SOUFFLES DE BIRAGO DIOP avec une improvisation musicale de Michel SEULS et Keï YOSHIDA (flûte indienne Bansuri, harmonica et trompette).

 

Improvisation musicale du 1/09/2012, sur Radio Libettaire Emission Deux sous de scène SOUFFLES DE BIRAGO DIOP 1 09 2012 

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

 Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

 Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.

 Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.

 Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

 Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

 Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

DU RECUEIL LEURRES ET LUEURS, 1960, ÉD. PRÉSENCE AFRICAINE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition d’art calligraphique du Classique des Mille caractéres Lieu : Galerie Josephe 7 Rue Jean Froissart 75003 PARIS du 29 AOUT AU 4 SEPTEMBRE 2012

CALLIGRAPHIELundi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Mardi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Mercredi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Jeudi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Vendredi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Samedi : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
Dimanche : de 10:00 à 12:30 et 14:00 à 19:00
du 29 août au 4 septembre 2012.

Une exposition très rare de calligraphies du célèbre poème des mille caractères utilisé pour l’enseignement des caractères aux écoliers.  

 La Classique des Mille Caractères est composé de 250 vers de 4  caractères . Il est également chanté.Les 68 oeuvres exposées ont été sélectionnées à Ma’anchan pour en faire une exposition à PARIS. (L’ ouvrage a été rédigé il y a 1500 ans par Zhou Xingsi, un lettré d’origine de Ma’anchan, dans la Province de l’Anhui).Elles émanent de calligraphes renommés tels que M. Feng Jincheng, li Shuangyang, Liu Jingwen et li Youlai. « C’est un cadeau culturel que la Chine offre aux français ».

CALLIGRAPHIE BIS 

 

Un poème qui marcherait tout seul…

UN POEME QUI MARCHERAIT TOUT SEUL (Improvisation musicale MICHEL SEULS et  Keï YOSHIDA 

(Flûte indienne Bansuri et trompette), émission DEUX SOUS DE SCENE RADIO LIBERAIRE 25 AOUT 2012)

 copie-dessin
 Ils ont une façon de dire « Tout le monde s’en fout »
Mais toi, tu as marché, si longtemps, seule, dans la forêt humide
 Qu’au salut d’une feuille qui voltige
 Au bruit de tes pas, à peine désorientée,
 Paresseuse lumière,
 Tu dis contenir un paysage
 Comme un être mutilé qui ne connaît de l’homme que ses peurs
ou son incroyable vanité
 Toi, comme un visage en escapade
 Qui court sur le bruissement d’une feuille
  T’es tu donc égarée, jeune patiente,
 Songe qu’il y a bouture
 Dans le noir soleil de ta solitude.
  Je suis une patience d’arbre, dis-tu,
 Je suis une forme allongée de tout ce qui peut naître,
 A partir, je te l’ai dit, c’est rien….
 Mais voilà, tu voulais que ta parole s’accroche à la mienne,
 Tu voulais la reconnaissance de mon regard,
 Comme un visage adoubé à la forêt…
  J’avais l’œil plantu de la forêt sur les épaules
 Au passage de ton regard aussi fragile
 Aussi solide qu’un fil de toile d’araignée.
  Devenir écrivain, c’était passer par toutes les artères de ton corps
 C’étai passionnément entendre bruire
 Sous mon étreinte un papillon
 Pour dire que c’était impossible.
  Je parle une langue étrangère, la tienne
 Je ne peux t’aimer que parce que je t’épouse étrangère.
 C’est une histoire de conjugaison, de mouvement
 C’est une histoire de tremblement
 Et pour faire dribler un ballon sur le trottoir
 Je sens bien combien les choses sont éternelles qui passent …
 puisque nous ne sommes que leur mémoire active, désactivée.
  Et puis qu’importe si vous n’êtes pas funambules,
 Dîtes leur que vous n’aimez pas la facilité
 Que vous voulez tout explorer
  Mille ans valent mille gouttes d’eau
 Pour braver la tempête sur un tableau.
 Dîtes leur que vous avez succombé à la beauté.
  Eprouve en écho une voix voilée,
 Pays emprunté, voie détournée
 Va pour attiser une douleur trop confortable
 Qui n’est pas de mise, voyons,
 Comment donc, jouerais-tu avec le feu
 Quand tes larmes ne sauraient l’éteindre,
 Et pourtant, et pourtant
 N’est ce pas parce que le chemin est difficile qu’il t’exalte,
 Et que tu connais toutes les coutures sous l’artère
 Qui  va de l’aboiement au raclement d’une cuillère dans une tasse de café, à l’impatience, au tourment, au ricochet de l’insulte,
 Qui va du reniement à la reconnaissance,
 Tout cela pour ne pas regarder celle qui pleure en face de toi.
   Mais là bas, dans ce trésor de ta propre indifférence,
 Tu n’auras plus qu’à décliner les saisons
 Pour déchirer le voile
 Pour l’écouter parler celle à qui tu donnes ton souffle
 En partant de rien
 Parce que tu veux encore les entendre
 Marcher sur toi ceux que tu as aimés.
 Histoire sans fin.
 
