FIN DE PARTIE de Samuel BECKETT – Mise en scène de Jacques OSINSKI au Théâtre de l’Atelier 1 Place Charles Dullin 75018 PARIS du 19 Janvier au 16 Avril 2023.

Du mardi au samedi à 19h* | Le dimanche à 15h

Prolongations à partir du 9 mars : Attention nouveaux horaires.
Du mardi au samedi à 21h | Le dimanche à 17h

Mise en scène Jacques Osinski
Avec Denis Lavant (Clov), Frédéric Leidgens (Hamm), Claudine Delvaux (Nell) et Peter Bonke (Nagg)

Scénographie Yann Chapotel
Lumières Catherine Verheyde
Costumes Hélène Kritikos
Photographies Pierre Grobois

Texte publié aux Éditions de Minuit

Après Cap au pire  en 2017, la Dernière Bande en 2019 et l’Image en 2021, Jacques OSINSKI signe une nouvelle mise d’une pièce de Samuel BECKETT qui serait la préférée de l’auteur.

Le metteur en scène dans sa note d’intention parle de voyage avec Beckett dont il cite cette pensée tirée d’une lettre à Pamela Mitchell : « C’est étrange de se sentir à la fois fort et au bord du gouffre. C’est ce que j’éprouve et j’ignore laquelle de ces deux impressions est fausse : ni l’une ni l’autre probablement ».

Avant de s’engouffrer dans les multiples considérations que peuvent susciter cette pièce en raison de ses thèmes existentiels les plus criants : la solitude, la vieillesse, la mort, la misère, il est possible de considérer tout simplement cette pièce comme un objet théâtral ou bien un vaisseau théâtral destiné de préférence à d’excellents comédiens tels que Denis LAVANT et Frédéric LEIDGENS sans oublier Claudine DELVAUX et Peter BONKE.

 Tout en respectant les desdicalies du texte, Jacques Osinski crée sur le plateau une atmosphère sans artifice où les personnages donnent l’impression de vivre dans un endroit familier et vivant avec des objets signifiants que ce soient les poubelles où sont engoncés jusqu’au cou deux vieillards, l’escabeau, le chien en peluche, le fauteuil à roulettes. Quant au drap qui recouvre en début de scène le paralysé, décrit comme vieux par Beckett, il rutile d’une blancheur qui contraste avec le gris sombre de la pièce à vivre.

Il s’agit donc bien de cela, pièce à vivre et quels en sont donc les occupants ? Hamm un individu paralysé et aveugle, ses parents en fin de vie et Clov son serviteur boiteux. Que font tous ces personnages, ils parlent … Parce qu’ils sont en situation de dépendance, ils sont obligés de se parler ou s’écouter parler, même pour ne rien dire ou quoi que ce soit qui fasse avancer. Une façon de combler le vide, l’absence de véritable communication avec des mots.   

On parle souvent de vide ou de néant à propos des pièces de Beckett mais ce qui frappe pourtant c’est la présence « extraordinaire » des personnages. Je me souviens d’avoir assisté adolescente à une retransmission télévisée de Oh les  beaux jours  avec Madeleine RENAUD qui interprétait Winnie. Elle crevait l’écran tant elle donnait l’impression de vivre intensément ce qui lui arrivait sans dramatiser la situation tragique, voire effrayante qu’elle subissait.

Cette espèce de fascination, je crois l’avoir retrouvée avec les personnages de Fin de partie, une vision qui s’imprime étrangement dans l’espace comme s’il était encore possible d’entendre converser Hamm et Clov au-delà de la représentation.

Certes il s’agit de situations impossibles, désespérantes, il n’empêche qu’on peut rire et les personnages eux-mêmes se tournent en dérision. Quand le tragique finit par devenir comique. Trop, c’est trop !  Comment lui tordre le cou à ce quotidien « infâme » sinon en le faisant sortir de ses gonds, en se moquant de lui, en lui assignant juste sa place, en le désignant ou en se désignant soi-même. : Toi Hamm, toi Clov, toi le vieux, toi la chaise, toi l’escabeau !

Le fait de désigner opère le hors soi, permet la projection et d’une certaine façon libère. Il importe de convenir de la rotation de ce qui est perçu comme immuable, les instincts de mort et de vie, la jour et la nuit…

La représentation au théâtre opérera toujours ce hors soi, ce pourquoi elle est exigeante, elle requiert l’œil du public ou du metteur en scène, elle est signifiante pour les personnages dans un univers parallèle comme chez Pirandello.

La force des personnages est une révélation. Comment ? Prendre un paralysé aveugle, un boiteux, deux vieillards pour nous parler de l’existence, c’est scandaleux !

Spectateurs, spectatrices, n’ayez crainte, grâce à la mise en scène très inspirée de Jacques OSINSKI qui fait toute confiance à ses interprètes capables de faire retentir tout le poids d’une existence malheureuse avec un indéfinissable clin d’œil de malice, vous ne ressortirez pas tristes ou déprimés.

