UN SAC DE BILLES DE JOSEPH JOFFO ÉD JC LATTÈS MISE EN SCÈNE STÉPHANE DAURAT ADAPTATION FREDDY VIAU 1H10 / DU 4 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 2019 DU MARDI AU SAMEDI À 1 8 H 3 0, LE DIMANCHE A 15 H AU THEATRE DU LUCERNAIRE – 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS –

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AVEC JAMES GROGUELIN

 SCÉNOGRAPHIE : NICOLAS DE FERRAN

CRÉATION LUMIÈRES : ÉRIC SCHOENZETTER

CRÉATION SONORE : RÉGIS DELBROUCQ

CO S T U M E S: RICK DIJKMAN

PRODUCTION : THÉÂTRE DES BONNES LANGUES CORÉALISATION : THÉÂTRE LUCERNAIRE

 

Il ne vous viendrait pas à l’esprit d’associer un sac de billes à une course de migrants du nord au sud de la France et surtout d’imaginer que ces migrants soient des citoyens français.

 L’histoire vraie que raconte Joseph JOFFO dans le sac de billes, c’est une histoire de guerre vécue par des gosses de 10 et 12 ans contraints de fuir en 1941, la zone occupée par les nazis pour rejoindre la zone libre pour la seule et unique raison qu’ils sont juifs. Joseph Joffo s’est attelé laborieusement à l’écriture de ce récit autobiographique, aiguillé par le sentiment que son témoignage devait servir à tous ceux qui luttent pour la paix et la tolérance dans ce monde.

 Freddy VIAU, l’adaptateur pour le théâtre de ce livre devenu un best-seller n’hésite pas à le qualifier de chef d’œuvre. Il n’y a pas d’afféterie dans ce récit, dont le narrateur est un enfant de 10 ans.

L’innocence et les larmes, les bagarres, les cris des enfants qui résonnent dans une cour de récréation, il faudrait avoir le cœur sec pour ne pas être ému par ce bouillonnement de vie !

 Alors, imaginez deux gosses qui quittent cette cour pour vivre le sort de ces migrants qui n’ont pour seul bagage que leur volonté de survivre, leur courage mais aussi la peur au ventre.

  Joseph et Maurice son frère se comportent en adultes avec une âme d’enfant. C’est ce décalage entre ce qu’ils auraient dû vivre en tant qu’enfants entourés par une famille aimante et la découverte d’un monde de cruauté qui est prégnant dans ce sac de billes. Joseph témoigne de sa reconnaissance pour les personnes qui l’ont aidé lui et son frère Maurice à échapper aux nazis, de l’amour de sa famille, toujours porté par le filtre lumineux de l’enfance.

 Le comédien James GROGUELIN qui incarne Joseph et Maurice et également tous les personnages qu’ils croisent au cours de leur périple est remarquable. Il insuffle une énergie communicative à ce récit qui devient un hymne à la vie, « un cri d’espoir et d’amour ».

 Mis en scène avec chaleur par Stéphane DAURAT, voilà un spectacle vivant à ne pas manquer !

 Paris, le 6 Octobre 2019

 Evelyne Trân

JEANNE PLANTE AFFICHE

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  • Mise en scène PATRICE THIBAUD

    Chant et comédie JEANNE PLANTE

    Guitalélé et Violoncelle PHILIPPE DESBOIS

    Casseroles JACQUES TELLITOCCI

    Claviers JEREMIE PONTIER

    Son BENOIT DESTRIAU

    Lumières ALAIN PARADIS

 

Elle a l’art de sublimer le cocasse et on l’imagine volontiers courir à travers les nuages avec un tambour en flammes. C’est en soi une déesse, une figure mythologique, chamboulée de se retrouver sur terre et de devoir se coltiner un quotidien parfois morose qu’elle a pour mission d’étourdir.

 Sa baguette magique, c’est l’humour, sa langue qu’elle n’a jamais dans sa poche et c’est plus fort qu’elle, elle dira toujours ce qu’elle pense et tant mieux car elle sait mieux que personne déclarer son amour à un Italien qu’elle décrit avachi et prétentieux.

