CHEMIN DE NUIT EN MEMOIRE D’AIME CESAIRE – RABORDAILLE – Poème de Jean-Marie BLANCHE accompagné par les musiciens Michel SEULS et Tim LASER le 13 Avril 2013 à SALLE DE LA LEGION D’HONNEUR à 93200 SAINT DENIS –

 

 

R A B O R D A I L L E

Mince pellicule de cette terre soumise,

Géante catastrophe, parole déployée,

Le cauchemar hoquette du fond de ton abîme

Où passent des astres à la gorge enflammée.

 

La bouche des malheurs à l’âme aux bras croisés

Du dernier baobab à savoir supporter

Tous les mots de la langue d’ancêtres mutilés

Danse sur l’étendue sacrée du sang brûlé.

 

Mais ça ne veut pas dire grand-chose.

Au pied du baobab, un homme est vain.

Sa fureur, dans l‘écoulement du paysage,

S’abandonne aux noctambules des confins.

 

Nomade du roi Christophe, étoile de jadis,

En gage d’amitié du libre choix sans vice,

Tu en vivras l’inceste dans un champ de maïs :

Saccage et corrosion de ton corps d‘Anubis.

 

Peuple ! À toi les amours d’Uranus.

 

Dans les remous des marécages,

La roue dentée, sans imagination,

Des excréments vomis en cage,

Fait ricaner le fouet de la malédiction.

 

Chimères à coup de cœur, lente maturation

De la mangue au rebut, nègrerie,  pulsation,

La musique n’est pas clandestine :

Bambous, détonations.

 

À la mémoire reconquise.

Ainsi soit-il de ma bouche en fusion !

Jean-Marie BLANCHE

 

 

HAMLET – Fête macabre d’après William Shakespeare – Adaptation et mise en scène Jérémie Le Louët – Festival off Avignon du 5 au 26 juillet à 22h10 au 11 • Gilgamesh Belleville • 11 boulevard Raspail 84 000 Avignon • 04 90 89 82 63 • contact@11avignon.com

Distribution

D’après William Shakespeare

Adaptation et mise en scène Jérémie Le Louët

Collaboration artistique Noémie Guedj

Avec Pierre-Antoine Billon, Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët et Dominique Massat 

Scénographie Blandine Vieillot

Costumes Barbara Gassier

Construction Guéwen Maigner

Vidéo Thomas Chrétien et Jérémie Le Louët

Lumière Thomas Chrétien

Son Thomas Sanlaville

Régie Thomas Chrétien en alternance avec Maxime Trévisiol, et Thomas Sanlaville

Diffusion Noémie Guedj  E-mail – 06 99 38 15 30

Production

Production Compagnie des Dramaticules

Co-production Les Bords de Scènes – Théâtres et Cinémas à Juvisy-sur-Orge, Théâtre de Chartres, le Prisme à Elancourt, Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine

Avec l’aide à la création du Conseil régional d’Île-de-France, du Conseil départemental de l’Essonne et de l’Adami

Avec le soutien du Théâtre de Châtillon et du Centre d’Art et de culture de Meudon

La Compagnie des Dramaticules est en résidence au Prisme-Théâtre municipal de la Ville d’Élancourt (78). Elle est soutenue par le Conseil régional d’Île-de-France au titre de la permanence artistique et culturelle, par le Conseil départemental du Val-de-Marne au titre de l’aide au fonctionnement et par la Ville de Cachan.

Si lors d’une consultation psychanalytique, vous vous surprenez à parler d’Hamlet, vous pouvez penser qu’à votre insu, vous avez sûrement écopé du syndrome d’Hamlet.

 Mais il n’est pas besoin de tourner autour du fauteuil de Freud pour plonger dans l’univers d’Hamlet. Hamlet est une figure strictement théâtrale dans la mesure où son apparition pointe du doigt tous les petits Hamlet anonymes, infantiles, tous les exclus de la norme et de la convention, du politiquement correct, qui n’auraient d’autre excuse que d’être fous, malades, inadaptés, insupportables.

 Hamlet fait mal, Hamlet est odieux et particulièrement dangereux parce qu’il refuse les apparences et qu’il est susceptible de déchirer les voiles, démasquer quiconque retranché dans ses mensonges, ses peurs, ses illusions, et il frappe aussi bien sa mère, son beau-père, son amante Ophélie …

 Et pourtant, une certaine candeur émane de ce personnage comme celle d’un enfant qui exprime ses sentiments sans s’occuper du qu’en dira-t-on. En somme, quoique cela soit quelque peu réducteur, il est possible de voir en Hamlet, un adolescent attardé qui ne cesse de se faire violence, coincé entre un moi néantisé et un surmoi représenté par les instances patriarcales, le père fantôme, le beau-père et sa propre mère.

