LA FIN DE L’HOMME ROUGE – Dix histoires au milieu de nulle part – Svetlana Alexievitch – Editions Acte Sud – Adaptation et mise en scène Stéphanie Loïk – Au théâtre de l’ATALANTE – 10 Place Charles Dullin 75018 PARIS -du 6 janvier au 3 février 2019 – lundi, jeudi et samedi à 19h00 – mercredi et vendredi à 20h30 – dimanche à 17h45 . Relâches exceptionnelles mercredi 30, jeudi 31 janvier et vendredi 1er février 2019 à partir de 14 ans . Durée du spectacle : 80 minutes

 

Bolshevik national party militant posing in front of a statue of Lenin in the premises of the Communist Party in Moscow.

photo Guillaume Herbaut

La Russie, un peuple comme un grand corps, ses muscles, ses artères, ses poumons, ses racines, son cœur. Cette réalité si complexe, Svetlana ALEXIEVITCH, journaliste de formation, tente de l’éprouver à la façon d’une acupunctrice dont les aiguilles se plantent sur les points les plus sensibles de la peau afin d’évacuer les douleurs.

Dix histoires au milieu de nulle part brassent les témoignages de femmes et d’hommes de la Russie et la Biélorussie d’aujourd’hui sous l’ère de Vladimir POUTINE et d’Alexandre KOULENCHENKO.

Comment respirent-ils ces hommes et ces femmes qui ont eu à subir les attentats terroristes de Moscou, la guerre de Tchétchénie, le pogrom contre les Arméniens ?

Il est évident qu’on ne les entend pas dans les médias, ces travailleurs tadjiks qui viennent du Caucase à MOSCOU victimes de la répression, traités de « culs noirs » er de métèques ».

Il ne s’agit pas pour Svetlana ALEXIEVITCH de faire du reportage « doloriste » pour le plaisir de susciter la compassion. La vérité c’est que tous ces gens au-devant desquels elle se tourne n’ont jamais la parole dans leur propre pays, ils sont invisibles.

Délicate est donc sa mission politique de leur offrir une visibilité, une écoute que la plupart n’imagine pas possible.

Ce sentiment est profondément partagé par la metteure en scène et adaptatrice Stéphanie LOIK.

Six comédiens, trois femmes et trois hommes, également chanteurs, circassiens et danseurs, jouent le rôle de passeurs de leurs histoires. Ils forment un chœur dans l’obscurité, la plus à même de représenter leur espace souterrain.

Langage du corps ! C’est ce langage qu’explore de façon tangible la metteure en scène, pour mettre en valeur toutes ces correspondances entre les expressions des visages, des mains, des dos, des silhouettes de chair en somme, porteuses des paroles des invisibles.

Chorégraphie au ras des émotions, à fleur de peau, de silences aussi, juste pour écouter, comprendre aussi que l’histoire des humains transite nécessairement par le corps et donc notre mémoire, cruciale.

Lors d’un récit particulièrement tragique, le chœur crie « Tais toi ! » Et nous-mêmes, spectateurs, pourrions-nous demander pourquoi répandre le bruit de toute cette douleur insupportable.

Parce que tous ces crimes rapportés questionnent l’humain et qu’hélas nous n’en n’avons pas fini de lutter.

Le chœur chorégraphié par Stéphanie LOIK a la beauté d’une colombe qui étend ses ailes, qui porte juste dans son bec un message, un rêve de paix.

Paris, le 11 Décembre 2017

Mis à jour le 5 Janvier 2019

Evelyne Trân

 

Avec : Vladimir Barbera, Denis Boyer, Véra Ermakova, Aurore James, Guillaume Laloux, Elsa Ritter

Auteur Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de littérature 2015)
Publié aux éditions Actes Sud / Traduction de Sophie Benech
Adaptation et mise en scène Stéphanie Loïk
Création lumière Gérard Gillot
Création musicale, chef de chœur Jacques Labarrière
Chants russes Véra Ermakova
Assistante à la mise en scène et régie son Ariane Blaise
Assistant Compagnie Igor Oberg
Film Jean-Christophe Leforestier 
Photos ©Michael Bunel

LA FIN DE L’HOMME ROUGE– Le temps du désenchantement – Auteur Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de littérature 2015) . Publié aux éditions Actes Sud / Traduction de Sophie Benech – Adaptation et mise en scène Stéphanie Loïk au THEATRE DE L’ATALANTE – 10 Place Charles Dullin 75018 PARIS – Les dimanches 6, 13, 20, 27 janvier et 3 février à 16h à partir de 14 ans Durée du spectacle : 60 minutes –

DISTRIBUTION

Lumière : Gérard Gillot
Création musicale, chef de chœur : Jacques Labarrière
Chants russes : Véra Ermakova
Assistante à la mise en scène et régie son : Ariane Blaise
Assistant Compagnie : Igor Oberg
Film : Jean-Christophe Leforestier
Photos ©Michael Bunel

Avec :
Vladimir Barbera
Denis Boyer
Véra Ermakova
Aurore James
Guillaume Laloux
Elsa Ritter

La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement de Svetlana ALEXIEVITCH peut demander des jours de lecture. Nous imaginons volontiers des lecteurs ou des lectrices plongés dans ce livre dans le métro aux heures d’affluence. C’est le meilleur climat pour aborder cette œuvre, pour s’éprouver à la fois dans et au dehors, entouré , individu coincé au milieu de la foule et en faisant partie.

