LA FONCTION DE L’ORGASME au THEATRE DE LA REINE BLANCHE – 2 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS – du 04 mai au 18 mai 2019 – Relâche le 14 Mai 2019 –

 

UNE RECHERCHE THÉÂTRALE DE Didier Girauldon + Constance Larrieu + Jonathan Michel

SUR UNE IDÉE DE Constance Larrieu

INSPIRÉE PAR LES ÉCRITS DE Wilhelm Reich

MISE EN SCÈNE=Didier Girauldon + Constance Larrieu

AVEC Constance Larrieu

COLLABORATION ARTISTIQUE & VIDÉO=Jonathan Michel

CRÉATION SONORE & MUSICALE=David Bichindaritz

LUMIÈRES=Stéphane Larose

CRÉATION COSTUMES=Fanny Brouste

RÉALISATION COSTUMES=Hélène Chancerel

  

Il y a près d’un siècle en 1927 Wilhem REICH, l’un des plus brillants élèves de Freud, publiait « La fonction de l’orgasme ».

 Le cheval de bataille aussi bien scientifique que politique de Wilhem REICH, l’orgasme, ce feu de bien être dont seuls nos organes sexuels ont le secret, est une manifestation physiologique qui concerne aussi bien les animaux que les hommes.

 L’orgasme, c’est la potion magique de l’organisme, un euphorisant qui comble aussi bien les pauvres que les riches mais encore faut-il bien connaitre son corps pour atteindre ce nirvana et grimper au 7ème ciel, grâce ou sans la performance de son partenaire sexuel.

 Laissées dans l’ignorance depuis la nuit des temps, de nombreuses femmes n’ont pas connu le plaisir sexuel faute d’avoir trouvé chaussures à leurs pieds. Elles sont restées silencieuses ignorant les fastes du plaisir et l’énergie vitale qu’il procure. La pratique de l’excision du clitoris sous couvert du rite ancestral n’a pas d’autre but que d’empêcher les femmes de jouir indépendamment d’un partenaire mâle.

 L’orgasme serait-il donc la clé de la libération des êtres face au pouvoir exercé par une société phallocratique ? Les bienfaits biologiques de l’orgasme sont prouvés mais l’impact de l’épanouissement sexuel sur le comportement demande à être exploré.

 En d’autres termes, Wilhem REICH annonça cette devise des années 60 aux Etats Unis « Faites l’amour, pas la guerre ».

 Fort de ses recherches obstinées, Wilhem REICH trainant derrière lui une réputation de savant fou, se révèle fort virulent en dénonçant toutes les névroses engendrées par les frustrations sexuelles :

 « Les meurtres sexuels, l’agonie sexuelle des adolescents, l’assassinat des forces vitales chez les enfants, l’abondance des perversions, les escadrons de la pornographie et du vice, l’exploitation de la nostalgie humaine de l’amour par des entreprises commerciales et des publicités avides et vulgaires, des milliers de maladies psychiques et somatiques, la solitude et la dislocation généralisée, et par-dessus tout ça, la fanfaronnade névrotique des sauveurs en herbe de l’humanité – toutes ces choses pouvaient être difficilement considérées comme les ornements d’une civilisation » .

Avec une bouille de Pierrot Lunaire filmée en gros plans, Constance LARRIEU fait tout d’abord penser à une suffragette de la révolution sexuelle. Pas évident de plonger dans ce livre éminemment sérieux » La fonction de l’orgasme ». Nous lui sommes gré d’avoir fait tout le travail pour nous et de nous en livrer la substantifique moelle avec une fraîcheur inattendue.

Face au public, sur scène Constance LARRIEU arbore un costume deux pièces couleur saumon très classique et devient une véhémente conférencière qui accompagne ses propos d’interviews de personnalités avisées sur le sujet.

 Au final, elle apparaît juste comme la porte-parole engagée de Wilhem REICH, dans la posture d’une Diane combattante.

