IL Y AURA LA JEUNESSE D’AIMER DE LOUIS ARAGON ET ELSA TRIOLET MISE EN SCÈNE DIDIER BEZACE AVEC ARIANE ASCARIDE E T DIDIER BEZACE AU THEATRE LE LUCERNAIRE 53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris -1H15 / DU 16 OCTOBRE AU 24 NOVEMBRE 2019 À 19 HEURES DU MARDI AU SAMEDI, DIMANCHE À 16 HEURES.

AFFICHE Il y aura la jeunesse daimer (logo 50ans).jpgCOLLABORATION À LA MISE EN SCÈNE,

SON ET VIDÉO : DYSSIA LOUBATIÈRE

CHOIX DES TEXTES ET DES MUSIQUES :   BERNARD VASSEUR

MONTAGE DES TEXTES : DIDIER BEZACE

 LUMIÈRE : LÉO THÉVENON

PRODUCTION : L’ENTÊTEMENT AMOUREUX,

COMPAGNIE DIDIER BEZACE, CONVENTIONNÉE PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

ADMINISTRATION DE PRODUCTION : KARINE MÉRAUD

SOUTIENS : MAISON ELSA TRIOLET-ARAGON

CORÉALISATION : LUCERNAIRE

 

« Car par le temps qu’il fait il est de pauvres gens

Qui ne pouvant chercher dans les dictionnaires

 Aimeraient des mots ordinaires »

Aragon (extrait du poème « Ces vers sont obscurs »)

Des mots taillés comme des diamants juste à la lueur de la nuit, pour les imaginer, les entendre avant même d’en percevoir le sens, histoire  d’une lune bercée entre les nuages, histoire d’un jeu de rôles pour se projeter quelque part toujours à cache cache derrière l’ombre de l’autre et le surprendre, en vérité la langue d’Aragon est si suave, insatiable qu’elle optimise le moindre silence, la moindre pause, qu’elle est une impatience toujours contemplative, en un mot, elle est musicienne.

 Dans le spectacle conçu par Didier BEZACE, les mots vont jouer à cache cache comme des fantômes, seuls susceptibles d’évoquer l’univers poétique et romanesque du couple que formèrent Aragon et Elsa .

 Ils partagent le même territoire, la même langue mais ne se confondent pas, ils se répondent par voie de textes, de messages. Il n’y a pas d’avant, ni d’après, il y a toujours le basculement, comme cette extraordinaire indécence des nuages qui en se déplaçant découvrent un morceau de soleil ou disparaissent.

 Nous assistons à une véritable projection de rêves et d’histoires qui s’agitent à travers un jeu d’ombres et de lumières.

 Evidemment que les mots prennent le chemin de la voix pour exister, il y a des poèmes tableaux qui respirent, qui semblent n’avoir été conçus que pour faire corps avec leurs interprètes, prendre souche à travers leurs voix.

Le choix des textes, pertinent de Bernard Vasseur et Didier Bezace permet d’appréhender la densité et la pluralité des œuvres croisées d’Aragon et d’Elsa Triolet. d’avoir accès à certaines de leurs portes secrètes, au mystère entretenu de leurs relations.

 Aragon, l’auteur de si beaux  poèmes d’amour, avait aussi beaucoup d’humour, en témoigne le texte “ça s’est passé comme au cinéma” extrait du roman “ Servitude et grandeur des français”.

Du côté d’Elsa Triolet, nous découvrons le merveilleux texte introspectif “Moi, je voudrais écrire pour plaire à un homme” issu des nouvelles “Le premier accroc coûte deux cents francs”et une lettre inédite à son époux “Il n’est pas facile de te parler”.

Le spectacle tient du sortilège poétique grâce au charisme de ces deux grands interprètes Ariane ASCARIDE et Didier BEZACE !