Pas de conscience individuelle sans conscience collective et inversement. A l’intérieur de la forêt des centaines de témoignages qu’a recueillies Svetlana ALEXIEVITCH, c’est le clignotant « rouge, qui lui est apparu tel un phare sanglant, tel un étendard brandi par l’homo sovieticus . Qu’est ce donc qui peut faire flotter le drapeau, si ce n’est le vent de l’histoire. Alors avec tous ses témoins, l’auteure de la fin de l’homme rouge, de l’homme communiste, entend signifier que les individus avec leurs petites histoires font partie de la grande histoire, ce grand arbre qui entend cacher la forêt humaine.

Elle est celle des émotions qui restent en marge, qui cramponnent l’individu dans le brouillard, le clouent parfois au sol, émotions utilisées par la propagande .Car ceux qui ont le pouvoir, ce sont ceux qui savent manipuler, la vox populi. C’est la raison pour laquelle, Svetlana ALEXIEVITCH a choisi de descendre jusqu’aux chevilles de ces témoins, qui ont touché le sol de cette grande Russie.

Trente ans d’histoire où se chevauchent en montagnes russes des perspectives qui se côtoient et s’ignorent . Celles des générations qui ont vécu en croyant dur comme fer au dieu Staline, qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la perestroïka , la guerre contre l’Afghanistan, celles qui découvrent la société de consommation.

L’adaptatrice de ce roman fleuve, Stéphanie LOIK sait qu’il existe un espace temps, celui de la scène au théâtre, celui de l’orchestre au concert, celui de la tolérance, qui permet aux voix les plus divergentes de s’exprimer en chœur.

Ce manifeste de mémoire exige l’écoute de chaque participant qui doit trouver sa place particulière au sein du collectif. La mise en scène de Stéphanie LOIK fait penser à une symphonie exécutée par des corps chargés, chacun de sa mémoire particulière, qui lâchent leurs notes, leurs paroles ici et maintenant dans la terre commune.

Nous pourrions dire fosse commune sauf que cette mémoire est vivante, respirable, entendante. Chant inespéré, ourdi hélas par les psychodrames… Il y a des témoignages qui changent de peau et c’est là que l’on comprend que la souffrance ne doit pas rester terrée individuellement, que l’écoute d’un autre a valeur de réceptacle ouvert, solidaire. Qu’attendons nous du regard de l’autre, qu’il soit méprisant, moqueur, critique, agressif ou bienveillant ?

Vaste question ! Bien-pensance, allons donc ! Soupirs ! Nous sommes concernés, entourés. Voici que je songe à des milliers de kilométres de cette belle Russie, à cette strophe du poème « L’âge de raison » de Francis Blanche :

La ville écrase la forêt

pour y installer son décor

sans songer au bruit que ferait

le chant de tous les oiseaux morts.

C’est à méditer, n’est-ce pas, comme le magnifique spectacle que nous offrent Stéphanie LOIK et sa belle équipe de comédiens chanteurs, inspirés, dans la lisière de cette forêt commune, inconscient collectif qui tend à la conscience.

Paris,  le 20 Novembre 2017

Mis à jour le 5 Janvier 2019  

Evelyne Trân

LA PAROLE DU SILENCE – COMPAGNIE MIME DE RIEN – Ecriture et interprétation Elena SERRA – Mise en scène Eugenio ALLEGRI – Au Théâtre du Ranelagh 5, rue des Vignes 75016 PARIS – Mardi à 20h, 1 représentation par mois – 18 décembre 2018 ; 22 janvier 2019 ; 19 février 2019 ; 19 mars 2019 –

Ecriture et interprétation Elena SERRA

Mise en scène Eugenio ALLEGRI

 

L’émotion est au rendez-vous dans le spectacle d’Elena SERRA, une émotion chargée d’écume où l’humour, l’espièglerie vont de pair avec la poésie, le conte de fée d’une artiste.

 Elena SERRA ne s’est pas remise de sa rencontre à 20 ans avec le mime Marceau lors d’un séminaire. Elle connaissait déjà la sculpture, la danse, le chant, la musique, il lui fallait ajouter une corde à son arc, le mime.

 Elle réussit à séduire le maître en interprétant Médée et entre à l’Ecole internationale du mimodrame créée par Marcel Marceau.