 De quelque point de vue qu’on l’aborde, biologique, psychanalytique, politique, le thème de la sexualité est tellement vaste que nous avons le droit de lâcher prise en jouissant de ce spectacle fort instructif qui laisse courir de joyeux frissons sur nos cuirasses caractérielles.

 Paris, le 7 Mai 2019

 Evelyne Trân

 

UNE VIE DE PIANISTE – De Agnès Boury et Paul Staïcu au Studio HEBERTOT – 78 bis Boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Du 3 Septembre du 23 Octobre 2019, les mardis à 19 H, les mercredis à 21 H.

De Agnès Boury et Paul Staïcu

Mise en scène de Agnès Boury

Avec Paul Staïcu

Lumière Charly Hové

Son Allan Hové

Parmi les œuvres interprétées :

Elton John, Prokofiev, Led Zeppelin, Addinsell, Lalo Schiffrin, Piazzola, Ravel, Eroll Garner, Bach, Ten CC, Chopin, Claude François, Osca Peterson, Schumann, Bobby Mc Ferrin , Paul Staïcu  …  

 Elles courent, elles courent les mains du pianiste, fines et nerveuses, elles dansent juste au-dessus des touches du piano, traversées par la musique comme les feuilles par les frissons d’air, aussi lestes que ces jeunes lézards qui semblent accrocher la lumière, remontent les murs puis disparaissent.

 Pour saisir l’âme d’un pianiste, il faut regarder ses mains, il faut se souvenir qu’elles viennent de la forêt, une forêt musicale bien sûr, qu’elles ont tout entendu, tout mémoriser, qu’elles sont véritablement tactiles, elles sont l’orgue de chaque musicien.

 Avec une belle simplicité, Paul STAIKU nous raconte sa vie de pianiste. Il est né en Roumanie, il y a une cinquantaine d’années dans une famille de musiciens et a joué du piano dès le plus jeune âge. Il a connu la dictature de Ceausescu qui interdisait la musique de jazz qu’il affectionne autant que la musique classique. Il sait ce que le mot liberté signifie car il a fui avec son père la Roumanie peu avant la chute de Ceausescu et celle du mur de Berlin et fait partie de ces migrants qui ont réussi à s’intégrer en France.

 Il n’avait pour tout bagage que la musique mais il faut croire que c’est un passeport universel, un langage universel. Bien plus que les mots, une mélodie, une tirade musicale transportent nos émotions.

 Paul Staïcu rassure d’emblée le public, il n’a pas l’oreille absolue, et c’est une chance pour l’artiste qui dispose en revanche d’un  sixième sens, celui de la fraternité musicale; la musique elle se partage, elle n’est pas réservée à un public initié, et en tant qu’ancien pianiste de piano-bar, il sait ce que signifie jouer à la demande.

 Sensiblement à l’écoute du public, presque timide avec un esprit vif et joyeusement fantaisiste, Paul STAIKU raconte donc sa vie comme s’il était en train de la jouer au piano. Et cela coule de source, le piano fait si bien partie de sa vie qu’il ne peut en parler sans être accompagné de cet instrument.

 Ne manquez pas cette charmante rencontre avec le pianiste Paul STAIKU. Elle est modeste et limpide, elle rassérène les cœurs, en faisant ruisseler dans nos veines, les plus beaux airs dont rêve tout pianophile.

Paris, le 2 Mai 2019

Evelyne Trân

AN IRISH STORY UNE HISTOIRE IRLANDAISE – Au Théâtre de Belleville 94, rue du Faubourg du Temple 75011 PARIS – Du mercredi 3 avril au dimanche 30 juin 2019 – Du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 20h30 Relâches les 5, 17, 18, 19 avril et le 5 juin 2019 – Durée 1h25 –