 Le théâtre justifie cette tentation de dépassement, d’irruption d’un moi imaginaire qui catalyse l’énergie, effectue le va et vient entre une réalité condescendante et ses manifestations indécentes, obligeant l’acteur à endosser plusieurs peaux, et parfois à commettre l’effraction, la pire ou la meilleure celle d’Hamlet qui plonge sa main dans son cœur au risque d’en crever.

 La mise en scène de Jérémie Le Louët, magnifique interprète d’Hamlet, fait penser à un inventaire désordonné et fou que le personnage lui-même aurait culbuté dans un grenier enchanté où pèle mêle se retrouvent les photos des rois et des reines sur papier glacé de Jour de France, l’ambiance désuète et vaporeuse d’un salon de casino, les copies de tableaux de maîtres, les coulisses d’un théâtre musée avec tous ses accessoires et même les silhouettes cartonnées de Victor Hugo et Shakespeare.

 Le dispositif vidéo devient un outil théâtral parfaitement maîtrisé qui manifeste sa réelle impudeur, sa volonté de voyeurisme, son aspect prédateur. Il faut voir comment Laërte, ce personnage secondaire se transforme soudain en tribun ouvriériste opposant au pouvoir du Roi fantoche.

 Un sale gosse que cet Hamlet qui ose donner un coup de pied dans la montagne des archives et des commentaires le concernant, le résultat est un spectacle déboussolé, déconcertant, festif et visuellement captivant, servi par des comédiens remarquables qui jouent plusieurs rôles.

Une réussite spectaculaire qui fait résonner cette jeunesse qui bouillonne chez Hamlet, en tant que phénomène théâtral !

Paris, le 25 Novembre 2018

Mise à jour le 14 Juin 2019

 Evelyne Trân

 

 

HAMLET – Fête macabre d’après William Shakespeare – Adaptation et mise en scène Jérémie Le Louët – Création du 22 novembre au 2 décembre 2018 au Théâtre de Châtillon 3, rue Sadi Carnot – 92320 Châtillon – Métro : Châtillon-Montrouge (ligne 13) puis tram (arrêt Parc André Malraux) – Du lundi au samedi à 20h30, dimanche à 16h. Relâche le dim. 25 et le mer. 28 novembre.

Avec Pierre-Antoine Billon, Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët et Dominique Massat

SCÉNOGRAPHIE Blandine Vieillot

COSTUMES Barbara Gassier

VIDÉO Thomas Chrétien
Jérémie Le Louët

LUMIÈRE

Thomas Chrétien

SON

Thomas Sanlaville

CRÉDIT PHOTO

Moviestore Collection Ltd / Alamy Stock Photo

Si lors d’une consultation psychanalytique, vous vous surprenez à parler d’Hamlet, vous pouvez penser qu’à votre insu, vous avez sûrement écopé du syndrome d’Hamlet.

 Mais il n’est pas besoin de tourner autour du fauteuil de Freud pour plonger dans l’univers d’Hamlet. Hamlet est une figure strictement théâtrale dans la mesure où son apparition pointe du doigt tous les petits Hamlet anonymes, infantiles, tous les exclus de la norme et de la convention, du politiquement correct, qui n’auraient d’autre excuse que d’être fous, malades, inadaptés, insupportables.

 Hamlet fait mal, Hamlet est odieux et particulièrement dangereux parce qu’il refuse les apparences et qu’il est susceptible de déchirer les voiles, démasquer quiconque retranché dans ses mensonges, ses peurs, ses illusions, et il frappe aussi bien sa mère, son beau-père, son amante Ophélie …

 Et pourtant, une certaine candeur émane de ce personnage comme celle d’un enfant qui exprime ses sentiments sans s’occuper du qu’en dira-t-on. En somme, quoique cela soit quelque peu réducteur, il est possible de voir en Hamlet, un adolescent attardé qui ne cesse de se faire violence, coincé entre un moi néantisé et un surmoi représenté par les instances patriarcales, le père fantôme, le beau-père et sa propre mère.

 Le théâtre justifie cette tentation de dépassement, d’irruption d’un moi imaginaire qui catalyse l’énergie, effectue le va et vient entre une réalité condescendante et ses manifestations indécentes, obligeant l’acteur à endosser plusieurs peaux, et parfois à commettre l’effraction, la pire ou la meilleure celle d’Hamlet qui plonge sa main dans son cœur au risque d’en crever.

