Saïgon / Paris Aller Simple – Un spectacle présenté par la Cie Corossol. Auteure et interprète Eliane Lê Van Kiêm – Musique François Mosnier -Spectacle tout public Jeudi 22 Mai 2025 à 20 H. au Centre socioculturel Toussarégo 21 Avenue Claude Regaud 75013 PARIS. Accès Porte d’Ivry Métro 7. Tram T3 et Bus 83.

SAIGON/PARIS Aller simple ̋ nous interroge sur l’histoire de Vietnamiens en France, la migration en général, l’intégration et la transmission intergénérationnelle.

Spectacle tout public sur le métissage culturel franco-vietnamien.

C’est tout de même loin Saïgon de Paris, plus de 10000 Km à vol d’oiseau entre les deux villes. Si une histoire commune à Saïgon ( aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Villeet à Paris pouvait être racontée, elle trouverait sa source dans la mémoire de quelques vietnamiens déracinés amenés à quitter leur terre natale sans jamais pouvoir y revenir.

 A une époque où les individus privilégient toutes ces informations qui leur sautent au visage grâce à leur portable et les réseaux sociaux, nous voudrions faire l’éloge de la lenteur, du silence, de l’émotion retenue, qui définit l’intériorité de quelques êtres, parle de destinée, un grand mot certes, mais qui a tout de même du sens.

 Photo de Khanh : Eliane Lê Van Kiêm tenant le manteau de son père

En nous racontant l’histoire de son père Louis, Eliane Lê Van Kiêm recouvre son intimité et la sienne propre grâce à la musique et le chant, et justes sont ces chemins qui permettent d’appréhender la présence d’un homme en évoquant ce qu’il aime, avec pudeur, sans le sortir de l’ombre qu’il a toujours souhaitée.

 Son père avait le Vietnam dans la peau, l’écorce de son enfance et adolescence. Arrivé en France en 1947 pour faire ses études, il s’est intégré professionnellement et a épousé une Française. Mais sa vie durant, il a porté en lui comme un lourd secret, la nostalgie de son pays.

 Lumineuse et poète, Eliane Lê Van Kiêm, fait penser à un Petit Poucet adulte, émerveillé par tout ce qui peut lui servir à se rapprocher de ce père trop silencieux.

 Le spectacle parlé, chanté, est à la fois ludique et bouleversant. Il dégage un charme audacieux, celui de la force des sentiments qui abolit toute frontière.

Article mis à jour le 21 Mai 2025

Evelyne Trân

N.B : Spectacle soutenu par la MCFV Mouvement des Citoyens Français d’origine Vietnamienne.

N.B : Article également publié sur le Monde Libertaire.fr

POUR UN OUI OU POUR UN NON De Nathalie Sarraute – Mise en scène et scénographie Sylvain Maurice – Au Théâtre LUCERNAIRE 53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris du 22 janvier au 16 mars 2025 – Théâtre Noir – du Mardi au samedi à 18 H 30. Dimanche à 15 H.

Mise en scène et scénographie Sylvain Maurice
Avec Christophe Brault, Scali Delpeyrat et Élodie Gandy
Lumières Rodolphe Martin
Son Jean De Almeida
Costumes Amélie Hagnerel
Production Compagnie Titre Provisoire
Coproduction Théâtre Montansier – Versailles
Avec la participation artistique du jeune théâtre national, la compagnie Titre Provisoire est conventionnée par le ministère de la culture – drac Bretagne.

Il serait dommage de bouder la nouvelle mise en scène de la pièce de Nathalie SARRAUTE Pour un oui ou un pour un non actuellement au Lucernaire jusqu’au 16 mars 2025 parce qu’elle s’éloignerait quelque peu des intentions de l’auteure en pleine exploration des tropismes au moment de sa création en 1986.

Quatre décennies se sont écoulées et il faut imaginer que la réception de l’œuvre a pu évoluer.  Mais qu’est-ce donc que ces fameux tropismes.  Selon Nathalie Sarraute, le terme tropismes renvoie à des sentiments fugaces, brefs, intenses mais inexpliqués : phrases stéréotypées, conventions sociales. (Source Wikipédia).