 Elle déconcerte, Jeanne PLANTE, elle se déconcerte et ça tombe bien puisque son concert comique et sentimental s’avère une vraie bouée de sauvetage destinée aux âmes complexées de…

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POUR UN OUI OU POUR UN NON de Nathalie SARRAUTE A LA MANUFACTURE DES ABBESSES 7 RUE VERON 75018 PARIS Du 5 SEPTEMBRE au 23 NOVEMBRE 2019 à 19h les jeudis, vendredis et samedis .

  • POUR UN OUI POUR UN NON
  • Metteur en scène Tristan Le Doze
  • Distribution Bernard Bollet, Gabriel Le Doze, Anne Plumet, Remy Jouvain

Quels amis aurions-nous si nous attendions d’eux qu’ils nous ressemblent ou tout simplement qu’ils nous comprennent ? Bien qu’ils se sachent opposés par tempérament, deux amis – on se croirait dans une fable de la Fontaine – se prennent au mot. Puisqu’ils sont amis de longue date, ils doivent être capables de tout se dire, jusqu’à l’indicible pour sonder justement ce que signifie ce mot amitié, cette aura qui les stimule affectivement mais aussi spirituellement.

Nous n’en aurons jamais fini avec les mots nous suggère Nathalie SARRAUTE parce qu’ils servent de parapets à nos inconscients et ce sont des outils après tout, des habits. Qu’est que c’est que ça ?  Personnellement, je me souviens d’avoir saisi l’horreur du ça qui désignait l’innommable, une chose ou une personne avant de découvrir qu’un psychanalyste avait développé le concept du ça.

Un ça qui pendouille comme un collier de mouches mortes que dût porter la petite Sophie dans les malheurs de Sophie. Un ça qui devient inouï lorsqu’il éclaire la figure de celui qui le prononce et trahit son mépris pour l’autre, pour l’ami.

Se découvrir morveux sous le regard d’un autre, voilà qui est désagréable, mais lorsque cet autre est votre ami, il y a de quoi tomber en dépression ou en plein délire métaphysique.

C’est cette dimension métaphysique qui éblouit chez Nathalie Sarraute, à charge pour ses interprètes de mouiller la chemise, d’incarner ce oui et non. A notre sens les deux amis ennemis ne scient pas la branche sur laquelle ils sont posés, ils s’y balancent pour un oui ou pour un non.

Il y a de la parade amoureuse chez ces deux compères. Ils s’affrontent pour mieux s’atteindre et cela va justement au-delà des mots, juste une impression, une émotion communiquée par les comédiens, excellents.

Paris, le 22 Septembre 2019

Evelyne Trân

 

 

 

UNE VIE DE PIANISTE – De Agnès Boury et Paul Staïcu au Studio HEBERTOT – 78 bis Boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Du 22 Avril au 18 Juin 2019 Les lundis et mardis à 19 H – Relâches les 14 Mai, 3 et 11 juin –

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De Agnès Boury et Paul Staïcu

Mise en scène de Agnès Boury

Avec Paul Staïcu

Lumière Charly Hové

Son Allan Hové

Parmi les œuvres interprétées :

Elton John, Prokofiev, Led Zeppelin, Addinsell, Lalo Schiffrin, Piazzola, Ravel, Eroll Garner, Bach, Ten CC, Chopin, Claude François, Osca Peterson, Schumann, Bobby Mc Ferrin , Paul Staïcu  …  

 Elles courent, elles courent les mains du pianiste, fines et nerveuses, elles dansent juste au-dessus des touches du piano, traversées par la musique comme les feuilles par les frissons d’air, aussi lestes que ces jeunes lézards qui semblent accrocher la lumière, remontent les murs puis disparaissent.

 Pour saisir l’âme d’un pianiste, il faut regarder ses mains, il faut se souvenir qu’elles viennent de la forêt, une forêt musicale bien sûr, qu’elles ont tout entendu, tout mémoriser, qu’elles sont véritablement tactiles, elles sont l’orgue de chaque musicien.