 La mise en scène de Jérémie Le Louët, magnifique interprète d’Hamlet, fait penser à un inventaire désordonné et fou que le personnage lui-même aurait culbuté dans un grenier enchanté où pèle mêle se retrouvent les photos des rois et des reines sur papier glacé de Jour de France, l’ambiance désuète et vaporeuse d’un salon de casino, les copies de tableaux de maîtres, les coulisses d’un théâtre musée avec tous ses accessoires et même les silhouettes cartonnées de Victor Hugo et Shakespeare.

 Le dispositif vidéo devient un outil théâtral parfaitement maîtrisé qui manifeste sa réelle impudeur, sa volonté de voyeurisme, son aspect prédateur. Il faut voir comment Laërte, ce personnage secondaire se transforme soudain en tribun ouvriériste opposant au pouvoir du Roi fantoche.

 Un sale gosse que cet Hamlet qui ose donner un coup de pied dans la montagne des archives et des commentaires le concernant, le résultat est un spectacle déboussolé, déconcertant, festif et visuellement captivant, servi par des comédiens remarquables qui jouent plusieurs rôles.

Une réussite spectaculaire qui fait résonner cette jeunesse qui bouillonne chez Hamlet, en tant que phénomène théâtral !

Paris, le 25 Novembre 2018

 Evelyne Trân

 

SCÉNOGRAPHIE Blandine Vieillot

COSTUMES Barbara Gassier

VIDÉO Thomas Chrétien et Jérémie Le Louët

LUMIÈRE Thomas Chrétien

SON Thomas Sanlaville

CRÉDIT PHOTO

Moviestore Collection Ltd / Alamy Stock Photo

D’UN RETOURNEMENT, L’AUTRE de FRÉDÉRIC LORDON – Mise en scène de LUC CLÉMENTIN – Du mercredi 28 novembre au dimanche 9 décembre 2018 au Théâtre de la Reine Blanche – Du mardi au samedi à 20h45, le dimanche à 15h, supplémentaire le vendredi 7 décembre à 14h30 Durée : 1h10 ; Réservation : 01 40 05 06 96 ; Adresse : 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris | Metro L12 Marx Dormoy / Metro L2 et L12 La Chapelle

Photo D.R.

De Frédéric LORDON

COMPAGNIE ULTIMA CHAMADA

 Distribution :

 Alexandrine MONNOTLoïc RISSERDidier BOULLESimon BELLAHSENAlain VENIGERLuc CLÉMENTIN,Gérald CESBRON en alternance avec Denis ARDANT

 

Il est plutôt rare de s’amuser lors d’une leçon d’économie politique et il faut reconnaître que Frédéric LORDON dispose d’un bagou hors du commun pour expliquer aux ignorants la crise financière des subprimes de 2008.

 Quelle idée géniale de transformer les banquiers en petits seigneurs aussi ridicules que les précieux de de Molière qui causent en alexandrins, s’écoutent parler, se pâment de leurs  bons mots, rivalisent d’impudence et d’arrogance.

La pièce écrite en 2011,  résonne comme un pamphlet féroce des connivences entre l’Etat et les banquiers.

Il s’agit bien entendu d’une farce burlesque où la valetaille, une fois n’est coutume, peut se rengorger de voir ces banquiers accoquinés aux Présidents traités comme des coqs, des paons qui n’arrêtent pas de glousser.

Ce n’est pas demain la veille que ces coqs remplaceront la dinde à Noël. Il est bon tout de même de se remémorer cette crise financière ne serait- ce que pour comprendre cet ogre du capitalisme qui pour faire bouillir la soupe des bienheureux, ne peut s’engraisser qu’en déplumant les autres.

Cynique et amoral, le comportement de ces banquiers hérisse le poil.

La charge de Frédéric LORDON, économiste lui-même, est violente . En militant anti-capitaliste, il met sa plume brillante et décapante au service de ses idées :

« Et si on commençait la démondialisation financière ? » « Et si on fermait la Bourse … ».

En pédagogue averti, l’auteur réussit à vulgariser des notions d’économie essentielle dont nous avons besoin pour relever, ne serait-ce qu’un petit peu, la tête et regarder en face ce monstre argent qui domine le monde sans vergogne.

Mais plutôt qu’au désespoir, à la résignation, la pièce invite le public à se moquer de l’épouvantail pour mieux le dénoncer !

Sous le prisme du carnaval, mise en scène tambour battant par Luc Clémentin, et joyeusement interprétée par des comédiens chanteurs, haut perchés sur l’échelle de l’alexandrin, le public valse entre rire et réflexion, éclaboussé par cette leçon d’économie délibérément provoquante !  A ne pas manquer !