 Evelyne Trân

 

 

Poésie du CAP-VERT d’expression portugaise : Ressaca ( ressac) de Osvaldo ALCANTERA alias BALTASAR LOPES

RESSAC D’ OSVALDO ALCANTARA (Musique improvisée de MICHEL SEULS ET Keï YOSHIDA (flûte indienne Bansuri et trompette), lecture Evelyne Trân : Emission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire du 25 Août 2012

Que viennent toutes les voix et toutes les rumeurs et les cris satisfaits
que viennent les silences compatissants, les silences satisfaits
que viennent  toutes les choses que je ne peux voir à la surface de la société des hommes;
que viennent tous les sables, limons, fragments de roches
que la sonde recueille dans les océans navigables
que viennent les sermons de ceux qui ne craignent pas
le destin de leurs paroles,
que vienne la réponse captée par ceux qui disposent
de détecteurs appropriés ;
que tout revienne au point de départ
et viennent les odes des poètes,
que les poètes se confondent avec la respiration du monde ;
que viennent  tous autour de la ronde des pêcheurs
que les hommes deviennent créateurs ;
que vienne tout ce que je ressens comme vérité
au-delà du cercle terni de la vitre…
J’attendrai religieusement le trésor
que m’apportera la vague maritime…
La terre où mes genoux en douleur s’écrasent
est ma certitude fondamentale.
Mais j’éclairerai de ma lanterne aux mille couleurs
ceux qui viendront
et ils me trouveront sur la ligne de toutes les batailles.
 
P.S : Poème présenté par Mario de Andrade ( la poésie africaine d’expression portugaise) dans la Revue Présence Africaine N°65 du 1er trimestre 1968.
  RESSACA
Venham todas as vozes, todos os ruídos e todos os gritos venham os silêncios compadecidos e também os silêncios satisfeitos; venham todas as coisas que não consigo ver na superfície da sociedade dos homens;venham todas as areias, lodos, fragmentos de rocha que a sonda recolhe nos oceanos navegáveis; venham os sermões daqueles que não têm medo do destino das suas palavras venha a resposta captada por aqueles que dispõem de aparelhos detetores apropriados; volte tudo ao ponto de partida, e venham as odes dos poetas, casem-se os poetas com a respiração do mundo; venham todos de braço dado na ronda dos pecadores, que as criaturas se façam criadores venha tudo o que sinto que é verdade além do círculo embaciado da vidraça… Eu estarei de mãos postas, à espera do tesouro que me vem na onda do mar… A minha principal certeza é o chão em que se amachucam os meus joelhos doloridos, mas todos os que vierem me encontrarão agitando a minha lanterna de todas as cores na linha de todas as batalhas.

