DEUX SOEURS de Marine BACHELOT NGUYEN avec Océane MOZAS à  la Ferme du Buisson Scène nationale, Noisiel (77) le Samedi 25 janvier 2025 à 20h30.

© François Passerini

Résumé d’Océane MOZAS

« Il y a longtemps, longtemps, dans un village du Nord Vietnam naissent deux sœurs… »

« C’est dans l’écho de ces quelques mots que Marine Bachelot Nguyen part sur les traces des deux sœurs Trung, véritables héroïnes qui, au début de notre ère, ont su repousser l’envahisseur chinois et libérer le peuple vietnamien.
Tout comme Marine, petite fille d’une grand-mère vietnamienne, j’ai été nourrie par nos légendes familiales, celles de la guerre et de l’exil, celles des séparations et des retours impossibles. C’est sur les traces de nos racines et mémoires intimes que se tisse le récit de 
Deux sœurs. Avant que les fantômes du passé ne s’évaporent à jamais… » 

Texte Marine Bachelot Nguyen
Conception, écriture et interprétation Océane Mozas
Collaboration artistique Igor Skreblin
Création sonore Aline Loustalot
Création lumière Philippe FerreiraVidéo Manuel Rufié
Réalisation du décor dans les Ateliers de construction du Théâtre de la Cité sous la direction de Michaël Labat Réalisation des costumes dans les Ateliers du ThéâtredelaCité sous la direction de Nathalie Trouvé
Avec l’aimable collaboration de Georgia IvesRemerciements Morgan MozasTrần Mạnh TuấnCô Huong Nguyen, Y-Lan Phung et Minh-Anh Pan

Les sentiments, c’est comme la peau, il y a plusieurs couches qui communiquent naturellement entre elles sans que l’on en ait conscience.

Dans l’ignorance on peut aussi parler de seconde peau, celle qui n’a pas vocation d’être exposée ou de s’exprimer et donc qui n’est pas au premier plan.

Le sentiment d’exil ou de déracinement, il faut l’avoir éprouvé pour en parler, ça ne s’invente pas. Parler de soi, parler des autres, dans un monde agité par les guerres et les migrations, les victimes collatérales ne manquent pas. Il est possible d’avoir du recul par rapport à cette réalité. Mais ce n’est pas ce qui intéresse l’artiste qui puise ailleurs sa force d’interroger l’humain, l’humaine.

Il y a de la madeleine de Proust dans la démarche de Marine BACHELOT NGUYEN et de Océane MOZAS, qui ont toutes deux des origines vietnamiennes et sont françaises.

Non cela ne s’invente pas, ce sont les voix de leurs grands-mères vietnamiennes respectives qui ont piqué leur épiderme.

C’est que la langue vietnamienne est aux antipodes de la langue française et d’ailleurs difficile à assimiler en raison de la complexité de ses tonalités.

Ces voix, Marine BACHELOT NGUYEN et Océane MOZAS les ont toutes deux entendues dans leur enfance et à l’âge adulte. Elles en éprouvent tout le charme, tout le mystère d’autant plus qu’elles ne comprennent pas la langue.

Aller au Vietnam, dès lors, quand il s’agit de retrouver une parente dont on a été séparée depuis des années, c’est un choc émotionnel. La pièce exprime ce ressenti à travers le récit des destinées de deux sœurs dont le sang, rappelle Marine BACHELOT NGUYEN, coule dans ses veines. En même temps, nous avons envie d’ajouter que les ruisseaux forment les grandes rivières et rejoignent la mer humaine. Ainsi le récit va se trouver enrichi des propres souvenirs d’Océane MOZAS. 

Evidemment le destin des deux sœurs, la grand-mère et la grand-tante n’a rien d’héroïque, mais comment ne pas faire le rapprochement avec celui des deux sœurs Trung qui ont libéré le Vietnam de la domination chinoise.

Ce faisant, l’auteure fascinée par une grand-mère toujours mystérieuse, en voulant rendre hommage aux    femmes vietnamiennes les idéalise :  elles sont dures en affaire, elles parlent la bouche pleine, elles me sourient mystérieusement, elles sont soucieuses, inquiètes, elles sont devenues minérales, elles sont devenues végétales…

Mais l’auteure parle aussi de fantômes qui se racontent des histoires dans une langue qu’elle ne comprend pas.