Paris, le 4 Novembre 2018

Mis à jour le 16 Octobre 2019 

Evelyne Trân 

 

LES TEMOINS – Ecriture et mise en scène de Yann REUZEAU à LA MANUFACTURE DES ABBESSES – 7 Rue Véron 75018 PARIS -Représentations à partir du 29 août, les jeudis, vendredis, samedis à 20h45 et dimanches à 17h .

temoins

Distribution :

Frédéric
Andrau

Marjorie
 Ciccone


Frédérique
Lazarini

Morgan
Perez

Tewfik Snoussi

Sophie
Vonlanthen

 

Yann Reuzeau était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE du 21 Septembre 2019 sur Radio Libertaire 89.4 .

Ci-dessous extraits

« Les Témoins », quel beau titre pour un journal ! Pour autant les journalistes désignés par ce qualificatif qui entendent rester des observateurs et ne pas servir d’idéologie quelle qu’elle soit, se retrouvent en première ligne dès le lendemain de l’accession au pouvoir du candidat d’extrême droite Thomas Mérendien.

 La pièce Les Témoins écrite et mise en scène par Yann REUZEAU fait suite à Chute d’une nation « où comment une poignée d’hommes et de femmes politiques échouaient à faire barrage au fascisme ».

C’est la face humaine de ces journalistes que nous découvrons, en d’autres termes les coulisses de la rédaction d’un journal en pleine tourmente, confronté à un électrochoc, celui de voir remise en cause du jour au lendemain, sa liberté d’expression, minée progressivement mais inéluctablement par l’instauration de lois destinées à la bafouer.

Thomas Méridien a été élu démocratiquement. Mais comment accepter que sous la bannière de la démocratie, ce soit le loup qui entre dans la bergerie, la dictature qui va broyer tous les droits et libertés acquis de longues luttes.

Cela nous parait inimaginable ! Il s’agit certes d’une fiction, d’un thriller psychopolitique mais la plaie est toujours béante, celle des conséquences désastreuses, meurtrières du fascisme et du nazisme, il y a seulement quelques décennies pendant la 2ème guerre mondiale. Hitler a accédé au pouvoir par la voie démocratique !

Cette vigilance qui s’impose, elle ne peut être exercée que par des esprits libres. Les journalistes en question n’appartiennent à aucun parti, l’indépendance est leur credo mais comment la conserver sans soutien financier et politique. Ces journalistes croient encore en leurs lecteurs et s’attachent à les informer le plus objectivement et honnêtement possible. Si leurs enquêtes s’avèrent explosives, c’est parce qu’elles sont révélatrices des maux qui gangrènent la société, la corruption, les manœuvres sans foi ni loi des politiques sans scrupules.

Tous ces journalistes qui n’ont pas le même parcours s’accrochent désespérément à leur devise d’indépendance et de dignité alors même que les valeurs qu’ils défendent s’effondrent sous leurs pieds.

Leurs débats poignants nous interpellent. Comment réagirions-nous, nous-mêmes ? Les réactions sont contrastées, elles dépendent du vécu et de la personnalité de chacun et elles évoluent tout le long de la pièce qui explore avec acuité les répercussions d’un événement politique sur le plan humain, moral et psychique.

Yann Reuzeau et l’excellente équipe des comédiens tiennent brillamment les rênes de ce thriller captivant qui emporte le spectateur vers la seule issue que nous puissions rêver, la résistance face aux discours d’intolérance et de haine, germes de dictature et d’extinction de la liberté d’expression.

Paris, le 10 Octobre 2019

Mis à jour le 15 Octobre 2019

Evelyne Trân

 

L’INGÉNU DE VOLTAIRE AU THÉÂTRE DU LUCERNAIRE 53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris 1H15 / DU 23 OCTOBRE AU 8 DÉCEMBRE 2019 DU MARDI AU SAMEDI À 1 8 H 3 0, DIMANCHE À 15 H.

 

AFFICHE Lingénu.jpg-MISE EN SCENE : JEAN-CHRISTOPHE BARBAUD

AVEC THOMAS WILLAIME

LUMIÈRES : SOPHIE CORVELLEC

COSTUMES : MADELEINE LHOPITALIER

Voltaire semble avoir éprouvé un malin plaisir en créant L’Ingénu,  un personnage, hors normes, hors continent, capable de faire trembler les mœurs de tout un canton de Bretagne, par sa liberté d’esprit et de parole.