Dans le cas de l’ami H2, le tropisme c’est une intonation de mépris qu’il a perçue dans une réponse de l’ami H1.

De la même façon que l’on peut s’émerveiller devant les jolis ongles vernis d’une jeune femme, l’on pourrait s’émerveiller du temps passé par deux amis pour en découdre avec leurs complexes ou leur mal être, réveillés inopportunément par une sensation de malaise qui brouillerait leur communication.

Mauvaises et bonnes pensées se chevauchent et s’il fallait balayer devant sa porte ou celle de ses proches combien de vilaines pensées nous interdiraient l’entrée. Donc il vaut mieux les taire, voire même les oublier.

Nonobstant le fait que le mot « merde » soit tabou, il est possible d’avancer que pour avancer, il faut parfois être fouille-merde. Dans la vie courante, qui a vraiment envie de s’appesantir sur l’inexprimable et les désagréables sensations qu’il a éprouvées dans la journée. D’ailleurs la plupart des individus sont dans leurs bulles et n’ont guère envie d’échanger avec leurs congénères dans les transports en commun, ils préfèrent se pencher sur leurs téléphones portables. Où vont donc se nicher alors les tropismes de Nathalie Sarraute ?

La pièce à la lecture se passe de mise en scène, les mots qui dansent sous les yeux en font office On a l’impression d’un jeu entre les deux amis lesquels se chercheraient des poux pour un oui ou pour un non et somme toute leur démarche est amusante. Comment prendre au sérieux une rupture entre deux amis dans ce contexte, pour un oui ou pour un non ?

Mais au-delà du jeu, c’est de sentiment qu’il est question, celui de l’amitié et c’est un enjeu vital. Si les deux amis s’agrippent aux mots, il doit bien y avoir une raison.

Dans la mise en scène de Sylvain Maurice, il est intéressant de ressentir combien les deux discoureurs sont physiques. Ils pourraient pratiquement mimer leurs paroles. C’est cette présence des personnages interprétés par Christophe BRAULT et Scali DELPEYRAT, impossible à percevoir à la lecture, qui est bouleversante. On les voit sortir de leurs gonds, blessés aussi bien dans leur amour propre qu’affectivement.

S’ils y mettent de la chair c’est qu’il en faut ! La substantifique moelle de la pièce de Nathalie Sarraute ne s’en porte pas plus mal !

Evelyne Trân

Le 28 Février 2025

LES CAPRICES DE MARIANNE d’Alfred de Musset au Théâtre des Gémeaux Parisiens 15 Rue du Retrait 75020 PARIS du 8 Janvier 2025 au 30 Mars 2025 du mercredi au samedi à 19 H. Le dimanche à 15 H.

Adaptation et mise en scène :  Philippe Calvario

Avec :  Zoé Adjani, Philippe Calvario, Mikaël Mittelstadt  en alternance avec Pierre Hurel (les 9 et 23 janvier 2025) , Hameza El Omari, Delphine Rich, Christof Veillon

Collaboration artistique : Sophie Tellier
Scénographie : Roland Fontaine
Costumes : Aurore Popineau
Création musicale : Christian Kiappe
Création lumière : Christian Pinaud

Régie générale : Sébastien Alves

Administrateur de la cie : Daniel Rouland 
Dramaturgie : Modestine Pelle

​​Résumé :

Le jeune Cœlio rêve de conquérir Marianne, épouse du juge Claudio. N’osant l’aborder, il tente d’abord d’utiliser l’implication de la vieille Ciuta, qui n’obtient rien de la jeune femme que l’affirmation de sa fidélité conjugale. 
Cœlio se tourne vers un autre entremetteur, son ami Octave, bon-vivant et libertin et cousin du mari de Marianne, Claudio. Marianne reste indifférente à Cœlio, mais tombe amoureuse d’Octave ; elle lui dévoile son amour à mots couverts et lui fixe un rendez-vous. Octave, d’abord indécis, choisit la loyauté et envoie Cœlio au rendez-vous obtenu. 
Cependant, Claudio soupçonne l’infidélité de sa femme et engage des spadassins pour tuer tout amant qui s’approcherait de la maison. Cœlio tombe dans le guet-apens et, mourant, peut croire à la trahison de son ami en entendant Marianne, trompée par l’obscurité, l’accueille du nom d’Octave.  Octave, accablé, renonce à sa vie de plaisirs et repousse sèchement l’amour que lui déclare Marianne.

