FATATRAS ! INVENTAIRE DE JACQUES PRÉVERT avec Anne BAQUET et Jean-Paul FARRÉ Théâtre de Poche Montparnasse 75, boulevard du Montparnasse 75006 Paris à partir du 11 janvier 2024 jusqu’au 3 mars 2024 du mardi au samedi 19 H, dimanche 15 H. Relâches les 14 janvier, 1er, 10 et 27 février 2024.

DOSSIER DE PRESSE

Avec Anne BAQUET et Jean-Paul FARRÉ

Mise en scène Gérard RAUBER,

Arrangement musical Damien NÉDONCHELLE

Scénographie Marguerite DANGUY DES DÉSERTS

Photos : Alexis RAUBER

Nous pourrions nous croire dans une cour de récréation, en tout cas c’est le sentiment que nous donne la scène en sous-sol du théâtre de Poche où le public s’installe simplement sur des bancs un peu comme au cirque.

Les deux artistes Anne BAQUET et Jean-Paul FARRÉ font penser à des ovnis qui déboulent d’une autre planète que la nôtre, ma foi terriblement terrienne, et pourtant si l’on vous dit qu’il s’agit de celle de PREVERT, vous ne pourrez-vous empêcher de sursauter en vous remémorant, qui sait, les chansons de La pêche à la baleine, En sortant de l’école, Les feuilles mortes.

Tombent-elles du ciel, ces chansons et pourquoi pas !

Tout de même, quel drôle de personnage ce Prévert ! Certes bien sûr, il a fait le tour de la terre et l’on se dit, ce gars-là, il restera toujours en enfance mais au détour d’une chanson, Les enfants qui s’aiment voilà que Jean- Paul nous entraîne dans une toute autre atmosphère, celle du texte Mange ta soupe… et tais-toi ! Et l’on découvre l’envers du décor, celui de la crise, du capital qui se roule par terre, de la bourgeoise qui menace ses gosses « Si vous n’êtes pas sages, des chômeurs vont venir vous prendre ».

Il faut l’entendre Jean-Paul, ce grand fantaisiste, interpréter d’une voix grave le texte La grasse matinée qui débute par cette confidence « Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain … »

Jacques a dit : De nos jours, il vaut mieux pleurer que rire. Alors c’est Anne Baquet qui vient nous réchauffer avec la chanson A la belle étoile.

 Anne c’est un oiseau lyre au cœur d’enfant qui résiste :

Enfant

J’ai vécu drôlement

Le fou rire tous les jours,

Le fou rire vraiment

Et puis une tristesse tellement triste

Quelquefois les deux en même temps.

(Texte Maintenant j’ai grandi).

C’est vraiment curieux ce chemin du fou rire à la tristesse ou inversement. Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre. Mais du coup, l’on comprend mieux la veine surréaliste de Jacques. Sa chanson L’inventaire est un véritable feu d’artifice, un kaléidoscope où se retrouvent pèle mêle des humains respectables ou pas, des animaux qui se mangent ou pas dont des ratons laveurs, des objets insolites ou pas … Ouf !

C’est parce qu’il connait la tristesse qu’il sait être joyeux Prévert. Le montage de ses textes et chansons émaillés de quelques saillies humoristiques est particulièrement réussi. Le spectacle a un côté arc en ciel ; le soleil et les nuages et les grinçants orages se manifestent mais ce qui domine c’est la gaité, la soif de vivre en chantant, en jouant, en musardant grâce au formidable duo que forme Anne BAQUET et Jean-Paul FARRE tous deux envoyés de la planète Prévert avec cette ordonnance :

Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple.