Tout se passe et c’est probablement une illusion comme si Beckett tel Clov grimpait sur un escabeau et regardant à travers une lunette, s’écriait : Cherchez l’humain !

Le 8 Mars 2023

Evelyne Trân

N. B : Jacques OSINSKI était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur RADIO LIBERTAIRE 89.4 en 2ème partie, le samedi 25 Février 2023, en podcast  sur le site de Radio Libertaire et ci-dessous :

Interview de Jacques OSINSKI sur Radio libertaire le 25 Février 2023  

N. B : L’article a été initialement publié sur LE MONDE LIBERTAIRE. FR

https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7090&article=Godot_enfin_arrive_entraine_le_brigadier_au_theatre

MON CHER ENFANT d’Evelyne Trân aux Editions du net (parution en 2022)

Résumé du livre

La vie comme un roman. Le récit tient du journal intime dérivant sur une histoire familiale évoquée par petites touches impressionnistes.

https://www.leseditionsdunet.com/livre/mon-cher-enfant

Interview d’Evelyne Trân par Hélène HERNANDEZ dans l’émission FEMMES LIBRES sur Radio Libertaire le Mercredi 22 Février 2023.

Une dédicace aura lieu au Festival du livre de Paris le vendredi 21 Avril 2023 de 17 Heures à 18 Heures au Stand B24 (petit carré bleu). 

Le Festival du Livre de Paris se déroule du 21 au 23 avril au Grand Palais Éphémère sur le champs de Mars :

https://www.festivaldulivredeparis.fr/fr/exposants/view/54/les-editions-du-net-la-journee-du-manuscrit.

Femme de mère en fille un documentaire de Valérie GUILLAUDOT au Cinéma l’Epée de Bois 100 rue Mouffetard 75005 PARIS à partir du Mercredi 8 Mars à 20 H 30.

Premières rencontres publiques sur Paris au Cinéma l’Epée de Bois :

Mercredi 8 mars à 20h30

Rencontre avec la réalisatrice du film Valérie Guillaudot

jeudi 9 mars à 20h30

Rencontre avec Michelle Perrot, professeure émérite d’histoire contemporaine

Vendredi 10 mars à 20h30

Rencontre avec Laurence Peuron, journaliste au service politique de France Inter

Jeudi 16 mars à 20h30

Rencontre avec Hélène Elouard, syndicaliste, rédactrice, militante féministe.

Vendredi 17 mars à 20h30

Rencontre avec Sonja Jossifort, consultante et formatrice pour l’égalité femmes-hommes.

Plus d’infos :

sur les rencontres : cameraaupoing.fr/femme-de-mere-en-fille-la…/

sur les séances : allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=312219.html

un documentaire de 74 minutes

Jeune mère de famille, je me suis souvent sentie assignée à résidence. Je renouais alors étrangement avec la réalité de ma grand-mère dans la France agricole et catholique du début du XXème siècle. Ce film est une adresse à ma mère, que je redécouvre, jeune femme des années 50, fuyant la maternité et la vie domestique. C’est  aussi un dialogue avec Michelle Perrot, l’historienne des femmes, sur un siècle d’émancipation.

Note de la réalisatrice, Valérie Guillaudot 

 J’ai toujours été en proie à une aversion pour la vie domestique : cuisine, tâches ménagères… Ce rejet m’a été transmis par ma mère mais comme elle, j’ai finalement choisi de vivre en couple avec des enfants. Je crois que, très tôt en observant mes parents, j’ai appréhendé ce rôle assigné de tout temps aux femmes dans la maisonnée comme étant le fruit de la domination masculine. Imprégnée de littérature féminine de Virginia Woolf à Annie Ernaux, je choisis d’entraîner le spectateur dans un récit autobiographique et générationnel. 

UNE DÉMOCRATIE SPLENDIDE D’ARBRES FORESTIERS d’après les lettres et poèmes de John KEATS. Adaptation et mise en scène de Nicolas STRUVE au Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie Route du Champ de Manœuvre 75012 PARIS. Du  23 février au 05 Mars 2023 du jeudi au samedi à 21h. Le samedi et dimanche à 16h30.

Avec Nicolas Struve (jeu) et Mico Missim (jeu et musique)

Regard scénographique : Raymond Sarti

Regard chorégraphique : Sophie Mayer

Œil extérieur : Stéphanie Schwartzbrod

Lumière : Antoine Durris

Production : l’Oubli des Cerisiers

Photo D.P

Une démocratie splendide d’arbres forestiers, le titre du spectacle tiré d’une lettre du poète John KEATS exprime toute la tonalité de son univers.

Rien n’est impossible pour le poète, surtout pas ses rêves :

« L’humanité́, au lieu d’être une lande sauvage de ronces et d’ajoncs çà et là plantée d’un chêne ou d’un sapin isolé, deviendrait une démocratie splendide d’arbres forestiers. »

Nicolas STRUVE dit que la première fois où il a lu le nom de Keats, c’est dans un livre de science-fiction, Les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons. Keats y était la capitale d’une petite planète qui prenait une place centrale au sein de l’Hégémonie, un regroupement de 200 planètes et 150 Milliards d’habitants. Et c’est ainsi que lui est venue l’envie d’un spectacle sur Keats.

