Festival TEATRO A CORTE 2017 – TURINO – 3 temps forts :du 29 Juin au 2 juillet – le 7 octobre – les 16/17 décembre

DP teatro a corte 2017 

cartolina TAC17

L’édition 2017, Teatro a Corte propose 3 temps forts, avec la mission artistique d’inviter les artistes du spectacle vivant européen à se mettre en jeu face au patrimoine architectural et aux paysages des demeures royales piémontaises.

– du 29 juin au 2 Juillet au Théâtre de l’Astra à Turin, dans les châteaux de la Venaria Reale, de Stupinigi et d’Aglié avec une création in situ de Jérome Thomas, la dernière création d’Ambra Senatore, et les compagnies : Transexpress, Parata, Libertivore, Dyptik, Quidams.

– Une journée « Best of » le 7 octobre à la Venaria Reale.

– Les 16/17 décembre à l’OGR à Turin, avec la fête de la Danse, orchestrée par Blanca Li.

Nous relayons  ci-dessous le message de Beppe NAVELLO, directeur du Festival :

Pourquoi trois étapes cette année pour l’édition 2017 du festival Teatro a Corte ?

Pourquoi une première semaine du 28 juin au 2 juillet, une autre en octobre et la clôture en  décembre ?

Cette année, c’est le dixième anniversaire du festival et nous avons donc décidé de célébrer cette date de façon originale : en été, comme à son habitude, pour offrir aux touristes, à nos spectateurs et aux professionnels, un programme avec des formes innovantes, avec des rendez-vous en plein air, devant les châteaux du Piémont. Mais pas seulement en été !

Il y a dix ans, le 7 octobre 2007, Teatro a Corte offrait au public des événements spectaculaires et des créations in situ à l’occasion de l’inauguration du château de Venaria Reale, après un chantier de restauration qui a duré 15 ans ; les orientations du festival ont été alors d’axer une confrontation entre la créativité des artistes du spectacle vivant européen et les architectures et les paysages du patrimoine baroque piémontais.

Nous sommes restés fidèles à cette devise durant ces dix années du festival. Nous serons donc début octobre à la Venaria Reale pour fêter cet anniversaire et proposer un “best of” de l’histoire du festival.

De plus, Teatro a Corte a été appelé à imaginer un grand projet pour un immense espace qui sera inauguré à Turin à la fin de l’année: les Officine Grandi Riparazioni (OGR), les usines d’assistance technique de la Société des chemins de fer, transformé aujourd’hui en centre culturel, suite à des travaux effectués grâce à la fondation bancaire CRT.

Pour cette occasion, nous avons demandé à Blanca Li, artiste qui a été invitée plusieurs fois au festival, de créer une autre Fête de la Danse (suite à l’édition présentée au Grand Palais de Paris en septembre 2011) : un événement populaire, avec des installations multimédias et des performances. Ce sera, sans aucun doute, une invitation à danser et à célébrer la DANSE sous toutes ses formes.

Un festival qui se déroulera en trois étapes, qui proposera des choix artistiques aux spectateurs de la saison d’hiver, pour gagner de nouveaux publics et pérenniser la durée de sa programmation.

Beppe Navello – directeur du Festival Teatro a Corte

      

 

DP teatro a corte 2017

Dans le cadre du Festival des Caves, MORGANE POULETTE de Thibault FAYNER / mise en scène d’Anne Monfort avec Pearl Manifold et la voix de Jean-Baptiste Verquin à NEUCHATEL le 2 Juin 2017

De Thilbaut Fayner / mise en scène d’Anne Monfort / avec Pearl Manifold et la voix de Jean-Baptiste Verquin / Lumières Cécile Robin et Hugo Dragone / Création sonore Emmanuel Richier/ Scénographie : Clémence Kazémi / Stagiaire mise en scène: Marion Begin

Le saviez-vous, les caves ne sont pas seulement les refuges des rats, ces êtres si décriés et pourtant si intelligents. Depuis une douzaine d’années déjà, un dénicheur de talents, Guillaume DUJARDIN continue son inventaire souterrain de toutes les caves sur le territoire français et désormais en Suisse, qui vont servir de nid à une pléiade d’artistes, auteurs, comédiens, techniciens, le temps de l’éclosion de leurs créations, de leur révélation, le temps d’un festival.

Ne jamais se priver de cette émotion, la naissance d’une création.

Le galeriste de Neuchâtel qui a prêté sa salle d’exposition pour la représentation de Morgane Poulette, est conscient d’être un précurseur qui risque de faire beaucoup d’émules. Grâce à l’imagination et l’énergie de Jean-Philippe HOFFMAN, le Directeur du Théâtre du Tumulte – qui a interprété « l’histoire du Tigre » de Dario Fo à Besançon – Alea jacta est, le Festival des Caves va s’enrichir d’un fort accent suisse !

Connaissez-vous Morgane Poulette ? Ah si vous saviez, c’est tout un monde Morgan Poulette ! Non, ce n’est pas la statue de la liberté fichée sur son rocher au milieu de vagues bouillonnantes, non, c’est une pauvre fille, qui sent pas bon, qui sent la gerbe, la défonce, une chanteuse junkie, dont s’est pourtant amouraché Thomas Bernet, un acteur de série télévisée.

