MONSIEUR DE POURCEAUGNAC Molière – Lully – THEATRE OPERA Du 09 Juin au 02 Juillet 2017 au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS à LA CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Du 09 Juin au 02 Juillet 2017 – Du vendredi au samedi à 20h30 Samedi et dimanche à 16h00 –

Raphaël de Angelis, mise en scène
Benjamin Perrot et Florence Bolton, direction musicale
Namkyung Kim, chorégraphie

Chanteurs :
Sophie Landy, soprano  ; Raphaël Brémard, ténor  ; Guillaume Gutierrez, ténor (en alternance) ; Lucas Bacro, basse ; Romain Bockler, basse (en alternance)

Comédiens :
Kim BiscaïnoBrice CousinRaphaël de Angelis, Paula DartiguesMaëva Husband (en alternance), Cécile MessineoNicolas Orlando, Vladimir Barbera (en alternance)

Musiciens (en alternance) :
Stéphan Dudermel, violonAjay Ranganathan, violonBéatrice Linon, violon  (en alternance) ; Florence Bolton, viole de gambeEmily Audouin, viole de gambe ; Sylvia Abramowicz, viole de gambe (en alternance) ; Benjamin Perrot, théorbeThibaut Roussel, théorbe ; Romain Falik, théorbe (en alternance) ; Jean-Miguel Aristizabal, clavecin ; Camille Delaforge, clavecin (en alternance)

Assistant à la mise en scène : Christian Dupont
Scénographie : Raphaël de Angelis et Brice Cousin
Régie générale et sonorisation : Emmanuel Clémenceau
Mise en lumières et régie : Jean Broda, Etienne Morel
Habilleuse : Paula Dartigues, Lucile Charvet
Costumes : Lucile Charvet, Jessica Geraci, L’Atelier 360, avec l’aide de Cécile Messineo et Paula Dartigues
Décor : Luc Rousseau et l’équipe des ateliers de construction de l’Agglomération Montargoise et Rives du Loing
Extension du décor d’origine : Stéphane Liger, Les mécanos de la générale
Accessoires : Stéphane Liger, Brice Cousin
Masques : Den, Alaric Chagnard, Candice Moïse
Marionnettes à gaine : Irene Vecchia et Selvaggia Filippini
Marionnette géante : Yves Coumans et la compagnie Les Passeurs de Rêves

 

Monsieur de Pourceaugnac est une comédie ballet de Molière créée pour la 1ère fois en 1669 au Château de CHAMBORD pour divertir le Roi Louis XIV et sa cour.

Molière eut-il pu imaginer que cette pièce ferait toujours le bonheur du public 350 ans après sa création ? L’intrigue plutôt mince, met en scène 2 amants contrariés, Julie et Eraste qui doivent user de tous les stratagèmes pour empêcher le mariage forcé de Julie avec un certain Monsieur de Pourceaugnac que lui destine le père Oronte. Tout tient dans le canevas inspiré de la commedia dell’ arte qui est franchement burlesque.

Si cette œuvre est restée majeure dans l’esprit de tous les metteurs en scène c’est qu’elle réunit le théâtre, la musique et la danse.

En découvrant la mise en scène époustouflante de Raphaël de ANGELIS, nous ne pouvons nous empêcher de penser que Molière est l’ancêtre de nos Guignols. Hormis Pourceaugnac et Eraste, tous les personnages sont affublés de masques, au total 25, utilisés par les comédiens, chanteurs et musiciens.Ce sont des masques aussi bien d’origine européenne qu’asiatique. Et au plus fort du carnaval font leur apparition les marionnettes, l’une géante, d’autres minuscules.

Nous assistons à une véritable cavalcade d’êtres masqués qui tourbillonnent autour de M. de Pourceaugnac dans le seul but de lui nuire.  Parmi les scènes les plus impressionnantes, il y a cette vision à couper le souffle de la marmaille qui grimpe tout le long de la marionnette géante à l’effigie de Pourceaugnac accusé de polygamie, cette farandole de médecins affublés d’un nez grotesque qui poursuivent le pauvre Pourceaugnac avec leurs seringues géantes et tous ces avocaillons qui surgissent de trappes sur le plancher pour menacer le pauvre bougre.

La musique baroque de Lully interprétée par un orchestre imperturbable semble le seul élément raisonnable qui accompagne la folie régnante.

