Nos corps empoisonnés de Marine Bachelot Nguyen au Théâtre des Bergeries 5, rue Jean-Jaurès 93130 NOISY LE SEC le 13 Février 2025 à 19 H 30.

Texte et mise en scène Marine Bachelot Nguyen
Avec Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné
Scénographie et vidéo Julie Pareau      
Création lumière et régie générale Alice Gill-Kahn
Régie générale Alice Gill-Kahn ou Clément Salomon Longueville
Diffusion En Votre Compagnie / Olivier Talpaert
Presse Maison Message

Tout le monde ne connait pas l’histoire de TRAN TO NGA qui a pourtant fait parler d’elle tout récemment lors du procès du 25 Janvier 2021 intenté aux multinationales responsables de l’épandage de l’agent sur la terre du Vietnam. Ledit procès a fait l’objet d’un appel le 7 Mai 2024, lequel a été rejeté par décision de la Cour d’appel rendue le 22 Août 2024.

Cette femme aujourd’hui âgée de 82 ans et en mauvaise santé a le courage et la force morale de continuer son combat alors qu’après plusieurs années de procédure, le Tribunal vient de déclarer ses demandes irrecevables. Elle va donc se pourvoir en cassation.

L’initiative de Marine BACHELOT NGUYEN de porter au théâtre le récit de sa vie est particulièrement bienvenue.

Il ne s’agissait pas de faire un biopic hagiographique mais de faire entendre la voix de Tran To Nga à plusieurs âges de sa vie marquée par la guerre du Vietnam (1/11/1955 au 30/04/1975) pendant laquelle elle fut résistante dans le maquis et fut victime de l’épandage de l’agent orange.

Nous pourrions croire que la guerre du Vietnam est terminée mais la vérité c’est que le peuple vietnamien en subit toujours les séquelles puisqu’actuellement, c’est la 4ème génération d’enfants qui naissent victimes du poison de la dioxine.

Il faut entendre le témoignage de Tran To Nga qui fut moqué lors de son audience au Tribunal : « Etes-vous déjà allés au Vietnam ? Avez-vous vu le musée des vestiges de la guerre à Saigon. On l’appelait auparavant galerie des atrocités américaines. Chaque salarié de nos multinationales, chaque être humain devrait y faire une visite… Dans la maternité de Saigon, j’ai vu conservés sur des étagères des bocaux, dans ces bocaux des fœtus de nouveaux nés, un cimetière de bébés déformés par la dioxine. »

Habilement Marine BACHELOT NGUYEN crée des ponts entre la jeune Tran To Nga incarnée ardemment par Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné et Tran To Nga, grand-mère. Par l’entremise d’images vidéo, elles se rejoignent et dialoguent en quelque sorte.

Angélica Kiyomi Tisseyre-Sékiné à travers le monologue de la jeune résistante, avec tout l’éclat de sa jeunesse, nous parle d’aujourd’hui et de l’avenir de la planète. Elle est la voix aussi des avocats au Tribunal.

Très instructif et poignant, le spectacle a la forme d’un théâtre-récit ancré dans la réalité, qui a vocation de sensibiliser le public à la cause de Tran To Nga défendue par le Collectif dioxine.

Le spectacle émeut profondément tel un porte-flamme des jeunes appelés à prendre le relais du combat de Tran To Nga . Sa voix toujours très douce résonne :

« Je suis reliée à tous les morts, reliée à tous les vivants et pour que les vivants et les morts soient comptés, il faut simplement de la réparation, il faut simplement de la justice « .

Article mis à jour le 27 Janvier 2025

Evelyne Trân

À l’issue de la représentation Nos corps empoisonnés de Marine Bachelot Nguyen, un temps d’échange est proposé au public avec l’équipe artistique et le Collectif Vietnam Dioxine, en présence de Tran To Nga. L’association lutte pour la reconnaissance officielle et les réparations suite aux effets de l’usage de l’agent orange durant la guerre du Vietnam.

Dans le hall du théâtre, découvrez l’exposition du Collectif Vietnam Dioxine sur l’agent orange par l’illustratrice-graphiste Tram Anh (du 31 janvier au 13 février).

Mau d’âmour. Le spectacle musical hommage à Maurane – Mise en scène de Christel KERN au Théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre au lard 75004 PARIS du 9 Janvier 2025 au 8 Février 2025 , les jeudis, vendredis, samedis à 21 Heures.

