Où est passé l’homme à la moto ? Spectacle conçu et interprété par Céline Caussimon au Guichet Montparnasse 15 Rue du Maine 75014 PARIS les jeudis à 19 H du 9 Septembre au 25 Novembre 2021.  

Générique

Regard complice : Yves Javault

Lumières : Marie Hélène Pinon

Dessin : Jacques Tardi

Elle ne manque pas d’air Céline CAUSSIMON, la plus rebelle de nos chanteuses contemporaines, acoquinée de son fidèle serviteur l’accordéon, elle s’est muée en baroudeuse musicienne dans une traversée de la chanson française, celle qui ne vieillit jamais, pour une enquête tout terrain, qui va de Piaf à Alain Souchon, Joe Dassin, Gainsbourg, Delpech, Nino Ferrer etc . avec un art consommé  celui de l’humour et de la fantaisie qui sortilège nos humeurs, en un mot les renverse dans un rêve éveillé, comme dans les peintures de Chagall où l’âne, la lune , la nuit et le jour communiquent sans frontières.

C’est qu’on y croit à l’enquête invraisemblable de l’inspecteur Mélodie, est-ce à dire qu’elle nous mène en bateau ou qu’elle est elle-même menée en bateau par sa mission peu ordinaire celle de retrouver l’homme à moto celui qui sévit dans la chanson française « Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux « , bien décidée à lui jeter un sort à cet homme à la moto qui se cache sous les notes, les refrains de chansons dont nous reconnaissons les airs, et redecouvrons les paroles, véritable ouvroir d’indices dans le contexte d’un polar fabuleux. Mais qui donc a écrit  » La gare Montparnasse n’était plus qu’une carcasse » ou  » Il avait dit Bonjour à n’importe qui…il arrivait à entendre un orchestre à mille cordes  » ou encore  » Si je marchais tout seul le long d’un chemin de fer, je donnais des coups de pied dans une boite en fer  » ?

Une enquête policière au service de la chanson française, il fallait y songer, il faudra désormais faire appel à l’inspecteur Mélodie qui a plus d’un tour dans son sac pour étourdir notre imaginaire et par exemple ressusciter les Amants d’un jour dans un café de la Rue des Martyrs, grâce à son accordéon, et la voix qu’elle donne passionnément à cette chanson française, celle qui ne vieillit jamais .

Un spectacle musical tellement ludique ! Avis aux dessinateurs qui vont devoir croquer cet invraisemblable inspecteur Mélodie !

Paris, le 31 Octobre 2021

Evelyne Trân

N.B : Céline CAUSSIMON était l’invitée avec Justyna BACZ de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4, le samedi 30 Octobre en podcast sur le site de Radio Libertaire.

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/podcast/mp3/RL-2021-10-30-15-30.mp3






Fellini, Roma et moi, une rêverie biographique de Bunny GODILLOT au 100 – Établissement Culturel Solidaire 100 rue de Charenton 75012 PARIS – Tous les jeudis et vendredis du 16 septembre au 29 octobre 2021 à 20h30.

De et avec Bunny Godillot
Mise en scène : Bunny Godillot
Production : Art-Us
Coaching / Montage vidéo : Tony Thich

Autoportrait ou autofiction ? Un lèger vague à l’âme où vogue le navire, une vie, un destin, un film de cinéma ? Bunny Godillot peut éprouver la question puisqu’elle est comédienne et qui plus est auteure, réalisatrice, productrice. Dans la seule en scène qu’elle propose au public elle raconte sa fugue à 16 ans pour rencontrer Fellini dont elle est fan depuis qu’elle a découvert ses films, huit et demi, la Dolce vita avec sa grand-mère. Un des moments les plus émouvants du spectacle est justement celui de cette rencontre avec le maestro « son regard bienveillant m’écorche presque » . Comment ne pas se rémémorer des scènes de films de Fellini en écoutant Bunny qui rapporte ses paroles : « Elle a traversé les Alpes pour venir me voir et son père est empereur » ou « C’est moi qui vais te faire Fellinienne ».