 Avec une belle simplicité, Paul STAIKU nous…

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Macbeth (The Notes) D’après Macbeth de William Shakespeare – Conception et mise en scène DAN JEMMETT – avec DAVID AYALA du 28 Août au 13 Octobre 2019 à 19 Heures du Mardi au Samedi. Dimanche à 16 Heures au Théâtre du Lucernaire 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS.

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TraductionJean-Michel Déprats
AdaptationDan Jemmett et David Ayala
Conception et mise en scèneDan Jemmett
Collaboration artistiqueJuliette Mouchonnat
AvecDavid Ayala

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« Arrête ton cinéma » crie t-on familièrement à celui ou celle qui manifestement se prend trop au sérieux. « Arrête ton cirque » ordonne une mère à son fils qui ne tient pas en place. Mais « Arrête ton théâtre ! » cette formule, il n’y a que les critiques pour la formuler à l’encontre de certains metteurs en scène. Dan JEMMETT, metteur en scène fort aguerri a fait lui aussi les frais de méchantes critiques notamment lors de sa mise en scène d’HAMLET à la Comédie Française.

Qui peut se mettre à la place d’un metteur en scène, personne ! Sauf ceux qui sont de la partie bien sûr. Pour qui se prend-il, ce metteur en scène pour imposer au public ses élucubrations, ses fantasmes en s’attaquant aux tragédies les plus géniales…

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LE CORPS DE MON PERE de Michel ONFRAY – Mise en scène et interprétation de Bernard SAINT OMER -• Du 22 au 31 Août 2019, les jeudis, vendredis, samedis à 19h45 puis du 2 septembre au 5 novembre, les lundis, mardis à 19h15. Au THEATRE ESSAION – 6, rue Pierre au Lard PARIS –

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le corps de mon père

Il n’est pas besoin de connaître l’œuvre philosophique de Michel ONFRAY pour s’attacher à ce texte extrait du journal hédoniste du tome 1 « le désir d’être un volcan » paru en 1996.

Ce texte est en écho à sa vision d’enfant, relayée certes par des mots d’adulte mais c’est ce regard d’enfant qui transperce la page se juxtaposant en ligne de mire au portrait du père.

Bernard Saint Omer sculpteur et comédien l’appréhende comme un poème ou peut être bien une sculpture car tandis qu’il parle, ses mains et c’est un passionnant voyage, sont toujours occupées.

Des gestes frugaux comme celui de couper une pomme, malaxer une pâte, ôter un vêtement, sont en adéquation muette avec les mots du fils qui scrute presque en apnée le silence du père.

Si cette expérience, Michel ONFRAY tient à la raconter c’est qu’il croit qu’elle est à l’origine « de manière réactive» à son goût pour…

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Un cocktail de films à déguster très frais au Cinéma LE DESPERADO de Jean-Pierre MOCKY

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Sortie  exclusivité de ses trois derniers films :

les Insomniaques, Crédit pour tous et DossierToroto

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LE DESPERADO « 23, rue des Ecoles 75005 PARIS Téléphone 01.43.25.72.07 – Métro Maubert-Mutualité  

Faudra t-il signer une pétition pour inciter les Parisiens et les touristes à venir faire un tour dans le nouveau cinéma de Jean-Pierre MOCKY « LE DESPERADO » ? 

Faudra t-il attendre que ce vieux renard jette l’éponge, pour saluer le plus prolixe et le plus original des cinéastes dont peut se prévaloir le cinéma français ?

 Jean Pierre Mocky, certes, fait figure de phénomène dans le paysage cinématographique. C’est un artisan qui tient boutique comme l’épicier du quartier, et qui résiste bon an, mal an, face aux supermarchés. Parce que ses films, faute de moyens, ne peuvent pas être distribués dans les grandes salles, faut-il croire qu’ils sont destinés à une petite élite ? Comment, un auteur qui s’escrime à donner la parole…

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Salut au Desperado, alias Jean-Pierre Mocky

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Récemment un traité sur l’indignation est devenu un best-seller à l’instar de l’éloge de la folie d’Erasme. Voilà bien l’épine dorsale des oeuvres de Jean-Pierre MOCKY que l’on imaginerait bien en Don Quichotte des temps modernes ferrailler debout sur sa Rossinante contre des moulins au vent.