C’était avant tout me plonger dans cette écriture profonde et pleine de désirs contrariés qui m’a fasciné. Découvrez une nouvelle langue pleine de poésie qui pourrait sembler parfois abstraite, mais qui est en fait très organique. Les personnages, qui se débattent entre désirs fantasmés et désirs forcés, sont engagés dans une ronde troublante. Comme s’ils courraient tous vers le pire dans une sorte d’urgence, sans pourtant le vouloir.

Philippe Calvario, metteur en scène

1830, c’est la révolution de Juillet déclenchée par la politique réactionnaire de Charles X, le frère de Louis XVI et Louis XVIII. Un vent nouveau souffle sur les esprits, il y a de l’électricité dans l’air. Cela sent le soufre et la jeunesse y est particulièrement sensible.

Musset n’a que 20 ans en en 1830. Sa pièce La Nuit vénitienne représentée à l’Odéon en décembre 1830 est un échec. Deux ans plus tard, il récidive et écrit en deux semaines Les Caprices de Marianne mais cette pièce publiée dans la Revue des Deux mondes n’est alors destinée qu’à la lecture. Elle ne sera représentée qu’en 1851 à la Comédie Française après avoir été plusieurs fois remaniée pour ne pas heurter le public.

C’est évident, le jeune Musset aspire à un monde nouveau, il veut croire à l’amour mais pressent, disons-le vulgairement, que les dés sont pipés…

L’intrigue de sa pièce au fond est assez banale. Deux amis que leurs tempéraments opposent sont amoureux de la même femme qui devient un appât malgré elle. Et c’est ce dont se défend la belle Marianne.

Qu’on y songe, à cet obscur objet de désir qui se focalise sur Marianne qui n’a jamais encore connu l’amour.

La belle Marianne a-t-elle la liberté de dire oui ou non à l’homme qui la harcelle de sa flamme ou à celui qui au contraire voile son inclination à son égard.

Marianne veut se croire libre de ses sentiments alors qu’elle est vierge sentimentalement, son mariage ayant été arrangé avec un homme assis socialement mais âgé.

Les deux jeunes hommes Cœlio et Octave sont égoïstes, ils pensent à l’amour comme à quelque chose qui leur ai dû, le mari barbon agit de même. 

Les caprices de Marianne ne sont pas des caprices.  Par ses propos Marianne montre qu’elle se réveille femme et qu’elle n’entend pas se laisser faire. Il.ne lui suffit pas d’être flattée par les hommages sur sa beauté, elle entend s’affirmer.

Musset est tout à la fois Marianne, Octave et Cœlio. Une vérité de la Palisse pour créer ses personnages comment ne pas se mettre à leur place.

Mais évidemment en essayant de décrypter rationnellement cette malheureuse histoire d’amour, on échappe à la résonance cruelle des derniers mots d’Octave à Marianne tentée de lui avouer son amour : Je ne vous aime pas Marianne c’est Cœlio qui vous aimait.

Ces seuls mots  » je ne vous aime pas » suffisent à blesser mortellement l’être éconduit.

Les poètes tels Musset, Apollinaire et tant d’autres utilisent leurs larmes pour écrire leurs meilleurs poèmes. Gageons que Marianne saura rebondir pour jouir de sa liberté.

Sous l’égide d’Éros et Thanatos la pièce de Musset est plus que moderne, elle a des accents universels, ceux de la jeunesse, de ses rêves de liberté et d’amour …

A travers le personnage de Marianne avant Aragon et Jean Ferrat, Alfred de Musset semble bien signifier que l’avenir de l’homme passe par la femme.  

Philippe CALVARIO, interprète d’Octave signe une version plutôt soft des Caprices de Marianne qui privilégie le texte. De sorte que c’est la langue de Musset si fraiche dans la bouche de Marianne et Octave qui polarise toute l’attention.