Visuellement le spectacle est magnifique, il semble que tous les esprits des masques se soient concertés pour faire rendre l’âme à Monsieur de Pourceaugnac, symbole de la bêtise humaine.

A coup sûr, le metteur en scène est un alchimiste doué d’une imagination incroyable, nourrie d’une grande connaissance, celle des masques de folklore, celle des marionnettes, celle du théâtre Nô, du corps et de la danse; ce qui lui permet d’orchestrer tous les talents des artistes du Théâtre de l’Éventail, qui font véritablement boule de neige pour faire exploser ce Monsieur de Pourceaugnac.

Nous avons vu des bambins se tordre de rire dans les rangs. La vérité sort de leurs bouches, toute l’équipe du théâtre de l’Éventail peut se prévaloir de jouer devant le Roi, le public !

Paris, le 25 Juin 2017                   Evelyne Trân

 

Dans le cadre du Festival des Ecoles 2017, Lac de Pascal Rambert mise en scène Marie-Sophie Ferdane avec les élèves-comédiens de troisième année de l’ESCA au THEATRE DE L’AQUARIUM à La CARTOUCHERIE DE VINCENNES – 22 > 25 juin au Théâtre de l’Aquarium jeudi, vendredi & samedi 20 h, dimanche 16 h durée 2 h –

ESCA – École supérieure de comédiens par l’alternance – Studio d’Asnières

avec les élèves-comédiens de troisième année de l’ESCA : Tom Boyaval, Sébastien Dalloni, Juliette Damy, Timothée Doucet, Hiba El Aflahi, Thomas Harel, Pauline Huriet, Guillaume Jacquemont, Théo Kerfridin, Chloé Lorphelin, Maika Louakairim.

Lourd héritage que celui de la parole, celle dont le poignet invisible se frotte à toutes les aspérités, ébranle le souffle des humains, ravit le corps au silence celui de la nature même. Nous ne convertirons jamais le silence des montagnes en paroles. Car le silence dont nous parlons n’est qu’un mot pour signifier leurs voies impénétrables, quoiqu’elles transpirent, bougent aussi ces montagnes et retiennent leur souffle face aux hommes.

Un jour, un homme a découvert que la montagne renvoyait en écho, l’appel qu’il venait de lancer. Ce jour là il a compris qu’il n’était pas seul.

Nous spectateurs nous voilà dans la position de ceux qui retiennent leur souffle pour écouter ceux qui parlent pour nous.

Pascal RAMBERT a créé le Lac à l’intention des jeunes actrices et acteurs  « une histoire où la langue est le 1er sujet. Une histoire de langue mettant en ligne 16 corps moins 1 face à la mort, au sexe et au crime »

Conduits par la metteure en scène Marie-Sophie Ferdane, les élèves-comédiens de troisième année de l’ESCA disposent chacun d’une ardoise magique, leur corps, pour exprimer leurs émotions, à travers la langue de Pascal RAMBERT, véhémente, où résonne cette violence dit-on propre à la jeunesse, qui se retrouve au pied du mur, impuissante, face à ce réel qui parle de mort de sexe et de crime.

Les réactions du groupe interagissent entre elles pour dégourdir les consciences vers une conscience collective. Qu’elles puissent retomber dans le silence après la tempête, c’est ce que l’artiste refuse, et les comédiens, auteurs de théâtre s’exhortent mutuellement à demeurer les artisans de leurs rêves. Dans leurs bouches, le mot rêve n’est pas un mot creux, il est juste humain.

Les apprentis comédiens de LESCA ont offert aux spectateurs une représentation très intense du Lac de Pascal RAMBERT. Nous saluons leur talent et leur courage et il en faut pour se jeter dans ce Lac convulsif, tragique et poétique !

Paris, le 25 Juin 2017                   Evelyne Trân

JUSTE LA FIN DU MONDE AU THEATRE DU PETIT LOUVRE – CHAPELLE DES TEMPLIERS – 3, rue Félix Gras à AVIGNON – du 7 au 30 Juillet 2017 tous le sjours à 19 H 35 – Relâches les mardis 11, 18 et 25 Juillet 2017.

Photographies Marie COULONJOU

 

 

« Juste la fin du monde » le titre de la pièce à lui seul est une promesse de rêverie. Juste une exclamation,un petit ouf du cœur qui s’échappe de la poitrine après un long silence, une méditation, une traversée du désert ou d’une foule.