 

 

 

CALLAS de Jean-Yves PICQ, mise en scène de Jean-Marc AVOCAT avec Noémie BIANCO à la Manufacture des Abbesses – 7, rue Véron 75018 PARIS –

Du 23 Août au 7 Octobre 2012: Jeudi, vendredi, samedi à 21 H, dimanche à 17 H

PS : Noémie BIANCO était l’invitée de DEUX SOUS DE SCENE sur RADIO LIBERTAIRE du 1er Septembre 2012 (Grille des émissions de Radio libertaire 89.4, podcast sur internet)

INTERVIEW NOEMIE BIANCO

INTERVIEW NOEMIE BIANCO BIS

 Etre ou ne pas être La Callas ? Encouragés par leur admiration pour la diva, le dramaturge Jean-Yves Picq et le metteur en scène Jean-Marc Avocat n’ont pas hésité en quelque sorte à tendre leur main à son esprit pour lui dire « Maria, vous êtes un personnage de théâtre, vous êtes bien davantage qu’une diva puisque vous êtes aussi une femme et votre témoignage est crucial pour tous ceux qui entendent rattacher le sublime à l’humain ».

 Les spectateurs se retrouvent à huis clos avec un personnage irréel, moulé dans une robe de scène qui fait penser à une fleur. Ils jouent les rôles des journalistes recueillant les propos de La Callas. Ils sont invisibles et cette invisibilité a quelque chose de mallarméen. C’est grâce à cette relation avec l’invisible, que la Callas incarnée par Noémi Bianco nous émeut, nous captive avec des mots simples pour parler de sa vie. Noémi Bianco accouche d’une certaine La Callas devant des spectateurs étonnés au fur et à mesure du spectacle de devenir de plus en plus proches d’une femme qu’une heure auparavant peut-être ils ne connaissaient que par oui dire.

 Il s’agit d’une femme qui parle de La Callas et qui la tient à une folle distance, une femme qui jouait le rôle de La Callas pour le public, qui s’est battue pour le faire exister parce qu’il était représentatif d’un idéal .Mais sous le masque de la diva, si ses propos tiennent le large c’est parce qu’ils expriment ses sentiments et rien d’autre.

 Sous les traits de la juvénile Noémi Bianco, ses propos rejaillissent avec une fraicheur et une vitalité pleine d’éclairs. Quand le corps de la diva s’assombrit, Maria quitte les bosquets des micros fanés, et l’on entend flotter dans l’ombre de sa voix, comme unique trace de son passage, le souffle de son esprit en quête d’amour. Aussi simple que cela paraisse, c’est pourtant cette impression qui domine dans ce spectacle, sorte de lettre d’amour à la diva, parée de la présence lumineuse de Noémi Bianco.

 Le 25 Août 2012 à Paris                                 Evelyne Trân

 

RADIO : OUVREZ GRAND VOS OREILLES au MUSEE DES ARTS ET METIERS – 60 RUE REAUMUR 75003 PARIS JUSQU’AU 2 SEPTEMBRE 2012

du mardi au samedi de 10 Heures à 18 Heures, le jeudi nocturne jusqu’ 21 H 30

Plus que quelques jours pour aller découvrir l’exposition « RADIO : OUVREZ GRAND VOS OREILLES » parrainée par José Artur. De ses balbutiements dans les années 20 à l’ère numérique, dans les années 2000, la radio manifestement fait de la résistance, en dépit de sa  séduisante concurrente, la télévision. 

Elle a de beaux jours devant elle parce qu’elle fait la part belle à l’imagination. Pour s’en convaincre, il suffit  de se rendre dans un des salons d’écoute de l’exposition et regarder un reportage sur un bruiteur capable de récréer aussi bien l’atmosphère d’une balade au clair de lune que celle d »un concours hippique.

Dans un autre salon, nous avons eu le plaisir de réentendre un épisode du feuilleton « Signé FURAX » et pas le moindre, il s’agit de celui qui a été diffusé le 25 Octobre 1956 à EUROPE 1. FURAX 4EME EPISODE 1956  (cliquer pour écouter).

Une très agréable exposition où il est possible de butiner tranquillement des souvenirs radiophoniques. Cette dame centenaire  qui a changé de nombreuses fois d’apparence, n’ a pas de complexes : pionniers, aventuriers, amateurs,  tous ont envie grâce à elle de traverser les ondes. Il doit  y avoir un Esprit radio ? ! ? ! ? !

