UNE DÉMOCRATIE SPLENDIDE D’ARBRES FORESTIERS d’après les lettres et poèmes de John KEATS. Adaptation et mise en scène de Nicolas STRUVE au Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie Route du Champ de Manœuvre 75012 PARIS. Du  23 février au 05 Mars 2023 du jeudi au samedi à 21h. Le samedi et dimanche à 16h30.

Avec Nicolas Struve (jeu) et Mico Missim (jeu et musique)

Regard scénographique : Raymond Sarti

Regard chorégraphique : Sophie Mayer

Œil extérieur : Stéphanie Schwartzbrod

Lumière : Antoine Durris

Production : l’Oubli des Cerisiers

Photo D.P

Une démocratie splendide d’arbres forestiers, le titre du spectacle tiré d’une lettre du poète John KEATS exprime toute la tonalité de son univers.

Rien n’est impossible pour le poète, surtout pas ses rêves :

« L’humanité́, au lieu d’être une lande sauvage de ronces et d’ajoncs çà et là plantée d’un chêne ou d’un sapin isolé, deviendrait une démocratie splendide d’arbres forestiers. »

Nicolas STRUVE dit que la première fois où il a lu le nom de Keats, c’est dans un livre de science-fiction, Les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons. Keats y était la capitale d’une petite planète qui prenait une place centrale au sein de l’Hégémonie, un regroupement de 200 planètes et 150 Milliards d’habitants. Et c’est ainsi que lui est venue l’envie d’un spectacle sur Keats.

Keats est un poète britannique du début du 19ème siècle considéré comme romantique. Un qualificatif de nature à faire fuir les sensibilités libertaires. Rappelons à ce sujet les propos de Proudhon : « Le romantisme a été de l’idéalisme à corps perdu, du pastiche, de la fantaisie folle et sans nom »,  et  « Ai-je le tort de dire que le premier acte de révolution sociale devrait être de jeter au feu toute la littérature romantique ».

La liberté d’expression se gausse des étiquettes ! Entendez plutôt cet extrait du poème Où est le poète ?

Où est le poète ? Montrez-le ! Montrez-le,

Vous les neuf Muses ! que je puisse le reconnaitre.

C’est l’homme qui en face d’un homme

Est toujours égal, fût-il un roi,

Qu’il soit le plus pauvre de la tribu des mendiants

Ou n’importe quelle autre chose étonnante

Que puisse être un homme entre un singe et Platon ;

Le spectacle de Nicolas STRUVE a le grand mérite de dégager un portrait du poète particulièrement piquant, épidermique et inventif. C’est à travers ses lettres et des extraits de ses œuvres que le comédien nous conte le récit de sa vie de manière très récréative  en utilisant des pancartes en carton et des figures peintes créées avec Raymond SARTI, représentant les différents personnages ayant côtoyé  le poète.

Sans ressources, issu d’une famille modeste, Keats décida de consacrer sa vie à la poésie. Il fut moqué par ses contemporains mais n’en eut cure car il ne recherchait pas la gloire. Atteint de tuberculose, il mourut en pleine jeunesse à 26 ans .

Le comédien entend faire passer la voix d’un jeune homme exalté, énergique et combattant. Il incarne la démarche sensuelle et chaleureuse du poète. Il devient animateur dans un champ de poèmes, de fleurs de pensées courageuses et originales, pensées-poèmes qui courent et ruissellent et qui dansent, s’agrémentant des improvisations de Mico MISSIM.

C’est leur mouvement qui instruit le cœur de John Keats s’écriant : « J’ai pour ambition de faire du bien au monde ».

Le 28 février 2023

Evelyne Trân

N.B : Article initialement publié dans LE MONDE LIBERTAIRE.FR

Sortie du DVD sur Patrick Deny « Une vie de mots, une vie de notes ». Concert à 17 H 30 le Dimanche 26 Mars 2023 à Couleur d’Orange, 9, rue Barbès 93100 MONTREUIL, M° Robespierre.Clin d’oeil à Vania, M.Bühler, J-C Mérillon.

Ils interprèteront P. Deny :

Lucienne Deschamps, Claudia Doumax, Claude Gaisne, Marc Havet, Jules Bourdeaux, Vénus Prins, Nathalie Solence, Rémy Tarrier, Pierre Triboulet, Malek Sadki.

Poémez-vous les uns les autres avec Vincent Bouchot, ténor, et Claude Georgel, saxo le dimanche 19 mars 2023 à 18h au FORUM LEO FERRE 11 Rue Barbès, 94200 Ivry-sur-Seine.Métro 7 – Pierre et Marie Curie / T3A – Porte d’Ivry –

Des chansons de Bernard Haillant, Gainsbourg, Prévert et des créations originales sur des poèmes de Cherasim Luca par Vincent Bouchot, ténor, et Claude Georgel, saxo aux arrangements et aux compositions.