Il y a quelque chose d’irrationnel dans ce récit qui fouille dans les racines les plus enfouies de ce qu’on appelle la quête des origines.

En tournant leurs visages vers ceux de leurs grands-mères tels un ailleurs qui se profile infiniment, Marine et Océane affectivement se rejoignent et nous rejoignent.

Que l’on se rappelle tout de même, le Vietnam a été colonisé de 1885 à 1954 (les dates diffèrent suivant les historiens) par la France à l’initiative de Jules Ferry et c’est la grande histoire. Aujourd’hui, il importe de parler des petites histoires qui en découlent, elles peuvent expliquer bien des choses.

De beaux paysages du Vietnam sur fond de scène illustrent les voyages réalisés par Marine BACHELOT NGUYEN et Océane MOZAS mais le regard des auteures est plus profondément intérieur. Lorsqu’au milieu du récit jaillissent quelques chansons populaires vietnamiennes, l’émotion gagne le public.

Océane MOZAS déploie tous ses talents de comédienne, conteuse, danseuse, pour porter avec émotion et passion un récit à la fois intime et épique. Il ne dure qu’une heure et pourtant le public a l’impression d’avoir fait un long voyage dont il ressort ému, charmé. Cette quête des origines, elle est universelle !

Evelyne Trân

Le 5 Janvier 2025

N. B : Le spectacle a eu lieu récemment aux Plateaux  sauvages à Paris et au C.D.N. de Reims.

N. B : Article également publié dans le Monde Libertaire.fr

Nous sommes Septembre de Flore GRIMAUD. Compagnie Rouge de Cœur • Du 30 Janvier au 1er Mars 2025 au Théâtre de la Reine Blanche 2 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS.

À propos de Flore Grimaud

©Compagnie Rouge de Cœur

J’ai assisté, enfant, à l’effondrement de l’histoire d’amour de mes parents. Qu’y a t’il derrière le couple ? Adolescente, je me tourne vers un couple mythique pour trouver la force de continuer à vivre et à aimer, découvre que la femme de ce couple, Romy Schneider, dit que c’est compliqué d’être libre. Femmes, hommes souffrent de ce conditionnement sociétal, marchandage capitaliste entraînant séparations violentes, créant le gouffre, le manque. Jusqu’à ce jour de la Guerrissure : Aimer inconditionnellement.

Je rencontre Mona Chollet et me plonge dans son intrépide “Réinventer l’amour”. La dramaturgie quantique nous permet de propulser les personnages dans un monde mouvant, où nos identités fluctuent et où les niveaux de réalité s’entrecroisent.

Samedi 08 février → 20h00

Jeudi 13 février → 21h00

Samedi 15 février → 20h00

Mardi 18 février → 21h00

Jeudi 20 février → 21h00

Samedi 22 février → 20h00

Mardi 25 février → 21h00

Jeudi 27 février → 21h00

Samedi 01 mars → 20h00

A partir de 14 ans

Théâtre tragi-comédie • ré-inventer l’amour

Compagnie Rouge de Cœur

Texte de Flore Grimaud• mise en scène Heidi-Eva Clavier •Collaboration artistique Antony Cochin avec Manuel Durand et Flore Grimaud • création lumière Léandre Garcia Lamolla • création sonore Heidi-Eva Clavier • scénographe Johnny Lebigot • vidéaste Thomas Bouvet • Costumes Patrick Cavalié. Soutenu par CNL, Adami déclencheur, le Nest CDN Transfrontalier de Thionville-Grand Est, Le Grand parquet, Le Vivat, le 104, théâtre Halle Roublot, Théâtre de la Reine blanche, La fabrique Mimont, Festival Echographie#2, Nouveau théâtre de l’Atalante/ Festival Attention Écriture fraîche, La maison pure fiction

Rencontres à l’issue des représentations :
Samedi 1er février → Rencontre avec Isabelle Desesquelles, autrice du roman Histoire de la femme Sauvage

Samedi 15 février → Rencontre avec Samuel Blumenfeld, critique cinéma pour Le Monde

Samedi 22 février → Rencontre avec Chantal Birman, sage-femme et militante féministe

Le Sens de la Vie est-il un 6e Sens ou celui des aiguilles d’une montre ? de Gauthier FOURCADE à la Manufacture des Abbesses 7 Rue Véron 75018 PARIS du 4 Décembre 2024 au 15 Mars 2025 Mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 19 H.

