/2016 à 20:00 – RÉSERVATIONS : 01 42 54 15 12 –

 

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Mise en scène et adaptation : Matthias Fortune Droulers et Ivan Herbez
Avec Léa Dauvergne, Benjamin Duc, Matthias Fortune Droulers, Ivan Herbez, Anne-Sophie Liban, Bertrand Mounier

Le théâtre, planisphère de la transgression spatio-temporelle ? Au 17ème siècle, l’unité de lieu, d’espace et de temps était la règle, Molière n’avait pas à se poser la question. Il avait cependant un sens aigu des turbulences humaines, et avait si bien les pieds sur terre, comme un paysan par exemple, qu’il pouvait l’entendre trembler ou s’émouvoir sous les piétinements de ses congénères.

C’est ainsi que la musique devint une partenaire de ses comédies ballets, notamment Georges Dandin et le Mariage forcé que la Compagnie HOMARD BLEU a contractées en une seule pièce, en la transposant à l’époque de la grande dépression des années vingt et trente aux États Unis.

Molière ne tient pas à proprement parler des discours faute de quoi ses messages plutôt visionnaires seraient tombés dans la langue de bois. Ses paramètres sont essentiellement sensitifs. S’il pressent que tous les acteurs de la société, se trouvent bien ou malgré eux ligotés par la pression sociale, il ne cesse de vouloir pencher sa réflexion, sa critique des mœurs, sur la brèche, lieu du conflit social, ce qui témoigne d’ une perception très politique.

Dans ces deux pièces Georges Dandin et le Mariage forcé, Molière s’interroge sur le désir de transgression sociale qui pousse un paysan fortuné, Georges Dandin dans les bras d’une jeune noble Angélique désargentée. Cette mésalliance le conduira à sa perte. Et pourquoi donc ? Sans doute parce que l’argent et l’amour ne font pas bon ménage, parce qu’il serait illusoire de se procurer le bonheur avec une belle bourse.

Les mariages de raison devaient être la règle au 17ème siècle. L’on pourrait croire que Molière n’enfonce que des portes ouvertes. En vérité ce qui l’intéresse c’est de donner la parole aux protagonistes eux mêmes. Ainsi, nous entendons Georges Dandin ne cesser de se lamenter sur son sort, celui d’être tombé dans le piège tendu par ces beaux parents qui lui ont vendu leur fille en échange d’un titre de noblesse. La belle Angélique se révèle peu aimante, pire, elle le fait cocu.

Qui voudrait plaindre Georges Dandin qui a acheté la belle Angélique comme on acquiert un beau cheval. Il est handicapé au niveau du cœur, peu capable de sentiments, mais il est handicapé aussi par un complexe social que se réjouissent  d’exacerber ses beaux parents. Nous pourrions imaginer que ses infirmités pourraient le rapprocher d’Angélique laquelle se trouve limitée dans son désir de liberté par son sexe, ne lui permettant pas de déroger aux volontés parentales. Il n’en est rien car plutôt que se plaindre, Angélique se révolte, ose l’interdit, celui de prendre un amant. Or d’un point de vue religieux et légal, l’adultère est un crime. Il peut d’ailleurs faire l’objet d’un constat par huissier toujours en vigueur.

De nombreuses clauses constituent les contrats de mariage, celles portant sur les biens des époux ne sont pas innocentes. Est-ce à dire que l’argent est un des fondements de nos sociétés, qu’il est un acteur vivant qui travaille toutes les couches sociales, de bas en haut bien évidemment.

Toutes ses considérations soulignent la modernité de ces pièces, leur résonance contemporaine. Le décor, l’environnement propres à la période choisie par la Compagnie HOMARD BLEU, celle de la grande dépression économique de 1929, n’ont rien à voir avec le 17ème siècle de Molière, croit-on. Pourtant, les mœurs ont si peu évolué qu’elles continuent à nous interpeller au delà des frontières spatio-temporelles.

Nous sommes tous victimes des apparences, en nous promenant dans Paris dans les beaux quartiers, nous pouvons dire que Paris est une belle ville, riche et scintillante mais si nous passons de l’autre côté du trottoir où un SDF dort sous une bouche de métro, dirons nous que Paris est une ville de misère ?

L’hypocrisie règne dans la société humaine nous dit Molière. Le public populaire et la cour royale réclament du spectacle, du rire, de la farce, des lampions avec des fêtes foraines, de la musique dansante, Molière abonde volontiers dans leur sens, mais derrière le faste et la fête, il sait bien que des drames dont ses héros sont porteurs feront tomber les masques. Ce sont des personnages dans un dénuement moral confinant au tragique qu’il exhibe sur scène. A cet égard, la révolte d’Angélique qui rêve de liberté sexuelle nous touche profondément.