 Avec beaucoup de sensibilité, Zoé ADJANI exprime bien le désarroi et le trouble de Marianne confrontée à l’éclosion de ses sentiments et son charme irradie la représentation.

Les Caprices de Marianne, une tragi-comédie qui n’a pas fini d’ameuter les cœurs et l’esprit !

Evelyne Trân

Le 21 Février 2025

GRANDE SOIRÉE THÉÂTRALE ET MUSICALE AUTOUR DE ROMAIN ROLLAND ET BEETHOVEN avec PASCAL AMOYEL pianiste et comédien et le QUATUOR TCHALIK au THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES 15 Av Montaigne Paris 8ème. Réservation : 01 49 52 50 50 www.theatrechampselysees.fr SAMEDI 22 FÉVRIER 2025 À 19H30

À l’occasion du 80e anniversaire de la disparition de Romain Rolland, une grande soirée est organisée le samedi 22 février 2025 dans le cadre prestigieux du Théâtre des Champs-Élysées. Cet évènement sera l’occasion de rendre hommage à l’œuvre et à la pensée du grand écrivain, tout en célébrant un des plus importants compositeurs de tous les temps auquel le prix Nobel de littérature a voué une immense passion et consacré une partie de son œuvre : Beethoven.

Programme :

« Dernières notes, la dernière soirée de Romain Rolland », une pièce de théâtre de Michel Mollard avec Pascal Amoyel, intimiste et émouvante, la pièce nous transporte à Vézelay, le 24 décembre 1944. Incarné par le talentueux pianiste et comédien Pascal Amoyel, Romain Rolland, seul dans sa demeure, livre ses réflexions sur son œuvre, ses engagements et son amour indéfectible pour la musique. Sentant la vie lui échapper, il réalise son vœu le plus cher, interpréter à son piano la Sonate Opus 111 de Beethoven, à qui il avait ni par s’identifier. Il s’éteint quelques jours plus tard, le 30 décembre.

Mise en scène par François Michonneau, la pièce de Michel Mollard arrive sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées après sa création couronnée de succès à l’automne 2023.


Le Quatuor Tchalik au cœur de l’œuvre de Beethoven, enserrant la pièce, le Quatuor Tchalik interprétera deux chefs-d’œuvre de Beethoven : le 13ème quatuor et la Grande Fugue, deux des plus hautes expressions du génie du compositeur allemand. En réunissant théâtre et musique, cette soirée exceptionnelle est une invitation à découvrir ou redécouvrir l’extraordinaire lien qui unissait Romain Rolland et Beethoven,

En réunissant théâtre et musique, cette soirée exceptionnelle est une invitation à découvrir ou redécouvrir l’extraordinaire lien qui unissait Romain Rolland et Beethoven, deux figures emblématiques de la culture occidentale.

Jamon Cordado un roman de Marc-Henri LAMANDE paru aux Editions ARDAVENA.

Jamon Cordado, un personnage qui s’invente au fur et à mesure de la lecture.

Le lecteur se trouve aux antichambres des coulisses de la création, dans l’expectative, l’interrogation, la surprise et il ne va pas au bout de ses étonnures, l’impression de se mouvoir à l’intérieur d’un rêve sans début ni fin , éclaboussé par l’instant.

Extrait :

« Par terre l’imperméable est gris. Je décris clairement : j’aperçois une cravate, il fallait qu’il ait toute la panoplie. Oui, clairement, je me souviens de motifs agricoles sur cette cravate, des gerbes. Pas des tournesols non. Nous parlons une langue rudimentaire. Je repense à l’escalade. Bê. « On reprend. » Reprends. Tu reprends, il reprend. L’autre crétin galonné jette violemment une chaise du commissariat sur le carrelage d’un autre commissariat, elle rebongicle à droite et finit sa course au ralenti dans un écran d’ordinateur comme en ont les civils. Il pète un plomb, l’autre crétin. »

Marc-Henri LAMANDE était l’invité de l’émission Deux sous de scène sur Radio Libertaire 89.4, le 1er Février 2025, en podcast sur le site de Radio Libertaire.