 Paris, le 22 Août 2012                                                         Evelyne Trân

 

 

radio-ter FLASH Radio Libertaire

BRASSENS N’EST PAS UNE PIPE – Représentations exceptionnelles AU THEATRE 14 – 20 RUE MARC SANGNIER 75014 PARIS – du 21 au 25 Août 2012 –

Du mardi au vendredi à 21 Heures, Samedi à 19 Heures (Métro PORTE DE VANVES) 

Distribution : Par la Compagnie G.R.R.R, mise en scène Susana Lastreto. Avec Annabel de Courson, François Frapier, Hélène Hardouin, Cristine Combe, Susana Lastreto, Jorge Migoya Arrangements musicaux :.Annabel de Courson, Jorge Migoya . Lumières :  Stéphane Deschamps. Costumes : Danièle Heusslein Gire.

INTERVIEW DE SUSANA LASTRET0 RADIO LIBERTAIRE 18 AOUT 2012

SUSANA LASTRET0 INTERVIEW ET EXTRAIT SPECTACLE   (Cliquer pour écouter)

 Nom d’une pipe, Brassens, Georges B. si vous préférez, ne finira jamais de nous étonner ! « J’étais né pour devenir un arbre «  disait-il. L’arbre n’a pas fini de fleurir, Brassens est chanté dans toutes les langues du monde mais il se moque bien d’être respecté. La Compagnie GRRR  implantée dans le 14ème arrondissement ne hume pas seulement l’air où Brassens a vécu, elle s’en parfume avec humour.

 Voilà une poignée de comédiens musiciens qui paraissent tout droit échappés non pas d’un asile de fous mais de quelque chose d’assez proche, une ruche à chansons, qui électrisent de leurs humeurs saugrenues, fantasques, mélancoliques, une multitude de personnages.

 Des comédiens tisserands en quelque sorte qui glissent sur plusieurs toiles, à plusieurs voix, pour faire saillir de façon tellement accrue, tellement actuelle, « La tondue », « La mauvaise réputation «  et bien d’autres.

Brassens  est un fablier de la même aune que La Fontaine. Que l’on retourne le sablier dans un sens ou un autre, ce qui est formidable dans ce spectacle, c’est l’incroyable vivacité de tous ces petits grains de vie qui soulèvent des montagnes, quand ils causent de la mort, du sexe féminin et de la connerie humaine. 

Brassens, homme de cabaret est bien présent dans ce spectacle, et donne carte blanche aux personnages de ses chansons pour revenir après moult aventures,  s’incarner librement et joyeusement à travers quelques  hôtes inspirés de la compagnie GRRR.

D’ailleurs, qui pourrait dire qu’il ne se trouve pas dans la salle en train de rire avec nous de la mise en scène complètement loufoque de « sa brave Margot ».

Franchement, ses personnages continuent encore de nous regarder dans les yeux, attention !

La meneuse de revue, drôle et suave joue le rôle de la reine des abeilles

pour nous faire entrer dans la ruche. Le miel conçu à partir d’un florilège de chansons est peu ordinaire, piquant, doux, fort. S’il peut vous faire éternuer, il peut aussi vous guérir de votre rhume, c’est  probablement le meilleur fortifiant dont vous avez besoin pour résister. Vive Brassens !

 Evelyne Trân

 

 

 

S’il vous plait ou paroles perchées sous une flûte. Improvisation musicale sur Radio Libertaire, émission « Deux sous de scène »

S’il vous plait Lecture poème accompagnée d’une improvisation à la flûte traversière par Michel Seuls ( Radio libertaire, émission « Deux sous de Scène » du 4 Août 2012)

Paroles perchées sous une flûte

 C’était juste une pierre ensoleillée. Tu n’as pas vu ce qui s’est passé entre le moment où la pierre a rougi sous le soleil et le moment où elle a retrouvé sa fraicheur. Le rayon de soleil était-il bien informé en allant recouvrir telle pierre. Nul ne le sait. Et si par hasard, quelqu’un est passé par là qui a remarqué cette pierre quelconque au milieu des herbes folles, croyez bien que la pierre a souri.