De et avec Kelly Rivière
Collaboration artistique Jalie Barcilon, David Jungman, Suzanne Marrot, Sarah Siré
Collaboration artistique à la lumière et à la scénographie Anne Vaglio
Scénographie Grégoire Faucheux
Costumes Elisabeth Cerqueira
Administration et diffusion Histoire de… – Clémence Martens et Alice Pourcher –
alicepourcher@histoiredeprod.com
Production Théâtre de Belleville et Histoire de… en collaboration avec la Compagnie Innisfree
Soutiens Festival IF, Maison Maria Casarès, Château de Monthelon, Studio Thor (Bruxelles),
Samovar, Théâtre de la Girandole, SPEDIDAM, Fonds de soutien AFC, Groupe Leader Interim
et Fondation E.C.Art-POMARET

 

An irish story (une histoire irlandaise) par © David Jungman

 

 

A chacun son roman, son histoire familiale, la plupart endormis au pied d’un arbre. A vrai dire, c’est au moment où la vie se soulève que les adolescents croient pouvoir embrasser aussi bien une partie du passé que leur avenir, avec une magnifique inconscience.

 Souvenons de Rimbaud, dans une saison en enfer qui confessait :

« J’ai de mes ancêtres gaulois l’œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte »

 Nous ne naissons pas de rien tout de même ! Dans cette autofiction sur la quête de ses origines, Kelly Rivière raconte comment une adolescente Kelly Ruisseau a laissé grandir en elle le fantasme d’un grand-père inconnu dont la disparition fait partie des non-dits familiaux.

 Un secret de famille, en quelque sorte, enflammant l’imagination de Kelly qui entreprend de faire parler sa mère, sa grand-mère d’origine irlandaise et la mènera en Irlande pour rencontrer sa famille de souche qui avant cette démarche n’avait jamais entendu parler d’elle.

 La grande mer de l’oubli a englouti le grand-père mais Kelly ne se résout pas à la résignation. Sa quête initiatique qui n’aboutira pas concrètement est bouleversante et rare.

 Tout se passe en définitive comme si Kelly voulait ressusciter ce grand-père, en recherchant ses traces dans la mémoire de ses proches.

 Kelly donne l’impression de battre contre des moulins à vent mais si le vent sème des illusions, il soulève aussi la poussière, il déterre des émotions inimaginables et lui apportera une ultime révélation, son grand père irlandais qui a migré en Angleterre pour échapper sans succès à la misère, a aimé d’un amour fou sa grand-mère Margaret, restée murée dans son silence.

 A partir du récit d’une histoire familiale en hommage à un authentique grand- père irlandais, Kelly Rivière rejoint l’universelle quête des origines quelles qu’elles soient.

 Kelly RIVIERE est une inoubliable conteuse, toute l’écume de la grande vague de l’oubli, elle la transcende en portant à la scène tous les personnages pittoresques de son roman familial avec des joyeux accents irlandais, une fraîcheur et un humour désarmants !  

 Paris, le 30 Avril 2019

 Evelyne Trân

 

Celle qui revient là, celui qui la regarde – Textes de Marina Tsvetaeva – Adaptation et interprétation de Céline PITAULT – Mise en scène de Ludovic LONGELIN au Théâtre des Déchargeurs 3, rue des Déchargeurs – du 16 au 27 Avril 2019 – Au festival d’Avignon 2019 au Théâtre PRESENCE PASTEUR -13 Rue du Pont Trouca 84000 AVIGNON – DU 5 AU 28 JUILLET 2019 –

Texte

Marina Tsvetaeva

Adaptation

Céline Pitault

Mise en scène

Ludovic Longelin

Comédien(s)

Céline Pitault

Renaud Hézèques

Décors

Ludovic Longelin

La douleur n’est pas toujours audible. C’est le corps qui en parle le mieux. La voix doit se frayer un passage sur un terrain inconnu, vaste comme une forêt, une plage déserte, ou bien des sanglots sans suite. Il y a des voix qui tremblent au fond du puit. Certains diront que ce n’est pas du ressort du théâtre de leur offrir un lieu pour s’exprimer.