Comment apprivoiser le soi seul avec l’esprit de famille ? Si le héros semble se poser se poser la question, lui l’homme libre, épris de liberté avant tout, c’est qu’il a appris qu’il allait quitter le monde, qu’il allait mourir, qu’il était condamné. Sa vie qui doit finir, il sait qu’elle contient tous les gens qu’il a aimés, il sait qu’elle s’est tissée, il y a bien longtemps, au sein d’un noyau familial, il sait aussi que ce noyau, il l’a quitté volontairement.

Le voilà donc qui refait surface dans cette terre familiale pour annoncer sa mort prochaine. Parce qu’il pense qu’il s’agit d’un événement qui fait de lui un porteur de message « extraordinaire ».

L’extraordinaire n’aura pas lieu car les êtres qu’il a quittés, voire abandonnés à leurs destins, l’accueillent comme un étranger, non par manque d’amour, ni par indifférence mais sans doute en raison de cette béance qu’ils éprouvent entre leurs vies et la sienne, impossible à combler.

N’a t-il pas creusé sa tombe, il y a longtemps déjà, forçant ses proches à le considérer comme absent, et donc coupé irrémédiablement de leurs vies « ordinaires ». Eux ce sont des casaniers, lui un vagabond. Est-il possible d’être l’un et l’autre, nomade et sédentaire à la fois ? Curieux jeu de miroir entre le héros Louis, le fils aîné, le préféré de la mère et le frère moins aimé, la jeune sœur et la belle sœur.

Le miroir s’est brisé, vu de loin, il n’offrirait que la vision du vide. Qui oserait s’y pencher ? La mère qui se souvient de l’époque bénie où toute la famille était réunie, qui fait resurgir des souvenirs qui résonnent chez le cadet comme des bruits de vaisselle cassée et qui n’ont pas de sens pour la jeune sœur et pour la belle sœur arrivée plus tard.

Le désir d’oubli répond à une nécessité, celle de se projeter vers l’avenir, c’est ce que semble exprimer chacun des membres de la famille, or Louis est devenu l’homme du passé, c’est juste un revenant, comment concevraient-ils eux qui sont livrés à leurs propres angoisses et doutes que leur frère n’a plus d’avenir.

Quasi silencieux, Louis écoutera leurs remontrances, leurs douleurs, et ne leur annoncera pas sa mort prochaine, devenue un non événement.

Le feu couve tout le long de la pièce, on entend les bûches qui se retournent dans l’âtre de la cheminée, on imagine les cendres du bois dévoré par les flammes.

Louis fait figure du phénix qui renaît de ses cendres. Il évoque le destin tragique de Jean-Luc LAGARCE lui même qui écrivit cette pièce en 1990, quelques années avant sa mort prématurée, il n’avait que 38 ans. Écrivain estimé, « solitaire intempestif » le succès de ses pièces a été posthume.

La scénographie de Raymond SARTI offre cette vision vertigineuse de tables imbriquées les unes aux autres en un triste échafaudage auquel s’adapte chacun des protagonistes qui l’utilisent comme perchoir. Vision cubiste d’une société familiale qui offre un profil barré d’ombres mais qui voudrait forcer le destin, suspendu à la crête d’un nuage, ou le regard aveugle ou ébloui de l’homme qui soupire « Juste la fin du monde ».

En dépit de la chaleur qui régnait dans la salle, lors de l’avant première, nous avons été captivés par ce portrait de famille oh combien vivant, incandescent, incarné par d’excellents comédiens, Vanessa CAILHOL, l’adorable jeune sœur à fleur de peau, Jil CAPLAN la belle sœur enjouée, Philippe CALVARIO, le frère tourmenté, tel un personnage de Dostoïevski, Chantal TRICHET, la mère très tchékhovienne et Jean-Charles MOUVEAUX, l’impressionnant et énigmatique Louis.

La mise en scène de Jean-Charles MOUVEAUX respecte tous les crépitements de la langue de Jean-Luc LAGARCE, infiniment terrienne et solaire à la fois. Elle court-circuite nos silences, nos non-dits, elle est aimante !

