SACRÉ, SUCRÉ, SALÉ dans le cadre du Festival LES NUITS DES ARENES aux Arènes de Lutèce le Jeudi 31 Août 2017 à 21 H 30 –

VOIR LE TEASER

texte, conception et jeu Stéphanie Schwartzbrod
avec des extraits de Gabbatha de Fabrice Hadjadj et Le repas de Valère Novarina

mise en scène Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

collaboration artistique Michel-Olivier Michel, lumière François Pierron, son Éric Sesniac, vidéo Raphaël Récamier, fenêtre Damien Caille-Perret, régie Emmanuelle Phelippeau-viallard, régie d’accueil Mustafa Benyahia, administration Danièle Gironès, diffusion Emma Cros

Bourlinguer, bourlinguer à travers quelques recettes de cuisine originaires de cultes ou traditions religieuses aussi bien judaïques, chrétiennes que musulmanes, c’est le pari de Stéphanie SCHWARTZBROD qui n’entend pas faire acte de prosélytisme , mais plutôt d’exploratrice des secrets d’histoire, de mythes ou de légendes qui accompagnent certains plats lors de fêtes religieuses.

On les appelle païennes, les fêtes qui célèbrent plusieurs dieux, et tout simplement religieuses celles qui ont pour origine les croyances monothéistes.

Le spectacle de Stéphanie SCHWARTZBROD s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux athées, parce qu’il n’est pas besoin d’être adeptes d’une quelconque religion pour croire à quelque chose .

Stéphanie SCHWARTZBROD croit aux vertus et aux pouvoirs des aliments que les hommes depuis la préhistoire associent à leur vie quotidienne, à la médecine, aux joies de vivre.

Que certaines recettes aient traversé l’histoire, qu’elles se soient attachées à quelques événements historiques marqués par les religions monothéistes, est révélateur des rapports à vrai dire complexes que l’espèce humaine entretient avec la nourriture.

Parce que l’être humain, nous dit-elle, cherche à donner un sens aux aliments comme si, de tout temps confronté à cette transformation de l’aliment en excrément, il voulait conjurer cette réalité peu valorisante.

C’est donc transformée en cuisinière que Stéphanie SCHWARTZBROD devient conteuse à travers un inventaire de quelques recettes qui frappent l’aile du calendrier comme autant de signaux culinaires affectifs.

C’est le manger ensemble que célèbre cette cuisinière. N’oublions pas que les ancêtres des religions monothéistes avaient leurs Dieux, et notamment Dionysos.

Il semble bien s’être invité au spectacle de Stéphanie SCHWARTZBROD, lui avoir insufflé sa gaîté, son exubérance, son sens de la convivialité.

En véritable bateleuse, elle fait le compliment de multiples plats de fêtes, nourris d’histoires et de légendes tandis que s’échappe le fumet de la chorba qui cuit sur scène tout le long de son spectacle.

Des recettes ensorcelantes ? C’est bien possible, mais oui, nous n’avons pas besoin de nous dire musulmans pour apprécier la chorba. Ne nous voilons pas le gosier nous dit Stéphanie SCHWARTZBROD, sachons goûter la nourriture pour ce qu’elle est, un outil récréatif du palais, prosaïque et pourquoi pas spirituel !

Paris, le 26 Mars 2016                    Evelyne Trân

Mis à jour le 25 Août 2017

FESTIVAL LES NUITS DES ARENES – ATELIERS, DEBATS, SPECTACLES AUX ARENES DE LUTECE DU 31 AOUT AU 2 SEPTEMBRE 2017 –

https://www.nuitsdesarenes.com/

L’ART OU LA VIE – UN DOCUMENTAIRE DE JAQUES DUTOIT SUR LE SCULPTEUR ET XYLOGRAVEUR GUILLAUME DE LA CHAPELLE AU TRAVAIL DANS SES ATELIERS – AU KINO FILMPODIUM Biel-Bienne Fbg du Lac 73, 20502 Bienne SUISSE – Dimanche 10 SEPTEMBRE 2017, 10h30, 20h30 – En présence de Jaques Dutoit et Guillaume de La Chapelle –