FAIRE SEMBLANT D’ÊTRE MOI écrit et interprété par Luce Mouchel au Théâtre La Flèche 77, rue de Charonne 75011 Paris du 11 Janvier au 6 Juin 2025 le vendredi à 21 H à partir de Mai.

J’aurais pu ne jamais exister, être tout le temps morte !

Les souvenirs au présent, de 5 à 18 ans, d’une future actrice, entre fin des 60’s et début des 80’s.
Le langage évolue avec le corps, la famille et les rencontres, au fil des espoirs, des déceptions, des deuils, des révélations…
Restée au plus proche de ses errances intérieures d’autrefois, la femme qui écrit en a gardé non seulement la mémoire, mais aussi l’écho palpitant en elle, le souffle vivant.

Compagnie Théâtre K

coproduction Les Rivières bleues

De & avec Luce Mouchel

Mise en scène Xavier Maurel

Collaboration artistique Pierre-Alain Chapuis

Création vidéo Véronique Caye

Chorégraphie Caroline Marcadé

Lumières Tom Bouchardon

Labellisé Rue du Conservatoire

Durée 1h15

Comment parler de ce voyage intime sinon en interrogeant l’émotion qu’il peut susciter. C’est une enfant que nous entendons pendant quasiment tout le spectacle. Plutôt que de spectacle, parlons plutôt d’une seule en scène d’une personne qui a besoin pour elle-même et pour les autres de témoigner de son parcours de vie qui l’a amenée à devenir comédienne.

Il y a le filtre de l’enfance, son innocence qui va à contre-courant de la voie délimitée des adultes d’où ce hiatus que Luce MOUCHEL exprime avec des oh, des ah, des hoquets, des onomatopées dissonantes qui font penser au cri de Munch ou à un point d exclamation venu emboutir un point d interrogation.

Décidément, l’enfant et l’adulte ne parlent pas la même langue.

Cette enfant qui parle a un côté sauve-qui-peut, elle est aussi porte bonheur malgré tout, malgré les drames, les non-dits, les silences et cette réalité  » Nul n’est prophète chez soi ».

Lulu s’est trouvée en dehors des murs d’une famille aimée, sans doute aimante mais guère à son écoute. Pour se trouver, il lui a fallu accepter la non reconnaissance de ses proches.

Comment leur expliquer que le théâtre fut sa bouée de sauvetage .

Un récit intense puisqu’il faut basculer dans l’enfance avec tout le décalage que cela implique avec notre perception d’adulte. Il y a toujours cet entrechoquement entre la voix de l’enfant et celle de l’adulte. Deux pays qui coexisteraient dans la même personne ? L’ enfant accouche d’une montagne, l’adulte. On appelle ce phénomène, la mue, l’adolescence, la puberté… Pourquoi est-ce si douloureux ?

Et si le théâtre permettait de faire glisser cette voix qui vient de très loin dans une autre peau, oui, une autre peau qui s’exagère. Comment ne pas penser à la petite sirène qui perd volontairement sa queue de poisson pour avoir des jambes.

C est vrai qu’elle souffre cette petite sirène mais elle ne se plaint pas.

C’est une petite sorcière après tout, elle est l’œil qui dérange . « Ne me regarde pas comme ça, ne pense pas si fort, fous moi la paix » dira l’autre, cet étranger; il faudrait toujours prendre la peine de l’apprivoiser dans sa tête parce qu’il craint, l’autre, il craint ! Il y a toutes ces portes qui grincent et qui gémissent dans les coulisses d’un être, d’un arbre, d’une chose.

Chouette, il y a le théâtre. Je vais pouvoir devenir cette chose qui dérange, la faire parler, lui ouvrir la porte, l’accueillir en somme sur scène et dire de cette chose, cet arbre, cet être, c’est mon personnage ?

Faire semblant d’être moi ou se prendre pour quelqu’un d’autre ou recevoir en boomerang cette remarque « Pour qui te prends tu ? »

Luce MOUCHEL a choisi la liberté d’être moi et elle n’est jamais plus elle-même qu’en étant comédienne . Artiste, c’est un métier qui vous donne des ailes, impossible dès lors de se contenter d’un moi rétréci, ce moi-là, il faut l’ouvrir aux autres, le sortir de sa gangue .