Paris, le 24 Juin 2017                Évelyne Trân

Dans le cadre du festival des caves 2017 : La visite (De mes spectres…) – Daniel Paul Schreber / Simon Vincent / Damien Houssier – D’après Mémoires d’un Névropathe de Daniel Paul Schreber – le Vendredi 16 Juin 2017 à MORTEAU –

Mise en scène :
Avec :

C’est un principe au festival des caves, ne jamais divulguer avant la représentation, le lieu-dit du spectacle. Nous nous sommes donc acheminés une quinzaine de de personnes, des Mortuaciens et des Mortuaciennes, ce Vendredi 16 Juin 2017, vers ce lieu inconnu, une cave bien entendu.

La cave en question, située sous le château de Pertusier qui abrite le Musée de l’horlogerie très impressionnant de MORTEAU, était elle même très étonnée, de recevoir tant de visiteurs et pour l’espace d’une soirée offrir son espace plus assimilable à celui d’un cachot de prisonniers de la Renaissance qu’à une salle de spectacle.

Ce que les pierres soupirent, nous ne l’entendons pas mais nous pouvons volontiers imaginer vu que la nature n’aime pas le vide, que quelques fantômes, quelques âmes voyageuses viennent se réfugier dans cette cave pour comploter pour ou contre les vivants.

A vrai dire, nous pensons que le metteur en scène Simon VINCENT et le comédien Damien HOUSSIER ont trouvé le lieu idéal susceptible d’accueillir Daniel Paul SCHREBER, un haut magistrat allemand du 19ème siècle, auteur des Mémoires d’un névropathe, dont les délires furent l’objet d’étude privilégié de Freud et surtout de Lacan.

Le livre comporte près de 400 pages. Il n’était donc pas possible de l’adapter théâtralement littéralement. La fascination qu’a exercé sur Simon VINCENT la lecture de ce monumental témoignage d’un homme utilisant comme outil d’ introspection ses délires ou ses visions – qu’il refuse d’appeler hallucinations – lui a permis d’en extraire la substantifique moelle extrêmement prégnante.

Le metteur en scène ne pose par un regard clinique sur Daniel Paul SCHREBER, il se contente et c’est déjà énorme, d’explorer la théâtralité du personnage qu’est devenu pour lui même Daniel Paul SCHREBER à partir du moment où abandonnant son habit de magistrat, il a voulu assumer l’homme et ses délires, seul contre tous, avec unique interlocuteur le psychiatre le docteur Flechsig.

Voulu est sans doute est un bien grand mot. Disons qu’il s’agit de la force de l’inconscient qui a fait basculer Daniel Paul SCHREBER dans la « folie ».

Daniel Paul SCHREBER croyait qu’il était harcelé, jour et nuit, par des petites créatures émanant de rayons envoyés par Dieu, qui travaillaient à le transformer en femme.

Ce genre d’élucubration peut faire sourire, elle n’en est pas moins éloquente. En tout cas elle questionne les demeurés que nous sommes qui par manque d’imagination, par frilosité, restons limités aux choses terrestres, au pragmatisme ambiant qui se transforme en habitudes, de sorte que l’extraordinaire se doit de plus en plus de renchérir pour atteindre nos régions affectives.

Daniel Paul SCHREBER est poignant dans sa recherche de vérité »interne ». En tout cas c’est ce que nous fait ressentir l’interprète Damien HOUSSIER qui avec beaucoup d’intelligence, rend palpable son délire.

L’artiste s’est familiarisé avec tous les recoins de la cave qui lui était inconnue deux heures auparavant, il est quasiment nu, c’est son corps, sa chair qui expriment fébrilement son rapport aux choses, aux éléments, aux êtes invisibles qu’il est possible d’imaginer se réveiller au fur et mesure du délire de l’homme malade de ses nerfs.

Ce fou tout de même est étrangement humain, si humain que nous finissons par nous demander si sa forme de folie n’a pas été engendrée par notre sinistre réalité, d’où la nécessité d’imaginer autre chose, quitte à emprunter le chemin du délire….

D’un point de vue de l’imagination, Daniel Paul SCHREBER n’ a d’ailleurs rien à envier aux auteurs de science fiction.

Voilà un spectacle très enrichissant que nous recommandons aussi bien aux psychiatres qu’aux spectateurs néophytes.

Daniel Paul SCHREBER, incarné par Damien HOUSSIER, excellent et nous pesons nos mots, suscite notre entière empathie, voire notre reconnaissance d’avoir pu, l’espace d’une représentation, entrer dans l’intimité de sa folie.

