PHENIX FESTIVAL – LE FESTIVAL DE LA CREATION DANS UN MONDE SOLIDAIRE du 1ER AU 20 JUIN 2021 –

PROGRAMMATION

18 spectacles répartis dans 7 théâtres

https://phenixfestival.com/

Ah ! Vous dirais-je mamans
Amour Amère - Affiche
Astrid - Affiche
Caligula - Affiche
Cendres sur les mains - Affiche
Chaplin 1939 - Affiche
Climax - Affiche
Inkarné - Affiche
L'Un est l'autre - Affiche
La Fragilité des choses - Affiche
La grande musique - Affiche
Le Souffleur - Affiche
Martin Eden - Affiche
Moi Vivante - Affiche
Quelque chose au côté gauche - Affiche
Rave 1995 - Affiche
Affiche - Sur un air de tango
Un pas après l'autre - Affiche

La vie : La vie dans sa fragilité, la vie et sa partition, la vie et ses valises.

L’amour : L’amour filial, l’amour et ses conditions, l’amour fou, l’amour de son prochain.

Le pouvoir : Le « pouvoir tout », le pouvoir et ses dérives, le pouvoir et son miroir.

La conscience : La conscience de l’environnement, la conscience du passé, la conscience de nos actes.

Et vous : Cette programmation parle de vous, au plus profond de vous, ce qui bouillonne dans votre for intérieur. Comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, mimes, marionnettistes, clowns, ventriloques… les 75 artistes qui remonteront sur scène à l’occasion du Phénix Festival nous disent une chose : l’existence ne cesse de se réinventer. Il y a là une notion d’éternité.

RABELAIS de Jean-Louis Barrault d’après les textes de Rabelais

mise en scène Hervé Van der Meulen au Théâtre 13 – 103 A, Bd Auguste Blanqui 75013 PARIS (métro Glacière) du 1er juin au 8 juin : du mardi au samedi à 18h, le dimanche à 16h et du 9 juin au 19 juin : du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

Durée 2h10 environ – Sans entracte – À partir de 15 ans

avec 18 comédien.ne. s Étienne Bianco, Loïc Carcassès, Aksel Carrez, Ghislain Decléty, Inès Do Nascimento, Pierre-Michel Dudan, Valentin Fruitier, Constance Guiouillier, Théo Hurel, Pierre-Antoine Lenfant, Olivier Lugo*, Juliette Malfray, Mathias Maréchal, Ulysse Mengue, Théo Navarro-Mussy*, Fany Otalora, Pier-Niccolò Sassetti, Jérémy Torres, Agathe Vandame * en alternance

Musique originale Marc-Olivier Dupin

Assistants Julia Cash, Ambre Dubrulle et Jérémy Torres

Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq

Scénographie et accessoires Claire Belloc

Costumes Isabelle Pasquier

Lumières Stéphane Deschamps

Maquillage Audrey Millon

Chefs de chant Juliette Épin-Bourdet, Juliette Malfray et Pablo Ramos Monroy son Arthur Petit

Production Studio l ESCA / Nicolas Lovatin . Crédit photographies du spectacle Miliana Bidault. Coproduction Le Studio l ESCA et le Théâtre Montansier de Versailles

Le théâtre vous a manqué, vous y croyez encore au théâtre de la vie, alors nous vous donnons rendez-vous au spectacle Rabelais, conçu par Jean Louis Barrault il y a quelques décennies et revisité par Hervé Van der Meulen. Une belle occasion de donner un coup de pied aux vilaines frontières d’espace et de temps pour assister à la mise en orbite d’une réjouissante fresque théâtrale.

Rabelais était un ogre dans tous les sens du terme, édifiant en ouvroir du monde, ce cratère géant que constitue le nombril de l’homme.

Nombril, fer de lance orgastique, siège de toutes de les sensations communes à tous les hominiens.

Nous avons oublié de baver au sujet de cet instrument de foire, nous les civilisés, les honteux qui trouvons indigne que la tête de l’homme puisse être éclaboussée par ses propres excréments. Horrifique scatologie !

Rien ne différencie l’homme de l’animal, sinon la parole. Chez Rabelais, la parole sort des tripes, elle entend réconcilier l’homme de tête avec ses boyaux, ses viscères, ses entrailles, sa merde. Mais que de fleurs dans ce fumier ! Appelons-les :  Ironie, Poésie, Délire !

 C’est un pas de géant, avec Rabelais, l’homme pense aussi avec sa tête de chien.  S’il faut en croire le verbe de Rabelais, un homme ne réfléchit pas seulement avec sa tête mais avec tous ses organes, en premier lieu, la bouche, l’appareil digestif et le cul.