 L’ignorance des valeurs du monde dans lequel il débarque lui permet d’exprimer son étonnement et de faire valoir son innocence autour de lui, notamment auprès d’un respectable prieur et sa sœur qui pensent avoir affaire à leur pauvre neveu, dont les parents auraient disparu tragiquement pendant leur traversée vers le Canada.

 Dans ce conte l’Ingénu, paru en 1767, l’écrivain pianote avec virtuosité sur plusieurs touches, celle de la romance sentimentale, le rocambolesque et naturellement la satire des mœurs de son époque avec une ironie absolument savoureuse.

 Qui pourrait donc clamer son innocence face à une levée de boucliers d’ordre religieux, sinon un ingénu, un étranger, sachant que ces mêmes boucliers ont conduit à la torture et à la mort, le 1er Juillet 1766, un jeune homme, le chevalier de La Barre, reconnu coupable de blasphème – il n’aurait pas ôté son chapeau, lors d’une cérémonie religieuse – et pire ignominie, il conservait dans sa chambre des écrits anti-religieux de Voltaire.

 Voltaire fit sa propre enquête sur cette affaire et découvrit qu’elle recouvrait des histoires d’amour et de vengeance. Le conte s’en fait l’écho et le rapprochement est voulu entre le Chevalier de La Barre, neveu d’une abbesse et cet ingénu, neveu d’un prieur.

 Il semble bien que Voltaire dote son personnage de toutes les qualités qu’il aurait voulu voir reconnues chez le Chevalier de La BARRE, le courage, l’opiniâtreté, la noblesse d’âme.

 Cet ingénu est aussi le porte-parole du parcours de jeunesse de Voltaire emprisonné à la Bastille et de son effarement face aux imbroglios religieux et politiques de son temps.

 Voltaire à 74 ans, prend sa plume, la plus affûtée pour voler au secours et de sa jeunesse et de ses rêves les plus fous de liberté, annonçant déjà la rébellion féminine à travers le personnage de Mademoiselle Saint-Yves, l’amour de l’Ingénu, victime de la lâcheté masculine.

    

 Thomas WILLAIME, l’interprète de ce conte mouille sa chemise. Il traverse le texte comme un cheval fougueux, intrépide, sur le chemin d’une histoire qui relève toujours ses manches, nous interpelle, nous bluffe par sa modernité.

 Sous la main de velours du conte philosophique, se dresse toujours la férule indignée de Voltaire contre les assassins de la liberté.

 Paris, le 17 Septembre 2018

Mise à jour le 10 Octobre 2019

 Evelyne Trân

Les Samedis de la Chanson à la Librairie PUBLICO – 145 rue Amelot 75011 PARIS – TEL. 01 48 05 34 08 – Saison 2019 – 2020 – Concert à 17 H 30 –

KIPPER

La Librairie PUBLICO  MOTS ET MUSIQUES

Le Cabaret Libertaire

présentent

21 Septembre 2019 : VALOUVA DUO

 28 Septembre 2019 : Hèlène GERRAY

 12 Octobre 2019  : Justyna BACZ

 26 Octobre 2019 : Pierre SANSBERRO

 9 Novembre 2019 : LES CHANTEURS LIVREURS – RACHEL SONALM- FREDERIQUE

 16 Novembre 2019  : Pascale LOCQUIN

 30 Novembre 2019 :  Fanchon DAEMERS

 14 Décembre 2019 : Sabine VIRET

 21 Décembre 2019 : JUJA LULA

 Interview express de Patrick Kipper

  Patrick Kipper, il donne toujours l’impression de couver d’un regard amoureux, tous les artistes qu’il invite à la Libraire Publico au Cabaret Libertaire. Il semble ne s’être pas remis de sa première illumination, la découverte de Brassens. Nous lui avons demandé en interview express de nous parler de son parcours.

P.K : Mon arrivée chez les anars, à la librairie Publico, j’avais 15 ans en 1962. J’habitais à Livry- Gargan dans le 93. Je découvre l’anarchisme en écoutant Brassens donc avant 15 ans. J’étais intrigué par le mot anarchie dans une chanson de Brassens « L’hécatombe ».  C’est d’ailleurs la seule fois où le mot anarchie apparait dans les chansons de Brassens. Je vais voir dans le dictionnaire et la définition me plait bien.