Auteur, Acteur : Gauthier Fourcade
Mise en scène : Vanessa Sanchez
Scénographie : Blandine Vieillo
Création lumière : Hervé Bontemps

Télécharger le dossier de presse

Résumé

La vie est un jeu paraît-il. Chouette ! Mais où est passée la règle du jeu ? Quel est le but ? Comment savoir si l’on a gagné ?

Est-ce une religion ou un chef qui nous le dira ? Ou faut-il suivre la voie du « toujours plus ? ».

A moins que la réponse se trouve écrite sur une feuille d’un arbre,  au milieu d’une forêt lointaine ?

Privés de sens, nous courrons en tous sens, jusqu’à ce que nous tombions en panne. En panne de sens.

A l’heure de l’intelligence artificielle, il est encore possible de se rembobiner aux images d’Épinal et de gloser à propos d’une feuille de chou.

A quel môme d’aujourd’hui, fera-t-on croire que les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses ?

Et si un. e candide répondait avoir toujours envie d’y croire comme au Père Noël  parce que cela titille son imagination et tant pis pour la réalité ou la vérité qui ont tout leur temps pour se manifester.

Le grain de sel de Gauthier Fourcade, c’est probablement celui des poètes qui ne manquent pas de logique d’ailleurs.

Enfin cette logique s’apparente à cette curieuse vision d’une araignée qui tombe du plafond. Elle court, elle court, l’araignée et elle est fabuleuse.

J’ai toujours pensé que la nature avait beaucoup d’imagination.  D’ailleurs elle a créé l’homme capable de la dénigrer et de faire mieux qu’elle, d’où l’intelligence artificielle. 

Nous vivons dans un monde où il importe d’être rentable. On ne pense pas chez ces gens-là, aurait dit Jacques Brel, on compte !

Avec Gauthier Fourcade on rigole mais on voudrait tout de même lui tirer les vers du nez.

Enfin, voilà un homme capable de tirebouchonner les sens des mots jusqu’ au non-sens et semble-t-il facilement. 

« Ma vie a-t-elle un sens » se demande le tirebouchonneur ?

Le Prince des poètes Gautier Fourcade n’a pas besoin de convoquer Nietzche, Pascal ou Socrate, puisqu’il s’émerveille de beaucoup de choses comme du chant des oiseaux en forêt.

Comment ne pas apprécier ce point de bascule qu’opère le langage pour nous faire dire au présent ce qui est déjà du passé ou bien de l’avenir, un point que Gautier se fait fort de nous commenter.  Juste un peu de vertige mais pas de migraine !

Eh oui, voilà un individu capable de faire trembler la fameuse I.A , il ne se prend pas pour le penseur de Rodin, c’est un cracheur de mots comme des bulles de savon qui dilatent le rêve et nous sourient.

Le 23 Janvier 2025

Evelyne Trân

Article publié également sur le Monde Libertaire.fr

N. B : Gauthier Fourcade est l’invité de l’émission Deux sous de scène sur Radio Libertaire 89.4, le samedi 8 Février 2025 à partir de 15 H 30.

Ma grand-mère disait. Une adaptation théâtrale des textes de Serge PEY par Eva CASTRO à la Manufacture des Abbesses 7 Rue Véron 75018 PARIS du 5 Décembre 2024 au 11 Janvier 2025 les Jeudis, Vendredis, Samedis à 21 H, le Dimanche à 17 H.

  • Adaptation, jeu et mise en scène : Eva Castro
  • Assistance mise en scène: Judith Marvan

résumé

Un étendoir et la guerre d’Espagne, une grand-mère et un saumon, un banc comme une balance.

L’insolite et le poétique se rencontrent alors qu’une femme seule sur scène raconte des souvenirs, des événements, des mots qui ont marqué son enfance.

Ces récits et ces souvenirs sont ceux du poète Serge Pey, qui prête sa langue à la comédienne et metteuse en scène Eva Castro.

Ils sont des récits de liberté, de combat et de résistance; des récits d’une famille républicaine espagnole réfugiée en France. Ils sont également des récits du quotidien, de l’étrange parfois, des récits qui tissent un lien entre hier et aujourd’hui dans une langue qui nous étonne, qui nous réveille.