Paris, le 18 Juin 2017                   Évelyne Trân

 

LA VIOLENCE DES POTICHES de Marie NIMIER avec Isabelle de BOTTON AU THEATRE PIXEL 18 rue Guillaume Puy 84000 AVIGNON du 7 au 30 Juillet 2017 à 14 H 05 – (Relâches les 11, 22 et 23 Juillet).

Une Mise en Scène de Jean-Pierre HANE.

Chorégraphe: Philippe FLAIHO.

N.B : Isabelle de BOTTON était l’invitée de l’émission « DEUX SOUS DE SCENE » sur Radio Libertaire 89.4,  le samedi  17 Juin 2017 . En podcast sur le site grille des émissions Radio Libertaire pendant un mois.

Quand une potichiste, alias Isabelle de BOTTON, découvre le livre de Marie NIMIER « la violence des potiches », un recueil de monologues féminins absolument décapants, son sang ne fait qu’un tour et la voilà qui entend des voix ou qu’elle se trouve submergée par des voix qu’elle ne peut plus contenir, sinon en interpellant l’écrivaine qu’elle accuse de lui avoir volé sa vie, car elle se reconnaît trop bien dans la galerie de ses portraits.

Pirandello n’est pas très loin qui rêvait d’être « attaqué » par ses créatures de romans ou de théâtre. Sauf qu’il s’agit ici d’une lectrice qui se trouve à ce point contaminée par sa lecture qu’elle devient pour le plaisir des spectateurs, la voix de toutes les femmes qui ont inspiré Marie NIMIER.

Ils sont extrêmement vivants les monologues de Marie NIMIER, certes un peu littéraires, mais entendez le mot terre dans littéraire, qu ‘il suffit d’arroser d’un peu d’eau, coup de baguette magique et les voilà qui s’incarnent en Isabelle la potichiste , la pupute de service, qui « s’expose sur le tabouret gris » pour devenir la Reine des potiches osant hurler « Libération mon cul, parité mes fesses ».

Isabelle de BOTTON s’immerge avec un réel bonheur dans la langue de Marie NIMIER  étonnamment limpide comme un cours d’eau qui rêve, qui n’a d’oreilles que pour ses sensations, qui se moque de dire tout haut ce que beaucoup ont pensé tout bas, parce que c’est son chemin tout simplement, pour dire tout ce qui nous file entre les doigts, quelques poussières d’émotions, quelques nuages d’apparitions, et toutes ses familiarités que l’on peut avoir avec son propre corps, défendues,oubliées, subjuguées, bizarres, vous avez dit bizarres.

C’est une drôlesse au cœur tendre que cette potichiste, il faut la voir debout à côté de son immense potiche qui se scinde en deux pour laisser apparaître ses garnitures de petites plantes qui n’attendent que d’être cueillies telles des promesses d’amour, de plaisirs, de quelques cris de jouissance poétique !

Nous ne vous en dirons pas plus,il faut aller voir le spectacle mis en scène avec un doigté de paysagiste par Jean-Pierre HANE. Grâce à Isabelle de BOTTON et Marie NIMIER, voici la Reine des potiches, traversée d’un éclair de génie, elle circule entre les rangées d’hommes ou de femmes, avec une joyeuse rouerie, vers cet ailleurs qui fouette le sang, fait déborder le vase, n’ayons pas peur des mots, qui nous fait jouir !

Paris, le 18 Juin 2017                     Evelyne Trân

FESTIVAL DES ECOLES DU THEATRE PUBLIC A LA CARTOUCHERIE ET AU THEATRE DE LA CITE INTERNATIONALE DU 22 JUIN AU 2 JUILET 2017 – ENTREE GRATUITE –

Festival des Écoles du théâtre public >

du 22 juin au 2 juillet – 8e edition

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Chaque saison, le Théâtre de l’Aquarium invite les écoles supérieures de théâtre à participer au Festival des Écoles du Théâtre public à la Cartoucherie. C’est la jeunesse théâtrale de demain qui est ainsi réunie parmi nous durant deux semaines, après avoir été formée durant trois années au sein des douze écoles nationales supérieures d’art dramatique de France* (ou de l’étranger), et avant de se lancer avec passion et fougue dans la vie active !

C’est au travers de leurs « spectacles de sortie », créations à part entière confiées à un/e metteur/se en scène aussi pédagogue que talentueux/se, qu’ils vont se dévoiler, se révéler pour la première fois aux spectateurs, aux professionnels, aux journalistes…

Cela se passe sur le site verdoyant de la Cartoucherie, grâce à la généreuse hospitalité de nos voisins : les théâtres de l’Épée de bois, du Soleil, de la Tempête et l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson – CDC.

