Le Jour où j′ai rencontré Franz LISZT de et avec Pascal Amoyel au THEATRE DU RANELAGH – 5, rue des Vignes – 75016 PARIS – à partir du 2 Décembre 2015 du Mercredi au samedi à 20 H 45 et le dimanche à 17 heures

de et avec Pascal Amoyel

Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt au Théâtre le Ranelagh

Auteur : Pascal Amoyel Mise en scène : Christian Fromont  Avec : Pascal Amoyel

Lumières: Philippe Séon   Programme musical :

Johann Sébastien BACH (1685-1750) : Prélude Clavier Bien tempéré I BWV 853 en mi bémol mineur

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
La petite tartine de beurre
La marche turque
Carl CZERNY (1791-1857)
Etude de mécanisme
Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) – Franz LISZT (1811-1886)
Allegretto de la 7e Symphonie
Franz LISZT (1811-1886)
Vallée d’Obermann (1ère Année de Pèlerinage)
Légende de Saint François de Paule marchant sur les fl ots
Chant du berceau
Frederic CHOPIN (1810-1849)
Nocturne N°1 opus 9 en si bémol mineur
Richard WAGNER (1813-1883) – Franz LISZT (1811-1886)
Mort d’amour d’Isolde
Pascal AMOYEL
Improvisations

C’est dans un des théâtres les plus stylés de Paris, le Théâtre du RANELAGH qui fut à l’origine un salon de musique à l’acoustique exceptionnelle que Pascal AMOYEL donne rendez-vous aux âmes musiciennes pour leur conter « son LISZT».

Pascal AMOYEL est fasciné par le parcours romanesque du célèbre musicien hongrois qui n’eut pas de véritable enfance puisqu’il fut contraint par son père très jeune de donner des concerts – il se produisit à 11 ans devant le Roi de France – eut une jeunesse sentimentale agitée puis une maturité pieuse lorsqu’il finit par rentrer dans les ordres. Il rencontra les plus grands artistes de son époque entre 1812 et 1845, Hugo, Balzac, Baudelaire, Musset etc., mais surtout il inventa le « récital » et révolutionna le  piano.

Enfant, il n’est pas aisé d’exprimer ses sentiments avec des mots d’adulte, Pascal AMOYEL a eu la chance d’éprouver que mieux que des paroles, la musique pouvait exprimer, révéler des milliers de sensations suspendues aux seules touches d’un piano.

 Sa première révélation, ce fut le chant de berceau de Liszt, extraordinaire, aérien, dont les notes venaient flairer la pénombre, les silences, la chaleur affective de ses grand parents, et ce désir naissant chez l’enfant d’être magique à son tour, guidé par le seul vertige de ces émotions, de devenir la main instrumentale capable de libérer, de faire jaillir la musique.

Le pianiste ne vibre pas seulement avec ses mains, c’est tout son corps qui est appelé à devenir l’instrument organique vivant et stratège d’une musique invisible, mystérieuse.

Pour illustrer musicalement la vie de Liszt, Pascal AMOYEL a convoqué les compositeurs BACH, MOZART, CZERNY, BEETHOVEN, WAGNER (son gendre) CHOPIN, LISTZ lui-même.

Des pages musicales très riches qui captent aussi bien la joie, l’étonnement, la curiosité de l’enfance que la tristesse et la quête d’esprit, immatériel …

Charme et passion dominent ce spectacle où Pascal AMOYEL, pianiste virtuose, humble, délicat et drôle aussi, communique au public son bonheur musical avec LISZT, un vrai moment de grâce !

Paris, le 29 Décembre 2015                Evelyne Trân

 

 

 

 

 

DON JUAN REVIENT DE LA GUERRE de Ödön von Horváth au THEATRE DE L’ATALANTE 10 place Charles Dullin, 75018 Paris du vendredi 11 au jeudi 17 décembre 2015

traduction Hélène Mauler et René Zahnd
Rep_DonJuan03_©andre-muller POUR SITEEditeur et agent théâtral L’Arche

Du vendredi 11 au jeudi 17 décembre 2015

 

 

 

 

Mise en scène et scénographie : Guy Pierre Couleau

Avec

Nils Öhlund, Carolina Pecheny, Jessica Vedel

 Assistant à la mise en scène : Bruno Journée
Création lumière : Laurent Schnee

Est-ce un effet de la confusion des genres, des réalités et des fantasmes, quel homme peut-il se reconnaître en Don Juan et être perçu comme tel par des femmes ? Dans la pièce de HORVATH, c’est l’inconscience, proche de la folie de DON JUAN qui se trouve à la porte de consciences de femmes. Le Don Juan qu’il met en scène au retour de la guerre de 14-18 est abattu, malade, il a une boule dans la gorge, une seule boussole pour avancer fiévreux, le souvenir de sa fiancée qu’il a abandonnée avant la guerre.