Une leçon de piano avec Chopin. Théâtre musical, tout public, à partir de 10 ans. La dernière création du célèbre pianiste Pascal Amoyel ! Au Théâtre du RANELAGH 5, rue des Vignes 75016 PARIS du 21 Novembre au 12 Janvier 2025 du Jeudi au Samedi à 20 H 30 et Dimanche à 17 H. Supplémentaire exceptionnelle le Mardi 31 Décembre à 20 H 30.

Une leçon de piano avec Chopin – bande-annonce – YouTube

1:30

A propos

Pianiste reconnu internationalement, Victoire de la Musique, Pascal Amoyel a été récompensé par un Grand Prix du Disque à Varsovie par la prestigieuse Société Chopin pour son intégrale des Nocturnes de Chopin.

Saviez-vous que Chopin a écrit une méthode de piano aujourd’hui quasiment oubliée y compris des pianistes eux-mêmes ?
À partir de ses écrits et dires, Pascal Amoyel imagine une lecture experte et sensible de la Ballade n°1… une masterclass de Chopin telle qu’il en donnait à ses élèves !

Pour en savoir plus sur Pascal Amoyel, consultez sa biographie !

Programme musical :

Chopin
Nocturne op.2 n.2 en mi bémol majeur

Chopin
Prélude op. 28 n.7 en la majeur

Bach
Prélude en la mineur BWV 543 (transcription F.Liszt)

Chopin
Prélude op.28 en ut mineur

Chopin
Mazurka op.17 n.4 en la mineur

Chopin
Mazurka op.7 n.1 en si bémol majeur (extrait)

Chopin
Nocturne op.48 n.1 en ut mineur

Chopin
Ballade n.1 op.23

Chopin
Prélude op.28 n.4 en mi mineur

Une ballade me trotte dans la tête depuis que je l’ai entendue surgir du piano de Pascal AMOYEL lors de cette leçon de piano avec CHOPIN.

Je suis conquise, moi qui n’ai absolument pas l’oreille musicienne et qui par-dessus le marché chante faux.

Avec Chopin pour professeur, cela devient facile, du moins en rêve, d’escalader tous les obstacles qui se présentent aux novices interprètes de ses œuvres.

« Il me faudrait toute une vie disait Arthur RUBINSTEIN pour jouer Chopin. »

Je croyais qu’un mur infranchissable séparait le profane d’un musicien.

Grâce à Pascal Amoyel, grand pédagogue qui ressuscite une méthode de Chopin quasiment oubliée, il est possible, en toute innocence et sans connaissance ou grande culture musicale, de goûter au bonheur d’assister à l’éclosion d’une mélodie, en somme à sa naissance.

« N’oublie pas qu’il faut chanter avec les doigts » dit Chopin à Pascal ou encore « jouer du piano est une danse corporelle ».

« Impossible de mettre des mots sur ce qu’exprime la musique ».

A travers cette leçon de piano, c’est toute une philosophie de vie qui se dégage, et puis vient ce moment où il faut juste écouter l’humble élève Pascal jouer Chopin.

Comment ne pas sourire au simple bonheur d’avoir reconnu une mélodie en comprenant la passion qui anime ceux ou celles qui sont capables de la faire jaillir de leurs dix doigts.

« Laisse la musique éclore d’elle-même » dit encore Chopin à son élève.

Puisse-t-elle éclore encore et toujours !

Une leçon de piano avec Chopin, dans le fond c’est aussi une leçon de vie !  Merci Pascal AMOYEL !

Evelyne Trân

Le 7 Janvier 2025

Colette, l’incorrigible… besoin d’écrire ! Avec Nathalie PROKHORIS à La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris. Du 8 septembre 2024 au 5 janvier 2025 Dimanche à 19h.

Adapté par : Nathalie Prokhoris
Mise en scène : Nathalie Prokhoris, en collaboration avec Marie-Paule Ramo
Avec : Nathalie Prokhoris
Direction d’actrice : Christine Culerier

Un roman en suspens ? Colette ruse, esquive. Au cœur de la bataille, surgissent soudain des pans de sa vie. Un voyage vagabond, facétieux et tendre.
Dans “l’antre” de l’écrivaine, parmi le désordre des papiers écrits, jetés, repris, nous assistons à la naissance d’une vocation à écrire.

Colette plonge à la source de son inspiration, l’enfance, ce paradis perdu où règne Sido, sa mère.
Peu à peu, au fil des mots triturés avec gourmandise, au détour de souvenirs, émerge la figure énigmatique et secrète de son père, le Capitaine Jules Colette.

