L’EXTRAORDINAIRE AURA LIEU AU THEATRE LES DECHARGEURS – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS – du 19 Mars au 25 Juin 2015, tous les jeudis, à 21 H 30

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https://youtu.be/7m2LAHiy8Is

Textes de Camille de COURCY

Musique Maureen ESIVERT, Camille de COURCY, Franck NICOLAS

Avec Camille de COURCY, Maureen ESIVERT, Mathieu MEYER, Leila RENAULT

Mise en scène Nicole FOURNIERE NEY

Quelle bonne idée de jouer, danser, chanter ses propres textes ! Camille de COURCY semble t-il n’a peur de rien sinon du mot peur. La voilà partie à la conquête de l’extraordinaire grâce à son regard de poète capable de brouiller toutes les pistes goudronnées par l’habitude, les mesquineries, et le métro, boulot, dodo.

 Douée d’une humeur explosive, elle a séduit la metteure en scène Nicole FOURNIERE NEY et la musicienne, comédienne Maureen ESIVERT.

 Camille et Maureen sur scène rivalisent de pétulance et de drôlerie. Maureen a un véritable tempérament de comédienne, elle insuffle aux textes de Camille une fraîcheur désarmante. Nous avons adoré sa composition dans Lulu où elle joue une femme amoureuse du diable. Quant à Camille qui aime se tourner en dérision, elle estomaque dans sa composition de clocharde ivrogne.

 Les textes semblent sortir d’une boite de pandore, véritables petits démons décidés à réveiller le spectateur. Mais la douche n’est pas froide, elle est plutôt tendre.

 Cela dit, les deux musiciens, la contrebassiste Leila RENAULT et le pianiste Mathieu MEYER contrôlent la situation . Ils font preuve de grand sang froid pour canaliser l’énergie des deux jeunes femmes à l’unisson lorsqu’il s’agit de manifester à travers un magnifique « Flic, flac, floc ».

 Voilà un bon moment de cabaret où le spectateur se trouve pris au piège de la poésie à pleins poumons, sans complexes, échevelée, qui ferait sortir de sa tombe Baudelaire, ce grand amoureux des démons et des femmes !

Paris, le 19 Juin 2015           Evelyne Trân

Dans le cadre du festival du Théâtre public à la Cartoucherie de Vincennes : Lady Aoï de Yukio Mishima, mise en scène Raphaël Trano de Angelis du 18 > 21 juin au Théâtre de l’Aquarium

LADY AOI

copyright Joséphine Lointaine

Mise en scène : Raphaël Trano de Angelis (CNSAD)

Composition musicale : Hacène Larbi
Traduction et adaptation : Dominique Palmé
Regard chorégraphique : Kaori Ito
Travail du choeur : Philippe Lardaud
Scénographie et costumes : Yaël Haber et Karolina Howorko (ENSAD)
Création lumière : Dominique Nocereau
Avec : Noémie Ettlin (danseuse professionnelle), Nicolas Gonzales (comédien professionnel), Clarisse Sellier (élève comédienne Conservatoire du 19ème)
Choeur : Claire Bosse Platrière, Suzie Cahn, Charlotte Fox (élève comédienne Conservatoire du 5ème arrondissement), Camille Chopin, Miya Kabbaj (élèves chanteuses Conservatoire du 5ème), Nastasia Berrezaie, Cécile Messineo
Flûte : Mihi Kim
Clarinette basse : Maurenn Nédellec
Violoncelle : Alexis Girard
Piano : Frédéric Lagarde
Harpe : Sabine Chefson
Percussions : Christophe Bredeloup
Percussions : Benjamin Soistier
Percussions : Thierry Le Cacheux
Mezzo : Marie Kobayashi
Baryton : Yann Toussaint
Projection audio-numérique et Sound Designer : Gilbert Nouno
Assistant à la mise en scène : Adrien Guitton
Equipe technique : Vincent Détraz, Dominique Nocereau, Félix Depautex

Ce projet est le fruit d’une collaboration avec le Labex Arts-H2H, l’ENSAD et les Conservatoires Municipaux des 5e et 19e arrondissements de Paris.

Est-elle donc si irraisonnée notre perception de l’immobilité ? Les mots jonchent le sol de la forêt et le mot immobilité s’y déploie. Mishima se trouve derrière le paravent ou bien il fait partie des ombres qui le traversent car il a toujours été en quête de cette lumière. Une lumière qui absorbe, qui revomit ceux qui se sont laissés capter. C’est aussi tout le miracle d’un spectacle qui s’adresse à tous, connaisseurs ou pas du Nô et de l’œuvre de Mishima.

La mise en scène de Raphaël Trano de Angelis de Lady Aoï a toutes les caractéristiques du filet, sorte de poche pleine de vide qui remue le vide et force le regard à jouer à travers les mailles.