Long métrage documentaire de 70min


Réalisation : Jaques Dutoit

Production : Jaques Dutoit / Vidéo de poche


Étalonnage : Herbert Posch ( Vidéo de poche)

Monté à Video de poche

Embrasser un instant de création, c’est la sensation que nous procure le temps passé avec un artiste. Jaques DUTOIT possède l’art d’entrer comme un courant d’air dans l’univers d’un artiste. Courant d’air, le terme n’est pas péjoratif, si nous ajoutons des ailes à notre esprit, à nos souvenirs et tout simplement à notre regard. Celui de Jaques Dutoit étant particulièrement curieux et sensible, enclenche tous les précipités possibles ou imaginaires de l’événement, la présence d’une caméra. Pour ce faire, il se tient invisible et silencieux, juste désireux de laisser parler les choses elles-mêmes, comme pour faire croire au spectateur qu’il est lui-même en train de filmer ou qu’il rêve.

Nous entrons dans son film comme dans un rêve, ce rêve est super car il est aussi musical . Les petites joutes entre l’œil et l’oreille sont souvent époustouflantes, toutes sortes de musiques (jazz , électro, classique etc) s’invitent à la fête, certaines semblent déborder des gravures de Piranèse, envoyer de joyeux coups de boules aux silences juste apparents des matières utilisées par le sculpteur et xylograveur Guillaume de La Chapelle qui passionnément évoque les relations entre les volumes, les formes, les traits et raconte que pour lui le dessin est partout, qu’il est une réalité de tous les instants. Comment ne pas être ému d’imaginer toutes ces petites actions invisibles qui se mobilisent pour nous offrir du visible.

Dès lors nous comprenons que le désir de beauté, c’est celui d’une émotion, il s’exprime grâce au dialogue incessant qu’entretient l’artiste avec les matières, le plâtre, l’argile, la cire, le bois, le papier et ces éléments, l’eau, le feu. Et si vous ajoutez à ces considérations celles du temps, d’espace et de mouvement, c’est la mer que vous entendez et voyez à la fois, vous êtes submergés.

Guillaume de La Chapelle apparaît comme un artiste très humble qui accepterait volontiers d’être dépassé par ses créations parce qu’une oeuvre d’art apparemment immuable appelle la lumière. Elle devient un pôle de tous les instants en réfléchissant la vie et évidemment la vie, nous le devinons pour Guillaume de La Chapelle est pleine d’esprits.

Une oeuvre au présent, passé, futur, toujours en train de s’accomplir à travers votre propre regard, une oeuvre qui parle, c’est probablement le souhait de tout artiste. Pari réussi pour Jaques Dutoit avec ce film qui respire le bonheur de la création !

Précisons tout de même que ce film a été réalisé avec une petite caméra et les moyens du bord mais un bord constitué d’une équipe formidable !

Paris, le 20 Août 2017                                    Evelyne Trân

 

LE HORLA DE MAUPASSANT – MISE EN SCÈNE SLIMANE KACIOUI AVEC FLORENT AUMAÎTRE AU THEATRE DU LUCERNAIRE – 53 Rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS – DU 7 JUIN AU 20 AOUT 2017 – DU MERCREDI AU SAMEDI À 20H ET LE DIMANCHE À 18H

 

Le Horla est toujours présenté comme une nouvelle fantastique de Guy MAUPASSANT. Pourtant à la lumière de la biographie de l’auteur, elle dépasse, à notre sens, le cadre de la littérature fantastique, pour devenir un témoignage humain poignant d’un individu, victime de troubles de la perception.

Nous sommes tous plus ou moins habités par quelques fantasmes, complexes, angoisses ou névroses généralement bien enfouis dans l’inconscient mais si ces démons venaient a prendre forme, à s’extérioriser, comment réagirions nous ?

Tout le long de son récit, le narrateur, un homme ordinaire et plutôt enjoué exprime le processus du cataclysme dont il est victime, une sorte de dissolution des frontières entre sa perception du bien, le bien être, et sa perception du mal, la présence d’un être invisible qui voudrait le déposséder de lui même.