Une création de l’Ensemble XXI.n

Dans le cadre du XXV° printemps des poètes. Hommage à Jean-Claude MÉRILLON – Dimanche 12 mars, à COULEUR D’ORANGE, 9 rue Barbès 93100, M° Robespierre. Concert à 17h. tables pour les poètes et l’Union pacifiste.

Les intervenants :

Bernard Beaufrère, Jules Bourdeaux, Philippe Boischot, Nathalie Baron, Bruno Daraquy, Pierre Dérat, Marie Volta, Claude Gaisne, Marc Havet, Jean-Michel Grandjean, Patrice Jeanne, Pascale Locquin, Raphaële Selval, Nathalie Solence, Rémy Tarrier, Jean-Philippe Winter.

EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES DE KHANH « QUELQUE PART ENTRE LES DEUX »- A LA GALERIE Du côté de chez Loan 56 Rue Ducouédic 75014 PARIS. En présence de l’artiste le 5 Mars 2023 de 11 H à 19 H.

Sur rendez-vous en envoyant un sms au

06 73 42 02 51 ou par whatsApp.

EXPOSITION SCULPTURE CERAMIQUE DE ANNE-MARIE LACROIX RAFFY – A LA GALERIE Du côté de chez Loan 56 Rue Ducouédic 75014 PARIS du 15 Janvier au 5 mars 2023.

Sur rendez-vous en envoyant un sms au

06 73 42 02 51 ou par whatsApp.

La femme qui ne vieillissait pas d’après Grégoire Delacourt, de Françoise Cadol au Théâtre DU LUCERNAIRE 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 PARIS – Du 18 janvier au 12 mars 2023, du mardi au samedi à 21 H, le dimanche à17 H 30.

Mise en scène Tristan PETITGIRARD

Avec Françoise CADOL

COMÉDIEN VOIX OFF : DAVID KRÜGER

MUSIQUE : ROMAIN TROUILLET

LUMIÈRES : DENIS SCHLEPP

COSTUME : ALICE TOUVET

DÉCOR : PAULINE GALLOT

ASSISTANTE A LA MISE EN SCENE : BERANGERE DE POMMEROL


La femme qui ne vieillissait pas. On pourrait broder à l’infini sur ce thème. Qui ça on, moi, vous ou personne si l’on préfère rester anonyme. J’ai essayé de renverser le genre en songeant à l’homme qui ne vieillissait pas. Je constate que je suis bien moins intriguée. Depuis la nuit des temps, la femme suspendue au regard de l’autre mâle ou femelle, se pique à la rose d’un certain Ronsard ou d’un certain Baudelaire qui se vengent de sa beauté inaccessible en racontant sa future déchéance inexorable, celle de la vieillesse et de la mort.

Personnellement dans le conte de Blanche neige et les 7 nains, c’est le personnage de la Reine, se regardant dans le miroir pour l’entendre lui affirmer « Vous êtes la plus belle femme du royaume » que je trouve le plus fascinant. Surtout quand on la revoit déguisée en vieille sorcière.

Si la beauté n’était pas gage de pouvoir, lui accorderait-on autant d’importance ? Je me souviens d’une parole qui m’avait choquée émanant d’un prof de sciences naturelles qui exprimait son dégoût pour les vieilles femmes, j’avais 12 ans et je me demandais « Comment cela est-il possible ? ».

Grégoire DELACOURT, l’auteur du roman « La femme qui ne vieillissait pas « dont est tirée la pièce éponyme adaptée par Françoise CADOL déclare : À sa manière, et dès sa sortie en 2018, La femme qui ne vieillissait pas était un combat des femmes : le refus de l’injonction d’être toujours jeunes .

Mais que se passerait-il si elle ne vieillissait pas pour de bon cette femme. Oseriez-vous l’imaginer ? Le sort en est jeté. Une femme réalise un rêve qu’elle ne prenait pas au sérieux et qui la surprend elle-même autant que son entourage.

Le conte débute lorsque l’héroïne devient une des cobayes de l’expérience d’un sorcier photographe qui a décidé de fixer le passage du temps sur les visages en les photographiant  toujours dans la même position chaque année. Elle est l’exception qui confirme la règle : le passage inexorable du temps.

Nous l’entendons évoluer de la prime jeunesse à l’âge mûr sans que ses traits extérieurs se modifient. Le fait de ne pas changer extérieurement va finir par bouleverser ses relations avec ses proches et devenir un handicap. Et ce qui est particulièrement intéressant c’est le ressenti de cette femme qui sait qu’intérieurement, elle change mais que son évolution n’est pas perceptible au regard des autres.