La dernière vision de Lady Aoï, c’est celle d’une pièce qui se situerait dans le château de la Belle au bois dormant. Sur fond de scène, un orchestre immobile, à gauche, un chœur de femmes immobile, et puis juste le souvenir d ‘un homme qui est parti en courant… Il y aussi le sol en sable qui lui répond comme une longue traîne de fantôme qui se souvient du joli masque de Nô, fracassé par une amante jalouse.

Si la vue d’un insecte écrasé sur une page de livre vous émeut c’est qu’elle est indissociable de la connaissance que vous avez de cet insecte qui se rappelle à vous, mort. Mais dans très peu de temps, il va se remettre à vivre, il suffit que vous y croyiez ou que vous vous détachiez de cette image de mort qui n’est qu’une parmi les autres …

Terrible ballet d’un insecte, une mante religieuse, une femme jalouse, qui porte en elle l’amour et la mort . La mort serait-ce ce rien ou cette surprise du vide derrière le masque. « Vous vous trompez dit l’homme à la femme – qui n’a que cette faiblesse ou cette folie, celle de croire à l’amour – je ne vous aime pas  » . Un désaveu qui met fin à la danse des amants éphémères.

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Copyright Joséphine Lointaine

C’est sur la lisière d’un sable aussi innocent qu’infantile que la danseuse lève ses talons comme pour rappeler sa naissance, elle est née amoureuse, elle est portée par ce sable mouvant, prisonnière d’un fil auquel est rattaché fugace, improbable, un jeune bateau en papier.

Les convulsions sonores d’une chanteuse, l’orchestre, le chœur des femmes ne jouent pas les rôles de décors extérieurs, ils sont absorbés, tétanisés par la folie de Rokujô, qui a manigancé le mal de Aoi, l’épouse de l’amant, figurée par un simple masque sur un lit d’hôpital.

La danseuse de Nô, Noémie ETTLIN est fascinante. Elle a la silhouette d’un roseau qui aurait l’énergie tempétueuse d’une algue de mer, ou d’une libellule croisée avec une mouche. Elle dispose d’une fragilité indocile qui fait penser à la nervure d’une feuille calligraphiée sous le joug d’un pinceau.

Le metteur en scène Raphaël Trano de Angelis qui réunit autour de lui une équipe impressionnante, musiciens, chœur, chorégraphe, frappe par sa maîtrise, sa maturité. Sa vision belle et dépouillée nous introduit dans l’univers de Mishima de façon très claire, l’œil devant le masque, en signe de dépôt de nos précieuses illusions.

Paris, le 19 Juin 2015                               Evelyne Trân

Compagnie Dairakudakan – « LA PLANETE DES INSECTES » – Chorégraphie, direc­tion artis­ti­que et inter­pré­ta­tion : MARO AKAJI à LA MAISON DE LA CULTURE DU JAPON du 11 au 13 Juin à 20 Heures puis du 18 au 20 Juin à 20 Heures

insect-2-3---chris-randle_-vidf2015-a09b9Chorégraphie, direc­tion artis­ti­que et inter­pré­ta­tion : Maro Akaji

Crédit photo Chris Randle VIDF2015
- Pièce pour 22 dan­seurs

Nous n’en avons pas conscience mais les relations sont plus étroites que nous le pensons entre les insectes et les hommes. Qui n’ a pas été frappé en observant un papillon dans une vitrine de pouvoir reconnaître son origine géographique. Par effet de mimétisme, sans que l’on puisse déterminer qui de l’homme ou de l’insecte a déteint sur l’autre, nous pourrions dire par exemple qu’en Chine, tous les papillons ont l’air asiatique.

 Mais les insectes ont fait leur apparition sur terre, il y a 400 millions d’années, bien avant les hommes (apparus il y a seulement 7 millions) nous rappelle Akaji MARO, le chorégraphe de la Compagnie DAIRAKUDAKAN créée en 1972.

 A vrai dire, si nous faisons abstraction de notre supériorité humaine, nous pourrions en nous observant à la louche reconnaître que nous avons vraiment l’air d’insectes. Corporellement, nous sommes simplement un peu plus gros qu’eux.

 Disciple de Tatsumi HIJIKATA et de Kazuo ONO , les fondateurs du bûto, Akaji MARO fonde ses chorégraphies sur trois piliers : « La collecte des gestes du quotidien, le corps matrice, le corps espace ».

 Quoique l’esthétisme ne fasse pas partie des préoccupations des danseurs du bûto – lesquels sont encouragés à « laisser aller » leurs corps à s’exprimer comme s’ils étaient adeptes à leur façon du cri primal – les tableaux, notamment le premier, impressionnent par leur beauté.

 Davantage que les costumes d’insectes, ce sont les visages blancs des danseurs, poignants, douloureux qui attirent le regard. Curieusement dans cette chorégraphie, les insectes ont l’air de se prendre pour des hommes et ces derniers pour des insectes.