Et puis un jour à Sevran, je passe devant la gendarmerie, le mur était entièrement recouvert d’affiches de la fédération anarchiste. Je regarde l’adresse : Librairie Publico 3, rue Ternaux. Et puis je m’y rends. C’était une toute petite libraire tenue par un vieux militant anarchiste à moitié aveugle et très bougon. Un ancien combattant de la guerre d’Espagne très connu.  Je n’avais pas de culture ni rien, je ne connaissais absolument rien.  Rapidement, je m’abonne au Monde Libertaire à 15 ans.  Je ne vais pas être militant tout de suite. Je lis le Monde Libertaire régulièrement, je découvre Ferré … En 1968, j’étais présent à la nuit des barricades, c’est ce jour-là que Ferré créait la chanson la chanson L’Anarchiste.

M.L : Tu travaillais à l’époque

P.K – J’ai commencé à travailler après le certificat d’études à la fin de l’école élémentaire – ma famille était très pauvre – à l’usine à 14 ans et 13 jours dans une fabrique de jouets. J’étais le seul garçon avec 28 filles. 28 filles c’était pas facile. Ça ne me plaisait pas du tout. C’était ma grand-mère qui m’avait trouvé ça, un boulot comme un autre. Je rejoins en 1971 un groupe de la fédération anarchiste qui s’est créé à Sevran en 1971 dont je deviens le secrétaire en 1972. Ce groupe a existé pendant 20 ans. J’ai été très actif les 10 premières années, j’organisais les galas annuels à partir de 1975. Les premiers artistes que j’ai fait venir étaient Marcel Eglin et Robin, puis Utge Royo…

M.L : Et tu as attrapé le virus

P.K – Après je n’ai plus arrêté. A ce jour 2200 concerts…

M.L : Tu as créé l’association Mots et Musiques

P.K :  Plus tard. J’ai commencé à organiser des spectacles à l’Oréal lorsque j’étais secrétaire C.G.T de la centrale expédition. J’étais responsable de la commission culturelle et ai fait venir des artistes, régulièrement 5 à 6 fois par an pendant 10 ans (dont Jean-Claude Pascal, Mouloudji, Christian Pacoud).

M.L. : En même temps des spectacles pour la fédération anarchiste de Sevran

P.K : Jusqu’à la fin du groupe en 1992. Après, je suis devenu adhérent individuel. Hors militance, j’ai produit des spectacles à titre personnel au Cithéa (un ancien cinéma de quartier à Ménilmontant) à partir de 1983 et mon premier concert c’est avec Utge Royo – dont je deviens l’agent pendant plus de 10 ans – on a un monde fou, la salle est archi pleine. Parallèlement, j’ai assuré la production de 5 albums de Marie-Josée Vilar dont j’ai été l’agent pendant 25 ans.

M.L. : Tu quittes l’Oréal en 1991 où tu travaillais comme ouvrier spécialisé depuis 1970, pour devenir agent.

P.K : Oui j’ai vécu de ça pendant plus de 15 ans jusqu’à ma retraite tout en m’occupant de l’association Mots et Musiques, fondée en 1991, à but non lucratif.      

 M.L :  Après ce survol express de ton parcours, revenons aux Samedis de la Chanson organisés par la Librairie Publico et l’association Mots et Musiques.

P.K : Aujourd’hui cela représente 75 concerts depuis 2013. Au début, il y avait 3 rendez-vous par an. Aujourd’hui, c’est tous les quinze jours avec une exception, les mois où il y a cinq samedis, il y a 3 cabarets. Avec la librairie Publico, j’ai commencé par organiser des rencontres avec les artistes pour présenter leurs disques. Puis c’est grâce à un article de Laurent Gharibian sur Béa Tristan dans le Monde Libertaire que j’ai eu l’idée des concerts à Publico.

M.L : Comment choisis-tu les interprètes ?