La narrateur est-il en train de devenir fou, difficile de l’affirmer car ses propos semblent parfaitement sensés, ils découlent d’un homme dont l’acuité de la perception ne permet pas le doute, non le Horla n’est pas le fruit d’hallucinations, il existe comme le mal existe de quelque façon qu’il soit décrit.

Ce Horla ne pourrait-il pas être une projection du propre être invisible du narrateur, un refoulé de sa personnalité, une autre face de lui même, celle qui ne peut s’exprimer que dans l’intimité ?

Sans sa couleur du fantastique, le témoignage de cet homme serait insoutenable comme la souffrance mentale qu’il éprouve, mais Maupassant possède l’art de raconter sans se départir d’une certaine ivresse celle de la sublimation du mal, transformant une expérience douloureuse en véritable thriller.

Ce personnage, nous l’aurions volontiers imaginé sous l’aspect d’un beau ténébreux, une sorte de Raskonilkov tourmenté. En découvrant son interprète au Lucernaire, nous découvrons au contraire un homme sympathique, bon vivant, simple, sans prétentions, le voisin idéal en somme. Le contraste entre sa personnalité et sa terrible aventure nous renvoie à notre propre banalité. Mais c’est tout le sujet de la nouvelle d’ailleurs, cette rencontre d’un homme ordinaire avec un être extraordinaire, un Horla extraterrestre.

Florent AUMAITRE, mis en scène avec délicatesse par Slimane KACIOUI, innerve avec une remarquable aisance tous les tourbillons de pensée du narrateur. Cela est en soi fantastique d’éprouver grâce à son interprétation l’acuité de la perception de Maupassant, « humain, trop humain ».

Paris, le  14 Août 2017                       Evelyne Trân  

 

 

La Mousson d’Eté – MEEC [Maison Européenne des Écritures Contemporaines] du 24 au 30 Août 2017 – Rencontres théâtrales internationales à l’Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson (54700) .

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DOSSIER DE PRESSE MOUSSON 2017

en compagnie des auteurs

Marion Aubert (France), Lola Blasco (Espagne),

Joseph Danan (France), Nathalie Fillion (France),

Marie Henry (France), Pascale Henry (France

Rebekka Kricheldorf (Allemagne), Collectif Le Grand Cerf

Bleu (France), Rasmus Lindberg (Suède), Wolfram Lotz

(Allemagne), Philippe Minyana (France), Lola Molina

(France), Lisa Nur Sultan (Italie), Nathalie Papin (France),

Christophe Pellet (France), Pauline Peyrade (France),

Tiago Rodrigues (Portugal), Roland Schimmelpfennig

(Allemagne), Marc-Emmanuel Soriano (France),

Helena Tornero (Espagne), María Velasco (Espagne),

Ivan Viripaev (Russie)

 

Voici la 23ème édition de la MOUSSON D’ETE à l’Abbaye des Prémontrés qui permet chaque année à des auteurs dramatiques d’assister à la naissance de leurs pièces grâce à des mises en espace  ou des lectures effectuées par des metteurs en scène et comédiens  chevronnés.

Rappelons que cet évènement fondé par Michel DIDYM en 1995 a révélé un bon nombre d’auteurs et qu’il s’agit dorénavant d’un rendez-vous majeur de la création contemporaine par ailleurs très convivial et très prisé par le public.   

Paris, le 7 Août 2017                  Evelyne Trân

 

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INSOLITE COMME TOUTE CHOSE ORDINAIRE – INSTALLATION/LECTURE DANS LE PAYSAGE par le Collectif l’art au quotidien, les 19 et 20 Mai 2017 à Hôtel de Sens – Bibliothèque Forney 1, rue du Figuier 75004 PARIS –

 

 

 

Conception et Mise en espace : Sylvie Cavacciuti et Sophie Maillard

Artistes Interprètes : Caroline Espargilière, Patricia Morejon et Sophie Maillard