 Nous dirons le contraire. Une scène de théâtre peut devenir un lieu intime, un lieu de rendez-vous avec des voix sensibles inaudibles de l’extérieur, éjectées sur les bords de trottoirs parce que dit-on, elles ne participent pas à l’effervescence des activités humaines, elles ne promeuvent aucun monument, elles n’ont pas de vitrines, elles se déposent comme un tas de feuilles mortes dans nos rêves et seul parfois un courant d’air de soleil semble pouvoir les ranimer.

 Il est certain que ces voix font partie du champ intérieur de l’être avant même de se muer en paroles, elles résonnent dans la solitude et s’y complaisent même sachant que toute intervention extérieure pourrait les faire fuir. Mais après tout, ne s’expriment -elles pas pendant qu’un enfant dessine, qui oserait interrompre un enfant en train de dessiner. Quel est donc ce miracle qui a permis aux peintres de cavernes de s’abandonner à leur imaginaire, aux artistes dits primitifs de créer leurs masques et leurs totems ?

 Ces réflexions à l’emporte-pièce nous viennent à l’esprit à propos du spectacle proposé par Céline PITAULT « Celle qui revient là, celui qui la regarde » qui constitue une belle approche de l’écrivaine russe Marina TSVETAEVA à partir de ses carnets et du livre de confessions « Vivre dans le feu ».

 Tzvetan TODOROV nous dit dans sa préface qu’un grand écrivain est celui qui parvient à trouver les mots pour exprimer ce qui avant lui était indicible.

 Marina Tsvetaeva croyait au vivre-écrire. Elle dit ce qu’elle ressent et ce faisant elle témoigne de toutes les douleurs qu’aucun cri, aucune parole ne peuvent résorber. Elle nous touche au-delà de nous-mêmes, il y a de l’inconnaissable, inconnu en elle-même, qui questionne nos limites, brave la réalité et d’une certaine façon la mort, car la mort c’est aussi l’indifférence.

 N’avoir le droit d’être soi-même que caché, exilé, ignoré, Marina Tsvetaeva a vécu ce sentiment d’injustice jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement de sa force morale.

 Tzvetan Todorov le souligne, le destin de Marina Tsvetaeva est «inextricablement mêlé à l’histoire contemporaine de l’Europe, marqué par deux guerres mondiales et par l’avènement de de deux régimes totalitaires ». Elle a connu la famine, la guerre civile pendant la Révolution d’Octobre puis l’exil à Paris et enfin à nouveau la misère et la solitude de retour en Russie en 1941 pendant l’invasion allemande.

 N’est-ce point un luxe de se vouloir poète dans un monde bouleversé. Plusieurs fois Marina Tsvetaeva mettra entre parenthèses ses créations pour mieux se consacrer à ses proches. Mais il est évident qu’écrire lui permet de raviver sa propre flamme, et dès lors que ce désir d’écrire n’est plus là, elle entrevoit la fin, le bout.

 La mise en scène de Ludovic LONGELIN met l’accent sur les circonstances les plus tragiques de son existence, notamment sa fin de vie lorsqu’elle se retrouve seule avec son fils ( Renaud HEZEQUES, saisissant ). Celui-ci est représenté par un personnage quasi grotesque qui ricane, incarnant de façon hallucinatoire cette frontière indissoluble entre le monde extérieur et le monde intérieur de Marina Tsvetaeva.

 Un personnage que seule sa voix habille de pensées qui ont arpenté toutes sortes de courants des meilleurs aux pires. Il importe de découvrir son livre « Vivre dans le feu » pour être saisi par sa vivacité.

 Nous avons envie d’imaginer Marina Tsvetaeva heureuse, elle est une main tendue à ceux qui ne croient pas pouvoir communiquer leurs souffrances.

 « La blessure de l’immortelle conscience, comment y faites-vous face ? »

 C’est un chemin de vie parcouru par une conscience entière et rare que nous donne à découvrir ce spectacle exigeant, austère mais pénétrant !