Le 20 février 2024

Evelyne Trân

TEXTES ET CHANSONS INTERPRÉTÉS SUR SCÈNE Texte : La famille tuyau de poêle (extrait) Chanson : La pêche à la baleine (musique Joseph Kosma). Chanson : Les enfants qui s’aiment (musique Joseph Kosma). Texte : Mange ta soupe … et tais-toi ! (Extrait). Chanson : Chanson pour les enfants l’hiver (musique Joseph Kosma). Texte : À Cassis comme ailleurs. Texte : Maintenant j’ai grandi. Texte : Conférence par un conférencier Chanson : L’orgue de Barbarie (musique Joseph Kosma) Texte : En Famille. Chanson : À la belle étoile (musique Joseph Kosma). Texte : Chez la fleuriste. Texte : La grasse matinée. Texte : Quelqu’un. Chanson : En sortant de l’école (musique Joseph Kosma). Texte : Être ange Chanson : Page d’écriture (musique Joseph Kosma). Texte : Il faut passer le temps. Texte : Un drame à la cour (extrait). Texte : Barbara. Texte : Comme par miracle. Chanson : Paris at night (musique Damien Nédonchelle). Chanson : Et puis après (je suis comme je suis) (musique Joseph Kosma). Texte : Le bouquet. Chanson : Déjeuner du matin (musique Joseph Kosma). Chanson : Dans ma maison (musique Joseph Kosma). Texte : Frontières. Texte : Voyages. Chanson : Les feuilles mortes (musique Joseph Kosma) Texte : The Gay Paris (extrait). Chanson : Inventaire (musique Joseph Kosma).

N.B : Anne BAQUET était l’invitée de l’émission DEUX SOUS DE SCENE de 15 H 30 à 17 H sur RADIO LIBERTAIRE 89.4, en première partie, le samedi 24 février 2024.

Ci-dessous extrait de l’interview :

Article également publié sur le MONDE LIBERTAIRE.FR : https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7705&article=Un_Jacques_une_Anne_un_Jean-Paul_un_brigadier_et_un_raton_laveur

L’AQUOIBONISTE librement inspiré de « La mort d’Olivier Bécaille de Zola » . Texte et mise en scène de Jean-Benoît Patricot avec Bertrand Skol à La Scène libre 4 Bd de Strasbourg 75010 PARIS du 1er février au 24 mars, les jeudis, vendredis, samedis 21 H.

Texte, mise en scène et décors : Jean-Benoît Patricot.
Texte publié aux Éditions Les Cygnes.
Lumières : Johanna Legrand.
Musique originale : Olivier Mellano.
Voix off : Salomé Villiers, Tessa Volkine, Olivier Pajot.
Avec Bertrand Skol.

Serti d’une mise en scène très impressionnante – nous avons encore dans nos pupilles la vision d’un lit debout où s’expose un homme, mais il ne s’agit pas d’un homme sandwich mais d’un homme seul – le spectacle de Jean-Benoît PATRICOT inspiré d’une nouvelle de ZOLA, est un thriller psychologique, une sorte de film éveillé qui avance et qui recule au gré des pulsions d’un rêveur.

La nouvelle de Zola nous conte l’histoire effarante d’Olivier BECAILLE atteint de catalepsie qui se retrouve enterré vivant.  De l’horreur de cette situation, Patricot tire un cauchemar dont l’issue est tout à fait inattendue.

La réalité concrète, le fait divers à sensations, celui d’être enterré vivant,  offre à Zola puis à Patricot l’opportunité d’explorer à fond le ressenti de l’enfermement, l’isolement, l’impossibilité de communication avec autrui, chez un individu ordinaire.

Chez Zola, le protagoniste porte le fardeau d’un travail sans intérêt ;  il est déjà un enterré vivant et n’a pour seul bonheur que sa jeune épouse.

Chez Patricot, le héros est également cloué dans son lit puis à la morgue mais son esprit vagabonde comme s’il était secoué d’une urgence, celle de se raccrocher coûte que coûte à la vie, alors même qu il faisait figure d’aquoiboniste à cause de sa manie de répondre «  A quoi bon » à ses collègues de bureau.

Paradoxalement, c’est cette confrontation à la mort qui semble stimuler la force vitale du héros.  Bécaille devient un personnage auquel il est possible de s’identifier dans la mesure où tout un chacun peut se retrouver dans des situations où il est démuni, soit parce qu’il est retranché en lui même mentalement soit que pour une raison ou une autre, il est coupé du monde, un ressenti extrême qui favorise le délire.