 Paris, le 24 Novembre  

 Evelyne Trân

 

ZONE À ÉTENDRE de Mariette Navarro – mise en scène Gérard Watkins au CONSERVATOIRE NATIONAL D’ART DRAMATIQUE – 2 Bis rue du Conservatoire PARIS – Du Jeudi 15 au 22 Novembre 2018 à 19 H 30 sauf le mardi à 15 H – Réservations indispensables au 01.53.24.90.16 –

  • DISTRIBUTION

Avec : Logan AntuofermoClémentine AussourdSalomé AyacheLouis BerthélémyAdrien DewitteAhmed Hammadi ChassinMay HilaireVirgil LeclaireMargot MadaniFlorence MazotLisa Toromanian

Suzanne Barbaud Scénographie

Jeanne Bred Assistant(e) à la mise en scène

Marc Bretonnière Régie son

Lauriano De La Rosa Régie lumière

Vincent Détraz Direction technique

Chloé Lasne Assistant(e) à la mise en scène

Frédéric Pickering Régie vidéo

Frédéric Plou Régie générale

Sophie Schaal Création costumes

Léon Touret Direction technique

Juliette Salles (Assistante direction technique)

« Zone à étendre », le titre de la pièce fait évidemment référence à la Zone à défendre. Il s’agit d’une projection poétique, fantastique et au demeurant politique des motivations des zadistes, les plus connus étant ceux qui se sont manifestés récemment à Notre-Dame des Landes.

 Des rats des villes qui se transforment en rats des champs, pourquoi et comment ? La découverte de la forêt par des individus qui n’ont jamais connu que la ville, peut faire sourire tant elle parait naïve. Le ras de bol du capitalisme invasif peut-il suffire à renverser la vapeur, à transformer l’homme civilisé en homme des bois.

 « Chassez le naturel, il revient au galop » Le hic, c’est qu’aujourd’hui, le sentiment d’avoir perdu le contact avec la nature, est révélateur du fossé entre l’homme préhistorique et l’homme moderne.

 Reprendre possession de son corps, de ses émotions, en recherchant une communion avec la nature, en explorant un autre mode de vie, capable de faire front à une société sans âme qui n’entend rien aux élucubrations de quelques individus qui choisissent l’exil au milieu du pays, pour éprouver leurs propres moyens de subsistance, prendre du recul face à cette sensation de rouleau compresseur d’une économie qui broie les corps et les âmes et dénature la terre, telles sont les motivations des personnages de cette pièce, qui invoquent l’appel de la forêt.

 Touchons donc du bois ! Car il est possible de rester sceptique. C’est l’ordre mondial qui est en cause. Allez dire à un écologiste que la voiture, l’ordinateur, le téléphone portable qu’il utilise en permanence ne sont pas écologiques !

 Ne nous voilons pas la face, seuls quelques individus rejoindront la forêt et mèneront des tentatives alternatives de vie en communauté.  Vivre à l’écart de la société, c’est possible mais être au monde, c’est une autre histoire. L’homme, cet insecte nuisible, le plus grand prédateur de cette terre a vendu son âme. Les marchands de soleil, de lune, de forêts et de mers ne sont pas prêts à disparaître.

 En attendons, rêvons comme nous y invite l’émulsive mise en scène de Gérard Watkins réussissant  à mobiliser l’énergie juvénile et si attractive des élèves du Conservatoire qui remuent avec allégresse au propre et au figuré une terre nourricière, en s’y frottant, en s’y jetant, parce qu’elle est pour de vrai, l’inspiratrice du poème de Mariette NAVARRO fascinée par cette figure de la forêt « qui avance et va renverser le pouvoir »  dans plusieurs pièces de Shakespeare, Macbeth, Le songe d’une nuit d’été, et Comme il vous plaira.

 Les élèves de l’atelier de 3ème   année allument une forêt qui stimule manifestement leur rêve de communauté théâtrale, sous les auspices d’auteurs vivants qui brassent l’air du temps tout en méditant cette pensée de Shakespeare « Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves ».

 Paris, le 19 Novembre 2018

 Evelyne Trân

– CROCODILES -L’HISTOIRE VRAIE D’UN JEUNE EN EXIL – Adaptation et mise en scène Cendre Chassanne et Carole Guittat – Vendredi 23 novembre à 14h30 et samedi 24 novembre à 11h – version lecture-spectacle : Auditorium de Châtenay-Malabry (92) –