 Elle a plus l’allure d’une sorcière que d’une fée, la manager d’Elena mais quelle présence, quel bagout ! C’est la tante d’Elena un peu bossue qui n’a pas la langue dans sa poche qui donne le coup d’envoi à la bobinette cherra déroulant le parcours d’Elena.

 « J’avais 20 ans ! » ne peut s’empêcher de s’exclamer Elena avec son gracieux accent italien. Il faut croire qu’elle les a toujours, elle continue à valser sur les ondes d’un rêve devenu réalité.

 Comment perdrait-elle le nord quand tant d’esprits lui assurent que l’art du mime sollicite l’imaginaire du public, suspend le temps, renvoie à tous ces flottements indicibles qui suggèrent les sentiments sans jamais les figer.

 Avec grâce, elle interprète notamment la scène du Pierrot Deburau qui mime le vol d’une montre, cette scène célèbre des « Enfants du Paradis » incarnée par l’inoubliable Jean-Louis Barrault.

 Et puis, elle poursuit sa conférence sur le mime qui ne parle pas, avec de jolies anecdotes, sûre de ne pas se laisser enliser par l’émotion grâce à sa fringante tante qui la tire par la manche.

 Car Elena SERRA est aussi comédienne, elle est à la fois la nièce et la tante avec une aisance incroyable.

 Une véritable performance d’artiste dans le cadre lumineux du magnifique  Théâtre du Ranelagh.

 Il flotte dans l’air tant d’étourdissants souvenirs de Montand, à Prévert en passant par l’Italie et Marcel Marceau que le public a l’impression d’avoir fait sa provision de rêves pour l’année.

 A ne pas manquer !

 Paris, le 2 Janvier 2019

 Evelyne Trân

 

Dans le cadre du FESTIVAL VIRTUEL.HOM[ME] – 4e EDITION – L’Amour en morceaux – Compagnie Tàbola Rassa – THÉÂTRE VICTOR HUGO 14, avenue Victor Hugo- 92220 Bagneux – Du vendredi 30 novembre au mardi 4 décembre Vendredi, samedi, mardi à 20h30 et dimanche à 17h00 –

 

Mise en scéne et texte français Olivier Benoit

Interprétation Maria Cristina Paiva et Asier Saenz de Ugarte

Création lumière Jorge Garcia et Sadock Mouelhi

Costumes et marionnettes Maria Cristina Paiva

Adaptation et dramaturgie Maria Cristina Paiva, Jonata Puente et Olivier Benoit

Chorégraphies tango Jean-François Auguy et Brigitte Buisson

Musicien Rémi Libéreau

Photographie Romain Danger

 

Il était une fois un homme seul, terriblement seul, un brave homme tout de même dont la vie est réglée comme sur du papier à musique, avec son refrain infernal : métro, boulot, dodo.

 Un jour, séduit par une publicité qui lui vante le bonheur d’avoir à domicile une compagne de rêve, il achète un mannequin qui arrive par la poste en morceaux.

 Aucun risque de déboires avec cette femme automate programmée pour satisfaire tous les désirs d’un homme. Il suffit d’apprendre à bien la manipuler grâce à la notice. Elle est capable d’assurer le ménage, apporter le petit déjeuner et se prête volontiers à tous les attouchements possibles.

 Une femme objet dans toute sa splendeur ! Mais les objets vivent, figurez-vous, indépendamment de nos désirs, ils savent profiter de nos absences, à moins qu’ils ne deviennent les supports de quelques esprits invisibles.

 Le spectacle librement adapté de la nouvelle « Amor em pedaços » de Caio Silveira Ramos se réfère à une réalité qui dépasse les bornes.

 « Au Japon, les « rabu dôru », poupées en silicone hyper-réalistes dotées d’un vagin amovible, existent depuis plusieurs années et il s’en vend des milliers tous les ans. Souvent veufs ou célibataires endurcis, leurs acquéreurs les traitent parfois comme de vrais êtres » 

 S’agit-il d’un phénomène de société révélateur des pertes de repères des individus qui privilégient leurs bulles pour se protéger d’un monde ressenti comme dangereux, voire explosif.

 Question philosophique par excellence, l’objet peut-il supplanter l’esprit ? Un leurre reste un leurre, un artifice d’accompagnement. Croit-on vraiment que les personnes âgées à qui l’on offre un chien en peluche robot pour les calmer, ne peuvent faire la différence entre un vrai chien et ladite peluche ? Et si elles ne sont plus capables de faire la différence, n’est-ce pas aller dans le sens de leur perte de conscience que de leur donner un faux animal plutôt qu’un vrai lequel évidemment poserait bien des problèmes matériels.