Nathalie PROKHORIS nous ouvre les portes d’une caverne d’Ali baba. Ne serait-ce pas plutôt la tanière du Capitaine Jules Colette, le père de Colette dont l’imposante bibliothèque devint l’ancre de l’écrivaine.

Enfant, Sidonie, Gabrielle COLETTE n’avait pas besoin d’une caverne d’Alibaba pour nourrir son imaginaire, elle trouvait dans les mots qu’elle récoltait pour leur étrange sonorité une invitation sans bornes au vagabondage . C’est ainsi que le mot presbytère qui tombe par hasard dans son escarcelle lui sert à nommer ce bizarre animal, l’escargot. N’est-ce point miraculeux ! Car les mots parlent invraisemblablement à l’oreille avant d’épouser des significations toutes fabriquées. Ils enchantent le sens auditif et au diable le sens commun !

Serait-ce le secret de la prolixité de cette grande écrivaine ?
Colette qui prétend, faut-il la croire, qu’elle n’avait pas la vocation d’écrire . Le monde enchanté de la lecture lui suffisait amplement. Mais il lui fallait gagner sa vie, alors …

Colette, poète, se peut-il qu’ elle n’ait jamais écrit de poèmes ? Un véritable collier de perles que ces textes réunis au fil des souvenirs d’enfance de Colette ! Un fil précieux scintillant, poétique qui nous permet d’aller à la rencontre de Jules son père et de Sido sa mère, d’authentiques personnages . Colette est une grande portraitiste qui confie : il faut du temps au passé pour verser ses secrets.
Ainsi se rapproche-t-elle de son père si pudique qui devait murmurer à qui voulait bien l’entendre, Sido sa chère épouse : j’ai des secrets.

Vous l’aurez compris, c’est dans ses souvenirs que Colette puise « le goût amer et impérieux d’écrire ».

Une rivière de diamants que tous ces textes mais des diamants tout simples comme les mots qui pleuvaient au-dessus de Colette enfant.

Et nous public, grâce à Nathalie PROKHORIS qui nous jette un charme, nous puisons dans les mots de Colette un bonheur communicatif !

Une inestimable rencontre à ne pas manquer !

Le 9 Décembre 2024

Evelyne Trân

Article également publié sur Le Monde Libertaire.fr

N. B : Nathalie PROKHORIS est l’invitée de l’émission DEUX SOUS DE SCENE à Radio Libertaire.89.4 le samedi 21 Décembre 2024 de 15 H 30 à 17 H puis en podcast sur le site de Radio Libertaire.

 

CROCODILES d’après Dans la mer, il y a des crocodiles de Fabio GEDA Reprise AU MUSÉE NATIONAL DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION Palais de la Porte Dorée 293, av. Daumesnil 75012 Paris. Spectacle tout public à partir de 9 ans – MARDI 17 DÉCEMBRE 10H et 14H – MERCREDI 18 DÉCEMBRE à 19 H.

CROCODILES auThéatre Dunois. 12/11/2017

La représentation du 18 Décembre 2024 sera suivie d’une rencontre avec l’équipe artistique.

Mise en scène & adaptation Cendre Chassanne & Carole Guittat

Avec
Rémi Fortin ou Zacharie Lorent

Images Mat Jacob/Tendance Floue
Montage José Chidlovsky
Création & régie son Édouard Alanio
Création, régie lumière, régie générale Sébastien Choriol
Régie tournée Édouard Alanio ou Sébastien Choriol
Construction Édouard Alanio, Sébastien Choriol, JB Gillet
Collaboration artistique & action culturelle Isabelle Fournier

L’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari
Enaiat, Afghan et Hazara, a dix ans lorsque sa mère le conduit
clandestinement au Pakistan. Les Hazaras sont considérés comme
des esclaves par les Pachtounes et les talibans, qui les persécutent ou
les éliminent. En « abandonnant » son enfant de l’autre côté de la
frontière, la mère d’Enaiat lui donne une chance de sauver sa vie.
Débute alors, pour l’enfant, un périple de 5 années, jalonné d’épreuves,
jusqu’à son arrivée, en Italie, où une famille va l’accueillir.