Photo M.JACOB

adaptation et mise en scène Cendre Chassanne et Carole Guittat
avec Rémi Fortin
images Mat Jacob/Tendance Floue
montage José Chidlovsky
création et régie son Édouard Alanio
création, régie lumière, régie générale Sébastien Choriol
régie tournée Sébastien Choriol
construction Édouard Alanio, Sébastien Choriol, Jean Baptiste Gillet

production Compagnie Barbès 35
coproduction Scène conventionnée d’Auxerre, la Cité de la Voix-Vézelay, Théâtre Dunois-Paris
soutiens La Minoterie – Création jeune public et éducation artistique – Dijon (21), le NTDM-Montreuil, la Maison des métallos
avec l’Aide à la création de la D.R.A.C Bourgogne Franche-Comté, du Conseil Régional Bourgogne Franche-Comté, et du Conseil Départemental de l’Yonne

 

* TOURNÉE 2018 / 2019

Vendredi 23 novembre à 14h30 et samedi 24 novembre à 11h
version lecture-spectacle : Auditorium de Châtenay-Malabry (92)

Vendredi 30 novembre à 14h et samedi 1er décembre à 20h30
Salle du Citoyen de Lognes (77)

Jeudi 13 décembre à 14h30 et 20h45 et vendredi 14 décembre à 10h
Act’art, Foyer rural de Rebais (77) Tél : 01 64 83 03 30

28 > 31 janvier : Centre culturel P. Picasso,
scène conventionnée de Homécourt (54) – Tél : 03 82 22 27 12

5 > 8 février : Le Volcan, scène nationale du Havre (76) . Tél : 02 35 19 10 20

11 et 12 février : La Mouche à Saint-Genis-Laval (69) . Tél : 04 78 86 82 28

14 > 16 février : La Grange Dimière à Fresnes (94) – Tél : 01 49 84 56 91

18 février : L’Entre-deux à Lésigny (77)

21 et 22 mars : Théâtre des Sources Fontenay-aux-Roses (92)

Actualité des tournées : www.compagniebarbes35.com

Il revient de très loin et il n’en revient pas lui-même le jeune Afghan Enaiat qui raconte son parcours de migrant de plusieurs années qui l’ont mené du Pakistan à l’Iran, la Turquie, la Grèce jusqu’en Italie.

Il n’avait que dix ans lorsque sa mère l’a conduit clandestinement au Pakistan afin qu’il échappe aux persécutions des Hazaras, l’abandonnant entre les mains d’un propriétaire de maison d’hôte qui l’a hébergé en contrepartie de son travail, l’école de la vie en quelque sorte pour ce môme.

Enaiat n’a pas besoin de tel commentaire, il rapporte juste les faits, le souffle coupé, comme s’il revivait encore et encore ses évènements qui ont mis fin à son enfance du jour au lendemain. Jamais, il n’aurait voulu quitter son village très pauvre où sa famille disposait d’une vache, deux brebis et un champ de culture de blé, il était juste heureux. Quelle école de la vie pour cet enfant qui assiste au meurtre de l’instituteur par des talibans, au sein même de son école. Les talibans pas seulement Afghans, mais aussi Pakistanais, Egyptiens ou Sénégalais «Des ignorants qui empêchent les enfants d’apprendre » s’indigne Enaiat.

 Enaiat n’a pour bagage que quelques instructions de sa mère : ne pas prendre de la drogue, ne pas utiliser d’armes, ne pas voler.  Ultimes recommandations d’une mère à son fils avant leur séparation permettant d’imaginer l’état de désarroi et d’angoisse de la mère.

 « Il te faut toujours avoir un rêve au-dessus de la tête qui te porte quel qu’il soit ». Il faut croire qu’Enaiat avait au moins le courage, l’inconscience de l’innocence. Comment devient- on migrant, balloté de pays en pays ? Quelle est donc cette spirale qui fait d’un enfant un migrant ? C’est qu’il est impossible de se résigner à la misère, aux squats, aux camps de détention, à l’esclavage du travail. Dès lors, comment ne pas devenir la proie des trafiquants d’hommes qui proposent toujours un avenir meilleur dans un autre pays, au prix de quelques années de travail, d’épuisants et dangereux périples à travers les frontières. Enaiat finira par être accueilli par une famille en Italie, reprendra les chemins de l’école.  Il a désormais 15 ans mais sans doute est-il bien plus âgé dans sa tête. Il dit seulement à la fin du récit « Je suis vivant ! ».

 Inspirée de l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari rapportée dans le livre « Dans la mer, il y a des crocodiles » de Fabio GEDA, la mise en scène très épurée de Cendre CHASSANNE et Carole GUITTAT s’érige en porte-voix du témoignage d’un enfant à l’état brut, qui raconte son histoire, sans intention de faire pitié, pour dire simplement  comment, pourquoi,  il est un rescapé et exprimer sa  reconnaissance à ceux qui l’ont accueilli.