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Akaji MARO respire ou retient son souffle d’auteur de science fiction qui verrait l’insecte supplanter l’homme, pour accueillir le poète errant Matsuo BASHO compositeur de plusieurs haïkus sur les insectes. Mais que vient faire le poète dans cette galère où les hommes et les insectes ne cessent de se battre ?

Il suffit de se souvenir du rêve de papillon de Tchouang-Tseu qui rêva qu’il était papillon pour comprendre celui de Akaji MARO. Ne danse t-il pas avec toute la présence d’esprit d’un insecte ?

A l’issue du spectacle qui s’est déroulé comme une longue rêverie pleine de turbulences, rythmée aussi bien par la musique électronique de Jeff MILLS que par la flûte mélancolique de Keisuke DOI, quel bonheur de songer que nous avons emporté avec nous quelques visions de ce rêve sublime, celui de voir des hommes s’exprimer comme des papillons. Âmes sensibles s’abstenir, certaines scènes sont aussi expressives que des tableaux de GOYA !

Paris, le 14 Juin 2015                     Evelyne Trân

 

 

 

CERNODRINSKI REVIENT A LA MAISON de Goran Stefanosvski – Création du Théâtre national de Syldavie – du 9 Juin au 20 Juin 2015 – du Mardi au samedi à 20 H 30 –

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de Goran Stefanosvski

traduit du macédonien par Maria Béjanovska
avec le soutien de l’Union européenne
et du ministère de la Culture de la République d
e Macédoine

mise en scène Dominique Dolmieu
dramaturgie Daniel Lemahieu – régie Antoine Michaud

avec
Céline Barcq, Alain Carbonnel,
Géry Clappier, Fabrice Clément,
Franck Lacroix, Tristan Le Doze,
Barnabé Perrotey, Salomé Richez
et Clara Schwartzenberg

Quand les auteurs contemporains français doivent remuer ciel et terre pour faire jouer leurs pièces de théâtre, nous ne pouvons qu’applaudir le travail de la Maison d’Europe d’Orient qui se préoccupe de faire sortir de l’ombre des auteurs vivants de l’Europe du sud, en traduisant et publiant leurs textes .

Né en Macédoine en 1952, Goran STEFANOVSKI l’auteur de la pièce « CERNODRINSKI  revient à la maison » est un écrivain voyageur conscient de cette lumineuse relativité du temps et de l’espace. Il n’empêche, la date de publication de cette pièce coïncide avec celle de l’indépendance de la Macédoine en 1991.

CERNODRINSKI (1875-1951) considéré comme le fondateur de théâtre macédonien fait figure de porte flambeau des libérateurs de la Macédoine. Dramaturge, auteur de nombreuses pièces dont les Noces de Sang macédoniennes , sa troupe itinérante a parcouru la Bulgarie et la Macédoine Ottomane au siècle dernier qui a connu les guerres des Balkans et de Yougoslavie.

CERNODRINSKI est devenu un mythe dans la mémoire collective des Macédoniens, il surgit dans les conversations souvent inconsciemment.

STEFANOVSKI a donc eu l’idée d’introduire ce personnage comme facteur invisible de lien social dans une myriade de petits sketches d’une saveur très éclectique . Tourbillonnant voyage dans les années 1900 au cours duquel, les spectateurs auront même la chance de rencontrer Tristan TZARA en piteux poète et André BRETON.

La plume de STEFANOVSKI agit comme un faisceau, chacun de ses sketches oscille dans l’intervalle de la pose et du flash. Procédé surprenant mais très rafraîchissant .

Comment une personne absente en l’occurrence très connue, peut-elle s’insinuer dans la vie d’individus qui eux ne se connaissent pas du tout, dans toutes sortes de situations, dramatiques ou ubuesques ? Prises de vues au-dessus ou par dessus le passé ? Le passé est à venir . Dans des instants d’émotions fortes, les protagonistes n’ont ils pas parfois la sensation d’être observés par un spectateur invisible, et si ce spectateur existe et assiste à nos scènes comprend-il de qui on parle et pourquoi nous nous agitons tant ?

Dans le va et vient d’une conversation, il y a des tours de cache cache entre passé et présent qui procurent ce plaisir spécial de la curiosité. Et c’est ce plaisir là qui préside dans la pièce «  CERNODRINSKI revient à la maison ».

Au cours de la pièce, les interprètes en véritables caméléons endossent chacun plusieurs rôles avec une rapidité étonnante. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le metteur en scène Dominique DOLMIEU et tous les comédiens font de la pièce de STEFANOVSKI un joli feu d’artifice qui nous éclaire, nous emporte là bas en Macédoine ou ailleurs, retrouver notre propre CERNODRINSKI.

Si donc le cœur vous dit de voyager, nous ne pouvons que vous exhorter à aller faire un tour à La Maison d’Europe et d’Orient, découvrir cet étonnant voyageur dans le temps et l’espace, le dramaturge Goran STEFANOSKI .