Compositeur : Ronan Maillard

Régie générale et création lumière : Pierre Bergan

Régie Son : Enzo di Meo

Conception du dispositif sonore : Ben-Jamin Karamehmedovic

Textes de : Jean-Paul Curnier / Kitsou Dubois / Jean-Charles Massera / Jacques Rebotier / Cécile Wajsbrot

  Créé en 2003, le Collectif l’art au quotidien s’appuie sur un projet à la fois audacieux et naturel, celui d’offrir aux spectateurs que nous sommes tous, l’opportunité d’être lâchés dans un espace, un lieu connu ou inconnu, guidés seulement par les voix de quelques écrivains qu’accompagne un dispositif musical favorisant la contemplation, voire l’abandon à la rêverie.

Il faut entrer dans le jeu de la colonie de vacances, faire confiance aux monitrices Sylvie CAVACCIUTI et Sophie MAILLARD, qui ont imaginé le parcours avec ses diverses surprises. Ces petites fées très discrètes convoquent un lieu, des personnes en chair et en os et des voix qui surgissent de textes pour rappeler d’une certaine façon aux voyageurs spectateurs que tout parle, tout frémit autour d’eux et que nous sommes hantés sans le savoir par tout un silence bavard qui découle de paysages divers et changeants en dépit de leur statisme, leur immobilité apparente grâce à la présence de ceux qui les traversent quotidiennement ou occasionnellement.

Un lieu, c’est déjà une personne. Il y a toujours une histoire de rencontre avec un lieu. Parfois nous connaissons les lieux par les noms qui les baptisent avant même de les avoir vus. Et ce bagage de sensations qui ne tient qu’à l’évocation d’un nom peut suffire à générer l’attente, la curiosité. Mais il y a également ces lieux qui n’ont pas besoin d’être nommés, catalogués, ni même d’être pointés du doigt, ils font partie de l’imaginaire.

Pour ma part, je ne connaissais pas la bibliothèque FORNEY, nous y sommes entrés par un passage secret, par groupe de cinq, munis de casques audio. Tout en écoutant la voix d’une écrivaine plutôt impétueuse, nous avons traversé les coulisses, lorgné quelques livres précieux en rêvassant. Puis pause forcée sur les marches d’escalier comme si le temps s’était arrêté. Des voix venues d’ailleurs nous ont submergés, des voix de jeunes enfants et d’adultes venues nous confier leurs sentiments :

« Mon paysage à moi, ce sont des rapport humains sans détour »,

« Si les pierres pouvaient parler » ,

« Ce n’est pas uniquement des arbres, c’est le paysage humain »

Note ludique du parcours, des pommes appétissantes en guise de cailloux du Petit Poucet. Après une deuxième pause dans la cour de la bibliothèque et l écoute d’autres textes éclairés par les voix haut perchées de comédiennes, la colonie est allée voir le square d’à côté où joutes verbales,  divagations textuelles à bâtons rompus et concert d’oiseaux (ils sont toujours là) l’attendaient. Enfin, allongés dans la cour pour mieux se détendre, les spectateurs ont pu entendre un texte passionnant sur le camouflage en tant « qu’entrée dans le paysage, affaire de pur mimétisme » nous rappelant la toute puissance de l’invisible qui était, dit-on, l’apanage des dieux.

Les spectateurs voyageurs, il va de soi, ont picoré chaque instant comme des merles gourmands, heureux de mordre dans quelques grappes de raisin, de beaux textes venus caresser sous un atour unique, celui d’une journée de mai, mi-ensoleillée, l ‘un des paysages de la bibliothèque FORNEY, l’un de ses plus insolites visages !