Dans son délire, Bécaille retrouve le visage de sa femme aimée qui représente la lumière au bout du tunnel,  il n’est donc plus seul.

L’histoire d’amour transcende cette omniprésence de la mort  et étonnamment ce n’est pas l’angoisse qui semble dominer ce personnage mais plutôt une volonté de vivre exaltée comme si le fait d’avoir été menacé de perdre la vie avait décuplé son énergie.

Quid de la réalité ? Il est déjà surprenant qu’un auteur comme Zola qualifié de réaliste ait pu se mettre dans la peau d’Olivier Bécaille. Quant à Jean-Benoit Patricot, il donne libre cours aux fantasmes du personnage qui rejoint alors les héros les plus fous de certaines nouvelles fantastiques et romantiques d’Edgar Poe ou Maupassant .

L’imagination du héros dame le pion à l’aspect sordide de son enterrement, elle s’enflamme et court-circuite celle du public qui assiste stupéfait à la lutte hallucinante d’un homme déclaré mort . L’intense interprétation de Bertrand SKOL plus lumineuse que pathétique  plonge le public dans une ambiance onirique où tous les sens se retrouvent, l‘ouïe grâce à la musique d’Olivier MELLANO, l’œil et la chair. Quand l’amour finit par tenir tête à la mort !

Le 13 Février 2024

Evelyne Trân

Article également publié sur le MONDE LIBERTAIRE.FR

N.B : Jean-Benoît PATRICOT et Bertrand SKOL étaient les invités de l’émission Deux de scène de Scène de Radio Libertaire 89.4,  le samedi 24 Février 2024.

Ci-dessous l’interview :

RACONTEZ-MOI de Marzia CELII et Mélanie FOULON au Guichet Montparnasse 15 Rue du Maine 75014 PARIS du 2 au 25 Février 2024, les vendredis et samedis à 20 H 30, les dimanches à 16 H 30. Durée 1 H.

Mise en scène Mélanie Foulon

Avec Marzia Celii

Aide à la dramaturgie Alexis Rime

Lumières Estelle Becker

Musique originale « Come Roma » Marzia Celii

Création costume (queue-de-pie) : Tullia Celii (Celii Couture)
Finitions costume : Giovannina & Stefania

Captation : Mei Fa Tan
Musique (teaser) : Marzia Celii
Mixage musique (teaser) : Loric Mathez

Une mamma italienne qui aspirait à devenir star, un psy qui ne tient pas le secret professionnel, … autant de personnages qui ont en commun d’avoir croisé la route de la chanteuse Marzia, et qui pensent avoir un rôle à jouer dans son succès.

À travers leur récit, ils se racontent malgré eux.

Un seule en scène ludique et sensible sur la construction de soi ; Marzia se glisse dans 7 autres peaux que la sienne, peut-être pour mieux se dévoiler.

« Ce n’est pas elle, c’est elle ». (« c’est pas lui, c’est lui ») Qui ne s’est pas sentie visée, un jour, en entendant parler de soi par d’autres personnes qui vous croyaient absente ?  Alors cette « elle » qui serait vous et pourtant pas vous puisque vous, vous êtes en chair et en os et pas une abstraction, oui cette « elle » en devenant la désignée pourrait rejoindre la multitude des « elles » dont on parle en leur absence. Comment se situer, trouver sa place parmi ces « elles ».

Tout de même, vous ne pouvez pas vous confondre avec cette « elle » qui devient l’objet d’un discours auquel vous ne participez pas puisqu’on parle de vous en votre absence, et bien entendu vous n’êtes pas censée avoir eu cure de ce discours ou de l’avoir entendu.

Marzia CELII a de multiples cordes à son arc puisqu’elle est comédienne ainsi qu’autrice-compositrice-interprète dans le duo Marzella où elle s’est produite au Montreux Jazz Festival, Cully Jazz Festival mais aussi à l’étranger, notamment en Slovanie.

Son seule en scène résonne comme un défi car pourrait-on presque penser, Marzia la chanteuse se prend pour cible à travers les discours d’autres personnages qu’elle interprète elle-même.