Paris, le 14 Juin 2015                     Evelyne Trân

TEATRO A CORTE- LE THEATRE EUROPEEN DANS LES DEMEURES ROYALES DU PIEMONT DU 16 JUILLET AU 2 AOUT 2015 sur trois week-ends du jeudi au dimanche

TEATRO A CORTE

 

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C’est devenu un rendez vous incontournable, un événement, celui de l’élan migratoire de plusieurs compagnies venues de toute l’Europe, 8 pays cette année, présenter sinon leurs meilleures créations, celles les plus susceptibles d’aller à la rencontre du public.

Toute une floraison de signes, qui trace son sillon sur la belle terre du Piémont, toujours au mois Juillet . L’empreinte laissée par les compagnies qui se sont succédées au cours des dernières années dans les demeures royales du Piémont est devenue une terre d’accueil pour les jeunes créateurs qui entendent non seulement se faire connaître mais partager leurs émotions. L’effervescence qui règne ne tombe pas pourtant du ciel, car le fondateur du festival , Beppe NAVELLO opère comme un jardinier qui connaît par cœur , au sens propre, toutes ses plantes et est toujours,l’affût de nouvelles pousses.

Le programme de cette année entend permettre au public d’explorer ses sens au seuil du visible et de l’invisible, de l’inouï et de l’impalpable pour qu’il s’inscrive lui même en tant que témoin sur la route de la création contemporaine.

Nos modes de perception ont-ils évolué depuis le moyen âge ? Pas évident d’ajuster nos antennes préhistoriques aux nouvelles sirènes virtuelles. C’est le corps en devenir celui de l’individu et celui de la société que les créateurs d’aujourd’hui, par la danse, le cirque, le théâtre,les vidéo performances, les spectacles de marionnettes interrogent.

Retrouvailles avec un corps imaginaire, en attente, qui nous rappelle nos besoins d’expression des plus élémentaires aux plus délicats. La palette est large, ne l’oublions pas ! Les superbes façades des châteaux du Piémont jouent le rôle d’écran géant aux manifestations de créateurs soucieux de n’être pas seulement d’éphémères reflets des mouvements de notre monde.

Ils pigmentent et bousculent le regard du public leur offrant non seulement le boire et le manger, en écho à l’exposition universelle de Milan, mais une inoubliable valse de sensations .

Cette année,la vitrine sera allemande avec 7 spectacles et au cours de 12 journées de festival, 26 compagnies représentant 8 pays différents. (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Finlande, Israël, Italie, Royaume Uni) présenteront leurs spectacles dont 12 créations in situ.

Fidèles parmi les fidèles de ce festival depuis des années, nous ne manquerions ce rendez vous à aucun prix. Il est vrai que le programme de cette année qui accueille également de nombreuses compagnies françaises, euphorise nos papilles.

Et vu que Turin n’est pas si loin d’Avignon, nous enjoignons leurs festivaliers à aller faire un tour à TEATRO A CORTE, pour y goûter le meilleur miel du théâtre européen, sa gelée royale !

Paris, le 13 Juin 2015                                        Evelyne Trân

Le Banquet de la Sainte-Cécile De et par Jean-Pierre Bodin – Avec la complicité de François Chattot du JEUDI 4 > SAMEDI 6 JUIN à 21H au Théâtre de l’Européen – 5, rue Biot 75017 PARIS –

Affiche le Banquet Européen (2)Tournée 2015 – 2016 

10 octobre 2015 (date à confirmer) : Centre culturel Simone Signoret d’Amfreville

 24 octobre 2015 (date à confirmer) : Montceau-les-Mines

  29 octobre 2015 : Rencontres publiques de la Maison Jacques Copeau à  Pernand-Vergelesses

 Costumes  Alexandrine Brisson, Lumière Gérard Bono, conception et réalisation technique Jean-Baptiste Herry, Jean-Claude Fonkenel, Denis Tisseraud

Durée du spectacle : 1h30

Coproduction : La Mouline, Quai n°5, le Théâtre de Poitiers, Avec le soutien de la DRAC Poitou-Charentes, du Conseil Régional Poitou-Charentes, des Conseils Généraux des Deux-Sèvres et de la Vienne et de l’ADAMI La Mouline est soutenue par Le Ministère de la Culture/Drac Poitou-Charentes,  le Conseil Régional Poitou-Charentes et le Conseil Général des Deux-Sèvres

Dresser le portrait d’une petite commune de France, c’est un jeu d’enfant, n’est ce pas. Ne suffit-il pas d’installer sur une nappe, l’église, la place de la mairie, les boutiques des artisans et des commerçants, le cabinet du docteur et du dentiste etc., et puis d’ouvrir toutes les portes en laissant parler les habitants.