Les jeunes apprentis régisseurs du CFA/CFPTS de Bagnolet contribuent activement à l’événement en collaborant aux montages et démontages techniques des spectacles.

L’AFFUT (association des étudiants et anciens étudiants des douze écoles supérieures) organise, dans le cadre du Festival, des rencontres socioprofessionnelles entre artistes, administrateurs, chargés de production… et des ateliers de création collective réunissant au plateau de jeunes comédiens.

le Théâtre de l’Aquarium 01.43.13.50.50 du mardi au samedi de 14 h à 19 h

l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson

le Théâtre du Soleil

Toutes les informations sur http://www.theatredelaquarium.com / Facebook et Twitter

Entrée gratuite mais réservation indispensable pour tous les spectacles présentés à la Cartoucherie ! Au théâtre de la Cité Internationale au 01.43.13.50.50

17 Bd Jourdan 75014 PARIS uniquement pour le spectacle : l’étrange histoire de l’enfant nommé K

 

 

FRENCH TOUCH de et par Régis IVANOV au Théâtre de la Vieille Grille 1, rue Puits de l’Ermite 75005 PARIS du 2 Mai au 29 Juin 2017.

 

Faut-il prendre mesure sur les discours de nos politiques qui nous arrosent quotidiennement. Des écrivains versés dans la politique tels que Victor Hugo ou Lamartine goûtaient l’exercice. Mais de nos jours, vu que la moindre petite phrases est épluchée, les petites plumes des politiques s’autorisent rarement l’humour et c’est le style ampoulé, boursouflé qui l’emporte où l’émotion a peu de prise vu que c’est la rengaine qui importe. Dire le moins de choses possible avec le plus de phrases. On appelle ça le bla bla.

Le personnage que compose Régis IVANOV se considère comme une petite plume, il est un peu gauche, voire balourd mais c’est un homme sensible, il ne résiste pas à la tentation-du discours, lors de l’absence d’une élue, à l’inauguration d’une salle polyvalente.

Il fait penser à un personnage d’Alphonse DAUDET, c’est à dire à dire à un individu égaré dans ses propres chimères, tel Tarascon ou le curé, qui aspire à faire valoir ses pensées, ses réflexions face à un auditoire imaginaire.

Le personnage en question va donc faire le Charlot, mettre dans la balance tout son poids, lui costaud et petite plume, pour dire quelque chose sur la French Touch.

Qu’est-ce qu’être Français ? Comment peut-on être Français ? Le conférencier a le recul nécessaire pour en parler vu qu’il est belgo-letton.

Il y a des clichés en pagaille sur la French Touch : Pigalle, French cancan, le luxe, la mode, l’armement, l’industrie pharmaceutique, la nouvelle technologie et la gastronomie française bien entendu !

Dommage tout de même qu’un grand nombre de célébrités qui ont foulé le sol français soient d’origine étrangère : Picasso, Brel, Apollinaire, Chagall etc.

Nous apprendrons que même Clovis 1er, roi  des Francs avait pour père Childéric 1er, roi des Francs saliens de Tournai en Belgique. A cette époque, la France n’était pas encore la France et tire d’ailleurs son nom des Francs qui constituent un peuple germanique.

Il y a de quoi se tordre la cheville à essayer, en vain, à se représenter un Français pur jus !

Heureusement qu’il y a la French Touch, ce bonheur de voir s’éclairer le visage des étrangers lorsque vous leur dîtes « Je suis Français » et qu’ils vous répondent : Ah, vous riches, vous Tour Eiffel, vous bonne cuisine ! ».

Fort honnête, le conférencier a rappelé les millions de morts qu’ont semé sur le chemin de leur gloire, nos illustres Roi Soleil et Napoléon.

Nous commençons à lui en vouloir à ce bonhomme, ce qu’il raconte, c’est vraiment pas French Touch !

« La French Touch est un savoir faire rarissime dans le plus beau pays du monde…Si tout cela devait être piétiné… »

Alors, pour nous consoler, voilà qu’il arbore une sorte de salut hitlérien, vêtu d’un drap de satin rouge, avec un nez de clown à la Coluche, il entend assumer ce qu’est la French Touch nationale. Menaçant et hystérique, il hurle à la face du monde une recette de barbecue et déclare la gastronomie patriotique et populaire !