Au cours de ses tribulations, Don Juan antithèse d’Ulysse, qui ne retrouvera pas Pénélope, va rencontrer pas moins de 35 femmes auxquelles semble t-il, il ne pourra pas attacher d’importance parce que leur partition se trouve trop éloignée de son idéal forclos.

Le malheur des femmes nous dit HORVATH est que leur horizon est terrestre. Ces femmes qu’il découvre ont pris leur destin en mains, elles ont appris à se passer des hommes moralement et sexuellement, elles sont endurcies. Horwath ne leur fait-il pas dire : « La relation entre les sexes n’est plus du tout un problème, ce n’est rien qu’une fonction comme manger et boire ». Seule, une adolescente peut être véritablement tourmentée par le regard prédateur de Don Juan.

Et pourtant ces femmes qui aux yeux de Don Juan ne sont pas des vraies femmes, vibrent de toutes les maniéres. Elles pensent, elles agissent, elles se débattent, elles luttent pour vivre. Ce sont des infirmières, des veuves, des religieuses, des mères, des filles légères, elles tiennent même des propos politiques : « Et les millions de femmes dans les usines qui se fanent si jeunes, pour elles toutes , vous n’éprouvez aucun sentiment ? ! » s’exclame l’une d’elles. Tant il est vrai que pour Don Juan qui n’est pas un mythe, une femme digne de ce nom n’a pas le droit d’être laide.

HORVATH est contemporain d’un certain bouleversement de valeurs pendant la grande inflation 1919-1923, le malaise que porte en lui Don Juan, un homme du passé, fait partie de ces maladies de l’âme qui égarent l’esprit. Ne le sentait-il pas déraper l’esprit des hommes en Allemagne, sous l’emprise de l’idéologie nazie qui le conduit à s’exiler et à errer en Europe, avant de mourir bêtement assommé pa une branche lors d’une tornade à Paris en Juin 1938. Une tornade qui évoque bizarrement la mort de ce Don Juan venu se récuellir sur la tombe de sa fiancée en pleine tempête de neige.

Pas de romantisme élégiaque, pas de manichéisme chez HORVATH. La modernité de son écriture est étonnante.Les propos que tiennent les femmes qui jalonnent la route d’un Don Juan en prise avec le vide, cette énorme béance que représente son amour manqué avec sa fiancée, il semblerait qu’il les a entendus lui même . Leur virulence, leur violence prosaïque éclairent par contraste, une féminité inattendue chez Don Juan. A la même époque, Stringberg témoignait notamment dans sa pièce « Le père » du désir d’un homme de faire éclater le carcan de sa virilité supposée.

Mais en foulant sa propre image, devant un bonhomme de neige, parce que cela fait partie de nos rêves, la figure de Don Juan exalte encore la mémoire amoureuse des femmes.

Les bourgeons sont secs sur cette figure hivernale de Don Juan, gelés, ils appellent les larmes mais également dans une embellie visionnaire, le printemps de nouvelles femmes sur la scène d’action, la scène politique.

La direction des comédiens est remarquable qui permet de rendre compte de cette présence extrêmement physique des femmes qui embrassent la vie à mains nues face à un Don Juan toujours ailleurs, exprimant la solitude d’un être perçu comme un fantôme, un étranger.

Belle performance des comédiennes, Carolina Pecheny, Jessica Vedel qui endossent les rôles de toutes ces femmes, superbe incarnation par Nils Öhlund d’un Don Juan dans les nuages avec pour seuls vis à vis, des femmes.

Dans une mise en scène de Guy-Pierre COULEAU, nécessairement dépouillée, les tableaux s’enchaînent avec fluidité mais on entend se cogner les rêves de Don Juan contre la réalité de ces femmes de façon très prégnante. Les femmes parlent à travers Don Juan, et leurs propos résonnent d’autant plus qu’elles se heurtent à son autisme.

La sensibilité d’HORVATH totalement lucide donne à voir à entendre, les êtres dans leur épaisseur et leurs fragilités de façon naturaliste . Qu’est-ce à dire, une branche qui se casse, un sarment qui se plante dans la terre, un sourire de Don Juan à travers le regard de femmes, c’est aussi beau et cela en dépit des guerres, le restera, qu’un rayon de soleil sur la neige.

Se rendre là-bas dans cette forêt de femmes qui attendent Don Juan, voilà une aventure très enrichissante, palpitante à laquelle nous convie cette représentation inspirée de « Don Juan revient de la guerre » profondément émouvante.

Paris, le 20 Décembre 2015                         Evelyne Trân

Ne m’oublie pas de Bruno FOUGNIES – Mise en scène: Rubia MATIGNON – Au THEATRE DE MENILMONTANT – 15 Rue du Retrait 75020 PARIS – du Mardi au Mercredi 9 Décembre 2015 à 20 Heures 30 –

Avec:

Robert ABURBE, Lola ACCARDI, Michèle BOURDETNe m'oublie pas2-15

 

 « Ne m’oublie pas ! »  C’est un véritable nuage que cette interjection, un parapluie renversé qui voguerait sur l’eau pour une pluie de souvenirs à courir l’océan.