Vous n’y songez pas ! Chaque ville, chaque village, chaque hameau disposent d’une carte d’identité. Aucune commune ne ressemble à une autre mais toutes n’ont pas la chance d’avoir un portraitiste éclairé qui puisse les mettre en valeur.

Grâce à ce formidable conteur qu’est Jean-Pierre BODIN, Chauvigny est en passe devenir aussi célèbre que Tarascon . Il ne faut pas être sorcier pour décrire par le menu une petite commune de France mais mieux vaut avoir la plume chevauchante, curieuse et aiguisée comme celle d’un détective à la recherche des indices les plus inouïs, tel un Simenon en cavale.

Pour dénicher tous les mystères croustillants et les anecdotes les plus cocasses qui se cachent derrière les bonnes figures du boulanger, du dentiste, du boucher etc. , il suffit de faire partie de l’harmonie municipale de la ville, véritable institution qui permet à tous ses volontaires d’exercer leurs talents musicaux. En effet, pas de 11 Novembre, pas de fête aux flambeaux, pas de 14 Juillet sans la présence de cette harmonie qui répète toute l’année les partitions de la Marseillaise et du chant des partisans.

Véritable voyage en terre inconnue car ce n’est pas si souvent que les facettes de ces gens ordinaires que nous sommes tous dans la vie, révèlent au détour d’un regard plutôt tendre et parfois ironique, leurs curiosités, leurs tics, leurs bizarreries, leurs originalités.

Jean-Pierre BODIN et François CHATTOT, son complice, n’entendent pas faire de la caricature ni de la littérature. Leur parti pris, c’est de composer des sortes de portraits qui échappent à la règle, tout simplement parce qu’ils ont le sentiment que leurs protagonistes, trop vivants, ne méritent pas d’être figés dans un album de photos ou de faire seulement figure de bêtes curieuses dans un documentaire. Cela dit, si l’on rêve que dans la littérature, il y a le mot terre, nous pouvons dire que l’écriture du conteur se confond avec tous ces chemins de terre qu’il faut traverser pour aller à la rencontre des habitants de Chauvigny.

La randonnée dure un heure trente mais nous ne voyons pas passer le temps car le guide a parsemé la route de multiples surprises dont la dernière, dont nous ne dirons, mot est particulièrement réjouissante.

La grande table autour de laquelle s’affaire le conteur est conviviale à souhait et nous n’avons guère de mal à imaginer qu’elle était occupée tantôt par toute l’équipe de l’harmonie partie en vadrouille. Suspense !

Seul en scène, Jean-Pierre BODIN est un conteur plein de malices qui vit tout ce qu’il raconte, un peu comme s’il se roulait dans la terre de son enfance.

Avec lui, nous pouvons nous réjouir de nos ongles tout noirs d’avoir trempé dans cette terre, qu’elle vienne de Chauvigny ou d’ailleurs, c’est aussi la nôtre !

Paris, le 7 Juin 2015                  Evelyne Trân

 

 

 

Au-delà Un spectacle de DeLaVallet Bidiefono et la compagnie Baninga au Théâtre Claude LEVI-STRAUSS – Musée du Quai BRANLY – 37 Quai Branly Du mercredi 3 au dimanche 14 juin 2015

Distribution :

Chorégraphie : DeLaVallet Bidiefono

  • Texte : Dieudonné Niangouna
  • Musique : Morgan Banguissa, DeLaVallet Bidiefono, Armel Malonga
  • Danseurs de la compagnie Baninga : Flacie Bassoueka, DeLaVallet Bidiefono, Destin Bidiefono, Ingrid Estarque, Ella Ganga, Nicolas Moumbounou
  • Chanteur : Athaya Mokonzi
  • Musiciens : Morgan Banguissa, Armel Malonga
  • Création lumières : Stéphane ‘Babi’ Aubert
  • Régie lumières : Cléo Konongo
  • Création sonore : Jean-Noël Françoise
  • Régie son : Périg Villerbu
  • Production déléguée : Le Grand Gardon Blanc / Compagnie Baninga
  • Diffusion et développement : Antoine Blesson, assisté de Allan Périé
  • Production : Émilie Leloup, Léa Couqueberg

 

 Il y a tous ces fantômes qui se dressent, ceux des victimes de la guerre civile à BRAZAVILLE au Congo qui eût lieu entre 1993 et 2001 et les vivants, les rescapés, qui tentent de témoigner, de survivre . Le chorégraphe Bidiefono DELAVALLET, les danseurs, les musiciens et le chanteur Athaya MOKONZI se souviennent dans leurs tripes de l’horreur de la guerre. Ils manifestent que le pont n’est pas rompu entre les vivants et les morts comme dans le  célèbre poème « Souffles » de Birago DIOP :

 Ceux qui sont morts ne sont jamais partis 

Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.:

 La terre tremble sous les pieds de danseurs en quête d’espérance . Que disent les corps, qu’ont-ils à dire, quand se mêlent dans leur mémoire aussi bien la peur de la mort, l’effroi que le simple désir de vivre. La chorégraphie de Bidefiono DLAVALLE exprime ces alternances de peine et de joie de façon très dépouillée, ayant à cœur de laisser circuler l’indicible, de sorte que les spectateurs n’assistent pas seulement à une performance de danseurs, ils partagent l’ombre offensive, celle qui goutte avec les doutes, les inquiétudes, les effarements.