Je est un autre disait déjà Rimbaud, Luce MOUCHEL, à fleur de peau, est son écrin féminin authentique !

Evelyne Trân

Le 7 Février 2025

Article également publié sur le Monde Libertaire.fr

Nos corps empoisonnés de Marine Bachelot Nguyen au Théâtre des Bergeries 5, rue Jean-Jaurès 93130 NOISY LE SEC le 13 Février 2025 à 19 H 30.

Texte et mise en scène Marine Bachelot Nguyen
Avec Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné
Scénographie et vidéo Julie Pareau      
Création lumière et régie générale Alice Gill-Kahn
Régie générale Alice Gill-Kahn ou Clément Salomon Longueville
Diffusion En Votre Compagnie / Olivier Talpaert
Presse Maison Message

Tout le monde ne connait pas l’histoire de TRAN TO NGA qui a pourtant fait parler d’elle tout récemment lors du procès du 25 Janvier 2021 intenté aux multinationales responsables de l’épandage de l’agent sur la terre du Vietnam. Ledit procès a fait l’objet d’un appel le 7 Mai 2024, lequel a été rejeté par décision de la Cour d’appel rendue le 22 Août 2024.

Cette femme aujourd’hui âgée de 82 ans et en mauvaise santé a le courage et la force morale de continuer son combat alors qu’après plusieurs années de procédure, le Tribunal vient de déclarer ses demandes irrecevables. Elle va donc se pourvoir en cassation.

L’initiative de Marine BACHELOT NGUYEN de porter au théâtre le récit de sa vie est particulièrement bienvenue.

Il ne s’agissait pas de faire un biopic hagiographique mais de faire entendre la voix de Tran To Nga à plusieurs âges de sa vie marquée par la guerre du Vietnam (1/11/1955 au 30/04/1975) pendant laquelle elle fut résistante dans le maquis et fut victime de l’épandage de l’agent orange.

Nous pourrions croire que la guerre du Vietnam est terminée mais la vérité c’est que le peuple vietnamien en subit toujours les séquelles puisqu’actuellement, c’est la 4ème génération d’enfants qui naissent victimes du poison de la dioxine.

Il faut entendre le témoignage de Tran To Nga qui fut moqué lors de son audience au Tribunal : « Etes-vous déjà allés au Vietnam ? Avez-vous vu le musée des vestiges de la guerre à Saigon. On l’appelait auparavant galerie des atrocités américaines. Chaque salarié de nos multinationales, chaque être humain devrait y faire une visite… Dans la maternité de Saigon, j’ai vu conservés sur des étagères des bocaux, dans ces bocaux des fœtus de nouveaux nés, un cimetière de bébés déformés par la dioxine. »

Habilement Marine BACHELOT NGUYEN crée des ponts entre la jeune Tran To Nga incarnée ardemment par Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné et Tran To Nga, grand-mère. Par l’entremise d’images vidéo, elles se rejoignent et dialoguent en quelque sorte.

Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné à travers le monologue de la jeune résistante, avec tout l’éclat de sa jeunesse, nous parle d’aujourd’hui et de l’avenir de la planète. Elle est la voix aussi des avocats au Tribunal.

Très instructif et poignant, le spectacle a la forme d’un théâtre-récit ancré dans la réalité, qui a vocation de sensibiliser le public à la cause de Tran To Nga défendue par le Collectif dioxine.

Le spectacle émeut profondément tel un porte-flamme des jeunes appelés à prendre le relais du combat de Tran To Nga . Sa voix toujours très douce résonne :

« Je suis reliée à tous les morts, reliée à tous les vivants et pour que les vivants et les morts soient comptés, il faut simplement de la réparation, il faut simplement de la justice « .

Article mis à jour le 27 Janvier 2025

Evelyne Trân

À l’issue de la représentation Nos corps empoisonnés de Marine Bachelot Nguyen, un temps d’échange est proposé au public avec l’équipe artistique et le Collectif Vietnam Dioxine, en présence de Tran To Nga. L’association lutte pour la reconnaissance officielle et les réparations suite aux effets de l’usage de l’agent orange durant la guerre du Vietnam.