Et ça marche ! « Je est un autre » disait déjà Rimbaud. A vrai dire quand ce « je » a la prestance de Marzia CELII, il brille et fascine par son tout à la fois hardiesse et humilité, il interpelle par sa joyeuse vitalité !

Evelyne Trân

Article mis à jour le 18 Avril 2024

Publié sur le Monde Libertaire.fr

https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7809&article=Ce_nest_pas_le_brigadier_cest_le_brigadier

Le 9.11.2024 au Centre Culturel LE ROYAL Grand Rue 28, Tavannes, Suisse.

Le 28.11.2024 au Centre Pluriculturel et Social d’Ouchy à Lausanne, Suisse.

        

 FREDERIQUE chante Les Peintres et les Poètes « Vincent, Auguste, Paul et les autres », accompagnée à la guitare par Didier GUEGDES le Dimanche 28 Janvier 2024 à 16 H à la Librairie PUBLICO 145, rue Amelot 75011 PARIS.

Sur un fil tendu, entre la Peinture et la Poésie nous glisserons de l’une à l’autre, comme des funambules, en compagnie de : Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Jean-Roger Caussimon, Auguste Macke, Marie Laurencin, Guillaume Apollinaire, Wim Wenders ,Paul Cézanne, Louis Aragon, Auguste Renoir, Leo Ferré……

Frédérique, d’origine bretonne, débute au théâtre en 1973. En 1978, elle rencontre Gérard Pierron en tournée avec son spectacle sur Gaston Couté, ce fut le début d’une belle histoire d’amitié avec Gérard mais aussi avec Couté…. Frédérique a par la suite chanté ce poète notamment dans un spectacle intitulé « La Chanson des Mauves » puis dans « Gaston Couté, Jour de Lessive » présenté avec Bruno Daraquy à Publico, l’année dernière.

Le concert est organisé par

Patrick KIPPER de l’Association MOTS ET MUSIQUES

https://www.facebook.com/Motsetmusiques/

MOTS et MUSIQUES vous invite à la présentation en avant première de ce spectacle

Accès libre

Participation Libre

Le pianiste aux 50 doigts, l’incroyable destinée de György Cziffra. Spectacle musical de et avec Pascal Amoyel au Théâtre Montparnasse 31, rue de la Gaité 75014 PARIS du 28 septembre au 31 décembre 2023. Et en tournée à partir du 23 janvier 2024.

Distribution : Pascal AMOYEL

Mise en scène : Christian FROMONT

Musique : Franz LISZT,  Robert SCHUMANN,  Frédéric CHOPIN,  Aram KATCHATOURIAN,  Olivier GREIF,  George GERSHWIN,  Duke ELLINGTON,  Pascal AMOYEL

Lumières : Attilio COSSU,  Philippe SEON

Les mélomanes se souviennent de György CZIFFRA (1921-1994) , le pianiste aux 50 doigts. Avant de devenir un virtuose consacré, l’on peut dire de CZIFFRA qu’il fait partie de ces migrants réfugiés politiques que la France s’enorgueillit d’avoir accueillis.  

D’origine tzigane, né dans un quartier pauvre de Budapest en 1921, CZIFFRA a commencé sa carrière de pianiste à 5 ans dans un cirque itinérant avant d’être admis dans la prestigieuse académie de Franz Liszt de Budapest. Lors de la 2ème guerre mondiale, il est mobilisé par les nazis dans l’armée hongroise puis fait prisonnier par les partisans russes. Après la guerre, opposé au régime communiste il est condamné aux travaux forcés. Puis à l’insurrection de Budapest, en 1956, il demandera l’asile politique en France.

Pascal AMOYEL qui fut son disciple rend hommage à cet artiste en puisant dans le répertoire de ce dernier pour illustrer les récits de sa vie.

Une vie marquée par la misère, les guerres et aussi ses bonheurs d’artiste. Il est possible de tout exprimer en musique : la colère, la joie, l’émerveillement, l’angoisse, la tristesse, la souffrance, le malheur.