 Telle une flamme vacillante que seuls ses mots habillent, ainsi apparaît Marina Tsvetaeva incarnée par Céline PITAULT.

 Paris, le 28 Avril 2019

Evelyne Trân

THE MASTER DE DAVID LESCOT – MISE EN SCENE DE JEAN-PIERRE BARO – DANS LE CADRE DU FESTIVAL ADO – SEMAINE EXTRA – DU 30 MARS AU 30 AVRIL au NEST THEATRE- CDN transfrontalier de THIONVILLE- GRAND EST –

 

 

festival ado

5e édition : Envers et avec tous

 

  • DISTRIBUTION ET PRODUCTION

texte David Lescot mise en scène Jean-Pierre Baro musique Loïc Leroux collaboration artistique et régie générale Franck Gazal avec Amine AdjinaRodolphe Blanchet

 

Le rap, manifestation artistique urbaine plutôt récente – il a pris naissance aux Etats Unis dans les années 70, dans les ghettos – volontiers subversive, véritable appel d’air de toutes les paroles de révoltés contre le racisme, la pauvreté, l’exclusion, insoumis et rebelles à toute forme d’autorité sinon celle de la création, pourrait-il devenir une matière intégrée aux programmes scolaires ?

 Il est comique et grinçant, ce face-à-face entre un professeur de rap et son élève, imaginé par David LESCOT dans un sketch ahurissant intitulé THE MASTER.

 Nous retiendrons de cet affrontement que le rap se vit plutôt qu’il ne s’enseigne ou que l’érudition d’un maître sur le sujet pèse bien moins que le ressenti de l’élève contraint de réagir et de remettre à sa place un maître impudemment autoritaire.

 Jusqu’à quel point sous couvert de l’autorité un maître peut-il se permettre d’humilier et rabaisser un élève coupable d’ignorance, de paresse, d’indifférence etc.

 Les élèves ont assisté incrédules et médusés au clash entre un des leurs, inconnu qui s’est assis comme les autres devant son pupitre affichant un visage fermé avant d’être interpellé par le maître décidé à lui tirer les vers du nez.

 Bénéficiant d’une complicité d’une enseignante, ledit prof de rap connait le nom des élèves qu’il désigne. L’assemblée n’a guère le temps de se demander d’où vient ce prof extravagant.

 Du théâtre, pensons-nous, c’est du théâtre qui frôle ou même bouscule la réalité, celle d’une classe prenant conscience de son rôle, de son implication, prise à témoin, d’un véritable clash entre un des leurs et celui qui joue le rôle de prof.

 Voilà une expérience étourdissante et ma foi instructive.La performance théâtrale des deux comédiens qui finissent par donner un aperçu de leurs talents de rappeurs est suivie d’un débat animé avec les élèves heureux de faire valoir leurs propres connaissances !

 Paris, le 21 Avril 2019

Evelyne Trân 

 

 

 

 

 

DOM JUAN de MOLIERE – Adaptation et Mise en scène de Jean-Philippe DAGUERRE au THEATRE DU RANELAGH – 5, rue des Vignes 75016 PARIS – Du 11 Avril au 14 Juillet 2019 – Du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 17h Relâches les 1er mai et 6 juin Genre : théâtre classique Durée : 1h25 –

Mise en scène et adaptation : Jean-Philippe DAGUERRE

Assistant à la mise en scène : Grégoire BOURBIER

Avec : Simon LARVARON, Teddy MELIS, Vanessa CAILHOL, Grégoire BOURBIER, Nathalie KANOUI, Charlotte RUBY, Tonio MATIAS, André-Marie MAZURE

Musiciens : Tonio MATIAS (accordéon, harmonica, banjo et cajon), André-Marie MAZURE (trompettes et cajon), Charlotte RUBY (violoncelle, xylophone et chant)

Création & direction musicale : Petr RUZICKA

Costumes : Corinne ROSSI

Chorégraphie : Mariejo BUFFON

Scénographie : Sophie JACOB

Lumières : Idalio GUERREIRO

 

Faut-il prendre au sérieux Dom Juan ou au contraire tirer parti de sa désinvolture et de sa suffisance pour en faire un clown blanc, faire valoir de l’auguste Sganarelle ?