C’est cela la dictature, et le fond de culotte de tout conférencier qui s’y croit !

Méfions nous donc des grands orateurs puisqu’il savent très bien nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Méfions nous du personnage de Régis IVANOV qui sous sa bonhomie a quelques fureurs en réserve.

Régis IVANOV sur scène est épatant. Nous lui reprocherons juste de coller trop à son personnage qui met un peu de temps à révéler sa « noirceur ». Mais nous avons pris du plaisir au spectacle et son plat de French Touch vaut de toute façon le détour car ce n’est pas tous les jours que nous recevons en pleine figure une tarte à la crème, ma foi si French Touch !

Paris, le 11 Juin 2017                              Évelyne Trân

ANNE BAQUET – SOPRANO EN LIBERTÉ au THEATRE LE LUCERNAIRE – 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS du 07 JUIN AU 9 JUILLET 2017 DU MARDI AU SAMEDI A 21 HEURES, LE DIMANCHE A 19 HEURES – DU 12 JUILLET AU 27 AOUT 2017 DU MERCREDI AU SAMEDI A 21 HEURES, LE DIMANCHE A 19 HEURES – (RELACHES LES 8 ET 20 JUILLET 2017)

Photo Michel LYS

MISE EN SCENE ANNE-MARIE GROS

AVEC ANNE BAQUET (CHANT)

PIANISTE : CLAUDE COLLET OU CHRISTOPHE HENRY

OU GRÉGOIRE  BAUMBERGER

N.B : Anne BAQUET était l’invitée de l’émission « DEUX SOUS DE SCENE » sur Radio Libertaire 89.4, en première partie, le samedi  24 Juin 2017 . En podcast sur le site grille des émissions Radio Libertaire pendant un mois. 

Les rires et les larmes s’accordent si bien chez Anne BAQUET ! Elle possède l’art de chanter à tue-tête, à tous vents, à toutes bourrasques, avec une vivacité hors du commun qui galvanise les pianistes et les hurluberlus chansonniers dont les chansons deviennent par la grâce de son interprétation de véritables petits sketches ivres de drôlerie .

On la croirait sortir d’un rêve de Prévert, telle une enfant qui jette un sort à tout ce qui bouge, qui ne demande qu’à exploser, que nous profanes appelons la boule dans la gorge et qui en rares circonstances éclate en sanglots ou en rires.

Photo Michel LYS

Cette boule, c’est la boule de cristal soprano d’Anne BAQUET qui par un coup de baguette magique mais surtout un travail insensé, devient l’univers chantant de cette artiste incroyable.

Nous ne lui ferons pas injure en disant qu’elle a un côté animal de cirque, qu’elle nous fait penser parfois à Gelsomina, la saltimbanque, l’héroïne si tendre et émouvante de la Strada de Fellini, tant son visage est expressif.

Nous croyons voir Gelsomina et puis c’est la Castafiore, l’inspecteur Derrick ou Grand mère Landru… Que de secousses que de montagnes russes dans ce récital enchanteur, surréaliste, qui réunit un panel de créateurs et parmi eux, François Morel, Isabelle Mayereau/Marie-Paule Belle, Michel Rive-Gauche/ Claude Bolling, Juliette Noureddine, Isabelle Aboulker (et son effervescent « Je t’aime ») , Georges Moustaki, John Lennon/Paul Mc Cartney ( Ticket to ride) etc. 

Photo Michel LYS

Avouons le, c’est l’étonnement qui l’emporte dans ce spectacle musical et théâtral, il faut y venir en famille avec les enfants. Anne BAQUET est si espiègle, si coquine, elle est une fête foraine à elle toute seule, sans d’autres artifices que sa voix qui inspire de talentueux amis pianistes, et sa drôlerie naturelle.

Mise en scène par Anne-Marie GROS, ce spectacle est une véritable réussite et nous le recommandons vivement aussi bien aux gastronomes de la poésie chantée qu’aux pique-niqueurs du dimanche heureux de libérer leurs voix, à l’enseigne de la chanson « O casseroles, ô faussets » de Juliette Noureddine !