Le livre

6 années plus tard, Enaiat a 21 ans, il rencontre Fabio Geda, éducateur, auteur : ensemble ils décident d’écrire Dans la mer il y a des crocodiles. Un livre indispensable et maintenant traduit en 28 langues.

Le livre devient CROCODILES, un spectacle destiné à tous, enfants, jeunes et adultes.
Il y a une nécessité urgente de raconter l’histoire au monde. La vraie histoire d’un enfant migrant. Pas celle qu’on nous raconte à la télé. Pas celle qu’on agite à renfort d’images choc et contre productives : c’est à dire à côté de l’humain.
La vraie histoire : celle d’un enfant, sauvé par sa mère, car il n’y a pas d’autre choix : fuir et s’arranger avec la réalité du monde adulte, les trafiquants, les camps de travail, les voyages interminables, l’enfer, l’inadmissible, et ça on l’oublie.

© Mat Jacob – Tendance floue

Il revient de très loin et il n’en revient pas lui-même le jeune Afghan Enaiat qui raconte son parcours de migrant de plusieurs années qui l’ont mené du Pakistan à l’Iran, la Turquie, la Grèce jusqu’en Italie.

Il n’avait que dix ans lorsque sa mère l’a conduit clandestinement au Pakistan afin qu’il échappe aux persécutions des Hazaras, l’abandonnant entre les mains d’un propriétaire de maison d’hôte qui l’a hébergé en contrepartie de son travail, l’école de la vie en quelque sorte pour ce môme.

Enaiat n’a pas besoin de tel commentaire, il rapporte juste les faits, le souffle coupé, comme s’il revivait encore et encore ses événements qui ont mis fin à son enfance du jour au lendemain. Jamais, il n’aurait voulu quitter son village très pauvre où sa famille disposait d’une vache, deux brebis et un champ de culture de blé, il était juste heureux. Quelle école de la vie pour cet enfant qui assiste au meurtre de l’instituteur par des talibans, au sein même de son école. Les talibans pas seulement Afghans, mais aussi Pakistanais, Egyptiens ou Sénégalais «Des ignorants qui empêchent les enfants d’apprendre » s’indigne Enaiat.

 Enaiat n’a pour bagage que quelques instructions de sa mère : ne pas prendre de la drogue, ne pas utiliser d’armes, ne pas voler.  Ultimes recommandations d’une mère à son fils avant leur séparation permettant d’imaginer l’état de désarroi et d’angoisse de la mère.

 « Il te faut toujours avoir un rêve au-dessus de la tête qui te porte quel qu’il soit ». Il faut croire qu’Enaiat avait au moins le courage, l’inconscience de l’innocence. Comment devient- on migrant, balloté de pays en pays ? Quelle est donc cette spirale qui fait d’un enfant un migrant ? C’est qu’il est impossible de se résigner à la misère, aux squats, aux camps de détention, à l’esclavage du travail. Dès lors, comment ne pas devenir la proie des trafiquants d’hommes qui proposent toujours un avenir meilleur dans un autre pays, au prix de quelques années de travail, d’épuisants et dangereux périples à travers les frontières. Enaiat finira par être accueilli par une famille en Italie, reprendra les chemins de l’école.  Il a désormais 15 ans mais sans doute est-il bien plus âgé dans sa tête. Il dit seulement à la fin du récit « Je suis vivant ! ».

 Inspirée de l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari rapportée dans le livre « Dans la mer, il y a des crocodiles » de Fabio GEDA, la mise en scène très épurée de Cendre CHASSANNE et Carole GUITTAT s’érige en porte-voix du témoignage d’un enfant à l’état brut, qui raconte son histoire, sans intention de faire pitié, pour dire simplement  comment, pourquoi,  il est un rescapé et exprimer sa  reconnaissance à ceux qui l’ont accueilli.

 Sans doute est-il plus évident de porter une oreille sensible au témoignage d’un enfant innocent. Une chose est sûre, c’est que notre regard sur les migrants en général, a besoin de projecteurs sur l’humain. On ne nait pas migrant, on le devient par malheur. Le courage d’Enaiat, son bonheur d’entendre sa mère au téléphone après plusieurs années de séparation, justifient au-delà de tout discours, ceux qui tendent leurs mains aux migrants.

La présence de Rémi FORTIN fait penser à un petit Prince moderne qui porterait la nuit sur ses frêles épaules et aurait le pouvoir de l’apprivoiser, apprivoiser les crocodiles, grâce à sa capacité d’étonnement, un désir de vivre invincible. C’est troublant et beau, c’est une parole d’espoir !