Paris, le 30 Juillet 2017                        Évelyne Trân

 

PROGRAMMATION

Les 16 & 17 septembre 2017 – sur le pont / Centre National des Arts de la Rue en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes à La Rochelle

Résidences de (re)création in situ en juillet et septembre 2017

Insolite… à la rencontre de la Petite Ceinture à Paris (12ème, 18ème et 20ème arrondissements) 

. Les 5, 6, 7 et 8 octobre 2017 – Petite Ceinture 12ème et 20ème arrondissements  

. Entre septembre et novembre 2017, une installation plastique et sonore sera aussi proposée dans différents lieux du 12ème, 18ème et 20ème arrondissements de Paris – Programme en construction avec le 100ecs (12ème), Le Shakiraï – Curry Vavart (18ème), La Librairie Le Monte-en-l’air, l’Hôtel de la Mare, le café Moncoeur Belleville (20ème)

Résidences de (re)création in situ entre septembre et novembre 2017

À2PAS2LAPORTE de et avec Laurent Fraunié du collectif Label brut. à la Maison des Métallos du 11 au 13 mai dans le cadre de la BIAM (Biennale internationale des arts de la marionnette).

Photos Pierre GROSBOIS

conception et interprétation Laurent Fraunié
scénographie Grégoire Faucheux
lumières Sylvain Séchet
son et recherche musical Laurent Fraunié, Xavier Trouble
chorégraphie Aurélien Desclozeaux (Djab)
régie plateau et manipulation Xavier Trouble
regard extérieur Harry Holtzman, Babette Masson
régie Julien Cocquet

Imaginez un nourrisson qui se réveille seul dans sa chambre. Imaginez son angoisse, sa peur qui vont se traduire aussitôt par des pleurs, des cris.

Le personnage qu’interprète et met en scène Laurent FRAUNIE fait penser à un adulte-enfant, enfin une personne qui n’aurait pas quitté une enfance marquée par l’isolement, la solitude.

Ce rapport à la solitude, nombre d’enfants le connaissent bien parce que tout se passe pour certains comme s’ils vivaient dans un univers parallèle à celui des adultes, un univers qui leur appartient qui dépend de leur seule imagination.

 Et lorsqu’un adulte veut se faufiler dans ce monde, il peut très bien se faire rappeler à l’ordre par l’enfant et d’un ton sec « Laisse-moi tranquille, je joue ».

Laurent FRAUNIE est vraiment sur la même longueur d’ondes que les gosses. Ce sont eux qui rient, font des commentaires sur les péripéties d’un drôle de gusse en heurts avec une porte particulièrement fantasque.

Il a d’ailleurs l’allure d’un personnage de dessin animé plutôt cocasse bénéficiant d’une musique d’ambiance très ludique. Il y aurait donc un moyen d’échapper à ses angoisses, jouer à cache-cache avec. Extrêmement fanfaron mais doué de ténacité, notre héros qui court de surprises en surprises engendre ses propres peurs. De la façon dont il manipule ses fantasmes, tout est possible sans doute du meilleur au pire et qu’un bout de chiffon se transforme soit en fée soit en sorcière.

Le personnage est terriblement attachant, très bavard car tous ses gestes sont parlants.  Pour saisir toute la magie du spectacle, il faut se laisser emporter comme un enfant par les vertiges de sensations que peuvent entrainer les visions d’une valise, d’un rue par la fenêtre et d’une pauvre porte même peinte. Ne surtout ne pas faire intervenir sa raison.

Nous devinons en amont un rigoureux travail de mise en scène et de scénographie. Rien ne serait laissé au hasard comme l’entend le personnage du spectacle lui-même Considérons donc que c’est à ses dépens que le public rit et s’émeut de son manège. C’est un frère tout de même qui suscite toute notre sympathie. Nous qui craignions d’être ridicules avec tous nos petits tocs, nous voilà rassurés et moins seuls !

Merci  Laurent FRAUNIE !

Paris le 27 Juillet 2017                      Evelyne Trân

Prochaines dates :

16 septembre (15h et 18h) : Charleville-Mézières (08) –  Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes  et 17 septembre (11h et 15h) : Charleville-Mézières (08) –  Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes  

CAP AU PIRE de SAMUEL BECKETT – MISE EN SCENE Jacques OSINSKI avec Denis LAVANT – AU THEATRE DES HALLES – Rue du Roi René, 84000 Avignon – 06 au 29 juillet 2017 – tous les jours à 22 heures –

Texte Samuel Beckett
Texte publié aux Éditions de Minuit
Mise en scène Jacques Osinski
Avec Denis Lavant

Denis LAVANT était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4, en 2ème partie, le Samedi 3 Juin 2017 

Les mots pourraient-ils vous clouer au sol ? Symbiose mots/corps.