  • Auteur : Reprise du répertoire de Maurane.
  • Mise en scène : Christel Kern
  • Avec : Christel Kern : chant et percussions
  • Laura Strubel : piano et choeurs
  • Caroline Stenger : violon électrique et choeurs
  • Direction artistique : Christel Kern
  • Direction vocale: Richard Cross
  • Design lumières : Loïc Marafini
  • Co-productions : Côté artistiK, l’ED&N de Sausheim et les Tanzmatten.

Voir la bande annonce

Nous avons tellement été attristés par la mort de MAURANE, le 7 Mai 1918 que le spectacle hommage de Christel KERN en cet hiver 2025 ne peut que réchauffer nos cœurs d’autant que ce spectacle a lieu dans ce charmant écrin musical et théâtral que représente l’ESSAION. C’est une raison de plus pour se déplacer et venir applaudir Christel KERN une artiste polyvalente, chanteuse, productrice, metteure en scène, auteure, compositrice, que l’on peut considérer comme la petite sœur de Maurane.

Accompagnée au piano et au violon électrique des talentueuses Laura STRUBEL et Caroline STENGER, elle donne un concert chargé d’émotions qui ne manque pas de rappeler que Maurane, était une artiste écorchée vive, entière, très engagée, dotée  d’une voix ensoleillée.

Christel KERN sans chercher à imiter Maurane a une voix puissante et généreuse, et l’on ne peut s’empêcher d’y retrouver quelques accents de Maurane comme un écho qui bouleverse.

Le public aura le bonheur d’écouter entre autres tubes : Place à l’amour, Trop forte, sur un Prélude de Bach, Toutes les mamas …

Voilà un concert qui donne le vertige. Ne le manquez pas, les représentations ne courent que jusqu’au 8 Février 2025.

Une occasion unique de faire une provision de soleil musical au cœur de Paris en pensant à MAURANE !

Le 11 janvier 2025

Evelyne Trân

PROGRAMME DES TITRES INTERPRÉTÉS
Dernier voyage (2007) (Filippi Alana/Jean-Jacques Daran)
Ça casse (1991) Fatal (Peter Lorne)
Cent les sangs (2003) Quand les sangs (Gildas Arzel)
Tout pour un seul homme (1990) (Daria De Martynoff/Maurane/Mulligan Kevin Joseph)
Chanson de l’Autruche (1997) (Philippe Chatel)
Le diable dans la bouteille (Juliette Noureddine)
Jean-Philibert (2000) (Maurane)
L’amie (Maurane)
Invisible (Maurane)
Tu es mon autre (Lara Fabian/Eric Vleminckx)
Les uns contre les autres (1978) (Luc Plamondon/Michel Berger)
Trop forte (2014) (Pierre-Yves Lebert /Jean-Jacques Daran)
Elle oublie (Valérie Gesteau/Jean-Jacques Daran)
L’un Pour l’autre (Peter Lorne)
Sur un Prélude de Bach (Jean-Claude Vannier)
Qu’est-ce qui te fait peur ? (Jean-Pierre Chauvet / Jean Borrel/Jacques Bernet)
Toutes les mamas (Maurane/Evert Verhees/Massart Arnould Frédéric)
Les yeux fermés Amour, Amour (Peter Lorne)
La quête Les misérables Victor Hugo (Claude-Michel Schonberg/Alain Boublil/Jean-Marc Natel)

OLYMPE DE GOUGES plus vivante que jamais. Texte, mise en scène et interprétation : JOËLLE FOSSIER AUGUSTE. Au Théâtre La Divine Comédie 2, rue Saulnier 75009 PARIS à partir du 14 janvier 2025 au 29 Mars 2025 (sauf les 1er et 4 Mars 2025) les mardis à 19 H 30 et les samedis à 15 H 00.

Les idées, les convictions, les revendications défendues avec force et vigueur jusqu’à sa mort par Olympe de Gouges ont eu une influence considérable sur l’évolution du statut des femmes en France.

Nous la retrouvons enfermée dans sa cellule de la Conciergerie, peu avant que son procès n’ait lieu. Elle se raconte à Fabien, son sympathique geôlier puis est conduite devant le Tribunal révolutionnaire présidé par l’impitoyable Fouquier-Tinville. Elle y défend bec et ongle ses convictions, affirme une dernière fois ses idées, ses engagements… Le verdict tombe : c’est l’échafaud pour Olympe qui reste courageuse et digne et déclare avec force la nécessité de faire perdurer après elle ses revendications. Le discours testament de la première féministe de l’Histoire est comme un cri lancé à la postérité.