De l’eau de rose donc ! Pas vraiment ! La verve de Thibault FAYNER est particulièrement fantasque, déplacée, « coïncidentielle », cérébrale, bancale, bousculante, atypique, explosive, romantique !

Son imagination et celle des spectateurs subissent les assauts d’un monde « cinglé » où pêle-mêle font irruption dans les cervelles les figures du pire médiatisées. Alors cette pauvre chanteuse défoncée, qui essaie de se relever tant bien que mal, pourrait bien faire  « figure » d’une sainte !

« Ils disent que… Tu racontes…. » Dans ce long poème de voyage , de course intrépide et désespérée – c’est que Londres ne dort jamais complètement – le « Je » n’a pas de visage, il est plusieurs, en quête de conscience, il suffoque, devient chanson, fait des sandwiches de la misère et de la beauté, et « ce ne sont plus des mots mais des pierres coupantes…Ce n’est plus du rock mais de la peine pure et sincère… ».

La mise en scène, le jeu des lumières créent l’atmosphère mystérieuse, ténébreuse d’un lieu hanté par la poésie.

La vitalité, la sensualité de la jeune et talentueuse interprète Pearl MANIFOLD aussi fine qu’une danseuse, donnent au récit toute sa force, sa juvénilité. On l’entend bouillonnante la voix du fleuve aux pieds du récif auquel s’attache passionnément Morgane Poulette pour scruter notre horizon.

Paris, le 5 Juin 2017                             Evelyne Trân

Tournée : prochaines dates

 Chignin : 9 juin /

Valence : 10 juin / Reims : 12 juin /

Orléans : 15  juin

 

 

DANS LE CADRE DU FESTIVAL DES CAVES : LA CONFERENCE de Christophe Pellet – Adaptation et mise en scène de Jean-Michel Potiron avec Benjamin M’Ba à CHAUX DE FONDS (SUISSE) le 1er Juin 2017

De Christophe PELLET  / adaptation et mise en scène par Jean-Michel Potiron / avec Benjamin M’Ba / en coproduction avec la Compagnie Théâtre à tout prix (Besançon), cop. L’Arche Editeur.

 

Il fait corps avec un long tabouret noir, il trône avec pour seul instrument sa voix qui traverse l’obscurité, il semble poursuivre une conversation avec lui-même l’étrange personnage perché sur son estrade, entièrement concentré sur l’objet de sa conférence dont il serait l’incarnation solitaire absolue.

Quel est donc le breuvage de ce conférencier qui fait étonnamment penser à la fable « le chien et le loup » de la FONTAINE. A l’origine le chien n’était-il pas loup avant d’être domestiqué ? Et comment se mettre à la place du chien métaphore de l’artiste qui croit avoir perdu à jamais son inspiration.

L’homme fait penser à un fauve qui en se regardant dans le miroir découvre avec horreur sa tête de chien au cou pelé. Alors il n’a de cesse de cracher sur cette image qu’il associe à celle de l’État français.

L’artiste domestique de l’État français, qui remuerait piteusement la queue, n’arriverait plus à créer que soutenu par la laisse de l’esprit français.

L’amertume est son breuvage, et les témoins spectateurs qui assistent à sa conférence suicidaire sur la société théâtrale française, s’éprouvent démunis, assommés par la violence de sa charge.

L’artiste chien-loup s’est réfugié dans sa tour d’ivoire, il ébroue ses pattes dans la flaque de l’esprit français, éclaboussant à l’envi tous ceux qui lui prêtent l’oreille laquelle risque de s’éprouver méchamment mordue.

C’est que cet artiste veut en découdre avec ce bel esprit français, si lisse, si élégant, il montre les crocs.

Difficile de prendre au sérieux, ses invectives si radicalement haineuses : « J’ai toujours évité, il va de soi, les théâtres de la capitale – dits privés – lieux de perdition totale pour l’esprit et la beauté, empoissés d’ un esprit petit-bourgeois. Cet esprit-là je le combats depuis toujours, c’est la lutte originelle. »

N’est-il pas en train de le retourner son gant et de faire une conférence « absurde » à la demande même de cette société théâtrale qu’il vilipende ?

Est-il possible de se mirer dans l’eau noire de la colère devenue un torrent de boue ? Il y a tout de même quelque chose qui l’a déclenchée cette indignation, quelque chose dont nous ne mesurons jamais l’impact, la condescendance, le mépris, une parole malheureuse qui craint«  Ah, vous êtes toujours dans le circuit » émanant d’un quidam théâtreux qui ne peux étouffer complètement sa pitié à l’égard de l’artiste, dramaturge, comédien, qui galère et galérera toujours.

Benjamin M’BA, donne au personnage son extraordinaire présence physique, et derrière le masque de la morgue, du cynisme, fait entendre la douleur d’un artiste « livré aux chiens ».

Le metteur en scène Jean-Michel POTIRON réussit à faire de la Conférence de Christophe PELLET, un objet insolite, telle l’aile noire d’une mouche qui continue à défier l’araignée et sa toile, la scène du théâtre français.

Paris, le 2 Juin 2017                              Evelyne Trân

 

Prochaines dates :

Beurières : 12 juin / Nettancourt : 20 juin