C’est une banalité que de le dire mais l’éprouver lors d’un concert, cela n’a pas de prix. Pascal AMOYEL également virtuose se donne à fond dans ce spectacle où il a pour interlocuteur CZIFFRA lui-même.

Certains morceaux de choix, ceux que mélomanes ou pas nous avions mémorisés, tout à coup prennent un visage, celui de CZIFFRA qui respirait l’humilité. Il n’aimait pas le terme virtuose. Il parlait de travail et consentait juste à dire « J’ai une souplesse, je suis né avec, c’est tout ».    

« Pour lui la musique était comme le prolongement de l’amour et la fraternité humaine ».

En tant que disciple et témoin de la personnalité de György CZIFFRA,  Pascal AMOYEL réussit à faire de son spectacle une véritable lettre d’amour musicale à son maître.

Le 23 janvier 2024

Evelyne Trân

DATES TOURNEE :

23 janvier 2024 à 20h30 : Espace Germinal FOSSES (95)

15 février 2024 à 20h30 : Privas (07)

6 mars 2024 à 20h : Courbevoie (92)

24 mars 2024 à 20h30 : Coppet (Suisse)

28 mars 2024 à 20h : Meaux (77)

18 avril 2024 à 21h : Pont-St-Esprit (30)

10 mai 2024 à 20h : la Trinité sur Mer (56)

N.B : L’article a également été publié sur le Monde Libertaire.fr

19.5 – Le dix-neuvième en cinq actes un spectacle de et avec Christophe Delessart au Théâtre ESSAION – 6, rue Pierre au lard 75004 PARIS du 15 novembre 2023 au 28 février 2024, les mercredis à 19 H, relâche le 21 février.

  • Auteur : Christophe Delessart
  • Mise en scène : Johanna Boyer- Dilolo
  • Avec : Christophe Delessart

Voir la bande annonce

J’ai côtoyé Hugo, Zola, Sand, Flaubert, Musset, Rostand, Louise Michel et tant d’autres encore. Je vous offre ma folle vie de siècle. En 5 actes ! 

31 déc 1900. La foule célèbre déjà mon départ en grandes pompes mais avant de tomber, j’ai envie de vous raconter celles et ceux que j’ai croisés et aimés : Hugo, Zola, Sand, Flaubert, Musset, Rostand, Louise Michel et tant d’autres. Ma sublime tragédie de siècle en 5 actes. Moi, le romantique !

N.B : Christophe DELESSART était l’invité de l’émission Deux sous de scène sur Radio libertaire 89.4 le samedi 20 janvier 2024, en podcast sur le site de Radio libertaire.

https://radio-libertaire.org/podcast/z_commun/accueil.php

Stigmates de la Gloire de Johannes Colin et Victoria Corda à La Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris – Les jeudis, vendredis, samedis à 21 H 30 jusqu’au samedi 3 février 2024.

Mise en scène : Johannes Colin, Victoria Corda, Aimée Fleury
Avec : Nancy Loïs, Ambre Lhomme, Marko Filipovic, Delphine Macia, Andréa Furet
Scénographie : Aimée Fleury
Musique : Marko Filipovic, Nancy Loïs
Catégorie : Drame

Stigmates de la gloire, le titre de la pièce que nous propose la Compagnie Amours de Chiennes est de ceux qu’on n’oublie pas. La référence obligée est d’ordre religieux. Les stigmates ce sont les blessures infligées au Christ sur la croix. Le Christ, icône de la religion chrétienne ! La référence s’arrête là car l’héroïne de Stigmates de la gloire est une icône d’une autre espèce, celle que le marketing du showbiz produit pour enflammer les foules, quitte à la jeter comme un kleenex lorsque ladite icône a vieilli.

Johannes Colin, Victoria Corda, auteur et autrice du spectacle se sont inspirés notamment de la vie d’une star des années 2000, Britney SPEARS qui fit grand bruit avec son tube Toxic.

Elle est si belle Bella, l’icône de toute une génération. Les jeunes auteurs ont à cœur de dénoncer les bas-fonds de l’industrie du showbiz dans lesquels s’enlisent inexorablement les paillettes artificielles qui continuent à séduire les âmes naïves telles celle de June une jeune fan de Bella.