 Sans doute est-il plus évident de porter une oreille sensible au témoignage d’un enfant innocent. Une chose est sûre, c’est que notre regard sur les migrants en général, a besoin de projecteurs sur l’humain. On ne nait pas migrant, on le devient par malheur. Le courage d’Enaiat, son bonheur d’entendre sa mère au téléphone après plusieurs années de séparation, justifient au-delà de tout discours, ceux qui tendent leurs mains aux migrants.

 

Photo M.JACOB

La présence de Rémi FORTIN fait penser à un petit Prince moderne qui porterait la nuit sur ses frêles épaules et aurait le pouvoir de l’apprivoiser, apprivoiser ses crocodiles, grâce à sa capacité d’étonnement, un désir de vivre invincible. C’est troublant et beau, c’est une parole d’espoir !

 Paris, le 20 Mai 2018

Mise à jour le 15 Novembre 2018

 Evelyne Trân

LE CABARET DES TROIS SOEURS – Moscou d’hier et d’aujourd’hui – Conception, mise en scène, scénographie : Bruno Niver au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS – 2, route du champ de manoeuvre 75012 PARIS – Du 8 au 25 Novembre 2018 – Du jeudi au samedi à 20 H 30 – Matinées : Samedi et dimanche à 16 H –

Texte et poèmes : écriture collective, Anton Tchékhov, Bertolt Brecht , Alexandre Blok, Vladimir Maïakovski… Avec : Evguenia Peters (Génia), Daria Lovat (Dacha), Tatiana Paramonova (Tania), Ruslan Sabirov (Sergueï) Danse, mime : Eléna Garcia-Benites Musique : Daria Lovat (violoncelle), Evguénia Peters (piano) et Mike Ellis (saxophone) Chansons : Cabaret soviétique, romances russes et tsiganes, Marlène Dietrich, Liza Minelli, Alexandre Vertinski, Kurt Weill/Bertolt Brecht, Hanns Eisler/Vladimir Maïakovski, Egor Létov, Barbara, Edith Piaf, Frehel, Lucienne Delyle, Dépêche mode, Muse, chant lyrique, etc. Durée du spectacle 1h20, spectacle en français et en russe surtitré

Elles se sont échappées de la célèbre pièce de Tchekhov Les Trois Sœurs, et n’ont pour tout bagage que leurs   voix, leurs instruments de musique, le violoncelle et le piano pour une tournée chorégraphique et musicale autour de la Russie et même bien au delà.

C’est à un voyage très singulier auquel nous convie cette récréation collective où les comédiennes chanteuses russes se racontent et se dévoilent à travers leurs choix artistiques de poèmes, chansons, coups de cœurs qui témoignent de leurs migrations successives, leur permettant de créer des ponts, de subjuguantes  passerelles entre différents cabarets, berlinois, soviétique, parisien.

 Evguenia Peters (Génia), Daria Lovat (Dacha), Tatiana Paramonova (Tania), disposent d’un goût prononcé pour l’éclectisme puisqu’elles peuvent aborder tous les styles, se mouvoir aussi bien à travers les romances russes que le rock russe ou anglophone.

 Il semble que le metteur en scène Bruno Niver ait donné carte blanche à ces femmes oiseaux émotives, emportées et fragiles comme certains personnages de Tchekhov.

Mais il s’agit ici d’une fragilité de roseau qui plie et ne rompt pas, réceptif à une multitude de souffles transformant leurs corps en véritables éventails musicaux, découvrant leur espace-temps intime, volontairement éclaté.

 Et puis il y aussi ce bonheur de se laisser toucher par la beauté des intonations de la langue russe, même sans la comprendre.

A noter également la belle présence de Ruslan Sabirov qui fait résonner la révolte toujours actuelle du poète Maïakovski et l’étrangeté exquise de la danseuse Elena Garcia.

Un spectacle très personnel et original qui se déploie comme un kaléidoscope intime, un tourbillon de rêves et de chansons à ciel ouvert, à vol d’oiseau musical nostalgique et révélateur.