 Croyez-vous qu’une pensée aussi futile puisse influer sur le rayonnement des songes ?

 Savez pourquoi l’homme érige des tombes ? C’est parce qu’il sait confusément qu’il y a des êtres qui prennent forme en même temps que le soleil tourne en boucle autour d’un objet.

 En même temps, quelle belle formule magique ! Parce qu’en réalité,  nous ne nous réalisons qu’au prix de succédanés d’impressions qui nous échappent.

 A travers le bâillement d’une porte, l’instant subtil trop paresseux d’une pensée à la traîne comme le crime de l’amour, juste celui de dire « je t’aime » sans être entendu, comme par miracle une rose surgit du mur crasseux d’une salle de classe.

 Alors évidemment  le  » je t’aime « » et la rose sont devenus aussi banaux  qu’un bouquet de fleurs en plein ciel. Mais c’est un oiseau, Madame, ce n’est pas un bouquet de fleurs !

 Vous êtes victime d’un mirage ou d’un décalage horaire. Votre « je t’aime » est tombé à l’eau. Faut savoir que les arbres qui se reflètent dans l’eau ne savent pas lire.  Vous ne savez pas combien de temps a pris votre pensée avant de se poser sur la poignée d’une porte, Vous ne savez pas non plus qu’une poignée de porte peut s’ouvrir dans l’eau des rêves. Une poignée de porte sirène, vous n’avez jamais vu ça !

 J’ai culbuté au fond d’une pensée. Mon rêve était un mouchoir qui tremblait. Quelque chose qui tremble. Vous ne saviez pas. Vous étiez heureux.

 Paris, le  4 Août 2012      Evelyne Trân           羽毛球           

radio-libertaire-bis FLASH Radio Libertaire 

 

 

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Philippe JARRY alias Tristan BOUDU « Les sculptures parlent d’elles mêmes »

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Philippe JARRY sculpteur au Port de Plaisance de DRAVEIL

Dans le cadre de l’exposition « ARBORESCENCES » qui aura lieu du 18 SEPTEMBRE AU 28 SEPTEMBRE 2012 au Centre Culturel des Finances de Bercy – 143, rue de Bercy 75012 Paris – l’Association Francis Blanche et Cie a l’honneur et le privilège de présenter également quelques sculptures en bois et en pierre de Philippe JARRY, un sculpteur itinérant de 78 ans , transfuge du monde du théâtre où il a pratiqué tous les métiers (138 états en tournée à son actif) travaillant aussi bien avec Jean Vilar, Pierre Mondy, Laurent Terzieff. Evidemment, ça fait rêver comme ses sculptures qui ne baillent pas aux corneilles mais ont l’air très réceptives . Il faut dire qu’elles voyagent beaucoup avec leur créateur…

 PHILIPPE JARRY entretien extrait 3   CLiquer pour écouter un extrait de l’enregistrement  du 12/08/2012 2012 100_1582

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POEME VIETNAMIEN : ITINERAIRE de Phi Loan Trân

 

 

 

 

ITINERAIRE

Quittant le nid de l’enfance
Sous la voûte des flamboyants
Tu t‘en es allée, cahin caha,
Par des chemins de nuit
Par des chemins de neige
Egarant tes pas…
Pendant un temps, tu avais trébuché
Aux cris jaillissant
Des cratères de feu et de sang
Sous la pluie de bombes et de napalm
Sur la jungle de suie
Sur les rires des villageois
Dans la douceur du soir
Aux abords du Mékong
Tu avais saigné de la même douleur
De ce même malheur sans lèvres
Et sans nom.
Mais depuis, tu as retrouvé
L’allée de l’espoir
Les lueurs de l’aurore renaissant
Au-dessus des toits de palme
Se suivant sur le vert des rizières
Dans l’onde des rivières
Dans la paix, enfin de retour au pays.
 
Le 16 Novembre 1983
Phi Loan Trân

ITINERAIRES LECTURE AVEC XYLOPHONE Lecture avec improvisation au xylophone de Michel Seuls