Mais en vérité Bunny est fille de boucher et c’est dans l’arrière boutique de son père qu’elle se rêvait actrice. Mais ses parents ne comprenaient rien à ce rêve, seule sa grand mère l’a poussée à le décrocher.

Et puis le maestro est mort, et puis sa mère également et n’importe qui dira « C’est la vie ». Est-ce la vie qui se rappelle aux rêves ou les rêves qui nous rappellent à l’ordre ?

Bien sûr, Bunny Godillot ne donne pas la réponse mais elle traduit avec une belle sensibilité cette pensée de Shakespeare « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes « .

Paris, le 25 Octobre 2021

Evelyne Trân

N.B : L’article est également publié sur le MONDE LIBERTAIRE.NET

https://www.monde-libertaire.fr/?article=La_passeggiata_del_brigadiere_a_Roma_citta_aperta

Bunny GODILLOT était invitée avec Pascale Locquin de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio libertaire 89.4 le samedi 23 Octobre 2021 en podcast sur le site.

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/emission/deux-sous-de-scene/

Le journal d’un fou de Gogol au Théâtre de l’ESSAION – 6 rue Pierre au lard 75004 PARIS – Mise en scène Thierry Harcourt – Avec Antony De Azevedo du 30 Août au 9 novembre 2021, les lundis et mardis à 21 H 00.

  • Auteur : Nicolai Gogol, traduit du Russe par Louis Viardot
  • Mise en scène : Thierry Harcourt
  • Avec : Antony De Azevedo

L’inanité du travail de bureau à en croire Dostoïevski, Kafka ou Gogol ne date pas d’hier. Cette inanité peut-elle conduire à la folie ? Gogol avec son énergie de jeune homme, adoubé par Pouchkine, tout engrossé de son expérience de fonctionnaire se projette avec humour et désespoir mêlés dans les méninges d’un conseiller tutélaire pétersbourgeois officiant comme tailleur de plumes dans un ministère.

La nouvelle parue en 1835 (sous le règne de Nicolas 1er, empereur de Russie) a été applaudie comme une satire des mœurs administratives. Mais Gogol va beaucoup plus loin puisqu’il explore un état de confusion mentale propice à des assertions du style « La femme est amoureuse du diable » ou au délire de persécution « Ils ne veulent pas m’écouter. Que leur ai-je fait ? Pourquoi me tourmentent -ils ? » (en parlant de son patron ou de ses collègues). Cet état n’est pas si éloigné de situations cauchemardesques qu’un rêveur rêverait en vain de maitriser.

Nous connaissons tous cette expression « Il ou elle a pété les plombs » mais imaginons-nous la souffrance de celui ou celle victime de ce pétage des plombs ? Cet individu se trouve-t-il propulsé hors de notre planète « raisonnable » et dès lors condamné à tourner en rond prisonnier dans sa pauvre petite cervelle.

Disons-le d’emblée, ce journal d’un fou est difficilement saisissable. S’il a été repéché, couché derrière la niche d’un chien, c’est parce qu’il bénéficie du regard goguenard de Gogol tellement féroce qu’il n’hésite pas à faire parler Medji la rusée petite chienne de la fille du patron dont il est amoureux et Fidèle sa correspondante. Cette extrémité, cette outrance ouvre les vannes du rire. Les censeurs trop rigides ou abrutis n’y auraient-ils vu que du feu ? Certainement Gogol se moque de ses contemporains et les spectateurs, les lecteurs sont priés de rire pour éloigner les censeurs.

Mais en vérité, c’est plutôt de l’empathie que nous éprouvons pour le personnage. Popritchine tacle la folie du monde dans lequel il se trouve englué et il la prend au pied de la lettre. Puisque cette hiérarchie des classes qui domine la société est absurde et l’obsède. « Je voudrais bien savoir d’où viennent toutes ces différences » dit-il, pourquoi serait-il absurde qu’il se désigne lui-même comme le Roi d’Espagne ?  Popritchine dans son délire manifeste la souffrance d’un homme qui « n’existe pas » qui n’a pas sa place dans un monde qui l’ignore totalement. A bout, il appelle sa mère « Verse une larme sur ma tête malade, serre sur ton cœur ton pauvre orphelin blessé ».