Zut, zut, j’ai oublié, j’ai oublié ce que je voulais vous dire alors je vais me raccrocher  au mot oubli, imaginer un champ d’oublis, oui, les oublis seraient des fleurs qui ne savent pas qu’elles sont des fleurs mais dans le murmure du vent, parait-il qu’elles chuchotent le mot oubli en hochant la tête.

Nymphe et Pussy, les deux héroïnes,  de la pièce de Bruno FOUGNIES,  peuvent bien  être associées à des fleurs. Toutes deux ont été danseuses autrefois dans le même cabaret, toutes deux ont succombé  au charme d’Orlando, le meneur de revue, qui leur donne un rendez-vous amoureux  dans sa maison de campagne. Mais oh surprise, Orlando a tout oublié et ne reconnait pas ses dulcinées …

C’est la déception, le désenchantement total pour les deux femmes qui voulaient renouer avec leurs souvenirs de jeunesse et leurs paillettes. Mais elles se ressaisissent et décident d’accompagner Orlando devenu innocent dans ce passé dont il se souvient encore, celui du music-hall…

Un sujet grave que celui de la maladie d’Alzheimer qui touche 900.000 personnes en France.  Bruno FOUGNIES qui signe une pièce légère et piquante ne s’est pas laissé impressionner par ce chiffre accablant. En tout cas à travers ses héroïnes qui trouvent le moyen de raccrocher Orlando à la vie,  une vraie lueur d’espoir illumine son propos.

  Dans une mise en scène menée tambour battant par Rubia Matignon, les deux comédiennes  Lola Accardi, Michèle Bourdet  drôles et sexy ont une pèche d’enfer et Robert Aburbe, Orlando est vraiment très touchant !

Bien jolie pièce qui d’une façon joyeuse, amicale et tendre nous dit tout simplement  » N’oublions pas ceux qui sont atteints de la maladie d’Alzheimer ! « .

Paris, le 18 Décembre 2015                                       Evelyne Trân

FIN DE SERIE par la Cotillard Compagnie au VINGTIEME THEATRE 7, rue des Plâtrières 75020 Paris du 10 Décembre 2015 au 10 Janvier 2016 du jeudi au samedi à 19h30 – dimanche à 15h00 Relâches les 24, 25 décembre et 1er janvier

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Mise en scène : Jean-Claude Cotillard
Décors : Charlotte Smoos
Accessoires : Monsieur QQ
Costumes : Agathe Laemmel
Création lumière : Julien Dubuc
Création son : Franck Combe
Audiovisuel : Guillaume Cotillard
Avec : Alan Boone, Jean-Claude Cotillard, Zazie Delem.
Coréalisation Vingtième Théâtre et Les Déchargeurs / le Pôle Diffusion
en accord avec La Cotillard Cie.

http://www.lepolediffusion.com/spectacle/fin-de-serie-1
Crédit visuel : Ifou – Le Pôle Média / Cotillard Cie

 

Curieux tableau que cet apparemment de vieux qui nous renvoie à une vision complètement à côté de la plaque de la modernité dont on nous serine les yeux et les oreilles.

Un appartement qui sent évidemment le vieux puisqu’ il reflète l’état d’esprit d’un couple qui joue la partition de la vieillesse, avec pour seule musique les clapotis d’un poisson dans son bocal, les ronronnements du chat et du micro ondes, les tic-tacs des pendules, les sifflements d’un oiseau en cage et quelques romances surannées.

On les croirait sortis d’une horloge parlante ou plutôt muette, les deux silhouettes de cet homme et cette femme qui par effet de mimétisme avec les animaux aussi inoffensifs que des meubles, apparaissent figés par leurs habitudes, leurs tics, la routine d’une vie sans éclat, et doivent se résigner à leur vilaine condition de vieux.

Les pauvres se connaissent trop bien pour désirer communiquer. Fort heureusement leur mauvaise humeur et leurs petites distractions accusent leur ridicule de façon très, très réjouissante.

Comme s’ils passaient à travers les mailles de leurs corps raides comme du carton, telles des marionnettes, les personnages se révèlent très expressifs.

Spectacle quasi muet, jubilatoire, fourmillant de gags sidérants, hilarants, notamment la scène où le couple sort de jolis sacs de pharmacie, une avalanche de médicaments.

Très inventive, superbement bien rythmée, la mise en scène met en relief tous ces petits motifs de la vie quotidienne d’un couple qui font mouche justement parce qu’il est impossible d’y échapper .

Alan BOONE campe avec beaucoup de drôlerie, le médecin, le kiné, l’agent de pompes funèbres au service commercial du brave couple. Quant à Jean- Claude COTILLARD et Zazie DELEM tous les deux extraordinaires, ils réussissent à rendre attachante cette caricature de la vieillesse.