Paris, le 13 Novembre 2018

Evelyne Trân

 

LA MECANIQUE DU HASARD D’APRÈS LE ROMAN HOLES DE LOUIS SACHAR – ADAPTATION de Catherine VERLAGUET – MISE EN SCÈNE d’Olivier LETELLIER du 5 AU 26 JUILLET 2019 à 13 H 45 au 11 GILGAMESH BELLEVILLE 11 boulevard Raspail 84 000 Avignon • 04 90 89 82 63 • contact@11avignon.com –

 

 

 

Photo Christophe Raynaud de Lage

 

Avec Fiona Chauvin & Guillaume Fafiotte

ASSISTANTS À LA MISE EN SCÈNE Jonathan Salmon, Valia Beauvieux 

LUMIÈRES Sébastien Revel 

CRÉATION SONORE Antoine Prost

SCÉNOGRAPHIE Colas Reydellet 

COSTUMES Nadia Léon 

 

A une époque où la surabondance des sollicitations virtuelles par écrans interposés, réduit à sa peau de chagrin l’imaginaire individuel, le spectacle LA MECANIQUE DU HASARD prouve qu’il est possible par le seul pouvoir du conte et la ferveur des conteurs de mobiliser l’imagination des spectateurs, petits et grands, de façon étourdissante.

Le récit adapté du roman américain de Louis SACHAR nous conte l’histoire d’un adolescent, Stanley Yelnats qui par malchance, accusé d’un vol qu’il n’a pas commis se retrouve dans un camp de redressement, Le lac vert, situé en plein désert.

De caractère timide, sans d’autres repères que le sentiment de la malchance prodigué par sa famille depuis trois générations, Stanley aura l’occasion d’interpréter ses propres épreuves de façon positive grâce aux rencontres, aux amitiés dont il tirera pleinement profit, qui lui permettront de rebondir et sortir du trou.

D’un point de vue symbolique, les trous que doivent creuser les adolescents à titre de punition insigne sous un soleil de plomb, font écho aux trous de mémoire de l’histoire de l’humanité, impossibles à combler, lieux maudits des superstitions et des interprétations les plus folles.

Cette punition absurde fait également écho au mythe de Sisyphe condamné à rouler un énorme rocher de haut en bas d’une montagne, éternellement.

 Si la tâche en elle-même éreintant les corps n’a pas de sens, elle laisse néanmoins le champ libre au mental des adolescents acculés à réagir et à s’inventer d’autres projets beaucoup plus enrichissants. Ainsi Stanley en contrepartie de l’aide que lui apporte son ami surnommé Zéro, lui apprendra à écrire, déjouant la fatalité de son analphabétisme.

De nombreux thèmes jalonnent ce récit initiatique, le racisme, l’injustice, les rapports de domination. L’émotion qui s’en dégage est celle ressentie par des jeunes sans à priori qui ne peuvent qu’être stupéfaits, intrigués par la violence des événements qui leur sont rapportés. Par exemple, comment et pourquoi, la maison d’une institutrice a-t-elle put être incendiée pour le seul crime d’avoir embrassé un homme noir ?

Le sentiment de la fatalité qui concentre toutes les peurs peut faire place à l’apprentissage et la découverte de soi car c’est un message adressé aux jeunes, celui de croire en eux-mêmes, d’écouter leurs cœurs ; la quête des origines, le respect de l’arbre familial tutélaire ne pouvant en aucun cas se substituer à leur propre essor, au désir de s’affranchir des moules du passé pour poursuivre leur aventure, vivre leur vie.

L’effervescence du récit truffé d’humour s’est emparée des comédiens conteurs qui évoluent sur une scène à peu près nue. Seul un vieux réfrigérateur   y trône comme emblème farceur, à savoir, d’une mémoire tutélaire frigorifiée qui va être investie par de jeunes pousses.

LA MECANIQUE DU HASARD bat son plein, avec ces multiples ressorts parfaitement investis par les interprètes très vifs qui font de ce récit exaltant, une vraie ruche d’abeilles stimulant et piquant de façon jubilatoire  notre imaginaire.

Paris, le 8 Novembre 2018

Mis à jour le 14 Juin 2019

Evelyne Trân

 

 

LA MECANIQUE DU HASARD D’APRÈS LE ROMAN HOLES DE LOUIS SACHAR – ADAPTATION de Catherine VERLAGUET – MISE EN SCÈNE d’Olivier LETELLIER – A L’ESPACE CARDIN-STUDIO 7 du 7 au 18 Novembre 2018 – HORAIRES 10:00 / 14:30 / 15:00 / 19:00 – Renseignements 01.42.74.22.77 –

Photo Christophe Raynaud de Lage

Avec Fiona Chauvin & Guillaume Fafiotte

ASSISTANTS À LA MISE EN SCÈNE Jonathan Salmon, Valia Beauvieux 

LUMIÈRES Sébastien Revel 

CRÉATION SONORE Antoine Prost

SCÉNOGRAPHIE Colas Reydellet 

COSTUMES Nadia Léon 

 

A une époque où la surabondance des sollicitations virtuelles par écrans interposés, réduit à sa peau de chagrin l’imaginaire individuel, le spectacle LA MECANIQUE DU HASARD prouve qu’il est possible par le seul pouvoir du conte et la ferveur des conteurs de mobiliser l’imagination des spectateurs, petits et grands, de façon étourdissante.