Nul besoin d’assombrir le tableau, la jeune Compagnie HOMARD BLEU respecte l’engagement de Molière à faire rire le public, à l’égayer, à le distraire, elle réussit à réunir les musiques de Lully et Purcell, celles du jazz et du swing. Les clins d’œil aux années trente qui se réfèrent au slaptick de Chaplin ou Keaton, dans des scènes muettes sont bienvenus.

Mais l’essentiel est bien la présence des personnages, Georges Dandin devenu de la Dandinière, Angélique, son amant et les beaux parents qu’incarnent les comédiens attentifs à laisser fuser toute la verve de Molière, la virulence de sa critique sociale.

Franchement, il est émouvant de voir sur scène cette jeune compagnie dynamique et talentueuse, si réceptive au génie de Molière. Signe que Molière n’a pas pris une ride et osons ce jeu de mots qu’il nous déridera toujours.

Paris, le 4 Décembre 2016                              Evelyne Trân

MILEVA EINSTEIN – Écriture et mise en scène : ANGELO CORDA – AU THEATRE DE LA REINE BLANCHE -2 bis passage Ruelle, 75 018 Paris – Téléphone : 01 40 05 06 96 – du 22 NOVEMB RE AU 30 DECEMBRE 2016 A 19 HEURES –

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Écriture et mise en scène : Angelo Corda

Avec :  Marc-Henri Lamande, Aude Kerivel, Arnaud Cermolacce, Thomas Ganidel

Lumière: Morgan Peletier
Costumes: Lisa Hernando
Création sonore: kévin Hermen
Assistant mise en scène: Samuel Baune – Production: Quasar from Cosmos

 

 

Nous imaginons souvent le savant reclus dans son laboratoire, inatteignable, hanté par ses recherches scientifiques. La photographie d’Albert EISTEIN qui tire la langue aux journalistes bouscule cette vision. Il est vrai que la science réputée sérieuse fut l’apanage aussi des apprentis sorciers, quand à la connaissance rappelons nous le mythe de Prométhée qui fut puni sévèrement par les dieux pour avoir découvert le feu.

Aller toujours plus loin, frôler le seuil de l’interdit, difficile d’appréhender combien le désir de connaissance si humain met en danger l’ordre établi. La pièce de Angelo CORDA s’amuse du côté de la lorgnette avec humour à mettre en scène un Albert EINSTEIN tout frais émoulu, aussi bien en prise avec un espion, émissaire du Vatican qu’avec son épouse Mileva, femme libérée avant l’heure, capable également de se transformer en espionne.

Était-ce donc le diable que cette théorie de la relativité ? Avant même d’être publiée, elle met le feu aux poudres, elle inquiète le Vatican . Savons nous qu’elle est le fruit aussi bien du travail d’Albert que de celui de Mileva ? Un doute subsistera toujours, car Mileva à laquelle rend hommage avec allégresse, Angelo CORDA, est restée dans l’ombre de son célèbre époux. Alors qu’elle connut une ascension extraordinaire pour une femme de son époque au début du vingtième siècle, celle de poursuivre des études scientifiques, elle mourut dans la misère dans un hôpital d’aliénés.

La fiction que nous propose Angelo, dresse le portrait d’une Mileva pleine de vitalité, quoique boiteuse, en butte avec un époux machiste, qui se sert de ses charmes et de son intelligence pour débusquer les manigances d’un affreux espion du Vatican qui tentera en vain d’empêcher la publication de cette révolutionnaire théorie de la relativité.

La pièce réjouissante de drôlerie grâce notamment à l’interprétation de Marc-Henri LAMANDE qui campe un évêque scientifique absolument désopilant, prend délibérément le parti de la légèreté et de la moquerie vis à vis de toutes ses batailles intestines qui ont précédé la divulgation de cette théorie. Elle débute et se termine d’ailleurs par une partition du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns.

Aude KERIVEL est une adorable Mileva sensuelle et gracieuse, si fraîche qu’elle rend quelque peu antipathique cet Albert assez hautain qu’interprète avec une belle suffisance, un superbe sang froid Arnaud CERMOLACCE. Le second espion joué par Thomas GANIDEL  parfait ce tableau ironique qui nous transpose au tout début du siècle dernier, à quelles années lumières, relativité exige !

Non la science n’est pas ennuyeuse, elle entre dans le champ humain parce qu’elle dégourdit aussi bien les neurones que les passions organiques.

Chapeau donc à cette belle Mileva EINSTEIN qui relève le défi de faire entrer dans la danse les curés et les scientifiques, qui ne sont pas au bout de leurs peines pour se disputer les trésors de la connaissance pour le bien ou le mal de l’humanité ! Voila du comique qui fait réfléchir aussi. En tout cas, cette pièce divertissante est un joli clin d’œil à l’irrévérencieuse façon de tirer la langue aux prétentions et vanités humaines, celle d’Albert EINSTEIN lui même. Rions !