Abus sexuels, pression et engrenage mortel vont conduire la talentueuse Bella dévorée par de multiples addictions, à être crucifiée sur « l’autel de la célébrité ».

La mise en scène offensive (musique, lumières et décorum se répondent) qui s’emploie par exemple à caricaturer la manager outrageusement maquillée, avec une ambiance « Moulin rouge » quelque peu kitsch et trash, est arcboutée sur un sentiment de révolte mu par une ambiguïté, celle de pouvoir être à la fois subjugué par une star et dégoûté par le système qui l’a fait naître.

Enfer et damnation ! Sans doute Johannes COLIN et Victoria CORDA tout « en œuvrant pour la création de spectacles originaux qui se veulent des miroirs tendus » à leur génération et à notre époque, ont dû se faufiler dans les couloirs des drames d’illustres dramaturges, Shakespeare, Goethe… Cela dit, leur langue ne s’embarrasse pas de litotes, elle est parfois franchement crue !

Tchao le romantisme ! Petites âmes fleurs bleues, prenez-en de la graine !

Gageons que celles semées par la jeune compagnie issue de comédiens et comédiennes du Cours Florent porteront leurs fruits !

 Souhaitons bon vent à cette pièce qui entend déborder des sentiers battus de façon spectaculaire, tout en abordant un thème devenu classique, celui de la chute d’une star.

Le 15 janvier 2024

Evelyne Trân

N.B : Article également publié sur le Monde Libertaire.fr

N.B : Johannes COLIN et Victoria CORDA étaient les invités de l’émission Deux sous de scène en 2ème partie le samedi 30 décembre 2023 sur Radio Libertaire 89.4, en podcast sur le site de Radio Libertaire.

Madame MARGUERITE de Roberto Athayde avec Emilie Chevrillon au Théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre au lard 75006 PARIS du 17 octobre au 17 janvier 2024, les mardis et mercredis à 21 H.

  • Mise en scène : Michel Giès
  • Distribution : Emilie Chevrillon
  • Credit photos : Alejandro Guerrero

Voir la bande annonce

« Tout le monde veut être Madame MARGUERITE ». Il y a des enseignants tous genres confondus qui se croient au théâtre sur le devant de la scène, face à un public privilégié, la classe.

Madame MARGUERITE en fait partie, son public, une classe de CM2 n’a qu’à bien se tenir, elle aura droit à un cours inaugural exceptionnel de nature à les vacciner contre toutes les vacheries que se permettent certains adultes au nom de l’autorité.

Madame MARGUERITE, cette créature exubérante, cinglée et insupportable qui s’écoute parler telle la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf est la personnification des années de plomb au Brésil (1964-1985) sous la dictature militaire.

L’auteur de la pièce éponyme, Roberto ATHAYDE avait 21 ans lors de sa création. En pleine dictature, la pièce a connu un grand succès, car elle exprimait probablement le ras de bol de toute une population condamnée au silence, en se moquant allègrement des tenants du pouvoir, à travers la caricature d’une maitresse d’école gagnée par la folie.

Le personnage, particulièrement cocasse et ridicule, profite de son statut pour terroriser d’innocentes brebis, ses élèves en dégoupillant vérités et contre-vérités sur la vie, la mort, le sexe.

« Vous allez tous mourir » leur assène-t-elle, les enjoignant à « cultiver l’obéissance reine de toutes les vertus ».

Qui ne se souvient pas de la sonnerie exaspérante de la fin de cours et du bruit de la craie sur le tableau noir sans éprouver quelques frissons ? Il est tellement facile de terroriser un enfant. Ils appellent ça l’école de la vie. En même temps, Madame MARGUERITE est si pitoyable qu’elle en devient touchante. Elle s’enlise dans ses délires, d’autant plus que son public est réduit au silence.

La mise en scène bien rythmée de Michel GIES met en valeur le jeu de la pétulante Emilie CHEVRILLON qui fait entendre la folie et la fragilité de cette dame-là, basculant de l’intonation infantile au rugissement animal avec une aisance incroyable.