Article mis à jour le 4 Décembre 2024

 Evelyne Trân

JUDITH MAGRE DIT BAUDELAIRE AUX CÔTÉS D’OLIVIER BARROT au Théâtre Poche Montparnasse 75 boulevard du Montparnasse 75006 PARIS. Tous les lundis à 19 H à partir du 18 Novembre 2024.

Avec Judith MAGRE et Olivier BARROT

Sous le regard de Thierry HARCOURT

Lumière : Dorian MAHJED-LUCAS

Photographies : Sébastien TOUBON

Entre Judith Magre et Charles Baudelaire existe un lien secret : l’actrice rencontre le poète alors qu’elle a sept ans, en lisant clandestinement Les Fleurs du mal, volé dans la bibliothèque familiale. Elle nous livre ici la moisson de poèmes et de textes dont la musique et la profondeur l’ont accompagnée sa vie durant. Olivier Barrot dresse en contrepoint un portrait ciselé du poète. Après son succès autour des tragédies raciniennes, le duo Magre / Barrot renouvelle l’expérience d’un dialogue complice, dont Baudelaire est cette fois-ci l’enjeu.

« Un soir fait de rose et de bleu mystique » allons écouter Baudelaire dit par Judith MAGRE.

Il y a quelque chose de baroque chez Baudelaire que la voix de Judith Magre à la fois grave et chantante révèle comme si au fond du verre Baudelairien il fallait que crépitent ses incuriosités, ses rêves, ses passions.

Évidemment, l’homonymie entre verre et vers ne peut que nous emballer, elle est renversante dans tous les sens, elle nous permet d’accéder au vertige auquel nous conviera toujours ce poète.

Olivier Barrot a l’œil mi figue mi raisin pour nous conter la vie de Baudelaire dont les Fleurs du mal furent censurées par un certain Ernest Pinard, ça ne s’ invente pas. L’élégante et joviale Judith sourit en enjoignant le public à s’enivrer : tout pourrait chanter Baudelaire, les êtres et les choses.

Judith, elle, nous enchante avec un joli bouquet de poèmes qui respirent aussi bien le mal de vivre que son bonheur.

Et le public ressort le cœur riant ! 

Le 4 décembre 2024

Evelyne Trân

LES CRAPAUDS FOUS – Une pièce écrite et mise en scène par Mélody MOUREY au Théâtre de la RENAISSANCE 20, Bd Saint-Martin 75010 Paris – Du 13 septembre 2024 au 05 janvier 2025 – Vendredi et samedi à 19h – Dimanche à 15h+ les jeudis pendant les vacances scolaires. 

Avec Benjamin Arba, Merryl Beaudonnet, Charlotte Bigeard, Alain Bouzigues, Hélie Chomiac, Gaël Cottat, Rémi Couturier, Paul Delbreil, Charlie Fargialla, Laurence Gray, Tadrina Hocking, Frédéric Imberty, Damien Jouillerot, Blaise Le Boulanger, Claire-Lise Lecerf, Lydie Misiek, Christian Pélissier, Thibaud Pommier, Thomas Ronzeau, Charlotte Valensi 

  • Chorégraphie : Reda Bendahou
  • Scénographie : Hélie Chomiac
  • Musiques : Simon Meuret

L’histoire

1990, New York.
Une étudiante en psychologie rend visite à Stanislaw, médecin à la retraite, pour en savoir plus sur son grand-père, Eugène, et sur ses actions pendant la Seconde Guerre mondiale.

1940, Rozwadów, Pologne.

Deux jeunes médecins, Eugène et Stanislaw, mettent au point un ingénieux stratagème pour berner les nazis et empêcher les déportations de tous les habitants menacés… Mais leur ruse ne tarde pas à éveiller les soupçons dans les rangs du IIIème Reich et les deux amis doivent rivaliser d’inventivité pour que le château de cartes qu’ils ont érigé ne s’écroule pas sur eux.

Dans cette histoire, qui oscille entre deux époques, se croisent une vingtaine de personnages pris dans les rouages fragiles d’une machination vertigineuse.

Avez vous déjà entendu parler des « crapauds fous » ? Dire que le crapaud réputé pour sa laideur et sa bave empoisonnée a depuis la nuit des temps impressionné la gente humaine ! Wikipedia vous viendra sûrement en aide pour vous expliquer ce qu’est « un crapaud fou ».