C’est tout le charme de ce spectacle qui fait exploser de rire ces vers célèbres de Corneille « ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

Paris, le 13 Décembre 2015              Evelyne Trân

LES MISSIONS D’UN MENDIANT mise en scène Olivier Couder, Richard Leteurtre Du mar. 08/12/15 au sam. 19/12/15 à L’Etoile du Nord 16 rue Georgette Agutte 75018 PARIS

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Les mardis, mercredis et vendredis à 20h30   Les jeudis à 19h30   Les samedis à 17h00

mise en scène :
Un tabouret à trois pieds et Je dis je  :
Richard Leteurtre
Avis aux intéressés  :
Olivier Couder
La visite :
Olivier Couder et Natacha Mircovich  :

Avec : Francis Auvray, Peter Bonke, Olivier Couder, Stéphane Guerin, Coralie Moreau, Anne Peneveyre, Emmanuel Viennot de Vaublanc et Gabriel Xerri.

Dominique Massa (Création son) , Natacha Mircovich (Assistant(e) à la mise en scène) , Marie-Hélène Pinon (Création lumières) , Jean-Pierre Schneider (Scénographie) Atelier Eurydice (Décor et costumes)

Être handicapé qu’est ce que cela signifie, avoir perdu la main, avoir besoin d’être tenu par la main ? Je me souviens d’une étudiante souvent accompagnée par une aveugle et une handicapée moteur, qui avait été qualifiée d’inadaptée avec commisération par son professeur d’université qui la jugeait incapable de poursuivre des études. Il n’était pas submergé évidemment par le brouhaha de son psychisme, il se coltinait le connu, il paraphrasait ce qu’il lisait, il aurait traité de même le singulier ARTAUD.

Le Théâtre EURYDICE et le Théâtre du CRISTAL présentent 4 pièces courtes de Daniel KEENE, toutes interprètes par des comédiens professionnels en situation d’handicap hormis Peter BONKE et Olivier COUDER.

A une époque où la performance des outils technologiques pourrait bien finir par occulter nos fragilités humaines, il est bienvenu de pouvoir entendre les témoignages de ceux qui sont véritablement en quête d’âme, d’amour, d’identité, bien davantage que de confort domestique ou matériel.

Faudrait-il donc qu’ils rendent l’âme le père condamné et son fils autiste mis en scène dans  »Avis aux intéressés » parce que justement leur solitude extrême, leur malheur n’intéressent personne.

Que dire de la jeune fille qui dans le monologue « Je dis je » exprime sa détresse aussi poétiquement que la sirène d’Andersen.

Extrêmement sensible également dans la pièce la Visite, ce dialogue entre le père et sa fille, tous deux troublés par l’idée qu’ils doivent se séparer lors de la visite de la fille à la Mère.

Dans le tabouret à trois pieds, deux jeunes S.D.F s’interrogent à propos d’un troisième plus âgé qui fait office d’étranger, l’un manifestant son hostilité, l’autre au contraire une fascination étrange.

Avec juste une estrade mobile et un éclairage en demi teinte , les deux metteurs en scène Richard LETEURTRE et Olivier COUDER réussissent à traduire sans aucun artifice, à éclairer ces rapprochements humains diffus, sous-jacents, intimes. Ce sont de véritables tableaux d’une délicatesse fourmillante. Du coup tous les propos des personnages restent légers, ils ne recherchent pas l’effet, ils sont naturellement expressifs.

On a l’impression que les personnages de Daniel KEENE ne disent que ce qu’ils peuvent dire. L’onde reste intime, souterraine, celle qui laisse passer quelques mots, quelques pensées et les gestes, les mouvements du corps personnel se révèlent aussi messagers , aussi demandeurs d’écoute, d’attention .

Nous garderons en mémoire ces magnifiques tableaux tels des paysages à visages humains parce qu’ils reflètent encore mieux qu’un fleuve, qu’une flaque d’eau, cette curieuse sensation d’être au monde, à la vie .

Est-ce un effet de compensation, les personnes en handicap disposent souvent d’une sensitivité supérieure à la norme. Nous en avons la preuve avec ces comédiens d’une présence étonnante sur scène . Nous saluerons également les compositions de Peter BONKE en père condamné et mendiant, il est excellent.

Vraiment un très beau spectacle tout public. Ajoutons que le Théâtre de Cristal vient d’éditer un journal « La vie comme un journal » qui donne la paroles aux artistes à travers des poèmes, des histoires courtes, de jolies illustrations, d’une facture très, très attrayante.