Paris, le 3 Décembre 2016                      Evelyne Trân

F(L)AMMES – TEXTE ET MISE EN SCENE AHMED MADANI à LA MAISON DES METALLOS – 94 Rue Jean-Pierre Timbaud 75011 PARIS du 16 novembre → 4 décembre du mercredi au samedi → 20h, le dimanche à 15 Heures –

flammes-siteavec Anissa Aou, Ludivine Bah, Chirine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N’Diaye, Inès Zahoré
textes et mise en scène Ahmed Madani
complicité artistique Mohamed El Khatib
assistante à la mise en scène Karima El Kharraze
création vidéo Nicolas Clauss
création lumières et régie générale Damien Klein
conseiller à la scénographie Raymond Sarti
création sonore Christophe Séchet
costumes Pascale Barré

L’image me revient de ces porteuses d’eau africaines ou antillaises, qui avancent sans trébucher avec leurs fabuleux pots en terre hissés au-dessus de leurs têtes. Que peut bien dire cette eau qui remue entre ciel et terre avant de servir au quotidien, reprendre le cours de la vie organique.

Dans le spectacle d’Ahmed MADANI qui donne la parole à dix jeunes femmes issues de l’immigration, africaines, antillaises ou maghrébines, nous entendons cette eau qui bouillonne, s’agite, s’exprime. Elles sont porteuses de leurs propres histoires qui ne transpirent pas nécessairement dans la vie courante mais qui continuent à couler dans les veines contribuant à cet étonnement juvénile d’être en vie ici et maintenant.

Leurs histoires témoignent du fait qu’elles n’ont pas d’autre choix que celui d’avancer par respect pour cette eau qu’elles ont à charge de transmettre, distribuer, qui embrasse une mémoire universelle.Elles savent qu’elles font partie d’une minorité en France, qu’elles ne sont pas des françaises de souche, ce que certains discours politiques ne cessent insidieusement de leur rappeler et pourtant elles font bien partie du paysage de la France, une France qui n’a pas encore digéré l’histoire de la colonisation, de l’esclavage et qui aurait du mal à admettre qu’il est possible d’être français avec un faciès africain ou asiatique .

Elles ont besoin de s’affranchir aussi bien du regard passéiste de leurs parents et grands parents que du racisme ambiant pour défendre leur peau, leur moi d’aujourd’hui.

Cette position de lutte qui les dépasse, nous dépasse, force leur imagination, leur vitalité. Elles peuvent en effet tirer richesse de leur inconfort identitaire, en comprenant qu’elles font partie d’un monde en mutation, qu’elles en représentent un des maillons les plus vifs.

Il faut beaucoup de doigté pour différencier le moi intime du moi collectif. L’un ne va pas sans l’autre pourtant, ils s’enrichissent mutuellement. Pour mener ce projet extrêmement fort d’inviter sur une scène de théâtre des jeunes femmes qui ne sont pas comédiennes, à s’exprimer et réussir à les mettre en valeur tel un accoucheur d’âmes, Ahmed MADANI s’est laissé guider par un réel sentiment de reconnaissance à l’égard de leur jeunesse, leurs sensibilités, leur diversité, leurs contradictions aussi.

Les protagonistes ne s’expriment pas seulement en tant qu’individus issus de l’immigration mais en tant que jeunes femmes d’aujourd’hui simplement.

De façon très poétique, le vidéaste Nicolas CLAUSS oriente le regard du public vers la dimension organique du spectacle, l’eau et le feu qui battent dans le cœur de ces belles personnes.

Le terme de f(l)ammes qui les désignent symboliquement manifeste ce magnifique baptême sur scène de ces interprètes particulièrement douées, si heureuses de faire partager au public conquis, aussi bien leurs questions que leur joie de vivre .

Paris, le 27 Novembre 2016                        Évelyne Trân

MURS SPECTACLE MUSICAL de Jérôme RICHER et Abdelwaheb SEFSAF au THEATRE DE LA CROIX ROUSSE A LYON, du 15 au 19 Novembre 2016 puis en tournée.