Jean-Philippe DAGUERRE a choisi d’illustrer de façon fantaisiste la tragi-comédie de Molière. Tournez manège ! Il convoque tous les personnages au cirque, Elvire devient une danseuse délicieuse incarnée par Vanessa CAILHOL, la mère de Dom Juan une dompteuse etc. dans une sorte de ballet incongru arrosé par un imperturbable orchestre juché sur un podium multicolore trop mignon, le tout sans doute pour vérifier si l’artifice bling bling peut résister aux tirades hautement dramatiques ou philosophiques d’Elvire, Dom Juan ou Sganarelle.

 A ce jeu-là, le clown Sganarelle interprété par Teddy MELIS, excellent, se donne à fond. Dom Juan incarné par Simon LARVARON, quant à lui fait plutôt figure d’un Casanova paumé, qui ne comprend rien aux femmes, simples objets de désir et par ailleurs victime d’une mère abusive qui lui assène des coups de cravache en guise de semonces.

 Pauvre gosse ! Ce Dom Juan là a perdu de sa superbe, certes il connait sur le bout des doigts le discours toujours actuel sur l’hypocrisie ambiante, mais il est tellement guindé dans son costume de dandy qu’il fait plus pitié que peur.

 Celles qui rêvent d’un Dom Juan, « Johnny fais-moi mal » en seront pour leurs frais, la vedette décidément c’est Sganarelle, le valet ulcéré de se trouver asservi à un homme fantoche sans foi ni loi.

 L’oreille et l’œil se délassent avec plaisir dans ce spectacle onirique et musical, le privilège de la forme l’emporte sur le fond que seule la substance du texte de Molière rappelle.

 « Tout est vanité » semble nous dire Jean-Philippe DAGUERRE, Dans ces conditions, continuons à faire appel à nos sens les plus immédiats, est-ce à dire qu’il nous est impossible aujourd’hui de nous identifier à Sganarelle ou à Dom Juan sinon en nous jouant de leurs mots, leurs délétères professions de foi. Au public d’en juger !

Paris, le 20 Avril 2019

Evelyne Trân

 

En attendant Godot de Samuel Beckett au Théâtre de l’ESSAION – 6, rue Pierre au lard à Paris – Dates : du 07 avril au 14 mai 2019 Jours et Horaires : – Les lundis à 19h – Les mardis à 21h30 – Les dimanches à 18h Supplémentaires les 11, 12 avril et 9 mai à 21h30

  • Auteur : Samuel Beckett
  • Mise en scène : Jean-Claude Sachot
  • Distribution : Philippe Catoire, Vincent Violette ou Guillaume Van’t Hoff, Jean-Jacques Nervest, Dominique Ratonnat. 
  • Durée :1h50

N.B : Jean-Claude SACHAT était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur l’antenne de RADIO LIBERTAIRE 89.4, en Mars 2016

 

La salle du Théâtre ESSAION où se donne actuellement « En attendant Godot » à la fois modeste et belle nous paraît tout à fait appropriée pour accueillir cette portion d’humanité imaginée par Beckett qui n’en finit pas de se demander ce qu’elle fout là, en conversant de tout et de rien, histoire de passer le temps.

Il doit y avoir mille et mille manières de monter Beckett, mais celle qu’a choisie Jean-Claude SACHOT nous a réjouis parce qu’elle nous a divertis, émus, sans que nous ayons eu besoin de nous creuser la tête ou de nous la cogner contre les murs.