Nous saluons l’intensité de l’interprétation du comédien Antony DE AZEVEDO, comme un véritable coup de tête contre les murs, un cri d’alarme qui résonne et qui froisse notre perception « raisonnable ».

Eze le 17 Octobre 2021

Evelyne Trân

VU CET ETE EN CONCERT / HELENE GRANDSIRE : Album FUNAMBULES par Laurent GHARIBIAN.

Photo Sylvie Meunier

Photos Jean PEDUZZI

A une voix limpide, accordée aux saisons de l’âme et capable, à côté des coups de sang, des plus subtiles inflexions, Hélène Grandsire ajoute un vrai talent de compositrice doublé de celui d’une pianiste associant finement l’épure et un lyrisme discret. Notre chanteuse excelle à  trouver ces correspondances mystérieuses entre un sens de la mélodie, une aisance pour les climats changeants d’une part et d’autre part le monde si singulier d’un auteur : Jimmy Grandsire. Ou comment un couple à la ville peut aussi apporter sur scène la preuve d’une complicité harmonieuse dans l’invention, elle-même renouvelée, par ailleurs, album après album. Step by step…Depuis au moins une décennie, un disque annuel. Comme un rituel. La plume du discret Grandsire, c’est quelque chose. Des mots simples pour des tableaux précis comme  l’humain qui se noie ( » Dans un garage ») ou rayonne. C’est selon. Une pointe de surréalisme…toujours réaliste avec « Dans le creux de ma main  » ou  » Le temps qui passe « . Et sans concession à aucune mode, avec le superbe « J’aimais Géronimo « . De grands mouvements de tendresse (  » Patauger dans tes yeux « ), d’amour fou, total. Desorages feutrés nés du quotidien ou de l’état de notre monde chaotique ( » Danser « ) aux soubresauts si imprévisibles…Autant que le travail de studio, Hélène Grandsire délivre en scène de belles énergies. Ce 8 août dernier, nous avons assisté – au café associatif La Récré (1) dans l’Eure-et-Loir – à ce qui se fait de mieux en matière de piano / voix dans le paysage contrasté de notre chanson francophone. Devant nous, les fenêtres s’ouvrent à d’autres vents, d’autres saveurs, d’autres ciels pareillement attachants : notre compositrice et pianiste se fait l’interprète de figures inoubliées de notre chanson d’aujourd’hui ou d’avant-hier. D’Hubert-Félix Thiéfaine on redécouvre « Je m’en remets au vent « , taillé sur mesure. Un peu plus loin on succombe à « Liberté » de la déesse récemment disparue Angélique Ionatos : l’hommage résonne avec classe. Discret. Emouvant. Autre icône, fracassée, elle, en plein vol : Danielle Messia, auteure de cet hymne à l’amour qu’est « De la main gauche » repris notamment par Louis Capart ou Catherine Ribeiro. Ici, la version proposée se distingue par un dramatisme rendu plus léger, un rythme décalé, plus proche de nous…Proximité semblable dans une étonnante version de « C’est extra  » : un Léo Ferré respecté. Et dont on peut entendre  trois musiques épousant les vers de Rimbaud, Verlaine et Aragon sur le Cd d’Hélène Grandsire, cuvée 2015. Ces reprises côtoient idéalement les chansons d’un tandem passionné du beau, du poétique ( » Vivre avec le vent » ). Un univers parfois traversé par les nuages du doute. Une seule certitude : l’espoir, ce rêve éveillé, donne sa couleur dominante à une discographie et une aventure scénique qu’il est urgent de découvrir. Et de suivre longtemps, longtemps…
                                      Laurent Gharibian

(1) Situé au centre d’une localité appelée Chapelle Royale. Une association dynamique mais menacée : larecre@chapelle.free.fr
NOUVEL ALBUM 14 titres  » FUNAMBULES  » disponible à l’issue des concerts ou sur www.helenegrandsire.fr

CHANSON . VU CET ETE EN CONCERT : CYLSEE à Paris par Laurent GHARIBIAN

N. B : Albert Sandoz (conte) et Cylsée (chant et musique) seront le samedi 02 octobre à 18h, à la MJC village, 57 rue du général Leclerc, 94000 Créteil.