Dans le hall du théâtre, découvrez l’exposition du Collectif Vietnam Dioxine sur l’agent orange par l’illustratrice-graphiste Tram Anh (du 31 janvier au 13 février).

Mau d’âmour. Le spectacle musical hommage à Maurane – Mise en scène de Christel KERN au Théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre au lard 75004 PARIS du 9 Janvier 2025 au 8 Février 2025 , les jeudis, vendredis, samedis à 21 Heures.

  • Auteur : Reprise du répertoire de Maurane.
  • Mise en scène : Christel Kern
  • Avec : Christel Kern : chant et percussions
  • Laura Strubel : piano et choeurs
  • Caroline Stenger : violon électrique et choeurs
  • Direction artistique : Christel Kern
  • Direction vocale: Richard Cross
  • Design lumières : Loïc Marafini
  • Co-productions : Côté artistiK, l’ED&N de Sausheim et les Tanzmatten.

Voir la bande annonce

Nous avons tellement été attristés par la mort de MAURANE, le 7 Mai 1918 que le spectacle hommage de Christel KERN en cet hiver 2025 ne peut que réchauffer nos cœurs d’autant que ce spectacle a lieu dans ce charmant écrin musical et théâtral que représente l’ESSAION. C’est une raison de plus pour se déplacer et venir applaudir Christel KERN une artiste polyvalente, chanteuse, productrice, metteure en scène, auteure, compositrice, que l’on peut considérer comme la petite sœur de Maurane.

Accompagnée au piano et au violon électrique des talentueuses Laura STRUBEL et Caroline STENGER, elle donne un concert chargé d’émotions qui ne manque pas de rappeler que Maurane, était une artiste écorchée vive, entière, très engagée, dotée  d’une voix ensoleillée.

Christel KERN sans chercher à imiter Maurane a une voix puissante et généreuse, et l’on ne peut s’empêcher d’y retrouver quelques accents de Maurane comme un écho qui bouleverse.

Le public aura le bonheur d’écouter entre autres tubes : Place à l’amour, Trop forte, sur un Prélude de Bach, Toutes les mamas …

Voilà un concert qui donne le vertige. Ne le manquez pas, les représentations ne courent que jusqu’au 8 Février 2025.

Une occasion unique de faire une provision de soleil musical au cœur de Paris en pensant à MAURANE !

Le 11 janvier 2025

Evelyne Trân

PROGRAMME DES TITRES INTERPRÉTÉS
Dernier voyage (2007) (Filippi Alana/Jean-Jacques Daran)
Ça casse (1991) Fatal (Peter Lorne)
Cent les sangs (2003) Quand les sangs (Gildas Arzel)
Tout pour un seul homme (1990) (Daria De Martynoff/Maurane/Mulligan Kevin Joseph)
Chanson de l’Autruche (1997) (Philippe Chatel)
Le diable dans la bouteille (Juliette Noureddine)
Jean-Philibert (2000) (Maurane)
L’amie (Maurane)
Invisible (Maurane)
Tu es mon autre (Lara Fabian/Eric Vleminckx)
Les uns contre les autres (1978) (Luc Plamondon/Michel Berger)
Trop forte (2014) (Pierre-Yves Lebert /Jean-Jacques Daran)
Elle oublie (Valérie Gesteau/Jean-Jacques Daran)
L’un Pour l’autre (Peter Lorne)
Sur un Prélude de Bach (Jean-Claude Vannier)
Qu’est-ce qui te fait peur ? (Jean-Pierre Chauvet / Jean Borrel/Jacques Bernet)
Toutes les mamas (Maurane/Evert Verhees/Massart Arnould Frédéric)
Les yeux fermés Amour, Amour (Peter Lorne)
La quête Les misérables Victor Hugo (Claude-Michel Schonberg/Alain Boublil/Jean-Marc Natel)

OLYMPE DE GOUGES plus vivante que jamais. Texte, mise en scène et interprétation : JOËLLE FOSSIER AUGUSTE. Au Théâtre La Divine Comédie 2, rue Saulnier 75009 PARIS à partir du 14 janvier 2025 au 29 Mars 2025 (sauf les 1er et 4 Mars 2025) les mardis à 19 H 30 et les samedis à 15 H 00.