Keats est un poète britannique du début du 19ème siècle considéré comme romantique. Un qualificatif de nature à faire fuir les sensibilités libertaires. Rappelons à ce sujet les propos de Proudhon : « Le romantisme a été de l’idéalisme à corps perdu, du pastiche, de la fantaisie folle et sans nom »,  et  « Ai-je le tort de dire que le premier acte de révolution sociale devrait être de jeter au feu toute la littérature romantique ».

La liberté d’expression se gausse des étiquettes ! Entendez plutôt cet extrait du poème Où est le poète ?

Où est le poète ? Montrez-le ! Montrez-le,

Vous les neuf Muses ! que je puisse le reconnaitre.

C’est l’homme qui en face d’un homme

Est toujours égal, fût-il un roi,

Qu’il soit le plus pauvre de la tribu des mendiants

Ou n’importe quelle autre chose étonnante

Que puisse être un homme entre un singe et Platon ;

Le spectacle de Nicolas STRUVE a le grand mérite de dégager un portrait du poète particulièrement piquant, épidermique et inventif. C’est à travers ses lettres et des extraits de ses œuvres que le comédien nous conte le récit de sa vie de manière très récréative  en utilisant des pancartes en carton et des figures peintes créées avec Raymond SARTI, représentant les différents personnages ayant côtoyé  le poète.

Sans ressources, issu d’une famille modeste, Keats décida de consacrer sa vie à la poésie. Il fut moqué par ses contemporains mais n’en eut cure car il ne recherchait pas la gloire. Atteint de tuberculose, il mourut en pleine jeunesse à 26 ans .

Le comédien entend faire passer la voix d’un jeune homme exalté, énergique et combattant. Il incarne la démarche sensuelle et chaleureuse du poète. Il devient animateur dans un champ de poèmes, de fleurs de pensées courageuses et originales, pensées-poèmes qui courent et ruissellent et qui dansent, s’agrémentant des improvisations de Mico MISSIM.

C’est leur mouvement qui instruit le cœur de John Keats s’écriant : « J’ai pour ambition de faire du bien au monde ».

Le 28 février 2023

Evelyne Trân

N.B : Article initialement publié dans LE MONDE LIBERTAIRE.FR

Sortie du DVD sur Patrick Deny « Une vie de mots, une vie de notes ». Concert à 17 H 30 le Dimanche 26 Mars 2023 à Couleur d’Orange, 9, rue Barbès 93100 MONTREUIL, M° Robespierre.Clin d’oeil à Vania, M.Bühler, J-C Mérillon.

Ils interprèteront P. Deny :

Lucienne Deschamps, Claudia Doumax, Claude Gaisne, Marc Havet, Jules Bourdeaux, Vénus Prins, Nathalie Solence, Rémy Tarrier, Pierre Triboulet, Malek Sadki.

Poémez-vous les uns les autres avec Vincent Bouchot, ténor, et Claude Georgel, saxo le dimanche 19 mars 2023 à 18h au FORUM LEO FERRE 11 Rue Barbès, 94200 Ivry-sur-Seine.Métro 7 – Pierre et Marie Curie / T3A – Porte d’Ivry –

Des chansons de Bernard Haillant, Gainsbourg, Prévert et des créations originales sur des poèmes de Cherasim Luca par Vincent Bouchot, ténor, et Claude Georgel, saxo aux arrangements et aux compositions.

Une création de l’Ensemble XXI.n

Dans le cadre du XXV° printemps des poètes. Hommage à Jean-Claude MÉRILLON – Dimanche 12 mars, à COULEUR D’ORANGE, 9 rue Barbès 93100, M° Robespierre. Concert à 17h. tables pour les poètes et l’Union pacifiste.

Les intervenants :

Bernard Beaufrère, Jules Bourdeaux, Philippe Boischot, Nathalie Baron, Bruno Daraquy, Pierre Dérat, Marie Volta, Claude Gaisne, Marc Havet, Jean-Michel Grandjean, Patrice Jeanne, Pascale Locquin, Raphaële Selval, Nathalie Solence, Rémy Tarrier, Jean-Philippe Winter.

EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES DE KHANH « QUELQUE PART ENTRE LES DEUX »- A LA GALERIE Du côté de chez Loan 56 Rue Ducouédic 75014 PARIS. En présence de l’artiste le 5 Mars 2023 de 11 H à 19 H.

Sur rendez-vous en envoyant un sms au

06 73 42 02 51 ou par whatsApp.

EXPOSITION SCULPTURE CERAMIQUE DE ANNE-MARIE LACROIX RAFFY – A LA GALERIE Du côté de chez Loan 56 Rue Ducouédic 75014 PARIS du 15 Janvier au 5 mars 2023.

Sur rendez-vous en envoyant un sms au

06 73 42 02 51 ou par whatsApp.