
| 12 & 13 AOÛT 2024 AU CAFI 2 DATES EXCEPTIONNELLES Dans le camp qui a accueilli les rapatrié.es d’Indochine en 1956, dont la grand‑mère de Paul Nguyen.Lundi 12 août 2024 • 16 h 30 – Mardi 13 août 2024 • 15 h 30 à la salle de mémoire du cafi – Cité d’Accueil des Français rapatriés d’Indochine 47110 Sainte-Livrade-sur-Lot – Voir sur google maps Entrée : 10 euros(5 euros pour les adhérents du CEP -CAFI) Comment se construire, partagé entre deux cultures ? |
| Menant une enquête très personnelle sur sa double culture franco-vietnamienne, Paul Nguyen évoque sur scène les recherches qu’il a menées autour de ses origines. Sur son chemin, il fait la rencontre de Brigitte Macadré, auteure et elle-même d’ascendance vietnamienne. Ensemble, ils puisent dans la matière riche de leur relation : conversations, mails, sms, journal de bord, interviews et scènes de fiction issues de leur imagination. Ces récits à tiroirs tissent la trame d’une quête de soi, partagée entre la transmission familiale et les non-dits qui l’accompagnent. Mêlant anecdotes, chansons et photos d’archive, ce spectacle est une invitation à questionner la construction de nos identités plurielles, et à plonger dans les méandres de notre histoire personnelle entrelacée dans l’Histoire avec un grand H, avec en fil d’ariane l’Indochine et la décolonisation. Une quête haletante qui floute brillamment la frontière entre fiction et autobiographie pour illustrer la difficulté de se construire sur les débris d’une mémoire incomplète. |
| En savoir plus sur la pièce |
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| Générique |
| Texte et mise en scène : Paul Nguyen Jeu : Paul Nguyen, Quentin Raymond, Angélique Zaini Collaboration à l’écriture : Brigitte Macadré-Nguyen Collaboration à la mise en scène : Néry Catineau Collaboration à la direction d’acteurs : Kên Higelin Création lumières : Romain Ratsimba Création sonore : Pierre Tanguy Régie générale : Samuel Bourdeix Collaboration artistique : Nelson-Rafaell Madel, Celia Canning, Marine Combrade, Denis Pégaz-Blanc Diffusion : Olivier Talpaert – En votre compagnie Design graphique : Damien Richard |
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| Ci-dessous reproduction d’un article publié le 20 Juin 2022 sur une lecture en espace de cette pièce au Musée des Arts asiatiques de Nice. Les représentations des 12 et 13 Août font l’objet d’une nouvelle version. |

Photo E..T : Ces photos de famille forment un bel arbre !
Aller vers le public, se tourner vers la scène pour faire le récit d’une quête intime, celle d’un homme qui se sait aiguillonné par le passé de ses aïeux où les guerres et l’exil sont devenus « des mémoires invisibles ». Il faut se coller au mur de l’invisible, imaginer surprendre un papillon frôler l’arbre fantastique de la mémoire de tous les anonymes qui auraient à cœur de raconter leur corps d’Asie et d’Europe, ayant toujours à l’esprit cette distance géographique, 10.000 Km du Vietnam à la France à vol d’oiseau. Au siècle dernier dans les années 40, il fallait parfois un mois en paquebot pour la franchir. Cela donne le vertige…
Il y aurait une identité d’eurasien-ne, mais elle ne s’entend guère. Par ailleurs que l’on soit issu d’un couple mixte franco-vietnamien, ou pas, la notion de double culture ne peut s’appliquer à toute personne d’origine asiatique née en France. C’est d’ailleurs là où le bât blesse, le facies ne définit pas la culture, la sensibilité ou l’intériorité d’un individu, il est posé comme un masque, un signe parmi d’autres comme la couleur de peau ou des yeux.
L’histoire que raconte Paul NGUYEN est toute personnelle, car de toute évidence c’est une aventure que celle de partir en quête de ses origines en se projetant sur la figure d’un aïeul quasi inconnu lequel, ce n’est pas un hasard, est prénommé Paul.
Dans toute histoire familiale il y a des trous, des non-dits et la transmission d’un ancêtre à ses descendants ne peut aller au-delà de la 3ème génération, à fortiori lorsque cet ancêtre a voyagé, que l’Indochine a disparu ainsi que les archives.
Mais le personnage que Paul Nguyen met en scène ne veut pas renoncer à sa quête « impossible » et il continue à fantasmer sur cette part de Vietnam en lui.
Le regard de l’autre l’a renvoyé à son facies qui porte les traces d’un pays effacé, le Vietnam. Paul fait penser à Hamlet quand il dit « Quelle place ici, là-bas, ni ici, ni là-bas, partout, nulle part. Il parle de « déracinement profond, d’enracinement raté ».
Les psychologues disent que les séquelles traumatiques se transmettent de génération en génération. Paul pense que » le corps n’oublie pas, il garde les douleurs anciennes, il transmet le souvenir de la guerre à ceux qui ne l’ont pas vécue. Il maintient le lien. »
La quête d’identité qu’exprime Paul Nguyen a un rapport avec sa sensibilité et son appréhension du monde et ce qui est intéressant c’est qu’elle met le doigt sur cette part d’inconnu que tout individu peut éprouver en lui-même dès lors qu’il s’interroge. Aussi bien, on pourrait penser à CAMUS qui enquête sur son père inconnu mort à la guerre de 14/18 dans son livre posthume Le premier homme.
Dans cette lecture en espace Paul dialogue avec Brigitte, elle aussi de père vietnamien. L’un et l’autre se questionnent. A l’intériorité de Paul répond la vivacité de Brigitte.
Une très belle lecture, passionnante de bout en bout !
Le 20 Juin 2022
Mise à jour du 7 Août 2024
Evelyne Trân
N.B : Article également publié dans Le Monde Libertaire.fr