Le récit adapté du roman américain de Louis SACHAR nous conte l’histoire d’un adolescent, Stanley Yelnats qui par malchance, accusé d’un vol qu’il n’a pas commis se retrouve dans un camp de redressement, Le lac vert, situé en plein désert.

De caractère timide, sans d’autres repères que le sentiment de la malchance prodigué par sa famille depuis trois générations, Stanley aura l’occasion d’interpréter ses propres épreuves de façon positive grâce aux rencontres, aux amitiés dont il tirera pleinement profit, qui lui permettront de rebondir et sortir du trou.

D’un point de vue symbolique, les trous que doivent creuser les adolescents à titre de punition insigne sous un soleil de plomb, font écho aux trous de mémoire de l’histoire de l’humanité, impossibles à combler, lieux maudits des superstitions et des interprétations les plus folles.

Cette punition absurde fait également écho au mythe de Sisyphe condamné à rouler un énorme rocher de haut en bas d’une montagne, éternellement.

 Si la tâche en elle-même éreintant les corps n’a pas de sens, elle laisse néanmoins le champ libre au mental des adolescents acculés à réagir et à s’inventer d’autres projets beaucoup plus enrichissants. Ainsi Stanley en contrepartie de l’aide que lui apporte son ami surnommé Zéro, lui apprendra à écrire, déjouant la fatalité de son analphabétisme.

De nombreux thèmes jalonnent ce récit initiatique, le racisme, l’injustice, les rapports de domination. L’émotion qui s’en dégage est celle ressentie par des jeunes sans à priori qui ne peuvent qu’être stupéfaits, intrigués par la violence des événements qui leur sont rapportés. Par exemple, comment et pourquoi, la maison d’une institutrice a-t-elle put être incendiée pour le seul crime d’avoir embrassé un homme noir ?

Le sentiment de la fatalité qui concentre toutes les peurs peut faire place à l’apprentissage et la découverte de soi car c’est un message adressé aux jeunes, celui de croire en eux-mêmes, d’écouter leurs cœurs ; la quête des origines, le respect de l’arbre familial tutélaire ne pouvant en aucun cas se substituer à leur propre essor, au désir de s’affranchir des moules du passé pour poursuivre leur aventure, vivre leur vie.

L’effervescence du récit truffé d’humour s’est emparée des comédiens conteurs qui évoluent sur une scène à peu près nue. Seul un vieux réfrigérateur   y trône comme emblème farceur, à savoir, d’une mémoire tutélaire frigorifiée qui va être investie par de jeunes pousses.

LA MECANIQUE DU HASARD bat son plein, avec ces multiples ressorts parfaitement investis par les interprètes très vifs qui font de ce récit exaltant, une vraie ruche d’abeilles stimulant et piquant de façon jubilatoire  notre imaginaire.

Paris, le 8 Novembre 2018

Evelyne Trân

 

TOURNÉE 2019
21 jan. : Les Trois T à Châtellerault (86)
12 et 13 mars : Théâtre d’Angoulême, scène nationale (16)
26 mars : Théâtre de Chevilly-Larue-André Malraux (94)
11 > 13 avr. : Fontenay-sous-Bois (94)
24 > 27 avr. : Le Tangram – scène nationale Évreux Louviers (27)

Philippe JARRY alias Tristan BOUDU nous a quittés en Octobre 2018 « Les sculptures parlent d’elles mêmes » .

Philippe JARRY alias Tristan BOUDU « Les sculptures parlent d’elles mêmes »

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Philippe JARRY sculpteur au Port de Plaisance de DRAVEIL

Dans le cadre de l’exposition « ARBORESCENCES » qui a eu lieu  du 18 SEPTEMBRE AU 28 SEPTEMBRE 2012 au Centre Culturel des Finances de Bercy – 143, rue de Bercy 75012 Paris – l’Association Francis Blanche et Cie a eu l’honneur et le privilège de présenter également quelques sculptures en bois et en pierre de Philippe JARRY, un sculpteur itinérant de 78 ans , transfuge du monde du théâtre où il a pratiqué tous les métiers (138 états en tournée à son actif) travaillant aussi bien avec Jean Vilar, Pierre Mondy, Laurent Terzieff. Evidemment, ça fait rêver comme ses sculptures qui ne baillent pas aux corneilles mais ont l’air très réceptives . Il faut dire qu’elles voyagent beaucoup avec leur créateur…

PHILIPPE JARRY entretien extrait 3   CLiquer pour écouter un extrait de l’enregistrement  du 12/08/2012 2012