 De tels choix impliquent une vision tellement matérialiste de l’humain ! Une façon de considérer l’homme lui-même comme un objet, en persistant à l’évaluer en termes économiques, à l’assimiler à une marchandise ou un cobaye médico-scientifique.

 Chassez le naturel, il revient au galop ! Fichtre ! Dans le merveilleux spectacle de la compagnie TÀBOLA RASSA, la nature reprend ses droits, elle guide notre imaginaire intempestif en nous rappelant que nos désirs ne sont jamais statiques, ils évoluent, ils ne cessent d’évoluer grâce à cette part d’inconscient qui nous échappe mais nous permet d’ouvrir d’autres portes que celles furieusement utilitaires de notre société.

 « Objets inanimés, avez-vous donc une âme… » s’exclamait Lamartine. Nous pouvons le croire pendant ce spectacle subtilement magique qui dévoile comment une femme robot, objet de fantasmes d’un célibataire possessif, finit par lui échapper complètement.

 Grace à une mise en scène superbement réglée, nous entrons dans la tête du personnage plein de contradictions car en réalité ce qu’il attend de la femme automate c’est qu’elle lui procure les mêmes émotions qu’une vraie femme.

 D’une certaine façon le spectacle visualise ses rêves et cauchemars, ses petites frayeurs, ses maladresses masculines, son machisme ordinaire tout en le portraitisant de façon plutôt touchante et drôle.

 Nous espérons que ce spectacle certainement inspiré de la fantaisie fascinante de Méliès, des films muets d’antan, auxquels s’ajoute la dimension comique du slogan publicitaire  » Achetez donc une femme robot !  » continuera sa tournée pour le bonheur des grands et des petits.

Le merveilleux n’a pas de prix !

 Paris, le 29 Décembre 2018

 Evelyne Trân

DÉJEUNER CHEZ WITTGENSTEIN De Thomas BERNHARD – Traduction Michel NEBENZAHL – AU THEATRE DE POCHE MONTPARNASSE – 75 bd du Montparnasse, 75006 Paris- DU 10 JANVIER AU 3 MARS – Représentations du mardi au samedi 21h, dimanche à 17h30 –

Mise en scène : Agathe ALEXIS

avec   Yveline HAMON, Dene, la sœur ainée

Anne LE GUERNEC, Ritter, la sœur cadette

Hervé VAN DER MEULEN, Voss, le frère, 

Scénographie et costumes : Robin CHEMIN

Réalisations sonores : Jaime AZULAY

Lumière : Stéphane DESCHAMPS

Chorégraphie: Jean-Marc HOOLBECQ 

Production Compagnie Agathe Alexis, en coréalisation avec le Théâtre de Poche-Montparnasse en collaboration avec le Studio d’Asnières .Création au Théâtre de l’Atalante à Paris en janvier 2016 . Le rôle de Ritter était tenu par Agathe Alexis. L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté http://www.arche-editeur.com

 

La famille dans tous ses états ! Si vous souhaitez repêcher le sens intime du terme fraternité ou de sororité (peu usité) vous pouvez vous inviter au déjeuner spectacle chez Wittgenstein, concocté par Thomas BERNHARD, grand observateur de ce terrible panier à vapeur que constitue le noyau dur familial, la coque de noix rugueuse, léchée à vide, si chère à Freud, foyer de toutes les névroses.

Dieu le père est mort mais sa présence redoutable hante les esprits des enfants, deux sœurs et un frère, d’âge mûr, qui à l’occasion d’un déjeuner vont régler leurs comptes avec l’institution paternelle, sans nul doute quelque peu responsable de leurs destins, leurs rêves inassouvis, leurs faillites, leurs désenchantements.

Trop fort ce père qui lègue sa fortune à sa progéniture mais les lâche dans la vie, fourbus de complexes, avec cette sensation d’avoir été écrasés par sa personnalité, mal aimés. Conséquence, le fils est un écrivain philosophe raté qui ne trouve d’auditeurs que parmi les patients d’une clinique psychiatrique. Quant aux sœurs, deux comédiennes de second ordre, de tempérament opposé, la cadette farouchement individualiste, l’aînée apparemment plus conformiste, elles se voilent la face sans trop y croire, il ne reste plus rien de l’époque glorieuse du père, elles ne font que vivoter.

Fort heureusement l’arrivée du frère Voss que la sœur aînée Dene a réussi à faire sortir de sa clinique, va bousculer leur train train quotidien, de façon spectaculaire.

Nous ne raconterons pas comment car la surprise vaut d’être vécue en même temps que les protagonistes sur scène. C’est tout à fait jubilatoire, voire euphorique.

La mise en scène d’Agathe ALEXIS est réglée au cordeau. Ah ces assiettes et ces verres que ne cesse de frotter Gene, telle une Lady Macbech, tandis qu’elle papote avec sa sœur à propos de ce frère « impossible » qu’elle entend enfin dorloter comme un fils prodigue. Et la pauvre Ritter qui compense ses allergies familiales en dansant et en buvant !