P.K : Poésie et politique, les deux m’intéressent, il faut qu’il y ait les deux dans la chanson. Ma démarche est avant tout artistique. Je suis sensible en priorité à la voix qui pour moi véhicule quelque chose et bien sûr aux textes.

M.L  : Ce sont des univers très personnels que tu accompagnes, des artistes que je qualifierai d’électrons libres que nous ne pouvons entendre que sur Radio Libertaire (Rappelons que Patrick Kipper fut co-animateur avec Nicolas Choquet de l’émission « Bouche à orteil ») ou Fréquence Paris Plurielle ou Radio Aligre. Ceux-là ne créent pas pour faire des tubes mais pour incarner des émotions viscérales et intenses, authentiques. Le point commun de tous ces artistes est de réunir ces deux rives dont tu parles, la poésie et la politique, comme Brassens ! MERCI Patrick Kipper !

Paris, le 9 Octobre 2019

Propos recueillis par Evelyne Trân

Article précédemment publié dans le MONDE LIBERTAIRE du mois d’Octobre 2019

 

UN SAC DE BILLES DE JOSEPH JOFFO ÉD JC LATTÈS MISE EN SCÈNE STÉPHANE DAURAT ADAPTATION FREDDY VIAU 1H10 / DU 4 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 2019 DU MARDI AU SAMEDI À 1 8 H 3 0, LE DIMANCHE A 15 H AU THEATRE DU LUCERNAIRE – 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS –

AFFICHE Un sac de billes.jpg

 

AVEC JAMES GROGUELIN

 SCÉNOGRAPHIE : NICOLAS DE FERRAN

CRÉATION LUMIÈRES : ÉRIC SCHOENZETTER

CRÉATION SONORE : RÉGIS DELBROUCQ

CO S T U M E S: RICK DIJKMAN

PRODUCTION : THÉÂTRE DES BONNES LANGUES CORÉALISATION : THÉÂTRE LUCERNAIRE

 

Il ne vous viendrait pas à l’esprit d’associer un sac de billes à une course de migrants du nord au sud de la France et surtout d’imaginer que ces migrants soient des citoyens français.

 L’histoire vraie que raconte Joseph JOFFO dans le sac de billes, c’est une histoire de guerre vécue par des gosses de 10 et 12 ans contraints de fuir en 1941, la zone occupée par les nazis pour rejoindre la zone libre pour la seule et unique raison qu’ils sont juifs. Joseph Joffo s’est attelé laborieusement à l’écriture de ce récit autobiographique, aiguillé par le sentiment que son témoignage devait servir à tous ceux qui luttent pour la paix et la tolérance dans ce monde.

 Freddy VIAU, l’adaptateur pour le théâtre de ce livre devenu un best-seller n’hésite pas à le qualifier de chef d’œuvre. Il n’y a pas d’afféterie dans ce récit, dont le narrateur est un enfant de 10 ans.

L’innocence et les larmes, les bagarres, les cris des enfants qui résonnent dans une cour de récréation, il faudrait avoir le cœur sec pour ne pas être ému par ce bouillonnement de vie !

 Alors, imaginez deux gosses qui quittent cette cour pour vivre le sort de ces migrants qui n’ont pour seul bagage que leur volonté de survivre, leur courage mais aussi la peur au ventre.

  Joseph et Maurice son frère se comportent en adultes avec une âme d’enfant. C’est ce décalage entre ce qu’ils auraient dû vivre en tant qu’enfants entourés par une famille aimante et la découverte d’un monde de cruauté qui est prégnant dans ce sac de billes. Joseph témoigne de sa reconnaissance pour les personnes qui l’ont aidé lui et son frère Maurice à échapper aux nazis, de l’amour de sa famille, toujours porté par le filtre lumineux de l’enfance.

 Le comédien James GROGUELIN qui incarne Joseph et Maurice et également tous les personnages qu’ils croisent au cours de leur périple est remarquable. Il insuffle une énergie communicative à ce récit qui devient un hymne à la vie, « un cri d’espoir et d’amour ».

 Mis en scène avec chaleur par Stéphane DAURAT, voilà un spectacle vivant à ne pas manquer !

 Paris, le 6 Octobre 2019

 Evelyne Trân