Le spectacle délivre vigoureusement son message « Toute dictature est folie, signe que l’humanité est malade, à l’école de la vie il devrait être toujours possible de réagir ! ».

Le 8 janvier 2024

Evelyne Trân

N.B : L’article a également été publié sur LE MONDE LIBERTAIRE.FR

https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7650&article=Le_brigadier_a_lecole

N.B : Un entretien avec Emilie CHEVRILLON a été diffusé lors de l’émission Deux sous de scène à Radio Libertaire 89.4 (15 H 30 à 17 H) , le 30 décembre 2023, en podcast sur le site de Radio Libertaire.

Entretien à la sortie de la représentation du 22 décembre 2023 avec Emilie CHEVRILLON   

Juste un souvenir – Textes de Jean COCTEAU, Boris VIAN, Marcel MOULOUDJI, Lucienne BOYER, Charles TRENET, Louis ARAGON… avec Myriam BOYER et la participation de Philippe VINCENT. Mise en scène Gérard VANTAGGIOLI au Théâtre POCHE MONTPARNASSE 75 Bd du Montparnasse 75006 PARIS du MARDI AU SAMEDI 21H jusqu’au 14 Janvier 2024. REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES LES DIMANCHES 31 DÉCEMBRE, 7 ET 14 JANVIER À 17H.

Lumières : Franck MICHALLET

Photos : Gérard VANTAGGIOLI

Il y a des poèmes, des chansons, des airs, des refrains qui ne vous quittent pas. Enfin, on croit les avoir oubliés mais ils se rappellent à vous de façon inopinée parfois, sans crier gare. Alors vous avez la tentation de vous retourner et soudain le souvenir de la personne qui les a chantés vous revient et vous souriez d’émotion, chic, pensez-vous, la voilà ma madeleine de Proust !

Les textes qu’elle interprète sur scène, c’est évident Myriam BOYER les connait par cœur, non pas comme une table de multiplication, non par cœur parce qu’ils sont enracinés en elle et on a même l’impression qu’ils étaient présents à tous les étages de sa vie d’artiste.

Il ne s’agit pas d’un récital, ni d’une lecture. Les textes qu’elle avait envie de dire et non de chanter, se sont présentés à elle spontanément et c’est toute une famille de poètes qui se sont donné rendez-vous chez Myriam pour le plaisir de se côtoyer et surtout de s’écouter sans décliner son identité, en se tenant la main comme dans une ronde. C’est au public de deviner quel auteur se cache derrière tel texte. Mais voilà les histoires s’enchainent si bien qu’on ne sait plus où est la fin ou le début d’un souvenir. Cocteau, Trenet, Queneau ? Au fond peu importe, les textes sont là pour être entendus, ils transitent par la voix de Myriam qui leur offre le gite et le couvert. Et elle l’annonce pour se faire plaisir aussi en s’exprimant car les mots d’un tel ou d’une telle poète deviennent les siens à chaque représentation.

La vérité c’est que l’on se souvient plus des interprètes des chansons que de leurs auteurs. Myriam BOYER nous convainc que les textes peuvent vivre indépendamment des personnes qui les ont rendus célèbres. C’est cette vie des textes à l’intérieur d’elle-même dont elle témoigne dans ce spectacle avec passion.      

Vous l’aurez compris, le spectacle de Myriam BOYER est très personnel, intense, réjouissant ! C’est un baume au cœur pour les amoureux de la poésie !

Le 25 Décembre 2023

Evelyne Trân

N.B : Myriam BOYER était l’invitée de l’émission Deux sous de scène sur RADIO LIBERTAIRE 89.4, le samedi 23 Décembre 2023 en podcast sur le site de Radio Libertaire. Ci-dessous extrait de l’entretien.