« Et vous voudriez que je rentre dans votre manège immobile, lugubre et étriqué » semble crier le frère aux deux sœurs interloquées . Faire semblant, faire semblant, est-il possible que les sœurs pourtant comédiennes soient démangées par un affreux pressentiment, non cela ne suffira pas à faire taire leur folie et surtout pas celle du frère ! Sur des airs emportés de Beethoven, la guinguette familiale ne prend pas l’eau, elle explose.

Les comédiens épatants donnent toute la longueur d’onde humaine, déchirante et burlesque qui se dégage de cette pièce dressée par Thomas BERNHARDT, telle une nappe aux premiers abords lisse et convenable mais dont les détails traversés à la loupe se révèlent insolents, monstrueux et même fantastiques.

Ne ratez pas ce déjeuner chez Wittgenstein, particulièrement énergétique, véritable capsule euphorisante pour tous ceux qui rechignent parfois à s’asseoir à table en famille. Cela peut vous inspirer si jamais vous osez vous donner vous même en spectacle !

Paris, le 23 Janvier 2016

Mise à jour le 26 Décembre 2018

Evelyne Trân

Bienvenue en Corée du Nord – Écriture et mise en scène Olivier Lopez au Théâtre de Belleville – 94, rue du Faubourg du Temple, Paris XI M° Goncourt / Belleville – Du dimanche 6 au mardi 29 janvier 2019 Du lundi au mardi à 19h15 et les dimanches à 17h Durée 1h20 –

 Photo © Alban  Van Wassenhove

Écriture et mise en scène Olivier Lopez,

Interprétation et collaboration à l’écriture

Marie-Laure Baudain, Alexandre Chatelin,

Laura Deforge et Adélaïde Langlois

 

Pensez-vous que cela vaille le coup d’aller écouter des clownesses raconter leur voyage en Corée du Nord ?

Elles sont drôles par nature, uniques dans le paysage, elles pourraient nous faire rire de tout et de n’importe quoi car les sujets de moquerie ne manquent pas.

Que leur est-il passé par la tête à ces paumées accompagnées d’un clown mâle dégingandé ?

Que pourraient-elles nous apprendre que nous ne sachions déjà à savoir que la Corée du Nord est gouvernée par une dictature, ce qui la rend particulièrement effrayante.

Mais c’est pour cette raison même, pour cet effroi que suscite ce pays, que le metteur en scène Olivier LOPEZ a décidé de les envoyer au charbon.

Est-ce à dire que la crasse de la bêtise et l’ignorance peut devenir un drolatique ou maléfique laissez passer.

Elles ont beau n’être que des clownesses, elles ont chacune leur petit moi attendrissant, cette naïveté déconcertante si proche de l’enfance.

Mine de rien, elles savent traverser le plafond de verre avec leur danse de missiles, leurs crachats désopilants sur l’effigie de l’idole.

Nous rions jaune tout de même tant le récit de voyage touristique nous livre un portrait de la condition humaine d’un Coréen du Nord, inimaginable. Un Coréen du Nord n’a pas d’autre référence, d’autre image dans la tête, au-dessus, devant et derrière lui et à ses pieds que celle du dictateur KIM Il-sung !

Nous aurions aimé que ces clownesses nous fassent rencontrer un Coréen du Nord en chair et en os mais sans doute n’est-ce pas possible, seul compte dans ce pays, le dieu vivant KIM Il-sung.

En désespoir de cause, il faut bien reconnaître le courage de ces clownesses qui jettent le trouble sur notre bonne conscience car le danger, il est là, de toute dictature, de nous réduire au morne silence et à l’apathie.

En vérité, elles sont bien proches de nous ces clownesses, le miroir qu’elles nous tendent ne manque ni de bon sens, ni de clarté, il est à notre échelle, tout bonnement humain !

 Paris, le 15 Juillet 2018

Mise à jour le 26 Décembre 2018

 Evelyne Trân

APRES LA NEIGE – CREATION 2018 – TOUT PUBLIC – TEXTE ET MISE EN SCENE D’AURELIE NAMUR le 20 Novembre 2018 – THEATRE LE PERISCOPE – 14 H 30 et 20 H à NIMES – Le 30 JANVIER au CC L’Ilyade de Seyssinet Pariset (38) à 20h30 –

Tournée

• 30 janvier au centre culturel L’illiade de Seyssinet-Pariset 

• 4 avril à l’ATP d’Uzès 

• 6 avril au centre culturel d’Alénya 

• 17 & 18 avril à Pézenas avec le Théâtre de Pézenas, le Théâtre Le Sillon-Scène conventionnée d’intérêt national Art en Territoire et SortieOuest-EPIC Hérault Culture – 20h45

• Juillet 2019 à La Manufacture à Avignon

Assistanat mise en scène Anna Zamore
Collaboration artistique
Félicie Artaud
Scénographie
Claire Farah
Construction décor
Bernard Caumel
Création sonore et

régie générale
Antoine Blanquart
Création lumière
Claire Eloy
Régie lumière
Bruno Matalon

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima, nous en avons tous entendu parler et à vrai dire nous préférerions ne pas y penser, il y a tellement d’autres urgences à régler au jour le jour au quotidien.