Pour sûr, il doit avoir la nostalgie des romans de chevalerie, des chevaliers à la triste figure, des Robin des Bois, des Vidocq. Chez lui, les héros sont souvent des gens simples qui parlent avec leur cœur et qui prennent l’allure de petits extra terrestres parce qu’ils doivent lutter contre les détenteurs du pouvoir, sans d’autres moyens que leur imagination et leur courage à revendre.

Comment déloger de leur piédestal ceux qui ont, désormais, le pouvoir médiatique de diriger les foules ? Oui, nous sommes tous dirigés que nous le voulions ou non, pour aller où, nous n’en savons rien. L’opium du peuple…

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Rencontre avec Claude VENCE, musicien-poète.

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Claude VENCE s’en est allé le 12 Septembre 2018. 

CLAUDE VENCE A TOI MA FILLE / ENREGISTREMENT dans un café de Montparnasse du 27/12/2012

Nous avons rencontré Claude Vence lors d’une émission « Deux sous de scène » sur Radio Libertaire, orchestrée par Nicolas CHOQUET. Et puis, Claude Vence nous a invités à l’écouter jouer au piano dans un café à Montparnasse. Là, nous avons été saisis par la passion qui l’animait. Ce fut un merveilleux moment, un de ces moments unique, privilégié où l’on sent l’artiste en pleine émulsion libérer tout ce qu’il a dans le cœur et notamment cette chanson superbe « A toi ma fille » de Jean Roger Caussimon. Il n’y avait pas beaucoup de monde et donc guère d’auditeurs mais Claude VENCE ne s’en souciait pas, il était simplement heureux d’avoir à sa disposition un piano et de chanter.

Claude Vence pourrait paraitre un artiste d’une autre…

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ESCALE POESIE ET CHANSON. C’ETAIT A LA SORBONNE LE 4 JUILLET 2019. Par Laurent GHARIBIAN.

HERVE VILARD PHOTO GUY KUAN

Hervé VILARD – Photographie Guy KUAN

Créé en 1998 par Jean-Marc Muller et Matthias Vincenot, Poésie en liberté est un concours international de poésie en langue française ouvert aux lycéens, aux étudiants et, c’est à souligner, aux apprentis. Une seule condition : être âgé de 15 à 25 ans. Chaque année, le jury reçoit un nombre croissant de participations. Près de 4000 pour la présente édition 2019. La sélection suppose des choix…cornéliens. Le niveau se révèle particulièrement élevé et témoigne d’une forte créativité venant de toute la sphère francophone. Les poèmes lauréats sont interprétés sur scène par des comédiens professionnels. Cette année encore, l’Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne est rempli. Le prolongement éditorial de cette manifestation d’envergure se concrétise par la publication de plusieurs poèmes par les soins des Editions Bruno Doucey. L’événement scénique, baptisé  » Escale Poésie et Chanson », est organisé par l’ association « Poésie et chanson Sorbonne » avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

En seconde partie, c’est la tradition, un récital chanson a droit de cité dans ce lieu hautement symbolique.

 Figurer au palmarès constitue, pour ces jeunes lauréats, un encouragement certain à poursuivre dans ce mode d’expression. Vingt-deux poèmes sont proposés ce soir du 4 juillet par cinq comédiennes et trois comédiens. En ouverture, Matthias Vincenot, maître de cérémonie décontracté dit le poème « Déforestation » signé Cécile Cantat, angevine inspirée comme le sont, sans exception aucune, ses alter-ego élèves à Shanghaï (Bleuenn Gancel pour « Plaisirs non coupables ») Montréal (Adèle Gosset pour « Le chat » et Emmanuelle Kristof Tessier pour  » L’importun ») Moscou (Jules Paris pour « Le cul vaincu » interprété par Alyzée Lalande). Et Haïti, où étudie Niklovens Fransaint, pour un  » Elle D’un effleurement, Je » très remarqué. A l’instar de son interprète, le comédien Matila Malliarakis : un tempérament à suivre de près…Tout comme son complice Askehoug, le temps d’un poème à deux fort bien mis en scène et signé Maëlan Le Bourdonnec. Un futur numéro de duettistes? Ce serait pertinent.Quant à Bernard Menez, il conjugue sa notoriété sur le mode cool et distille avec sa faconde les sonorités ludiques de Joséphine Vernay ou celles d’Imane Elmouadan.