Cécile Collardey n’appartient pas à l’univers de la « variété ». Son itinéraire est bien singulier. Pour commencer, elle a pratiqué le répertoire classique au sein d’orchestres de chambre, d’orchestres symphoniques aussi bien que les bals folks, le chant des traditions orales du pourtour méditerranéen, les chants séfarades ou les chansons populaires sud-américaines.
Ensuite, elle s’est initiée aux musiques anciennes (du VIIIe au XVIe siècle) comme au chant grégorien avec le prestigieux Ensemble Organum fondé par Marcel Pérès. Elle connaît bien aussi certaines grandes traditions de chant polyphonique : Géorgien, Corse etc…
Quand elle n’est pas entourée de Goran Jurésic (bouzouki, guitare, vocal) et / ou de Rachid Belgacem (percussions), Cylsée se produit en s’accompagnant à la guitare. Parfois au violon alto. Deux instruments parmi ceux qu’elle joue en virtuose.

Voix / guitare, la formule sied à l’acoustique de la cave voûtée du Connétable, à Paris.
Lorsque Cylsée (Cécile, en verlan distingué) apparaît, elle irradie… C’est ainsi dans les lieux où nous l’avons entendue.
Son répertoire ? La mise en musique par ses soins de poètes occitans contemporains écrivant dans la langue des Pays d’Oc, dont Max Rouquette, un poète capable de faire  » vivre les éléments comme un magicien animiste  » dixit Cylsée herself… Mais aussi, des chants traditionnels en langues et dialectes variés ; calabrais, vénitien, une berceuse traditionnelle corse en version niçoise, tout cela sur des arrangements originaux. Aux deux sens du terme.
Ce soir-là, on reçoit en cadeau – venu d’Argentine – le sublime Alfonsina y el Mar de Felix Luna et du compositeur Ariel Ramirez, mondialement connu pour sa Missa Criolla.
Sur des textes d’auteurs, voire les siens propres, la chanteuse se fait compositrice : elle s’inspire souvent des traditions de l’Europe du Sud,
mais pas seulement. Elle écrit paroles et musiques (Marche ! ; Chant pour NDDL après son passage sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, etc.). Deux titres finement musclés (il en existe quelques autres) de celle qui se considère aussi membre d’une vaste confrérie : la chanson française.
C’est pourquoi elle a été programmée à 18h00 à la MJC Village par la Cigale de Créteil ce samedi 2 octobre en 1ère partie d’un Olivier Philippson proposant, quant à lui, un tour de chant consacré au seul Gainsbourg, bien avant Gainsbarre…

Présence apaisante ; voix de cristal traversée de couleurs subtilement minérales ; mélodiste accomplie ; chants du Monde ; chansons d’ici et maintenant. Charme infini laissant dans les cœurs et les mémoires une trace : celle d’un parfum doux mais entêtant. Telle est Cylsée.
A l’image de son premier album (autoproduit, avec livret… trilingue) paru en 2016. Une sacrée carte de visite…

Le public du Connétable, en ce 12 juillet, demande un bis. La chaleur des remerciements dit mieux que le succès. Elle dit à sa façon le mot « gratitude ».
À Marseille, les spectateurs présents le 15 octobre à la Cité de la Musique vont découvrir un quartette inédit : les deux musiciens mentionnés plus haut ainsi que le flûtiste et accordéoniste Miquéu Montanaro entoureront la « messatgièra ». Belles sensations en perspective. Une fois de plus.