Paris, le 13 Décembre 2015              Evelyne Trân

JAURÈS OU LA NECESSITE DU COMBAT, RALLUMER TOUS LES SOLEILS de Jérôme Pellissier Au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS – CARTOUCHERIE DE VINCENNES – du 30 novembre au 16 décembre 2015

JAURES BIS

Auteur : Jerôme Pellissier
Artistes : Eric Wolfer, Alexandre Palma-Salas, Milena Vlach, Guillaume Van’t Hoff, François Perrin
Metteur en scène : Milena Vlach assistée d’Eleonora Ross

 

On en aurait bien besoin de Jean JAURES aujourd’hui. Qui ça on, le paysage politique français, évidemment ! En tout cas c’est le sentiment qui submerge  des spectateurs  venus assister à une représentation de RALLUMER TOUS LE SOLEILS JEAN JAURES OU LA NECESSITE DU COMBAT  de Jérôme PELLISSIER dans la superbe salle en pierre du Théâtre de l’Epée de bois.

La pièce évoque essentiellement les combats menés par Jean JAURES depuis l’affaire DREYFUS  au premier mois de de la guerre de 1914. Pour les illustrer, il suffit d écouter les discours de Jean JAURES lui-même, orateur hors pair sur la laïcité, le colonialisme, l’antisémitisme, la xénophobie.

Jérôme  PELLISSIER a certainement désiré au delà de la figure du tribun politique panthéonisé, rendre compte de la générosité, du courage et de l’intégrité de cet homme qui aimait les hommes, croyait en l’humanité d’où le titre du journal L’HUMANITE qu’il fondât avec une pléiade d’écrivains en 1904.

Sans nul doute c’est le type d’homme qui inspira CAMUS lui même journaliste à Combat. JAURES était en avance sur son temps, notamment lorsqu’il dénonçait le colonialisme, le nationalisme extrémiste . Comment oublier qu’il fit partie des rédacteurs de la Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État et qu’il s’engagea dans la défense de DREYFUS.

La beauté vive et franche du mur de la scène de l’Épée de bois sied à la figure de Jean JAURES, à la fois homme de peuple et bourgeois.  L’espace est frugal, l’histoire se resserrant juste autour de quelques personnages, Charles PEGUY ami puis ennemi de JAURES , DUNOIS, le frère spirituel, Eva JOUARD, journaliste féministe et GAVROCHE vendeur de journaux dans les rues ,qui fait office de narrateur, exprimant par des chansons l’atmosphère de l’époque.

JAURES était un homme d’idées, de grandes idées, il avait un pied sur terre grâce à son journal, véritable oreille des combats de ceux qui ont œuvré pour les droits des travailleurs. « L’humanité n’existe pas encore ou elle existe à peine … nous voudrions que le journal soit en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical ou coopératif »  écrivait-il dans son premier éditorial de L’HUMANITE, le 18 Avril 1904.

Son assassinat à la veille de la guerre de 14 alors qu’il combattait toujours pour l’empêcher, parce qu’il avait la terrible prémonition de ses désastres, a fini par jeter l’éponge sur un homme d’action jugé trop idéaliste, voire trop optimiste, par nombre de ses confrères politiques. Mais TROTSKY, le communiste le plus rouge, l’admirait, avait conscience de la valeur de son idéal pacifiste.

Tous les combats que JAURES a mené contre l’obscurantisme des intellectuels d’extrême droite, xénophobes, antisémites, comment les juger idéalistes, nous qui avons en mémoire la Shoah et devons subir les discours de ceux qui continuent à prendre pour boucs émissaires les étrangers de tous les maux de la société. A un siècle de distance et dieu sait que la société a évolué, ce sont les mêmes débats qui la mobilisent, qui font resurgir les mêmes peurs, qui font entendre les mêmes cloches.

Des milliers de rues, avenues, boulevards Jean Jaurès jalonnent les villes de France, de façon anodine mais celui qui n’a pas de culture politique sait seulement qu’il s’agit d’un grand homme qui fait partie de l’histoire de France . Qui frémit encore en lisant sur la ligne 2 du métro que la station Jaurès se situe entre Stalingrad et le Colonel Fabien ?

Le spectacle s’adresse justement à ceux qui ont envie d’en savoir davantage sur cet homme . Grâce à son interprète Eric WOLFER qui dispose d’une belle voix puissante , c’est non seulement l’ampleur, le sens mais l’émotion du tribun qui frappent, captivent les auditeurs. Il n’avait pas la langue de bois, JAURES, et ses discours sont empreints de la chaleur d’un bon vivant. La vie, il faut l’entendre aussi, c’est le théâtre de la rue, le va et vient des événements narrés par un vendeur de journaux, cette figure énigmatique de Gavroche superbement incarnée par Guillaume van ‘t Hoff.

La mise en scène de Milena VLACH est dépouillée, volontairement non réaliste, concentrée sur l’état de tension permanent qui animait JAURES comme s’il voulait toujours prendre le pouls de la société à la fois comme journaliste et homme politique, ce qui n’est pas une mince affaire.