L’aura d’Olympes de Gouges ne s’est jamais éteinte. De sa biographie expresse, nous retiendrons que Marie GOUZE dite Olympe de GOUGES née le 7 mai 1748 à Montauban et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à la Place de la Concorde à Paris est considérée comme une pionnière du féminisme.

Ses écrits, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne rédigée en urgence en 1791 en réaction à la Constitution excluant les femmes des droits civiques et politiques, quelques pièces de théâtre dont Zamore et Mirzal’Homme généreux, la Nécessité du Divorce, le Couvent ou les vœux forcés, notamment, témoignent de sa féminitude et de ses engagements politiques pour l’abolition de l’esclavage, le droit au divorce, la défense des droits de sociaux.

Victime de la Terreur, elle fut exécutée sur l’échafaud pour avoir bravé ses juges qu’elle traite « De vieux esclaves des préjugés de l’ancien régime … de républicains de 4 jours ».

La pièce de Joëlle FOSSIER-AUGUSTE a pour objet de mettre en lumière la modernité du combat d’Olympe de Gouges pour les droits des femmes.

Incarcérée à la Conciergerie, Olympe de Gouges raconte son parcours de femme libre, déterminée à s’exprimer quoiqu’il arrive. – A noter qu’elle ne s’est pas mariée à la suite de son veuvage, parce qu’une femme n’avait pas la permission d’écrire et de publier sans l’autorisation de son mari –

La pièce permet de mesurer le charisme d’Olympe qui n’a cessé tout le long de ses combats de placarder ses écrits sur tous les murs de Paris.

Un spectacle effectivement très vivant qui donne envie de se précipiter sur les écrits d’Olympe pour s’imprégner de sa verve, son courage, sa détermination.

Le 7 Janvier 2025

Evelyne Trân

Article également publié dans Le Monde Libertaire.fr

Chats-Pitres, Contes Félins du Japon . Spectacle de contes à partir de 6 ans par la conteuse Isabelle GENLIS accompagnée de Fumie HIHARA joueuse du koto au théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS du 18 Janvier au 26 Mars 2025, les mercredis, samedis, dimanches à 16 H, sauf les mercredis 5 Février et 26 Mars, séance à 14 H 20.

  • Vacances scolaires :Vacances scolaires : Du 15 février au 2 mars 2025 :
  • Les mardis, mercredis, samedis, dimanches à 16h
  • Les jeudis, vendredis à 14h20
  • Supplémentaire : 13 février et 6 mars à à 14h20
  • Relâches : Lundis 17 et 24 février 2025, mercredi 12 mars

Les chats ont pris le pouvoir ! Venus du Japon sur un air de Koto, découvrez leurs histoires trépidantes, éclatantes, chat’oyantes !

Sophistiqués, majestueux, tendres, calculateurs, athlètes, veilleurs de nuit, les chats sont partout, de toutes les couleurs, de bon ou de mauvais poil !  Ils mènent la danse de ce spectacle de contes félins, sur les notes du koto qui accompagne leurs chat’rmantes facéties !

Voir la bande annonce

N.B : Isabelle GENLIS était l’invitée de l’émission Deux sous de scène sur Radio Libertaire 89.4 le samedi 28 Décembre 2024. En podcast sur le site de Radio Libertaire.

DEUX SOEURS de Marine BACHELOT NGUYEN avec Océane MOZAS à  la Ferme du Buisson Scène nationale, Noisiel (77) le Samedi 25 janvier 2025 à 20h30.

© François Passerini

Résumé d’Océane MOZAS

« Il y a longtemps, longtemps, dans un village du Nord Vietnam naissent deux sœurs… »

« C’est dans l’écho de ces quelques mots que Marine Bachelot Nguyen part sur les traces des deux sœurs Trung, véritables héroïnes qui, au début de notre ère, ont su repousser l’envahisseur chinois et libérer le peuple vietnamien.
Tout comme Marine, petite fille d’une grand-mère vietnamienne, j’ai été nourrie par nos légendes familiales, celles de la guerre et de l’exil, celles des séparations et des retours impossibles. C’est sur les traces de nos racines et mémoires intimes que se tisse le récit de 
Deux sœurs. Avant que les fantômes du passé ne s’évaporent à jamais… » 

Texte Marine Bachelot Nguyen
Conception, écriture et interprétation Océane Mozas
Collaboration artistique Igor Skreblin
Création sonore Aline Loustalot
Création lumière Philippe FerreiraVidéo Manuel Rufié
Réalisation du décor dans les Ateliers de construction du Théâtre de la Cité sous la direction de Michaël Labat Réalisation des costumes dans les Ateliers du ThéâtredelaCité sous la direction de Nathalie Trouvé
Avec l’aimable collaboration de Georgia IvesRemerciements Morgan MozasTrần Mạnh TuấnCô Huong Nguyen, Y-Lan Phung et Minh-Anh Pan

Les sentiments, c’est comme la peau, il y a plusieurs couches qui communiquent naturellement entre elles sans que l’on en ait conscience.