Foutue manne cérébrale ! Evidemment, il y a cette effervescence mentale qui s’empare du langage avec ce désir toujours, plus dévorant de comprendre, expliquer, donner un sens à toutes choses…

Si l’on ne saisit pas que les mots peuvent vous poursuivre comme du bruit vidé de son sens immédiat, sucré, malléable, jouissif, le pourquoi de l’épreuve que s’inflige un homme assigné à résidence par les mots qu’il prononce va nous paraître vain.

Mais imaginons que ce pourquoi soit juste la réponse d’un homme qui vient d’être pincé, bousculé, touché au collet par un flic ou bien la parole d’un enfant, la fiente d’un pigeon sur son chapeau, le « qu’est ce que c’est que ça » d’un quidam furieux d’avoir été dérangé sur son passage par votre présence importune dans un couloir de métro « Poussez-vous, laissez-moi passer, connard ! » Et voici le connard poussé dans le vide, le néant tandis que vous poursuivez votre route car après tout vous pouvez jouer les 2 rôles, celui de l’homme pressé et celui qui vous barre la route.

 L’homme de Cap au pire met au pas les mots qui le pressent d’aller on ne sait où sinon vers un néant insubmersible. Stop là ! Ecoutez le ce stop là ! Mémorisez le, répétez le, essayez de découvrir qui a prononcé cette parole ! Mais, il y a encore pire, il y a le « Ferme ta gueule » . C’est vulgaire et alors, mais quand ça passe le mur du son, soudain c’est ras de marée.

 L’homme de Cap au pire va jusqu’à dire ce qu’il peut dire et pas davantage sur un rebord de fenêtre. L’espace s’est concentré qui va du corps aux mots et vice et versa, d’où l’apparente immobilité du locuteur.

 « D’abord le corps » dit il non pas pour signifier un corps particulier mais le creuset, l’enveloppe, l’habitacle, corps cosmique vaisseau qui se déplace dans l’invisible ou bien l’obscurité.

 L’homme qui parle manie bien les mots comme des outils qui sont là pour décrire ses tâtonnements d’homme aveugle ou invisible. Curieux voyage ! L’homme qui s’achemine vers une faible lueur, peut-il imaginer qu’il y aurait une lumière inatteignable qui tournerait à vide, en tout cas pour lui ? Peut-il ralentir sa course et imaginer faire coïncider ce qu’il y a de plus mince, de plus concret avec le virtuel ?

 Les mots qu’il prononce repoussent le vide, permettent d’imaginer les suintements de cette grotte préhistorique qui a accouché de notre langage familier ou autre. Les mots qui peuvent résonner aussi bien dans la foule que dans le désert deviennent témoins de nos errements, agitations et vaines émotions.

 Stalagmites de mots, de mémoire d’homme passé et à venir !

 Denis LAVANT incarne cet homme préhistorique qui hante nos cavernes. Donner du corps aux mots même dans la pénombre, comme c’est bizarre, suffit à jalonner nos silences qui crient peut-être sous le poids des mots. Forge d’écrivain, forge pour son magnifique interprète, la feuille de route de Cap au pire ardue et pointilleuse n’en est pas moins captivante !

 Paris, le 22 Juillet 2017                    Evelyne Trân

 

 

 

DANS LE CADRE DES FETES NOCTURNES 2017 – LORENZACCIO d’après Alfred de Musset – AU CHATEAU DE GRIGNAN 21 JUIN > 19 AOÛT 2017

Mise en scène : Marie-Claude Pietragalla, 
Daniel Mesguich
Julien Derouault, 

Chorégraphie : Marie-Claude Pietragalla, 
Daniel Mesguich
Julien Derouault
Pièce pour 11 danseurs / comédiens 