 Aurélie NAMUR justement s’est saisie de cette notion du quotidien de façon très perméable pour écrire une pièce qui mobilise à la fois notre imaginaire et notre conscience.

 Elle entend faire partager l’émotion qu’elle a ressenti lors de la réception d’un documentaire « Le monde après Fukushima » de Kénichi WATANABE et une scène en particulier où l’on voit une mère exhorter sa fille de 6 ans « à ne jouer dehors qu’une heure seulement, et à ne pas toucher le sol… ».

 Une perspective de fin du monde en quelque sorte où tout ce qui fait partie de l’ordinaire, est soudain remis en question, requiert une vigilance, une attention de tous les instants parce que le sol se trouve contaminé et qu’il n’est plus possible de se déplacer sans un dosimètre mesurant la radioactivité.

 La pièce met en scène une famille juste composée du père, de la mère et de leur petite fille, réfugiés dans un préfabriqué à quelques kilomètres du lieu de la catastrophe.

 Il faut pourtant continuer à vivre, supporter le sentiment de se trouver en quarantaine, coupés du monde par le malheur. Les parents composent avec leurs angoisses car crier au secours devient dérisoire.

 Vivre au jour le jour désormais prend tout son sens. Il n’y a plus de place pour les futilités extérieures. Il faut reprendre possession de soi, de l’essentiel, ses rêves, ses sentiments. Dans une telle situation, lever les yeux vers la lune, lui parler comme fait la mère c’est du bonheur.

 Et puis il y a l’être enfant, la petite fille qui dispose d’un tel capital de vie qu’il est impossible d’oublier son rayonnement. Comme si l’enfant avait d’autres antennes que celles des adultes.

La petite fille prénommée Alice comprend le danger mais il ne lui fait pas peur. Elle réussit à communiquer avec les animaux dont elle capte la présence souvent invisible mais irrésistiblement prégnante. Une biche qu’elle poursuit jusque dans un terrain très éloigné de son gite, devient son interlocutrice fantastique et magique.

 Mais que vient donc faire le rêve dans la réalité ?  Le rêve nous parle de vie possible, de lutte pour la vie, d’instinct de vie qui bataille contre l’instinct de mort.

 La pièce d’Aurélie NAMUR, de facture très poétique questionne notre présence au monde. Puisque nous ne pouvons pas nous mettre à la place des irradiés de Fukushima, elle a transposé l’histoire dans un pays imaginaire où il est juste question d’humains dont les expériences tragiques interrogent notre avenir, celui primordial de nos enfants.

 Elle plonge le noyau dur, celui d’une situation extrême, dans le courant d’un rêve qui permet d’entrer dans les têtes des personnages de façon fluide, d’intercepter leurs mouvements, leurs sensibilités de l’intérieur. Tout devient langage dans le sable mouvant de la pensée, tous les sens sont sollicités.

 A la fois dépouillée et onirique, la mise en scène réussit de façon surprenante à nous parler d’un sujet particulièrement difficile, les catastrophes nucléaires, par le prisme du rêve, du fantastique.

 Il s’agit d’un spectacle merveilleusement sensible, interprété par des comédiens particulièrement réceptifs, sans d’autre prétention que de nous parler doucement, en s’adressant aussi bien à l’enfant qui est en nous qu’à l’adulte responsable, de l’avenir du genre humain, ici et maintenant.

 Paris, le 25 Décembre 2018

 Evelyne Trân

Quoi de neuf Dolto ? Cie Haute Tension (dir. Martine Fontanille) avec Karine DRON – Du 7 décembre 2018 au 9 mars 2019 – Tous les vendredis et samedis à 19h30 À La Folie Théâtre (Paris 11ème) 6 rue de la Folie-Méricourt –

Mise en scène : Martine Fontanille

Avec Karine Dron

Création lumières : Vincent Dubois

Scénographie : Thierry Grasset

Musique : François Vivier

Elle est née en 1908 comme Simone de Beauvoir, dans une famille aisée en haut de l’échelle du 20ème siècle, et elle partage avec la figure de proue du féminisme, une indépendance d’esprit développée très tôt dès l’enfance. Personne n’aurait pu les empêcher de penser ces petites filles dans leur prison dorée, celle d’une éducation bourgeoise bornée et rigoureuse en total décalage avec la vivacité de leur intelligence.