Mais les piles de journaux aplaties, concassées font un clin d’œil au beau mur de pierres de la salle de l’Épée de Bois, grandiose car chacune de ses pierres évoque le chantier humaniste de JAURES, ici le mot mur parle du travail des mains de beaucoup de travailleurs pour s’élever, eh oui, vers un idéal qui ne soit pas sournois mais qui tienne debout leur mémoire, leur présence quoiqu’il arrive !

Un beau spectacle instructif, passionnant, passionné, à voir de toute urgence !

Paris, le 12 Décembre 2015               Evelyne Trân

 

Carte blanche à Marc-Henri LAMANDE, le mercredi 9 décembre 2015 à 21h au Théâtre de la Reine Blanche – passage Ruelle 75018 PARIS

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NB : Marc-Henri LAMANDE était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE SUR RADIO LIBERTAIRE 89.4, le samedi 28 Novembre 2015,( en podcast sur le site ‘Grille des émissions de R.L.).

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UNE CRÉATION DE MARC-HENRI LAMANDE ET ANTOINE CAMPO

« Antonin Artaud aura 120 ans en 2016. Nous préparons activement la fête avec des feux de musique, des bengales de mots et des chants d’images. Soyez les premiers à venir célébrer l’immense Artaud qui nous interroge plus que jamais sur le présent éternel de cet art nommé théâtre. Cette création aurait pu s’intituler Artaud et son double. Marc-Henri Lamande donne à entendre la voix mais aussi l’humour, il incarne l’artiste qui fit don de sa vie à la création poétique et théâtrale. »

 Distribution :

MARC-HENRI LAMANDE, PIANO IMPROVISÉ ET INTERPRÉTATION

ANTOINE CAMPO, MISE EN SCENE, SCÉNO ET LUMIÈRES

FILM : SANDRINE ROMET-LEMONNE, ASSISTÉ DE JÉRÔME JAVELLE

CRÉATION PHOTOGRAPHIQUE : STUDIO CAMPO ET BURCKEL

CHORÉGRAPHIE : KATHY MÉPUIS

 

Album de Famille – Mise en scène par Isabelle Turschwell et Lauri Lupi au THEATRE DU LUCERNAIRE – 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 PARIS -Du 02/12/15 au 24/01/16 à 19 Heures du Mardi au Samedi, le Dimanche à 15 Heures

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N.B. : Isabelle Turschwell,  Stéphanie Cavaillès, Gildas Thomas,Vincent Hédou étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE en première partie, le samedi 19 décembre 2015 sur Radio Libertaire (89.4)  (en podcast sur le site Grille des émissions de Radio Libertaire).

Artistes : En alternance : Mariline GourdonIsabelle TurschwellCamille VoitellierStéphanie CavaillesPhilippe GouinGildas ThomasRubenVincent Hedou
Metteur en scène : 
Isabelle Tuschwell et Lauri Lupi

 

C’est intime, c’est sacré la famille, non franchement c’est pas évident de l’évoquer à des tiers, à des étrangers à ceux qui ne font pas partie de la famille.

Qui n’a pas connu cet instant fatidique où après un bon repas, la maîtresse de maison sort d’un placard l’album familial . Aussitôt petits et grands se penchent au-dessus des photos qui font pleuvoir toutes sortes de commentaires. Les petits découvrent des figures inconnues, les plus âgés sourient s’embuent de larmes, certains s’éclipsent…

L’émotion gagne du terrain quand tout à coup l’album poussiéreux qui manifestement a envie de prendre l’air, devient un arbre à chansons. Quel bonheur de pouvoir exprimer en chansons tous ces non dits, ces sentiments, ces souvenirs trop figés sur leur album de photos et de pouvoir enfin les partager avec tous les étrangers possibles !

Qui eût cru que des auteurs aussi différents que Sardou, Polnareff, Brassens, Dutronc, Brel, Perret etc. pouvaient être réunis par la grâce d’une de leurs chansons évoquant, maman, papa, la sœur, le frère, le grand-papa et la grand- maman, une famille ordinaire, voyons !

Les comédiens chanteurs de la compagnie du Sans Souci, parfaitement entraînés par les metteures en scène Isabelle TURSCHWELL et Lauri LUPI, ont une pèche d’enfer . Les chansons cocasses, tendres, insolentes font si bien partie de la comédie musicale de cette famille ordinaire que nous croyons que chacun de ses membres en sont les auteurs. Ne parlent-elles pas de leurs embrouilles, de leurs joies, de leurs attentes …

Il est succulent Le blues de l’ado (V. Ansara/A. Nozière/S. Barbaroux ) interprété par Camille VOITELLIER (en alternance avec Stéphanie CAVAILLES) . Il faudrait avoir le cœur bien coincé pour ne pas être émus par le Zoo (David Sire) qui raconte les chamailleries d’un frère et d’une sœur et l’Histoire de roses (Robert Lamoureux) qui parle du départ de la grand-mère et ne pas rire aux larmes avec la chanson Dors mon fils (Les Fatals Picards) .