Avec : Julien Derouault (Lorenzo de Médicis), Marie-Claude Pietragalla (Marquise Cibo), Abdel Rahym Madi (Duc Alexandre de Médicis), François Pain-Douzenel(Philippe Strozzi), Anouk Viale (Marie Soderini), Simon Dusigne (Cardinal Cibo),Fanny Gombert (Catherine Ginori), Caroline Jaubert (Louise Strozzi, Tebaldeo),David Cami de Baix (Pierre Strozzi), Benjamin Bac (Giomo, Scoronconcolo), Olivier Mathieu (Salviati)

Conception visuelle et scénographie 3D : Gaël Perrin

Création costumes : Sylvaine Colin

Création musicale : Yannaël Quenel

Création lumière : Samuel Boulier

Nous avions du mal à y croire que Lorenzaccio, cette pièce si ambitieuse de Musset, puisse être chorégraphiée. En réalité ce n’est pas la pièce intégrale de Musset qui est mise en scène car évidemment il a fallu faire un choix parmi les 39 scènes qu’elle comporte. Il s’agit donc d’une lecture transversale de la pièce par des artistes à deux casquettes, celle de danseur et de comédien.

Les trois metteurs en scène, Daniel Mesguich, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault y rêvaient depuis longtemps. Pourquoi en effet toujours séparer le verbe de la danse. N’ont-ils pas le droit de fusionner parfois. Nous le savons bien les mots habitent le corps, leur véritable siège mental et physique. Et si nous écoutons parler Lorenzo avant de l’écouter danser, nous sommes saisis par la volubilité du personnage, ses incohérences de langage qui trahissent ses émotions. C’est tout le génie d’un dramaturge de pousser la langue hors de ses gonds conventionnels, tout en respectant ses codes. Si la poésie a souvent du mal à se faire entendre c’est sans doute en raison de son aspect irrationnel.

Cette sensation d’irrationnel emporte le danseur, artiste peintre aussi à sa façon puisque gestuelle. L’écriture également est inséparable du geste (mais nous l’avons peut-être oublié) car il est possible de faire danser les mots en les écrivant dans l’air.

Ce sont ces multiples correspondances entre théâtre, danse, visuels, musique, qu’explorent, combinent les trois metteurs en scène .

Cette mise en scène de Lorenzaccio qui a vocation de faire dialoguer le théâtre et la danse, constitue une première. Même si comme le constate Daniel Mesguich « La danse a nettement pris le pas sur le théâtre » nous pensons comme lui que le sillon mérite d’être creusé. Le spectacle bénéficie de la superbe scène du château de GRIGNAN. Les visuels sont splendides. Les artistes endossent pleinement leur double casquette de danseurs comédiens. Les chorégraphies donnent à voir différents tableaux assumés par la personnalité de chacun des interprètes : scène chorale des débauchés, scène de la marquise Cibo interprétée par Marie-Claude Pietragalla, scène particulièrement saisissante d’un père soulevant sa fille assassinée, scène du meurtre du Duc par Lorenzo etc … Chaque partition est unique et il n’est guère nécessaire de faire le lien entre chacune d’elles sauf à se souvenir que l’action se déroule à Florence en 1537 sous le règne corrompu d’Alexandre de Médicis qu’un jeune homme Lorenzo s’est juré d’éliminer. Or pour approcher le tyran, il a dû rentrer dans son jeu, devenir un débauché.

Julien Derouault, formidable danseur, nous offre une vision de Lorenzaccio, vertigineuse. Il laisse entendre la juvénilité fougueuse du personnage, c’est cet éclat de jeunesse qui fait resplendir toute la noblesse de Lorenzaccio. Scotchés, nous n’avons plus de mots, nous regardons.