 Ainsi les danseurs se retrouvent sur cette lisière entre la vie et la mort, sachant que chacun de leurs gestes, peuvent aussi bien toucher les vivants que les morts.

 Et comment et pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de frontière au cœur de l’émotion. Et même si les cris de révolte n’obtiennent pas de réponse immédiate, ils ont leur place celle que leur offrent les danseurs .

 Ce faisant, ils convoquent les corps qui  s’expriment aussi bien par le chant que par  le mime, pas de frontière non plus pour les musiciens et le chanteur, invités à les rejoindre. Les figures de l’un et du collectif s’exhortent mutuellement.

 Et la voix ténébreuse,  tel un charbon ardent, d’Athaya MOKONSI, à travers le chant poème de Dieudonné NIANGOUNA, devenue tampon de cette alternance de conflits et de réunions, telle Sisyphe au bord son rocher, avoue « Je suis dans le vide »

 Au-delà, pensons nous, il y a ce partage ineffable qui va du bouillonnement de la vie aux questions les plus secrètes d’un homme, une histoire d’intime conscience d’avoir à partager le même combat pour la  vie.

 Ce spectacle exceptionnel, créé en 2013 à Avignon, a toute sa place au  Théâtre Claude LEVI STRAUSS du Musée du Quai Branly. Impossible de sortir indemne de cette impressionnante manifestation artistique.

 

Quelque chose s’y passe qui va au-delà de l’émotion esthétique, au-delà de l’exotisme, qui nous raccorde au  simple désir de vivre passionnément.

 

Paris, le 6 Juin 2015               Evelyne Trân

 

 

CLAUDEL BARRAULT – Adaptation libre des correspondances de Paul CLAUDEL et Jean-Louis BARRAULT par Pierre TRE-HARDY- Mise en espace Jean-Pierre HANE au THEATRE POCHE MONTPARNASSE – 75 Bd du Montparnasse 75006 PARIS – du 29 Mai au 28 Juin 2015 – Vendredi et samedi à 21 H – Dimanche à 15 H –

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De Pierre Tré Hardy, mise en scène de Jean Pierre Hané, avec Clémence Boué, Arnaud Denis, Jean-Pierre Hané

Extrait vidéo du spectacle donné au Studio Raspail, le 16 juin 2014 : https://www.youtube.com/watch?v=7M3AE93piaU

CLAUDEL, BARRAULT, deux hommes passionnés par le théâtre qui témoignent à travers leur correspondance dans les années 1943-1944, de la grande aventure que fût la création du Soulier de Satin à la Comédie Française dont la première eût lieu le 27 Novembre 1943.

Un véritable défi aussi bien pour l’auteur confronté à la censure que pour le jeune metteur scène assailli par de multiples difficultés matérielles et administratives qui va faire preuve d’une diplomatie exemplaire vis-à-vis de CLAUDEL.

Comment deux hommes aussi passionnés, séparés par une génération, – CLAUDEL est sexagénaire, BARRAULT, trentenaire – ont-ils réussi à s’accorder ? Leur idéal de mise en scène fait tout d’abord penser à un bateau ivre. Les ambitions de Claudel se heurtent à des réalités de choc, la lourdeur de l’administration, un choix de distribution limité, et la longueur même de la pièce .

 Face à un Jean Louis BARRAULT exalté, prêt à s’agenouiller devant lui, déchiré aussi de ne pouvoir servir toutes  ses exigences, CLAUDEL joue le Pygmalion avec un certain narcissisme,  heureux d’être adulé et surtout d’exprimer ses propres velléités de metteur en scène, à travers de multiples didascalies .

Nous nous souvenons tous du visage fiévreux de Jean-Louis BARRAULT dans son rôle du mime Baptiste dans les Enfants du Paradis et nous ne pouvons pas nous empêcher de le voir refluer à travers la lecture d’Arnaud DENIS, alors même que les missives retracent aussi des préoccupations matérielles, hélas impérieuses. Mais les photos de Paul CLAUDEL qui nous le montrent vieux et massif ne rendent pas compte de son charme . La lecture de ses lettres par Jean-Pierre HANE a des inflexions chaleureuses et toutes bienveillantes.  Car l’homme sait envelopper ses critiques à l’égard du bouillonnant disciple, il lui parle comme un Prince soucieux de transmettre le mieux possible son idéal, sa « semence » au personnage Jean-Louis BARRAULT.