Les idées, les convictions, les revendications défendues avec force et vigueur jusqu’à sa mort par Olympe de Gouges ont eu une influence considérable sur l’évolution du statut des femmes en France.

Nous la retrouvons enfermée dans sa cellule de la Conciergerie, peu avant que son procès n’ait lieu. Elle se raconte à Fabien, son sympathique geôlier puis est conduite devant le Tribunal révolutionnaire présidé par l’impitoyable Fouquier-Tinville. Elle y défend bec et ongle ses convictions, affirme une dernière fois ses idées, ses engagements… Le verdict tombe : c’est l’échafaud pour Olympe qui reste courageuse et digne et déclare avec force la nécessité de faire perdurer après elle ses revendications. Le discours testament de la première féministe de l’Histoire est comme un cri lancé à la postérité.

L’aura d’Olympes de Gouges ne s’est jamais éteinte. De sa biographie expresse, nous retiendrons que Marie GOUZE dite Olympe de GOUGES née le 7 mai 1748 à Montauban et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à la Place de la Concorde à Paris est considérée comme une pionnière du féminisme.

Ses écrits, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne rédigée en urgence en 1791 en réaction à la Constitution excluant les femmes des droits civiques et politiques, quelques pièces de théâtre dont Zamore et Mirzal’Homme généreux, la Nécessité du Divorce, le Couvent ou les vœux forcés, notamment, témoignent de sa féminitude et de ses engagements politiques pour l’abolition de l’esclavage, le droit au divorce, la défense des droits de sociaux.

Victime de la Terreur, elle fut exécutée sur l’échafaud pour avoir bravé ses juges qu’elle traite « De vieux esclaves des préjugés de l’ancien régime … de républicains de 4 jours ».

La pièce de Joëlle FOSSIER-AUGUSTE a pour objet de mettre en lumière la modernité du combat d’Olympe de Gouges pour les droits des femmes.

Incarcérée à la Conciergerie, Olympe de Gouges raconte son parcours de femme libre, déterminée à s’exprimer quoiqu’il arrive. – A noter qu’elle ne s’est pas mariée à la suite de son veuvage, parce qu’une femme n’avait pas la permission d’écrire et de publier sans l’autorisation de son mari –

La pièce permet de mesurer le charisme d’Olympe qui n’a cessé tout le long de ses combats de placarder ses écrits sur tous les murs de Paris.

Un spectacle effectivement très vivant qui donne envie de se précipiter sur les écrits d’Olympe pour s’imprégner de sa verve, son courage, sa détermination.

Le 7 Janvier 2025

Evelyne Trân

Article également publié dans Le Monde Libertaire.fr

Chats-Pitres, Contes Félins du Japon . Spectacle de contes à partir de 6 ans par la conteuse Isabelle GENLIS accompagnée de Fumie HIHARA joueuse du koto au théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS du 18 Janvier au 26 Mars 2025, les mercredis, samedis, dimanches à 16 H, sauf les mercredis 5 Février et 26 Mars, séance à 14 H 20.

  • Vacances scolaires :Vacances scolaires : Du 15 février au 2 mars 2025 :
  • Les mardis, mercredis, samedis, dimanches à 16h
  • Les jeudis, vendredis à 14h20
  • Supplémentaire : 13 février et 6 mars à à 14h20
  • Relâches : Lundis 17 et 24 février 2025, mercredi 12 mars

Les chats ont pris le pouvoir ! Venus du Japon sur un air de Koto, découvrez leurs histoires trépidantes, éclatantes, chat’oyantes !

Sophistiqués, majestueux, tendres, calculateurs, athlètes, veilleurs de nuit, les chats sont partout, de toutes les couleurs, de bon ou de mauvais poil !  Ils mènent la danse de ce spectacle de contes félins, sur les notes du koto qui accompagne leurs chat’rmantes facéties !

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N.B : Isabelle GENLIS était l’invitée de l’émission Deux sous de scène sur Radio Libertaire 89.4 le samedi 28 Décembre 2024. En podcast sur le site de Radio Libertaire.