Paris, le 16 Juillet 2017                     Evelyne Trân

LA VIE TREPIDANTE DE LAURA WILSON de Jean-Marie PIEMME, mise en scène Jean BOILLOT – Création au Théâtre le 11 – GILGAMESH BELLEVILLE – 11 Bd Raspail 84000 AVIGNON -Du 6 au 28 JUILLET À 15H40 – Relâches les 11, 18 et 25 juillet –

 

Avec

Philippe Lardaud, Régis Laroche, Hervé Rigaud et Isabelle Ronayette

Compositeur interprète
Hervé Rigaud

Scénographie et costumes
Laurence Villerot

Collaboration vidéo
Vesna Bukovcak

Créateur lumière
Pierre Lemoine

Régisseur son
Perceval Sanchez

Régisseurs lumière
En alternance Benoît Peltre et Jérôme Lehéricher

 NEST – CDN de ThionvilleLe NEST sur Facebook

À télécharger

Le dossier du spectacle

Connaissez vous Laura WILSON ? Peut-être pas, mais vous l’avez sûrement rencontrée sous d’autres noms, noyée dans la foule, dans le métro, dans la rue, levant le nez vers une affiche ou sifflotant sur une cigarette en attendant le bus. Elle est jeune, elle a des yeux rieurs, son visage est très animé et son regard est franc. S’il vous prend l’envie de la suivre incognito, comme Jean-Marie PIEMME, attendez vous à quelques surprises.

Nous ne devrions pas vous le dire mais cette personne aussi jeune et charmante qu’elle soit est bourrée de problèmes. C’est banal nous direz vous, qui n’a pas de soucis de nos jours. Ah oui, mais elle les cumule les problèmes nous confie Jean-Marie PIEMME : licenciement , perte de la garde son enfant, pauvreté etc. Et zut, ce n’est tout de même pas Cosette, c’est fini tout ça, ignorez vous que vous vivez en France, l’un des pays les plus riches du monde, au 21ème siècle !

Laura WILSON, c’est votre voisine de palier au 15ème étage,vous dis-je, c’est votre sœur, votre cousine, qui sais-je, une camarade de classe ou l’inconnue que vous croisez tous les jours …

Son point particulier, elle est plutôt grande gueule, style Arletty moderne, elle est du genre à envoyer tout balader sur son passage quand elle s’énerve. Vous voudriez la faire taire peut-être à coups de cachets anti-dépresseurs. Vous vous rendez compte si tout le monde se mettait à hurler dans la rue pour quelque petit problème de sous, ce serait la pagaille généralisée, et les autres ceux qui savent se tenir, se débrouiller, bon sang, ils n’auraient qu’à se rhabiller !

Se débrouiller et bien figurez vous Laura WILSON, c’est pas une fainéante, elle fait ce qu’elle peut, non elle ne désarme pas, elle trouve des petits boulots, elle trouve même le temps d’aller au musée Laura WILSON. C’est dans une musée d’ailleurs qu’elle découvre un tableau de Bruegel, la Chute des anges rebelles. Un électrochoc providentiel, un enchantement qui l’encourage à rebondir malgré les portes qui se sont fermées derrière elle, son ex patron, ex mari, ex amant…

Abeille au milieu des bourdons qui la frôlent sans pouvoir l’empêcher d’exister, débordante de vitalité, Isabelle RONAYETTE/Laura WILSON chante, s’agite dans tous les sens, monte sur un tonneau pour « dénoncer l’inanité des votes» et dans un élan de générosité qu’elle ne peut contenir donne son argent aux mendiants… Et tout cela au milieu de la cohue des indifférents.

Jean BOILLOT, servi par la belle équipe du NEST,  réalise une mise en scène quasi chorégraphique, chorale et musicale autour de Laura WILSON, d’une fluidité remarquable. Tous les personnages qui la côtoient, leurs réflexions semblent agir comme des coups de baguettes, des aiguillons qui au lieu d’abattre notre héroïne stimulent sa réactivité.

Comment ne pas applaudir Isabelle RONAYETTE qui incarne merveilleusement Laura WILSON, une madame tout le monde, le courage au ventre qui donne un sens à cette idée de l’être plus forte que l’avoir !

Laura WILSON est pauvre mais elle a beaucoup de ressources.  Il est temps de faire sa connaissance au Théâtre LE 11 GILGAMESCH BELLEVILLE à Avignon. Courez- y !

Paris, le 15 Juillet 2017                     Evelyne Trân