Voilà un spectacle qui donne du baume au cœur, un véritable artifice de gaîté, d’humour, de poésie. A voir en famille évidemment. Quand nos airs de famille se déclinent en chansons comment ne pas se reconnaître !

Paris, le 7 Décembre 2015                             Evelyne Trân

 

En attendant Godot De Samuel Beckett – Mise en scène Jean-Pierre Vincent – au THEATRE DES BOUFFES DU NORD – 37 Bis Bd de la Chapelle 75018 PARIS – du 4 décembre 2015 au 27 décembre 2015 – Du mardi au samedi à 20 H 30 le dimanche à 16 Heures –

godot1Assisté de Frédérique Plain
Dramaturgie
Bernard Chartreux
Décor Jean-Paul Chambas
Assisté de Carole Metzner
Costumes Patrice Cauchetier
Collaboratrice costume Bernadette Villard
Lumières Alain Poisson
Sons Benjamin Furbacco

Avec
Abbès Zahmani
Charlie Nelson
Alain Rimoux
Frédéric Leidgens

Une épopée en terrain vague est ce possible ? Avait-il un peu de sable dans la main qui vint glisser sur sa page blanche BECKETT lorsqu’il rejoignit les personnages d’En attendant Godot ?

Parce qu’enfin, voilà des personnages qui se moquent de leur auteur qui tenterait en vain de leur donner un peu de consistance Et pourtant il faut bien qu’ils justifient leur existence, leur présence sur cette page blanche, qu’ils s’incrustent à l’intérieur de ce vide effarant, éblouissant. Deux grains de sable qui gratteraient la main d’un créateur providentiel, qui attendraient sa semonce, ses ordres, qui ne cesseraient de remuer pourtant, de parler pour passer le temps . « Qu’est que vous foutez là ?  leur crie Beckett exaspéré ? – Nous attendons Godot » répondent ils en chœur.

Nous attendons tous Godot sans le savoir, un bus, un train, une rentrée d’argent, une date de voyage, d’anniversaire, de vacances, et ainsi de suite, nous sommes toujours en train d’attendre un événement qu’on risque d’oublier ou de ne pas reconnaître comme si nous avions besoin d’une corde au cou pour avancer et peu importe qui tire la corde du moment qu’elle grattouille notre gosier, qu’elle nous fait un peu frémir.

Ne nous voilons pas la face, les pauvres vieux, les gueux pour qui le temps semble s’être arrêté sur un banc public ou sur le trottoir n’attirent pas notre attention. C’est notre enfance partie au galop,soubresaut de mémoire hallucinatoire qui fait apparaître Pozzo et Lucky dans le terrain vague de Vladimir et Estragon , comme par enchantement. Sans doute faut-il surfer sur un temps de l’enfance, une autre planète pour éprouver le charme de leurs conversations. Ils sont uniques ces moments d’enfance où nous croyant seuls au monde, le temps est perçu comme une belle nappe blanche dans laquelle le vent de l’ennui et les bizarreries de nos humeurs peuvent s’engouffrer. A l’autre bout de l’enfance, la vieillesse ou ses rebords, et c’est toujours en quelque sorte la même nappe qui ronronne .

Comment s’empêcher de penser que c’est Beckett lui même qui s’écrie à travers la bouche de Pozzo furieux  « Vous n’avez pas fini de m’empoisonner avec vos histoires de temps. C’est insensé ! Quant ! Quand ! Un jour ça ne vous suffit pas, un jour pareil aux autres …  » pour basculer dans la poésie, une planète où le temps ne ferait pas d’histoires, serait libre …

Lorsque nous étions enfants nous pouvions rêver pendant des heures devant une petite pièce de vingt centimes en songeant aux friandises qu’elle nous permettrait d’acheter . Elle prenait des proportions incroyables, pas une des ses cavités, de ses reflets nous échappait. Et nous savions qu’elle avait 2 faces, qu’elle pouvait rouler, se perdre, c’était extraordinaire !

BECKETT aurait gravé l’histoire de ces clodos penseurs sur une toute petite pièce de monnaie rutilante vagabonde moquée par la grosse lune. Une petite pièce pense-bête qui s’enfouit aussitôt dans le sable, pauvre sable salé de nos paupières. C’est Estragon qui nous y fait songer lorsqu’il se frotte les yeux, rappelé à la réalité minimale de Vladimir.

La mise en scène de Jean Pierre VINCENT nous affranchit d’une quelconque ambition philosophique ou morale, elle laisse libre cours à l’imagination des spectateurs de croire ou ne pas pas croire au château de sable des 4 énergumènes d’En attendant Godot qui tient debout grâce aux silences d’un certain Godot.