                           Laurent Gharibian

Édith Piaf, je me fous du passé.De Victor Guéroult. Mis en scène par Loïc Fieffé au Studio Hébertot 78 bis Boulevard des Batignolles – 75017 Paris du 04 septembre au 07 novembre 2021. Jeudi, Vendredi, Samedi à 21 H, Dimanche à 14 H 30. Durée : 1 H 40 – Réservations 01 42 93 13 04 et www. studiohebertot.com 

Avec Béatrice Bonnaudeau, Léa Tavarès, Lionel Losada, Gérald Cesbron, Franck Jazédé et Nicolas Soulié
Direction musicale : Lionel Losada

N.B : Béatrice Bonnaudeau, Léa Tavarès et Victor Guéroult, interviewés par Moa Abaid étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4 le samedi 18 Septembre. En podcast sur le site de Radio Libertaire.

Le contexte : en mars 1937, elle a 22 ans, la Môme Piaf goûte au succès sur la scène de l’ABC, prestigieux music-hall. Après des ventes de disques significatives…l’année précédente.

L’argument de la pièce jouée au Studio Hébertot : tout cela donne à certains directeurs de cabaret, dans notre Capitale, l’idée d’engager des chanteuses à voix ressemblant à Piaf. Ces mêmes directeurs n’hésitant pas à faire passer leur protégée pour la vedette elle-même…C’est ainsi que la toute jeune Thérèse chante dans la rue les chansons de son idole. Elle deviendra plus tard la doublure « officielle » du mythe vivant.

  » Purement imaginaires, les aventures de Thérèse arrivent en parallèle de la vie d’Edith Piaf jusqu’à ce que les histoires se rejoignent tout à fait  » explique Victor Guéroult, auteur inspiré de ce romanesque et touffu moment théâtral autant que musical où il a voulu  » raconter une version originale et alternative du mythe Piaf « .

Thérèse jeune, incarnée par la lumineuse Léa Tavarès, croise les trajectoires de personnages hauts en couleurs. Témoin, au début, la scène des boutons de manchettes, et une Lulu pas piquée des hannetons (troublant Franck Jazédé, également protagoniste essentiel sur le chemin de Thérèse…).

Quant à Thérèse adulte, c’est Béatrice Bonnaudeau, pareillement éclatante de vérité et de talent vocal.

Loïc Fieffé met en scène avec autant d’impact les comédiens Lionel Losada (truculent en Marco, patron imaginatif et sans scrupule), Gérard Cesbron (Monsieur Louis, producteur énergique dénué de compassion) et Nicolas Soulié, toujours dans la justesse.

Texte au cordeau, intense ; scénographie rythmée aux scènes contrastées, provoquant l’émotion comme la surprise : notre attention reste en éveil. Inventivité, humour des situations pourtant rudes. Réalisme dans le plein équilibre, toutefois. 

Et ces moments de pur bonheur lorsque Thérèse – jeune ou adulte – interprète une brassée de chansons allant de 1936 à 1960.

Comme un arc-en-ciel sur cet exceptionnel parcours de vie que nos deux chanteuses restituent avec magie. Toutes deux nous interpellent : leur sincérité, proprement envoûtante, irrigue le tableau final : un sommet où règne avant tout la poésie d’une aventure humaine hors du commun.

Une aventure collective que l’on doit, à l’origine, à Béatrice Bonnaudeau, elle-même remarquée depuis une décennie dans le répertoire de la chanson dite réaliste. Une confirmation. 

Léa Tavarès ? Une révélation.

C’est, de même, le travail d’une équipe soudée, laquelle, c’est évident, a su transcender en scénario crédible un projet assez … baroque. En nous faisant rêver. Tour de force.

Le Studio Hébertot prend, là, un pari ambitieux. Sans hésitation, il faut se laisser apprivoiser par un spectacle que l’on pourrait définir d’un seul qualificatif : énergisant.

                                                     Laurent Gharibian