Article également publié dans le MONDE LIBERTAIRE.FR

https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7631&article=Le_brigadier_redecouvre_des_textessur<<

Les Téméraires de Julien Delpech et Alexandre Foulon à la Comédie Bastille 5 Rue Nicolas Appert, 75011 Paris à partir du 7 septembre 2023 – Mercredi 19h, jeudi 21h, vendredi 19h, samedi 21h et dimanche 17h, jusqu’au 16 juin 2024.

Interprètes / Intervenants

  • Mise en scène : Charlotte Matzneff
  • Interprètes :
  • Romain Lagarde : Emile Zola
  • Stéphane Dauch : Georges Méliès et Charpentier
  • Sandrine Seubille : Alexandrine Zola
  • Barbara Lamballais : Jeanne, Edith, journaliste et serveuse anglaise
  • Antoine Guiraud ou Arnaud Allain: Marcel, Bernard Lazard, Auguste Kestner, Clemenceau, Client bar
  • Armance Galpin : Eugenie Méliès, Joséphine, journaliste, vendeur de journaux
  • Thibault Sommain : Alphonse Daudet, Rodays, employé de Clemenceau, juge, vendeur de journaux, serveur, serveur italien, Jean, journaliste
  • Assistante Mise en scène : Manoulia Jeanne
  • Créateur Musique : Medhi Bourayou
  • Créateur Lumière : Moïse Hill
  • Scénographe : Antoine Milian
  • Costumière : Corinne Rossi
  • Régisseur : Alexandre Foulon

Bande annonce https://www.youtube.com/watch?v=Qa8drs83gIM&t=8s

Si le « J’accuse » de Zola fait partie de la mémoire collective, peu de gens se souviennent que Mélies ce pionnier du 7ème art fut également le premier réalisateur d’un film politique dans l’histoire du cinéma, intitulé L’affaire Dreyfus : https://www.youtube.com/watch?v=1vu_VO0xflQ.

Dans la pièce Les Téméraires, les auteurs Julien Delpech et Alexandre Foulon mettent en parallèle d’une part l’engagement de Zola et d’autre part celui de Méliès.

Pour rappel à l’époque où se déclencha le scandale de l’affaire Dreyfus (1894-1906), la France connait une fièvre nationaliste. L’idéologie antisémite prospère, relayée notamment par la presse sous la plume d’Edmond Drumont. Alfred Dreyfus, un officier de confession juive est accusé injustement d’espionnage.  Zola convaincu de son innocence utilise à son tour la presse pour dénoncer dans son célèbre article un complot judiciaire que la raison d’état entend passer sous silence.

Bien que le nœud de la pièce soit l’engagement de Zola et de Méliès, les auteurs introduisent la petite histoire dans la grande de façon à donner figure humaine à Zola dont les problèmes de couple peuvent faire sourire. « Mais comment va-t-il s’en sortir ? » se demandera le public intrigué par la vie particulièrement compliquée de cet homme.  

Il s’agit d’un spectacle haut en couleurs, tout feu, tout flamme qui transporte le public dans la fin du 19ème siècle avec une ambiance très « Jules Verne » et qui séduit par sa scénographie inventive et surtout les prestations des artistes avec en tête Romain LAGARDE qui compose un Zola très attachant.

Des scènes fortes, notamment celle du tournage du film de Mélies ou celle de la fuite de Zola à Londres permettent de mesurer l’impact de l’affaire Dreyfus. Comment ne pas se poser des questions sur la mort de Zola honni par les antisémites.

Les auteurs cependant ne s’appuient pas sur l’aspect sombre de l’affaire Dreyfus, ils mettent plutôt l’accent sur le dynamisme et le courage de ces Dreyfusards qui ont combattu pour faire éclater la vérité, laquelle faute de combattants serait restée lettre morte.

Gageons que ce spectacle avec une mise en scène particulièrement attractive de Charlotte MATZNEFF suscitera l’intérêt des historiens ou politologues en herbe car l’affaire Dreyfus n’a pas fini de nous interroger sur l’état de nos consciences morales et politiques.

Le 11 décembre 2023

Evelyne Trân

N.B : Article également publié sur LE MONDE LIBERTAIRE https://www.monde-libertaire.fr/?articlen=7604&article=Le_brigadier_et_le_capitaine