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Photo Bruno Ansellem

Distribution

texte Abdelwaheb Sefsaf et Jérôme Richer | mise en scène Abdelwaheb Sefsaf | collaboration à la mise en scène et dramaturgie Marion Guerrero  | assistante à la mise en scène Nine D’Urso | composition et direction musicale Aligator (Baux/Sefsaf) | avec Marion Guerrero comédienne, chanteuse, Abdelwaheb Sefsaf comédien, chanteur, Georges Baux guitares, piano, Nestor Kéa live machine et instruments acoustiques, Toma Rochecomédien, chanteur | son Tom Vlahovic | lumières et vidéo Alexandre Juzdzewski

production: Compagnie Nomade in France | coproduction: Théâtre de la Croix-Rousse, Centre culturel Aragon-Oyonnax, Ville du Chambon-Feugerolles, Le Train-Théâtre – Portes-Lès-Valence | avec le soutien du dispositif APSV de la Région Auvergne- Rhône-Alpes

Elle est humaine, organique la révolte qui sourd sous les décombres des murs qui ensevelissent aussi bien leurs constructeurs que leurs victimes. Si les murs ont vocation à s’écrouler un jour ou l’autre, leur édification a occupé et occupe tant de vies humaines qu’il serait peut être temps de faire leur inventaire.

Ce sont 41000 km de murs soit une fois le tour de la terre qui ont été bâtis et qui à l’instar de la muraille de Chine dont on dit qu’elle est visible de la lune, donnent une sinistre image de l’humanité.

Tout le monde connaît l’expression « Abattre des murs » mais elle résonne de façon bien trop abstraite, c’est pourquoi la Compagnie Nomade a décidé de donner la parole à ceux qui ont tous une histoire de mur à raconter en tant que constructeurs ou ennemis désignés.

On nous parle de murs anti-migration, anti-pauvres, anti- terroristes, anti-envahisseurs, anti-barbares, anti-étrangers, anti, anti, anti… Mais ne se projettent sur ces murs que des visages exsangues, apeurés, aux abois. Seuls quelques constructeurs « sans foi ni loi, sans couleur, sans religion » peuvent remonter fièrement leurs pantalons, vu que c’est un marché commercial lucratif aussi la construction de murs, que le malheur des uns fait le bonheur des autres, ne l’oublions pas.

« L’hypocrisie est parfaite mais son masque plus parfait encore » nous chante la Compagnie Nomade. La chute du mur de Berlin fut un leurre. Que penser du mur de 2500 km entre les États Unis et le Mexique, construit entre 1990 et 1994, 21000 gardes de frontière, 6,5 milliards de dollars, 400 morts par an.Tandis qu’un accord de libre échange favorise la circulation des capitaux, il faut freiner celle des personnes.

Que penser du mur de Gaza, de celui entre les 2 Corées, de Belfast, de celui édifié sous terre dans le cimetière pour séparer les catholiques des protestants ?

Reste heureusement la musique qui est sans frontières, multi- culturelle, la Compagnie Nomade avec son groupe Aligator nous le prouve . Il est un fleuve qui s’enrichit, se nourrit d’affluents venus d’ailleurs. Le groupe chante aussi bien en espagnol, en français qu’en allemand. Avec leurs chansons, c’est aussi toute une mémoire qui se soulève, à travers l’histoire d’un jeune gitan qui n’avait pas le choix « Partir ou mourir » qui fut rattrapé par les nazis en France et invité à creuser sa propre tombe; celle aussi d’un mère juive, mère courage, que rapporte de façon bouleversante Abdelwaheb SEFSAF qui dispose d’une voix magnifique.

Cette mémoire là, elle vibre dans tous les corps des musiciens comédiens, Marion GUERRERO, Abdelwaheb SEFSAF, Georges BAUX, Nestor KEA, Toma ROCHE pour former un véritable bouclier musical contre tous ces murs qu’il faut regarder en face.

Parfaitement bien équilibré entre musique et prises de paroles, le spectacle conçu par Jérôme RICHER et Abdelwaheb SEFSAF réussit à interpeller nos consciences en parcourant cette fibre humaine, qui relie bien ou malgré eux tous ces êtres, étranges étrangers !

Faut-il donc être Allemand pour apprécier Beethoven, Algérien, pour être sensible à la voix d’Abdelwaheb SEFSAF, Suisse pour entendre le texte de Jérôme RICHER, trop moderne pour goûter les compositions de Nestor KEA qui pratique aussi bien le hip hop , le jazz, le rock, la salsa etc. permettez moi d’en douter et d’inviter sans réserves le public à découvrir ce spectacle intense, instructif et généreux, à visage humain.

Paris, le 26 Novembre 2016                         Evelyne Trân

ADAMA OUEDRAOGO dit « Flute man » en concert le 19 NOVEMBRE 2016 à 16 H 30 à la Librairie PUBLICO – 145, rue Amelot 75011 PARIS –

Photo D.R.

Le multi-instrumentiste et compositeur Adama OUEDRAOGO, également conteur et pédagogue,  joue des instruments traditionnels du Burkina Fasso essentiellement la flûte , l’arc à bouche, la…

Source : ADAMA OUEDRAOGO dit « Flute man » en concert le 19 NOVEMBRE 2016 à 16 H 30 à la Librairie PUBLICO – 145, rue Amelot 75011 PARIS –