Dans l’ignorance on peut aussi parler de seconde peau, celle qui n’a pas vocation d’être exposée ou de s’exprimer et donc qui n’est pas au premier plan.

Le sentiment d’exil ou de déracinement, il faut l’avoir éprouvé pour en parler, ça ne s’invente pas. Parler de soi, parler des autres, dans un monde agité par les guerres et les migrations, les victimes collatérales ne manquent pas. Il est possible d’avoir du recul par rapport à cette réalité. Mais ce n’est pas ce qui intéresse l’artiste qui puise ailleurs sa force d’interroger l’humain, l’humaine.

Il y a de la madeleine de Proust dans la démarche de Marine BACHELOT NGUYEN et de Océane MOZAS, qui ont toutes deux des origines vietnamiennes et sont françaises.

Non cela ne s’invente pas, ce sont les voix de leurs grands-mères vietnamiennes respectives qui ont piqué leur épiderme.

C’est que la langue vietnamienne est aux antipodes de la langue française et d’ailleurs difficile à assimiler en raison de la complexité de ses tonalités.

Ces voix, Marine BACHELOT NGUYEN et Océane MOZAS les ont toutes deux entendues dans leur enfance et à l’âge adulte. Elles en éprouvent tout le charme, tout le mystère d’autant plus qu’elles ne comprennent pas la langue.

Aller au Vietnam, dès lors, quand il s’agit de retrouver une parente dont on a été séparée depuis des années, c’est un choc émotionnel. La pièce exprime ce ressenti à travers le récit des destinées de deux sœurs dont le sang, rappelle Marine BACHELOT NGUYEN, coule dans ses veines. En même temps, nous avons envie d’ajouter que les ruisseaux forment les grandes rivières et rejoignent la mer humaine. Ainsi le récit va se trouver enrichi des propres souvenirs d’Océane MOZAS. 

Evidemment le destin des deux sœurs, la grand-mère et la grand-tante n’a rien d’héroïque, mais comment ne pas faire le rapprochement avec celui des deux sœurs Trung qui ont libéré le Vietnam de la domination chinoise.

Ce faisant, l’auteure fascinée par une grand-mère toujours mystérieuse, en voulant rendre hommage aux    femmes vietnamiennes les idéalise :  elles sont dures en affaire, elles parlent la bouche pleine, elles me sourient mystérieusement, elles sont soucieuses, inquiètes, elles sont devenues minérales, elles sont devenues végétales…

Mais l’auteure parle aussi de fantômes qui se racontent des histoires dans une langue qu’elle ne comprend pas.

Il y a quelque chose d’irrationnel dans ce récit qui fouille dans les racines les plus enfouies de ce qu’on appelle la quête des origines.

En tournant leurs visages vers ceux de leurs grands-mères tels un ailleurs qui se profile infiniment, Marine et Océane affectivement se rejoignent et nous rejoignent.

Que l’on se rappelle tout de même, le Vietnam a été colonisé de 1885 à 1954 (les dates diffèrent suivant les historiens) par la France à l’initiative de Jules Ferry et c’est la grande histoire. Aujourd’hui, il importe de parler des petites histoires qui en découlent, elles peuvent expliquer bien des choses.

De beaux paysages du Vietnam sur fond de scène illustrent les voyages réalisés par Marine BACHELOT NGUYEN et Océane MOZAS mais le regard des auteures est plus profondément intérieur. Lorsqu’au milieu du récit jaillissent quelques chansons populaires vietnamiennes, l’émotion gagne le public.

Océane MOZAS déploie tous ses talents de comédienne, conteuse, danseuse, pour porter avec émotion et passion un récit à la fois intime et épique. Il ne dure qu’une heure et pourtant le public a l’impression d’avoir fait un long voyage dont il ressort ému, charmé. Cette quête des origines, elle est universelle !

Evelyne Trân

Le 5 Janvier 2025

N. B : Le spectacle a eu lieu récemment aux Plateaux  sauvages à Paris et au C.D.N. de Reims.

N. B : Article également publié dans le Monde Libertaire.fr