Les jeunes comédiennes  ne sont pas en reste, à commencer par Margot Lourdet, parmi nos coups de coeur avec « Liberté » d’Elise Daniel et « Pour un piano sans cordes » mots à vifs que l’on doit à Selma Bendada – une deuxième fois primée avec « Fissures » pareillement saisissant et que restitue fort bien Lena Lapres. Marie Oppert honore, elle aussi, les textes dûs à Clément Masselin, Letissia Titouah, Emmanuelle Kristof Tessier (déjà citée) et Marie Defontaine : images puissantes, toutes de contrastes.

Coup de chapeau , également à Eden Ducourant à qui l’on a confié « Les bombes et les papillons. Souvenirs de Syrie ».Façon court-métrage expressif dont l’auteur, Bouchra Assouad, mérite aussi tous les éloges.

 Parmi les auteurs, mentionnons aussi Niamh Fontaine (« A l’ombre »),  Mathilde Loiseleur ( « Maria au théâtre ») , Kevin Bour (l’original « Crayon de chantier »), le Rennois Corentin Dufourg (Prix Simone Veil pour « Parée »), très applaudi aussi. Sans oublier Marie Defontaine (« Anaïs) et enfin Anaïs Lo Re pour ce « Tout va » très singulier… Il faut rappeler combien les interprètes, ici, se révèlent tout autant investis et authentiques.

Pas une seule fausse note dans cette symphonie de mots disant l’ironie, la violence ou la douceur. Il émane de cette première partie – bien rythmée – une sacrée dose d’humour, de gravité, une conscience affûtée de notre monde en effervescence. On y respire la volonté de dire, en beauté, l’accomplissement, l’ouverture sur l’autre, la luminosité l’emportant sur les ténèbres. Oui, un soleil surplombant les tempêtes. Vivement 2020.

En seconde partie apparaît le très attendu Hervé Vilard. Un homme de scène resté intact dans l’émotion, la simplicité et le vrai. Il a su patiemment, avec courage, donner de lui une image nouvelle. De « chanteur populaire » à « chanteur poétique » comme l’a si joliment dépeint Matthias Vincenot dans son texte de présentation. Rien à redire. Cette définition a fait l’unanimité au sein d’un public réceptif et respectueux. Parmi ses auteurs de prédilection, le chanteur nous propose depuis de longues années un choix éclectique, assumé. Et pointu. Nous sommes venus pour entendre les paroles de Marguerite Duras sur la sublime mélodie du regretté compositeur argentin Carlos d’Alessio .Nous sommes venus apprécier l’univers – formidablement restitué – de Michèle Bernard .Nous sommes venus assister au « Café littéraire » de l’immense Allain Leprest qui fut pour Hervé Vilard un ami véritable. Nous savions que allions réentendre l’une des plus belles versions de « L’Echarpe » de Maurice Fanon. Et nous avons redécouvert, parmi  tant d’autres auteurs, Jean Genet dans « Le condamné à mort »(merci Hélène Martin). Un must absolu.Par un artiste attachant, sensible. Lequel ne pouvait quitter la scène sans nous offrir « Capri c’est fini ». Et là, avec cette manière intimiste de recréer ce « tube », Hervé Vilard a montré le chemin parcouru par cet interprète de plain pied avec son époque. Un artiste exigeant. La cordialité en plus.  

Monsieur le ministre de l’Education Nationale est resté un peu plus longtemps que prévu, nous a-t-il semblé…Tout comme la maire du Vème arrondissement. Le public quant à lui – connaisseurs et passionnés- a manifesté son vif contentement. Pour le chanteur et son excellent pianiste accompagnateur. Classieux en tous points…

Cette escale estivale a déjà vingt et un ans. Vivement 2020, une fois de plus…

                                                           Laurent GHARIBIAN