Faire trembler les murs et comment ! Telle qu’elle se décrit, Françoise Dolto,à travers ses souvenirs d’enfance, fait penser à Alice au pays des adultes.

Etranges étrangers que ces adultes dont il va falloir décrypter les conventions, les absurdités, les anomalies, pour donner libre cours à un invincible désir de sortir des sentiers battus.

 Martine FONTANILLE met en scène l’enfant Françoise DOLTO, telle qu’elle se campe à travers l’ouvrage biographique Enfances écrit à la demande de sa fille.

 Nous savons tous que l’enfant que nous avons été nous accompagne toute la vie. Dans cette adaptation, le personnage Dolto revit son enfance avec beaucoup de malice. Elle lui offre une place inattendue, témoignant qu’un enfant se pose beaucoup de questions sur la vie, sur la mort et est confronté à une véritable solitude du fait de l’incompréhension ou du silence des adultes.

 Ce décalage entre la perception de l’enfant et celle de l’adulte, Françoise Dolto en a fait d’ailleurs son pilier d’exploration.

Photo François Vivier

Ce qui ressort du témoignage de l’enfant Dolto, c’est son côté très personnel, cette affirmation du moi enfant qui a le droit de s’exprimer comme n’importe qui, même si ses opinions peuvent paraître étonnantes ou originales.

Sur la scène trône une curieuse machine aussi intrigante qu’un moteur de locomotive antique, pleine de secrets, tel un joyeux tiroir à souvenirs 1900, que l’interprète manipule comme un jouet fabuleux.

 Et puis, il y a l’objet fétiche, une radio obsolète qui rappelle les minutes glorieuses de l’émission « Lorsque l’enfant parait » sur France Inter.

Photo Mathilde Bailly

Avec aplomb et pétulance, la comédienne Karine DRON, assume avec un plaisir évident les propos de l’enfant Dolto perspicaces et excitants.

 Voilà une traversée dans l’enfance de Françoise Dolto  tout à fait piquante et savoureuse. L’enfant ne cessera jamais de faire des cornes à l’adulte pour le meilleur des rêves possibles !

 Paris, le 22 Décembre 2018

 Evelyne Trân

Le bon grain de François Dumont à LA COMEDIE NATION – 77, rue de Montreuil – Paris 11è – Mercredi 26 décembre – 19h – Jeudi 27 décembre – 19h – Vendredi 28 décembre – 19h – mercredi 2 janvier – 19h – jeudi 3 janvier – 19h – vendredi 4 janvier – 19h – samedi 5 janvier – 19h

Avec Pierre Clarard, François Dumont, Mélody Doxin, Hadrien Peters 

N.B : François Dumont et Pierre Clarard étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur RADIO LIBERTAIRE 89.4, le samedi 29 Décembre 2018 en podcast sur le site https://media.radio-libertaire.org/   

Nous avons tous à l’esprit cette crise écologique qui menace l’humanité tout entière.

S’appuyant sur les réflexions de deux chercheurs Jean- Paul FITOUSSI et Eloi LAURENT, auteurs de La Nouvelle écologie politique (LE SEUIL 2008) qui font le lien entre cette crise et l’explosion des inégalités dans le monde, François DUMONT utilise la loupe de la farce comme filtre révélateur de leur proposition insensée « le partage des richesses ».

Le Bon grain met donc en scène une reine bouffonne, représentative de tous les pouvoirs en place, qui ne rêve que d’écologie, qui refuse bien entendu de réduire son train de vie et ne voit d’autre solution que de sacrifier les chômeurs, en somme tous ces pauvres qui encombrent la planète.

L’argument est fallacieux et absurde, les pauvres ayant été toujours les vaches à lait des riches.

A moins d’autopsier la nature humaine, mettre au ban les infâmes prédateurs de la planète et les mettre au régime sec, tous les discours paraissent vains et impuissants !

Il n’est pas possible de demander plus aux pauvres pour réduire la facture écologique, faute d’enclencher des révoltes sociales. Ce qui signifie que la crise écologique va se doubler d’une crise économique et sociale mondiale !

Pour l’heure, il reste encore l’humour pour doper le moral en prévision des catastrophes qui pointent leur nez.

La mise en scène de François DUMONT fait penser à ces petits sketchs télévisuels qui faisaient le bonheur du Club Dorothée. Les moyens ne sont pas les mêmes, bien entendu.

Il y a un effet aveuglant, très flash de cette bouffonnerie mais il y manque les césures pour les spectateurs qui ne disposent pas des codes vidéo actuels ni ce langage où la vitesse prime.

Volontiers bon enfant et sans prétention, le spectacle qui a été créé dans les champs et les villages et s’est transporté à la COMEDIE NATION n’a d’autre ambition que d’apporter son grain de sel farcesque à notre crise écologique et c’est bienvenu !