La séduction était réciproque. Dès lors, on pourrait presque  parler d’une histoire d’amour entre CLAUDEL et Jean Louis BARRAULT, une histoire d’amour pour le théâtre, et au-delà une histoire d’amour spirituel.

 Le spectacle évoque les contingences de cette période troublée de l’occupation, à travers quelques enregistrements radio, mais en vérité à travers les lettres de ces deux artistes, l’on éprouve que rien ne peut ébranler leur passion, leur rêve et si CLAUDEL finit par accepter certaines conditions de Jean-Louis BARRAUT, c’est par qu’il sait qu’il a affaire  à un homme aussi fou que lui.

 Clémence BOUE joue le rôle de témoin avec une jolie ferveur. Pour rendre compte de l’atmosphère de l’époque, quelques témoignages dont l’un issu du journal d’Anne FRANK. A vrai dire, ils paraissent quelque peu anachroniques. Les deux correspondanciers si investis dans leur aventure théâtrale n’avaient probablement comme nombre de français qu’une conscience superficielle de l’horreur de cette guerre. Il fallait continuer à vivre, à créer, coûte que coûte . C’était sans doute leur façon à eux de résister comme ANOUILH qui mit en scène Antigone à la même époque.

 Si l’évocation de cette période de l’occupation fait office de déjà vu et de déjà entendu, compte tenu du nombre de documentaires et de pièces, appelés à commémorer les deux guerres, en revanche, la correspondance de CLAUDEL et BARRAULT est passionnante,  captivante.

 L’adaptation libre de Pierre TRE-HARDY soulève un pan de  l’iceberg que représente la création d’une pièce au théâtre, et celle du Soulier de Satin est particulièrement éloquente.

 Ce spectacle  parlera aussi bien aux admirateurs de CLAUDEL qu’aux serviteurs du théâtre, metteurs en scène, comédiens à travers Jean-Louis BARRAULT dont le parcours théâtral est unique, car rappelons-le, il côtoya aussi Charles DULLIN, Antonin ARTAUD et laissa entrer les étudiants de Mai 68 à l’Odéon !!!

 Quant au public néophyte, jeune et moins jeune, gageons qu’il sera sensible à cette proposition . Pénétrer dans les coulisses d’une création théâtrale à travers la correspondance  animée  de ces deux monstres CLAUDEL et BARRAULT, c’est une occasion rare, voire un privilège !

 Paris, le 31 Mai 2015                  Evelyne Trân

 

 

LES NUITS POLAIRES Par la Compagnie LES ANGES AU PLAFOND AU CARRE BELLE FEUILLE -60 RUE BELLE FEUILLE 92100 BOULOGNE BILLANCOURT du 27 au 30 Mai 2015 à 20 H 30

 

photo Nuits polaires 1@ Vincent MuteauAvec : Brice Berthoud, Jessy Caillat, Marie Girardin, Dominique Hardy, Dorothée Ruge, Camille Trouvé

Eric Desvignes (Collaboration artistique) ,Cousin Doudou (Collaboration artistique) , Xavier Drouault (Collaboration artistique) ,Gerdi Nehlig (Création lumières) , Guillaume Trouve (Musique) Brice Berthoud (Construction), Camille Trouvé (Construction, marionnettes, manipulation), Dorothée Ruge (Construction et manipulation).

Dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette, la Compagnie Les Anges au Plafond présente au CARRE  BELLE FEUILLE son spectacle Les Nuits Polaires .

 Une occasion de  dépaysement unique. En effet, l’équipe de la création s’est employée à recréer l’atmosphère d’une nuit polaire et c’est comme par enchantement que les spectateurs pourtant à mille lieues du Groenland sont conviés à pénétrer à l’intérieur d’un igloo et faire connaissance  avec un curieux personnage solitaire, confiné dans un minuscule pied à terre avec pour seul compagnon Alexandre un coq assez déplumé.

 Il n’y a pas beaucoup de place dans cet igloo en toile, les spectateurs resserrés en cercle peuvent bien faire l’objet d’une hallucination collective : ils sont partis au Groenland et sont vraiment rentrés dans un igloo. L’espace d’une heure, ils n’auront pour tout repère que le plafond de l’igloo, et un sentiment d’empathie envers cet homme seul (l’enfant que nous fûmes peut-être jadis, isolé dans un grenier, une cave,  ou une cabane) Robinson Crusoé nordique, victime de la maladie  du Vertigo.

 Le bon sens terrien nous rappelle que trop de solitude ne sied guère à l’homme. Alors comment s’étonner que quelques âmes compatissantes ou pas aient l’idée de venir tenir compagnie au pauvre homme. Les créatures qui envahissent la cahute ne sont pas des anges . Ce sont des trappeurs, des aventuriers, des bourlingueurs, forts en gueule, buveurs invétérés, fomenteurs d’histoires extravagantes, mythomanes etc…

 On oublie que ces créatures se présentent sous la forme de marionnettes tant elles sont expressives,  vivantes, si proches de la bouche de leur manipulateur, et de celle du conteur Jorn RIAL dont elles semblent s’être littéralement échappées. Leur vitalité, leur pugnacité tient au fait qu’elles sont inspirées de personnages réels que l’écrivain et ethnologue danois Jorn RIEL a mis en scène dans une série de nouvelles « Les racontars arctiques ».