Paris, le 10 Juin 2017                      Evelyne Trân

 

« Pièces » de Ambra Senatore (2016) Mercredi 30 novembre 2016 à 19 h 00 Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon

La danse d’Ambra Senatore n’est pas éloignée de nous, elle n’est pas une abstraction lointaine, elle est là, sous nos yeux, elle est inscrite dans notre quotidien. Elle démarre incidemment dans la cuisine ou au salon. Elle est faite de petits signes, de petits riens (petits riens difficiles à régler) (par exemple, deux personnages entrent et l’on s’aperçoit rétrospectivement qu’ils sont en train de faire la même chose), elle est faite également de dérèglements, d’incidents, de scènes répétées (en boucle ou en surenchère). Elle est ritournelle. Elle est faite aussi d’images brusquement arrêtées. Le son dysfonctionne, la danse déraille (« On n’est pas des trains »), elle est faite d’humour, de burlesque même, le quotidien n’est pas simple, le prosaïsme peut nous dépasser (la boîte de céréales peut nous échapper des mains). La danse d’Ambra Senatore est tout sauf (quoique) « intellectuelle » (vous savez : quand on vous traite « d’intellectuel »), elle n’est pas abstraite, elle n’est pas prétentieuse, elle est humble (mais elle est profonde). Elle n’est pas affirmation : « La danse c’est ça ! », elle est question : « Qu’est-ce la danse ? Quelles sont les limites de la danse ? Où commence et où termine la danse ? Où se situe la danse ? Quand commence l’acte de chorégraphier ? Qu’est-ce qu’un-e chorégraphe ? A qui s’adresse la danse ? etc. »

Parce qu’elle évoque nos déraillements du quotidien, nos tics (de comportement ou de langage), nos routines, parce qu’elle s’insère dans nos failles, dans nos fissures, la danse d’Ambre Senatore est subtilement fêlée.

Mercredi 30 novembre à 19 h 00 Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon.

et parce que la danse tourne peu…

Publié le 18 mai 2017

http://www.theatreatoutprix.fr/pageditin.html

« Pièces » de Ambra Senatore ; chorégraphie : Ambra Senatore ; avec : Caterina Basso, Aline Braz da Silva, Matteo Ceccarelli, Elisa Ferrari, Ambra Senatore, Christophe Valério ; Lumières : Fausto Bonvini ; conception sonore : John Seilman, Ambra Senatore.

Production CCN de Nantes ; coproduction Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon, Le Théâtre de la Ville (page officielle) – Paris ; soutien Le Pacific – Centre de développement chorégraphique de Grenoble.

Prochainement :

AMBRA SENATORE sera présente au Festival TEATRO A CORTE au Théâtre Astra le jeudi 29 Juin 2017 à 21 Heures et le Vendredi 30 Juin 2017  à 19 Heures pour la création de SCENA MADRE.

CAP AU PIRE de SAMUEL BECKETT – AVANT PREMIERE LE 9 JUIN 2017 A 20 HEURES – AU THEATRE DES HALLES – Rue du Roi René, 84000 Avignon – Puis du 06 au 29 juillet 2017 – tous les jours à 22 heures –

                                                                                    Photo Nathalie Sternalski     

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Texte Samuel Beckett
Texte publié aux Éditions de Minuit
Mise en scène Jacques Osinski
Avec Denis Lavant

Denis LAVANT était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire 89.4, en 2ème partie, le Samedi 3 Juin 2017 

MOT DU METTEUR EN SCENE  (Extrait du dossier de presse)

Qui d’autre pour dire « Rien sauf eux. Ce qu’ils disent » que Denis Lavant ?

Denis Lavant est un comédien-lecteur. Quand vous faites une lecture de Cap au pire avec Denis Lavant, comme ça à la maison, de manière informelle, pour voir ce que ça donne, il vous parle de Maurice Pons et de Raymond Cousse. Denis est un lecteur rare. Il a besoin des mots. Ce sont eux qui nourrissent sa vie d’acteur. Sa vie tout court. J’ai envie de le regarder, lui le comédien-lecteur s’enfoncer dans cette nuit de mots. Se débattre avec eux. Aller le plus loin possible en eux. Traverser Cap au pire, c’est avancer dans une écriture. Se frayer un chemin. Le plus loin possible. Le plus près possible. Denis et moi avons une relation particulière, précieuse. J’ai commencé le théâtre avec lui. Avec La Faim de Knut Hamsun. Nous nous sommes retrouvés autour de Marius von Mayenburg pour Le Chien, la nuit et le couteau. Nous avons encore des choses à nous dire. Encore des aventures à mener.

Jacques Osinski