L’expérience sera beaucoup plus vivante et instructive si vous vous laissez transporter au théâtre pour assister à l’aventure de deux valeureux médecins polonais en pleine seconde guerre mondiale, qui ont imaginé un stratagème particulièrement audacieux pour éviter la déportation dans les camps des nazis de 8000 habitants de confession juive de leur village Rozwadow.

Les deux médecins ont vraiment existé. L’un d’eux Eugène LAZOWSKI est considéré comme un héros mais reste inconnu du grand public. Pour rendre hommage à ces deux personnages de la grande et petite histoire Mélody MOUREY a créé une belle comédie qui illustre la capacité de rebondissement et de résistance humaine face à l’adversité. On pourrait dire que l’ambiance de la pièce est à l’image de ces crapauds bondissants qui refusent de se ranger .

Une histoire vraie ou un conte de fée ? L’auteure a dû songer qu’il fallait à tout prix éloigner les larmes du crapaud car le contexte est sombre. Le ton de la pièce est enjoué et les 9 comédiens, comédiennes qui interprètent une quinzaine de rôles rivalisent d’inventivité pour rendre comiques des situations dramatiques.

Parce que le passé ne peut rester figé, il revient aux jeunes de l’interroger. C’est dans cet état d’esprit au début de la pièce qu’une jeune étudiante en psychologie, petite fille de Eugène LAZOWSKI part aux États Unis rencontrer le vieil ami de son grand-père, Stanislaw MATULEWICZ qui va lui raconter comment Eugène et lui ont réussi à berner ces criminels de nazis.

Une question turlupine l’étudiante, celle de l’expérience des électrochocs de MILGRAM qui dévoile comment le réflexe d’obéissance peut transformer en bourreaux des individus ordinaires. Seul un petit pourcentage de personnes testées refuseraient d’obéir aux ordres qui mettent en danger la vie d‘autrui. On peut se souvenir à ce propos avec terreur de certaines scènes du film Orange mécanique de Stanley KUBRICK.

Après un tour dans un pub américain, changement de décor , les spectateurs sont transportés dans un village de Pologne où s’affairent les 2 médecins « crapauds fous ».Un paysan tout affolé vient trouver Eugène pour lui demander de l’amputer d’un bras car il veut échapper au camp de travail forcé (situation moliéresque). La perspective est si atroce que Stanislaw a l’idée de lui inoculer le vaccin du typhus, sachant qu’en infime dose, il n’y a pas de danger mais qu’il sera néanmoins testé positif à la maladie et donc pestiféré. Par la suite ce sont tous les ressortissants juifs qui seront vaccinés pour abuser les nazis. Difficile cependant de faire comprendre le stratagème à la population sensée être en quarantaine et avoir le typhus sans en présenter les symptômes. Les deux médecins en viendront à faire appel à des comédiens pour interpréter des individus malades de façon à convaincre les nazis de s’éloigner du village.

Les spectateurs, bien entendu, éprouvent les angoisses des médecins qui doivent affronter les interrogatoires des nazis, lesquels n’hésitent pas à les menacer de mort sur le champ. A vrai dire ces soldats sont tellement ridicules qu’ils prêtent à rire.

La scénographie est étonnante avec ses décors en tourniquets qui valsent au quart de tour et la musique est chatoyante.

Menée tambour battant, sans aucun temps mort, la pièce déborde de vitalité, elle est piquante, aussi vivace qu’un crapaud bondissant dont la bave est porteuse de ce savoureux message « Ne renoncez jamais, ne vous résignez pas, le cœur a plus d’intelligence que le mal  ». Qu’on se le dise « Il ne faut pas désespérer de la nature humaine ! ».

Article mis à jour le 25 Novembre 2025

Evelyne Trân

L’Axe du monde : Journal d’un génocide de Hamma MELIANI le samedi 30 Novembre 2024 à 18 H à l’amphithéâtre COMPLEXE MARTIN LUTHER KING à 74100 ANNEMASSE.

Hamma MELIANI était l’invité de l’émission Deux Sous de Scène sur RADIO LIBERTAIRE.89.4, le samedi 29 Juin 2024 en podcast sur le site de Radio libertaire. 89.4.

Article également publié dans Le Monde Libertaire :