Les vieilles chaussures qui torturent Estragon en disent aussi long que de grands discours et il n’est peut être pas nécessaire de chercher Midi à 14 heures pour comprendre que nous avons affaire à quelques misérables échantillons de l’humanité auxquels nous pouvons bon gré, mal gré nous identifier.

Dans leur cour de récréation désertique, ces gueux d’Estragon, Vladimir, Pozzo et Lucky, poussent leurs gueulantes en geignant, en s’échappant vers la folie, en réchauffant leurs solitudes par quelques étreintes ou par quelques coups de fouet.

Des échantillons à poil certes, des va-nu-pieds mais qui ont la consistance de nous parler de nos pauvres corps exposés à la maladie, la vieillesse, la dépression, la mort… Cela est si peu gai que cela en devient risible.

Cette désespérance comique, les comédiens l’expriment à fond, et l’on en arrive à se demander si tous ces personnages qui n’ont rien à perdre – sinon en ce qui concerne Estragon et Vladimir attendre Godot – se prennent vraiment au sérieux. De la vie à la comédie, il n’y a qu’un pas. La comédie que se jouent ces personnages leur est inspirée par les tracas de leur condition, par leur sentiment de tourner à rond, comme des ânes.

Il y a ce moment irrésistible où Pozzo qui tient en laisse Lucky lui ordonne de penser. Comme si l’on pouvait ordonner à quelqu’un de penser ! A travers cet ordre infâme résonne déjà toute la folie humaine !

Guillaume van’t Hoff est prodigieux en Lucky atteint de logorrhée.  Philippe CATOIRE et Dominique RATONNAT, respectivement Estragon et Vladimir, à la fois drôles et touchants, par certains aspects rappellent Laurel et Hardy, Jean-Jacques NERVEST est un imposant et inquiétant POZZO. Il y a aussi cette jolie idée de faire jouer le petit garçon par une marionnette très expressive.

Voilà un « En attendant Godot » où l’on ne s’ennuie pas une seconde, heureux de constater que décidément la pièce n’a pas vieilli, n’a pas eu le temps de vieillir. C’est tant mieux pour cette excellente équipe que nous avions déjà appréciée dans « Fin de partie » et que nous applaudissons de plus belle !

Paris, le 21 Mars 2016  

Mis à jour le 18 Avril 2019                         Evelyne Trân

 

 

« SAÏGON/PARIS » ALLER SIMPLE de la Cie Corossol au FESTIVAL MIGRACTION au Théâtre de l’opprimé 78, rue de Charolais PARIS, le 1er Juillet 2019 à 20 H 30.

N.B Eliane Le Van Kiem et Claude Zaretti étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur RADIO LIBERTAIRE 89.4 , le Samedi 15 Juin 2019, en première partie.

C’est tout de même loin Saïgon de Paris, plus de 10000 Km à vol d’oiseau entre les deux villes. Si une histoire commune à Saïgon ( aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Villeet à Paris pouvait être racontée, elle trouverait sa source dans la mémoire de quelques vietnamiens déracinés amenés à quitter leur terre natale sans jamais pouvoir y revenir.

 A une époque où les individus privilégient toutes ces informations qui leur sautent au visage grâce à leur portable et les réseaux sociaux, nous voudrions faire l’éloge de la lenteur, du silence, de l’émotion retenue, de cela qui ne vous éblouira pas, qui définit l’intériorité de quelques êtres, parle de destinée, un grand mot certes, mais qui a tout de même du sens.

 En nous racontant l’histoire de son père Louis, Eliane Le Van Kiem recouvre son intimité et la sienne propre grâce à la musique et le chant, et justes sont ces chemins qui permettent d’appréhender la présence d’un homme en évoquant ce qu’il aime, avec pudeur, sans le sortir de l’ombre qu’il a toujours souhaitée.

 Son père avait le Vietnam dans la peau, l’écorce de son enfance et adolescence. Arrivé en France en 1947 pour faire ses études, il s’est intégré professionnellement et a épousé une Française. Mais sa vie durant, il a porté en lui comme un lourd secret, la nostalgie de son pays.