Françoise CADOL incarne avec une sensibilité à fleur de peau une femme, simplement une femme. N’est-ce point un désir innocent et bien naturel que celui de rester jeune et belle pour se plaire ou plaire à l’être aimé ?   Mais prendre conscience de son vieillissement, c’est cruel et cela vaut aussi bien pour le genre masculin et l’espèce animale, avez-vous vu ce pauvre chat qui traine la patte ?

Il pèse vraiment très lourd ce regard sur la vieillesse !  Le conte finit bien grâce une légère ondée à l’eau de rose, il ravira les esprits optimistes et celles qui décideront après le spectacle de faire l’économie de leur crème anti-rides !

Est-ce bien sérieux de se préoccuper de son apparence quand le monde va si mal ? Mais c’est humain, messieurs, dames, restons humains !

Françoise CADOL est fabuleuse dans ce seule en scène où toute en finesse elle fait front face au monstre, le terrible appareil photo qui va trahir votre vieillissement !

Le 21 février 2023

Evelyne Trân

Article initialement publié sur LE MONDE LIBERTAIRE.FR

FORCIOLI chante et dit BRASSENS : LE SENS DE L’IMAGE par Laurent Gharibian

Avatar de Evelyne TrânTHEATRE AU VENT

forcioli

Ce spectacle a connu sur Paris une seule représentation le 30 janvier 2020 dans un lieu intimiste dont l’acoustique permet de se produire sans micro : « Les rendez-vous d’ailleurs ». Accueil chaleureux, programmation originale (1).

Parce que cet événement a suscité grand intérêt, une reprise reste fort probable dans la capitale ou en régions dans les mois à venir. Raison de plus pour signaler, encore aujourd’hui, l’existence de ce moment d’exception malgré les effets collatéraux qu’a provoqués la pandémie actuelle sur l’économie des arts de la scène, en particulier. Restons optimistes.
Ecrivain de chansons et interprète, Philippe Forcioli est aussi compositeur. Parmi ses multiples réalisations, il a mis en musique le poète René-Guy Cadou dans un triple CD…depuis longtemps épuisé (2). En quatre décennies, Forcioli aura publié plus de 15 albums de textes et chansons de son cru. Dans le disque « Il est passé par ici » il avait réuni les « poètes…

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Entendre le temps qui pousse… de Pascale LOCQUIN

Graphisme : Philippe BATIER d’après un collage de Dominique ROBERT

Texte et musique : Pascale LOCQUIN
Arrangements, clavier, percussions, réalisation : Patrick PERNET
Mastering : Jean-Pierre CHALBOS – La source Mastering
Flûte traversière : Marianne-Alix PERNET
Violon : Jeanne-Marie ANGLES
Accordéon : Léo VARNET
Graphisme : Philippe BATIER d’après un collage de Dominique ROBERT

Photos de François LOUPIEN

Pascale LOCQUIN, auteure-compositrice-interprète vient de sortir son 3ème disque après « Attention…pas…sage » et « Rêver encore… »
Entendre le temps qui pousse… Quel joli titre pour un recueil de poèmes et un disque ! Il évoque l’attention soutenue de Pascale LOCQUIN aussi bien pour les paysages intérieurs qu’extérieurs, le rythme des saisons, les battements de cœur qui leur font écho ou les pulsations d’une terre qu’on foule, semelles au vent.

Pascale possède la grâce de la simplicité et ses poèmes-chansons ou chansons-poèmes convoquent aussi bien Verlaine qu’Apollinaire. Et puis c’est certain, Pascale a conservé la lucidité de l’enfance et elle a le talent d’accorder le langage familier à la délicatesse des rimes.

L’émotion gronde chez Pascale mais elle est tempérée par une profonde bienveillance. Jamais elle ne crie, elle laisse le champ libre aux auditrices, auditeurs, d’aller et venir entre ses rimes, se laisser emporter par leurs rêveries au gré de ses mélodies où la fraicheur de la flûte traversière se mêle aux effluves du violon.

Ce sont mille petites histoires que nous raconte Pascale dans ses textes, du genre de celles qu’on effeuille comme des souvenirs qui vous collent à la peau, de celles dont le cœur a besoin.

Entendre le temps qui pousse…car la poésie et la musique restent pour elle ses garde-fous contre la folie de ce monde et ses meilleures antennes pour nous gratifier d’espoir malgré les peines.

Le 13 Février 2023

Evelyne Trân

Cet album qui bénéficie d’un bel équipage de musiciennes, musiciens, est à ce jour distribué par l’auteure : pascale.locquin@free.fr ainsi que le recueil des textes, éponyme, édité aux Editions Thierry SAJAT.

Le radeau des médusés 2:16 et Amie, vois tu venir ? 3:10

Que du bleu !

N. B : Article également publié sur le MONDE LIBERTAIRE.FR :

N.B : Pascale LOCQUIN est invitée à l’émission DEUX SOUS DE SCENE de 15 H 30 à 17 H sur RADIO LIBERTAIRE 89.4, le samedi 15 Avril 2023.