Matelot Poème dédié à Philippe JARRY – Improvisation musicale TIM LASER : SITAR – PERCUSSION DIJIRIDOO, GUIMBARDE & MICHEL SEULS FLUTE, PERCUSSION, BOL TIBETAIN

Matelot

J’irai mouiller au large de ta mémoire, matelot,

Pour une fleur d’écriture salée.

Ton toit sera étoilé, vois-tu et ton absence criminelle.

Celle de Mallarmé qui disait « La chair est triste, hélas,

Et j’ai lu tous les livres ».

Comme un grand œil au dessous de la mer, décrit,

la coque de ton innocence abrupte,

à travers une planche, avant le coup du marteau,

indéfinissable, évanouie, ta main tendue, sans adresse,

parlera l’étendue de la mer et ta solitude blessée.

Tu as pris au mot le verbe « aller »

 Et ceux qui de demandent « comment vas-tu ? » sont cons,

mais ce n’est pas grave

car l’eau trouble de ta mémoire nourrit l’écorce encore jeune

de tes épousailles avec l’arbre.

Et sur l’eau, la vérité n’aura l’air que d’un lézard effarouché,

Et sur tes épaules, l’enfant aura l’impression de toucher le ciel,

Et sans excuse, tu existeras.

Au large de ta mémoire, j’irai refaire le geste de l’enfant à genoux face à la mer « Mon Dieu, mon père, mon Dieu ma mère, pourquoi m’avez-vous fait naître ? ».

Et tu approuveras leur silence,

dans un coin de mouchoir, ta douleur,

comme un peu de fièvre, comme un peu de flamme pour les éclairer.

Evelyne Trân   

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