 Lumineuse et poète, Eliane Le Van Kiem, fait penser à un Petit Poucet adulte, émerveillé par tout ce qui peut lui servir à se rapprocher de ce père trop silencieux.

 Le spectacle parlé, chanté, est à la fois ludique et bouleversant. Il dégage un charme audacieux, celui de la force des sentiments qui abolit toute frontière.

 Paris, le 18 Avril 2019

Mis à jour le 16 Juin 2019

 Evelyne Trân

IRAT La chanson kabyle entre tradition et modernité – Par Laurent Gharibian –

Auteur-compositeur et interprète, Irat Haddad est né en 1968 à Tizi Ouzou. C’est dans la capitale de la Région de Kabylie « Fief de l’évolution » que s’exprimèrent, un certain 20 avril 1980, les revendications en faveur de l’autodétermination du peuple berbère qui aboutirent, en 1985, à la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. Cet événement aura coûté la prison à tous les responsables de cet organisme.

IRAT chante depuis 1990 et s’établit en 2001 dans notre pays pour, dit-il, « avoir la possibilité d’interpréter toutes mes chansons… sans exception ». Cependant il retourne régulièrement sur sa terre natale retrouver famille et amis. Et participer à plusieurs émissions sur les radios et télévisions nationales.

IRAT puise son inspiration dans le patrimoine musical berbère traditionnel pour composer et écrire avec une sensibilité d’aujourd’hui. Auteur de plus de 200 chansons, il revendique l’influence de prestigieux aînés : Djamel Allam, Idir, Ferhat (Imazighen Imula) et leurs illustres devanciers Slimane Azem ou Cheikh El Hasnaoui.

Quant aux arrangements, le compositeur imagine tout d’abord le rôle de chaque instrument – flûte, percussions traditionnelles – et y ajoute batterie, piano ou guitare pour orienter son travail de création vers la modernité.

La thématique des chansons, quelques exemples :

IRAT, comme auteur, aborde dans son oeuvre diverses thématiques que l’on retrouve, nouvellement déclinées, parmi les titres récemment enregistrés.

  • Une réflexion sur des questions de société
  • Les droits de la femme : Yellis n’ Tmurt (Les filles de mon pays).
  • L’identité berbère : Adrar (Montagne).
  • La désillusion de certains compatriotes après leur fuite vers l’Occident : Zin L Paris (Beauté de l’Occident).
  • Le désespoir de la jeunesse de Kabylie qui la pousse à « vivre à côté de la vraie vie » : Eadith (Allez -y, passez). En résumé :  « Quand on vit dans la politique du mensonge, celui-ci peut parfois rejaillir sur l’individu ».
  • Les amours contrariées par la rigidité des codes sociaux-culturels importés depuis quatorze siècles au sein d’une société pré-hellénistique avant tout laïque : Anfiyi Ruh (Laisse moi et pars).
  • L’hommage à la mère disparue : Yemma (Mère).
  • Enfin, voici – traduit par son auteur – un extrait de la chanson La canne de protection qui sera créée à la librairie Publico, lors du concert du 20 avril 2019 :

Chaque colline attend l’espoir

D’où qu’il vienne.

La peur a grillé les coeurs

En l’absence de fraternité

Et à cause de l’égoïsme

Installé dans les esprits.

Si les peuples se lèvent

Comme un seul homme,

Alors Vendredi deviendra Dimanche…

IRAT et HILLAL (à la guitare Godin, avis aux connaisseurs) furent tous deux très remarqués, le 6 octobre dernier ici-même, pour leur participation au spectacle poétique conçu autour du poète kabyle francophone Abder Zegout qui eut l’idée de les inviter. Ce tandem nous revient pour un concert où seront créés plusieurs titres portant l’empreinte du folk.

Un beau moment en perspective.

Laurent GHARIBIAN

Premier article de blog

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