Paris, le 18 Décembre 2018

Evelyne Trân

ALLERS-RETOURS D’ ÖDÖN VON HORVÁTH – Traduction HENRI CHRISTOPHE – Mise en scène ALAIN BATIS – 29 NOV. 23 DÉC. 18 – THÉÂTRE DE L’ÉPÉE DE BOIS CARTOUCHERIE PARIS XIIème – Jeudi et vendredi à 20h30 – Samedi à 16h et 20h30 – Dimanche à 16h – Durée estimée 2h – Pour tous les publics à partir de 12 ans

Avec Raphaël Almosni, Sylvia Amato, Alain
Carnat, Laurent Desponds, Théo Kerfridin,
Sophie Kircher, Marc Ségala, Marie-Céline
Tuvache

Dramaturgie Jean-Louis Besson,

Scénographie Sandrine Lamblin,

Musique Cyriaque Bellot,

Costumes Jean-Bernard Scotto,

Lumière JeanLouis Martineau,

Perruques et maquillages Judith Scotto,

Régie lumière Emilie Cerniaut,

Régie son Gaultier Patrice

La pièce nous raconte la mésaventure d’un homme qui par un concours de circonstances – il vient de faire faillite – est expulsé du pays où il a vécu toute sa vie et invité à retourner dans son pays d’origine qui refuse de l’accueillir en vertu d’une loi obligeant les ressortissants à se déclarer dans un délai de 5 ans. 

 Le pauvre homme dénommé Ferdinant HAVLICEK n’a plus pour perspective que celle de coucher sur le pont qui délimite la frontière entre les deux pays en attendant que les autorités prennent en considération la situation inhumaine dans laquelle il se trouve.

 L’homme en question peut bien crever, qui s’en offusquerait. Il fait juste partie des dommages collatéraux des décisions administratives qui se bornent à appliquer des lois arbitraires lesquelles ne dépendent que du bon vouloir du pouvoir politique du moment.

 En France, l’article 30 du code civil stipule :

 « La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause ».

 Imaginez que vous ayez perdu cette preuve alléguant que bien d’origine étrangère, vous soyez bien français, vous risquez pour le moins de vous retrouver « sans papiers » lors d’un renouvellement de passeport ou carte d’identité.

Ni votre facies, et votre nom à consonance étrangère ou votre avis d’impôt ne plaideront votre cause. « Surtout n’égarez pas votre certificat de nationalisation » s’est entendu dire une personne née en France mais portant un patronyme étranger.

 Le cas de Ferdinand Havlicek n’est pas isolé. Le dramaturge Ödön von Horváth a l’intelligence d’en parler de façon que quiconque puisse s’identifier au personnage. Il s’agit d’un homme sans histoires, qui a eu juste des déboires financiers, ce qui peut arriver à tout le monde et qui se retrouve le bec dans l’eau parce qu’il ne s’est pas préoccupé de sa nationalité, étant totalement intégré dans son pays d’adoption.

Par l’entremise de la farce, l’auteur déboulonne la machine infernale qui s’abat sur Havlicek, faisant ressortir le côté humain, pitoyable et tragiquement comique des protagonistes, les douaniers, les témoins, tout un petit carnaval  de personnages frontaliers dont certains se moquent éperdument du sort de Havlicek.

Havlicek a beau lever les bras au ciel, il ne rencontre que des pantins, dont les tranches de vie sont assaisonnées d’une couleur cocasse, irrésistible.

Les gens dépeints ne sont ni gentils ni méchants. Leurs réactions sont tout bonnement humaines et profondément égoïstes. Havlicek se découvre jouet, balle perdue au milieu de leur manège. Comme il n’a plus rien à perdre et donc tout à gagner, il laisse tout ce petit monde s’agiter autour de lui et finit par tirer son épingle du jeu.

 Il a beau faire bon enfant, le manège avec ses personnages peinturlurés, il retourne le sang. Depuis la création de cette pièce en 1933, combien d’allers-retours, de guerres, combien de morts, de migrants, d’apatrides jetés par-dessus bord ?

La roue tourne comme on dit et nous en faisons partie. C’est le message de Ödön von Horváth, dramaturge reconnu puis honni par le régime nazi qui brûla ses livres. Se considérant lui-même comme apatride, il revendiquait juste l’étiquette d’humain, c’était trop en demander !

Nous saluons la mise en scène d’Alain BATIS, guignolesque et renversante. Elle appuie sur la gâchette du ridicule qui n’épargne personne, hormis Havlicek, interprété par l’excellent Raphael ALMOSNI. Quant aux autres comédiens, ils s’en donnent à cœur joie dans leurs rôles burlesques notamment de contrebandiers de cocaïne, de douaniers et surtout de ministres à côté de la plaque.

 Un spectacle totalement réjouissant, en guise de gifle à la bêtise humaine !

 Paris, le 18 Décembre 2018

 Evelyne Trân