 Que cela vous en bouche un coin de faire venir Rabelais à notre époque pour purger, arroser de son verbe faramineux, insolent et explosif, nos maux d’estomac, nos relents, ballonnements, nos humeurs en somme, c’est normal ! Faut-il être ou se croire malade pour s’assurer les leçons de ce grand médecin ?

 L’œuvre de Rabelais vise une des plus graves maladies de l’homme, la mélancolie. Il y faut un remède de cheval et pour ce faire libérer l’ogre qui est en soi qui ne festoie que pour rendre grâce à ces merveilleux organes que sont la bouche, le ventre, le sexe, qui forment orchestre pour nourrir et euphoriser l’esprit.

 C’est un monde parallèle totalement libertaire qu’imagine Rabelais. Gargantua et Pantagruel sont des géants au propre et au figuré, ils ont des manières et des pensées de géants à mi-chemin entre le Moyen Age et la Renaissance. L’œuvre de Rabelais constitue un incroyable témoignage des débats philosophiques de cette époque en réaction à la ceinture du pouvoir religieux inquisiteur. Rabelais dénonce la torture, la cruauté des guerres, la toute-puissance de l’argent. Sous couvert de la parodie, il s’agit d’un véritable manifeste contre les mœurs de son temps.

 Jean-Louis Barrault qui créa la pièce RABELAIS en Décembre 1968, intitulée « Jeu dramatique en deux parties, tiré des cinq livres de François Rabelais » dans une ancienne salle de catch, l’Elysée Montmartre, avec une musique de Michel Polnareff, une trentaine de comédiens, dit de l’auteur « C’est l’Enfance empoignant la vie à pleins bras ».

 Il fallait avoir de l’estomac pour remettre en scène cette pièce qui durait quatre heures à l’origine et environ deux dans la représentation actuelle. Sans aucun doute le metteur en scène Hervé Van der Meulen et sa troupe de comédiens baignent totalement dans la langue juteuse de Rabelais qui agit comme une véritable potion magique.

 Quelle meilleure drogue que la langue de Rabelais, elle peut être parlée, dansée, chantée en cœur, elle circule à bout portant, grâce à l’orchestration particulièrement maîtrisée et inspirée de Hervé Van der Meulen.

 En un mot cette mise en scène est formidable ! On y entend battre le cœur des jeunes d’aujourd’hui galvanisés par cet ancêtre visionnaire, génial et tellement drôle.  

Impossible de sortir indemne d’un tel spectacle, tous les sens en sont ébaudis !

Eze, le 24 mai 2021

Evelyne Trân

N.B : Article précédemment publié le 9 mai sur Le Monde Libertaire.fr en ligne

Parle Sirène !

A Ali Rahmane

              

La nuit, les cafés parfois respirent

Comme des églises

Suis le sorcier qui te déguise

Dis « Bonjour » au patron du bar.

C’est pour nous qu’il a dressé

Le chevalet de Don Quichotte

Et qu’il baille à tout venant.

Mais sur sa toile ivre d’enfance

Regarde la cithare enchantée

Enfouie dans les bras d’Orphée.

La mer cocasse est venue

Aux bancs de sable s’est retenue

De glisser sur cette image.

Et ruissellent sur le comptoir

Les notes de cette chanson

« Il y a longtemps que je t’aime,

jamais, je ne t’oublierai »

Un rayon de lune savant

Ouvre la page sur Carthage

Des phrases fusent de toutes parts.

Un visage oublié

Au cœur d’une cithare et d’une sirène

S’unit.

T’as le visage noyé

Sous mon étreinte

Dit la mer à la cithare

C’est pourquoi tu deviendras

Sirène au visage d’homme

Cette nuit.

Il chante à présent

Sur l’arche de Noé

Et sous notre nez, il repasse

Le jeune Orphée déguisé

En mentor.

Tente l’oubli, tente l’oubli

Qu’il nous rapproche

Distille tes mots dans l’océan

Parle Sirène à ma cithare !

Evelyne Trân

le 13 Novembre 2003

Autodidacte, et passionné de peinture, Ali RAHMANE a réalisé dans des moments de très grande détresse des oeuvres qui traduisent son état du moment. « Je souffre de cette passion que j’aime au-dessous de tout, qui est là constamment en moi ; la peinture me dévore, je suis obsessionnellement malade, squatté corps et âme par elle, je travaille jours et nuits, à dessiner ou à reproduire les images qui me trottent dans la tête, je retrouve la liberté. A travers la peinture j’ai découvert pour la première fois que j’étais un homme libre ». Ces mots expriment la passion sans commune mesure qu’il voue à cet art. Ali RAHMANE nous a quittés une nuit de mars 2007.   

Sources : http://www.telephonearabe.net/