L’éblouissement nous parvient du fond de l’illustration onirique lorsque s’entend cette subtile équation organique, la tendresse indicible qui lie Vladimir et Estragon.

Parfois, nous avons l’impression que les personnages parlent trop bien ou sont vraiment très spirituels. Pas évident de s’identifier à leurs propos décalés, à leurs réparties saute mouton. Qu’ils ont de la chance ces personnages de n’avoir plus besoin de se prendre au sérieux et de pouvoir faire rire le public !

Vraiment ce n’est pas réaliste ! A défaut de rencontrer cet obscur Godot, Vladimir et Estragon vivent quelque chose d’unique, une histoire de compagnonnage.

Dans ce désert avec arbre rabougri, squelettique, la lune ou le soleil brouillé fait penser à une grosse pomme mystérieuse, spectatrice malgré elle – mais qui peut savoir si elle pense – des zigzags de quelques gusses aussi seuls au monde qu’Adam et Eve sauf qu’il n’y a pas de vraie pomme, ni de serpent , ni de sexe à l’horizon. Leur espace frémit sous un soleil blafard tressautant sous les billes de leurs paroles, un gage de tendresse, l’attente d’un certain Godot. Lorsque nous étions enfants, nous l’appelions Zorro et toc nous repartions.

Est-ce pour de rire que vous existez pourrait demander l’auteur à à ses personnages ? Pour de rire si vous voulez répondent le metteur en scène Jean-Pierre VINCENT et les comédiens étonnés d’être Vladimir, Estragon, Pozzo et Lucky toujours en cour de récréation …

Paris, le 7 Décembre 2015                            Evelyne Trân

« The Nature and Purpose of the Universe », une pièce de Christopher Durang, mise en scène par David Torres, par la Cie. LA MAISON EN PAPIER au Théâtre de la Reine Blanche – 2 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS – jusqu’au 13 Décembre 2015 – Tous les mercredis à 19 Heures et les dimanches à 15 Heures –

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Une pièce de Christophe Durang

Mise en scène de David Torres.

Avec Pascale Caemerbeke, Diane Dormet, Paul Feat-King, Pierre Izambert, Emmanuel Grospaud, Eric Rolland, Antoine Villard.

Il devait avoir un coup de sang, ce jour où Christopher DURANG, un jeune auteur, décida de s’attaquer par la plume à la sacro sainte famille américaine puritaine des années soixante dix. Coup de sang suite à l’indignation qui le submergea lorsqu’il apprit que sa charmante voisine très religieuse avait été violée par son mari.

Le destin tragique de cette voisine lui inspire donc l’histoire d’Eleanor Mann, engluée dans un quotidien sinistre où ses hommes, ces fils et son mari ne cessent de l’humilier de façon brutale et abjecte. Elle n’a pas d’autre échappatoire que son aspirateur et quelques rêves de bluette puisque abrutie par le malheur elle croit voir dans un représentant de commerce, un prince charmant.

Quand la religion vous cloue le bec en vous parlant de péché, d’un monde meilleur dans l’au delà, de sacrifice, de miséricorde de Dieu, elle devient complice selon Christopher DURANG de toutes les exactions possibles . Le bon Dieu a bon dos et la pauvre Eleanor et sa famille peuvent bien porter le chapeau des misères de ce bas monde. Quelques anges veillent sur eux sous différentes apparences, parfois même diaboliques. N’oublions pas que Lucifer était un ange.

Des scènes de vie familiales atroces par leur banalité côtoient des scènes fumeuses, grotesques, sidérantes comme cet épisode où l’on assiste à la tentative de coup d’état contre Paul IV par une nonne radicale qui se prend pour une papesse.

David TORRES maîtrise ce maelstrom exubérant, pathétique, en alternant scènes muettes et scènes flash . Le résultat est assez cocasse. On pourrait croire assister à des scènes de feuilleton familial télévisuel, court-circuité par des publicités religieuses mensongères.

Cela donne à penser que les protagonistes de cette satire cruelle ne sont pas sortis de leur écran total, celui d’une religion obscurantiste, celui du machisme devenu à ce point une banalité qu’il colle à la peau de la pauvre Eleanor laquelle à bout de forces finira par comprendre qu’elle n’a rien à attendre de la miséricorde de Dieu.

Voila une pièce fort virulente, décapante qui donne envie de découvrir cet auteur dont l’œuvre s’inscrit dans une « culture gay militante ». Il se trouve que dans cette pièce l’un des enfants est homosexuel, ce qui bien entendu affecte l’image de cette bonne famille américaine !

Une vilaine farce qui hélas ne sent pas le réchauffé mais tout de même il s’agit d’une sacrée tarte à la crème susceptible d’éclabousser ou de réjouir selon l’estomac, les spectateurs.

Reconnaissons que la Cie LA MAISON EN PAPIER, très inspirée, met tout en œuvre pour les satisfaire .

Paris, le 29 Novembre 2015                           Evelyne Trân