 C’est le genre de spectacle accompli auquel il faut se rendre plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances. Les lumières savent protéger le mystère des expressions, des gestes de ces marionnettes si humaines qu’elle rêvent aussi d’amour et du rayonnement d’une certaine Emma sur la banquise.

 Ce qui réjouit aussi c’est que l’équipe de création se trouve dans la même longueur d’onde que  celle qui parcourt un livre ouvert en pleine lune sur les genoux d’un lecteur, et les étoiles qui l’éclairent sont vraiment celles de l’imagination physique, ouverte, propice aux apparitions…

 Le jeu de Brice BERTHOUD tient du vertige, la musique et les bruitages restent sur le mode de la discrétion comme pour mieux lever notre regard vers les incroyables marionnettes de Camille TROUVE .

 Voila un spectacle de grande qualité que nous ne pouvons que recommander au public.  L’art des marionnettistes loin de faire entorse à notre réalité, la prolonge vers ses cavités inouïes,  lumineuses et palpables au cœur de notre humanité.

 Paris, le 30 Mai 2015                  Evelyne Trân

 

MISE EN CAPSULES au CINE XIII THEATRE – 16 SPECTACLES DE 30 MINUTES – 1 Avenue Junot 75018 PARIS du 18 mai au 6 juin 2015

MISE EN CAPSULES

Mises en Capsules

Le Ciné XIII Théâtre se décapsule en beauté en ce moment sur les hauteurs de Montmartre, à l’occasion de la 9ème édition des mises en capsules, le festival des formes courtes théâtrales. Un véritable tourbillon d’abeilles qui doit se voir de très loin vu le nombre de visiteurs qui se pressent au pied du théâtre.

 Nous avons goûté quelques gorgées de miel de la récolte 2015, particulièrement parfumé, à la fois doux et violent, capiteux et léger, un peu à l’image de la salle garnie de sièges rêveurs, notamment ses lourds divans comiques et baudelairiens.

 A quelle époque sommes nous au juste, en 1800, 1950 ou en 2015 ? Peu importe, nous voilà déjà grisés par l’ambiance joyeuse et électrique qui règne dans cette foire théâtrale.

 Nous entrons par surprise, sans savoir exactement ce qui va nous être proposé car les spectacles qui se poursuivent tout le long de la soirée ont le toupet de ne jamais se ressembler et de ne surtout pas obéir à la sacrée sainte règle d’unité de temps, de lieu et de thème.

 Les spectateurs peuvent donc s’attendre à quelques turbulences émotionnelles, cela va évidemment de soi avec l’appel d’offres de Mises en capsules.

 Pains surprises donc, plutôt que repas avec entrée, plat du jour et dessert. Fichtre des repères ! De toute façon, comment aller se plaindre en coulisses auprès du chef cuisinier !

 En ce  qui nous concerne, nous avons eu droit à une jolie mise en bouche avec le spectacle « Les égouts de mon âme ». Les auteurs Sébastien BLANC et Nicolas POIRET font feu de tout bois pour écumer leur délirante fantaisie sur le thème de la femme auteure de romans de rose à succès qui tombe dans la soupe à crocodiles de la télé réalité saumâtre. C’est très drôle car les interprètes Pascal ZELCER et Anne BOUVIER, jouent les bouffons avec délectation . Un régal ! Quand donc Pascal ZELCER en Ubu Roi ?

 En plat du jour, « La discorde » d’Alexandre MARKOFF sur le thème de la  cacophonie qui règne lors des discussions à table, en réunion, paramétrée par les multiples clichés qui emboîtent les discours avenus et non avenus. Les nombreux interprètes se griment ou se grisent les uns et les autres comme s’ils tutoyaient l’impossible silence d’être ensemble, jouissant de l’art de parler pour ne rien dire.

  Au dessert « Je descends souvent dans ton cœur ». Une histoire d’amour, celle d’une fille pour sa mère qui vient de mourir . La paille et le grain sont à l’intérieur du nid. Beaucoup de délicatesse ressort du texte de Flore GRIMAUD qui joue la mère. Quant à Lou CHAUVAIN, elle a cette présence de petite fille acidulée qui réussit à mettre de la lumière dans la douleur et c’est bouleversant !

 Voila une soirée bien riche qui aura remué bien des humeurs mais pas indigeste . Nous recommandons cette belle table du Théâtre Ciné XIII, qui continue à concocter ses pains surprises jusqu’au 6 Juin 2015. A ne pas manquer !

 Paris, le 29 Mai  2015                    Evelyne Trân