Madeleine de Guillaume Apollinaire, Madeleine Pages du 9 mai 2016 au 4 juil 2016, à 19 H 30, les lundis au Théâtre des Déchargeurs – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS –

MADELEINETexte : Guillaume Apollinaire Madeleine Pagès

Adaptation :

 

Madeleine, l’heureuse destinataire des lettres du soldat Apollinaire, étoile filante d’un amour « impossible » aussi impossible que le sentiment de mort qui régnait dans les tranchées, était elle même toujours transie intimement, lorsque surmontant sa pudeur, elle consentit à leur publication.

Madeleine était une toute jeune femme de 22ans, professeur de lettres lorsqu’elle rencontra Apollinaire le 1er Janvier 1915 dans le train qui la ramenait de Nice à Marseille. Apollinaire venait de faire ses adieux à Lou. C’est en entendant le soldat parler des « Fleurs du mal » penché à la portière du train, qu’elle décida de rester en sa compagnie dans le même compartiment. C’était son choix, un choix qui présida, raconte-t-elle, dans sa préface à la première tempête qui bouleversa sa vie.

Le contexte de cette correspondance qui se poursuit de Janvier 1915 jusqu’en septembre 1916 est particulièrement terrible. Comment imaginer le soldat Apollinaire, confronté à l’horreur de la guerre, coincé dans un trou, scruter à la bougie désespérément, les lettres que lui envoie Madeleine.

Ceux qui ont reproché à Apollinaire d’avoir écrit « Dieu que la guerre est jolie ! » n’ont certainement pas eu connaissance du contenu de ces lettres.

« Songe à quel point dans la vie des tranchées, on est privé de tout ce qui nous retient à l’univers, on n’est qu’une poitrine qui s’offre à l’ennemi. Comme un rempart de chair vivante. .. Je sens vivement maintenant toute l’horreur de cette guerre secrète sans stratégie mais dont les stratagèmes sont épouvantables et atroces ». Et il termine sa lettre par « Mon amour, je pense à ton corps exquis, divinement foisonné, et je reprends mille fois ta bouche et ta langue »(2 Décembre 1915) .

L’amour contre la mort. Apollinaire rêve de posséder Madeleine aussi bien spirituellement que charnellement. Ses fantasmes vis à vis de Madeleine forment le déni de sa réelle condition, de son désespoir, de son impuissance. Et il est vrai que la bougie Madeleine s’éteindra comme si elle n’avait plus lieu d’être lorsque Apollinaire blessé à la tempe par un éclat d’obus, en Mars 1915, n’aura plus la force de l’alimenter.

Le souvenir de Madeleine restant lié à cette expérience de guerre, il est compréhensible qu’Apollinaire traumatisé, ait voulu l’oublier, l’effacer pour s’abandonner à un autre fantasme, celui de la jolie rousse vierge, exempt de cette tragique mémoire.

La lecture de ces lettres est passionnante, vertigineuse. Les interprêtes Pierre JACQUEMONT et Alexandrine SERRE sont visiblement émus. Sur le fil, ils laissent crépiter les vagues; la voix chantante et fraîche d’Alexandrine SERRE détend l’atmosphère plus ombragée, plus sourde et angoissante qui passe par la voix de Pierre JACQUEMONT.

Toute en émotion retenue, quasi intérieure pour Pierre JACQUEMONT, la lecture des lettres d’Apollinaire, si violentes parfois, requiert une infinie douceur et une grande écoute de la part de sa destinataire, Madeleine.

Le public est convié à se convertir d’une certaine façon en Madeleine, et vis à vis de ce poète soldat, croiser les doigts en souriant à cet appel d’Apollinaire :

« Madeleine, tout ce qui n’est pas à l’amour est autant de perdu ».

Paris, le 11 Juin 2016                              Évelyne Trân

Opéra-ballet Traviata’s company – 4 représentations exceptionnelles – 3 • 4 • 6 • 7 juin 2016 à 20h30 au Théâtre des Variétés – 7 Bd Montmartre 75002 PARIS –

Traviata

Distribution

Auteur : Gilles Roland-Manuel / d’après l’opéra de Verdi, la Traviata / mise en scène Johanna Boyé, assistée de Leslie Menahem chorégraphe : Cathy Bisson / piano et orchestration : Stéphane Leach Les musiciens de l’Ensemble Calliopée, direction artistique Karine Lethiec Avec Katia Charmeaux, Vincent Viotti, les comédiens du Théâtre du Cristal, les Vives Voix / Les chanteurs lyriques : Charlotte Despaux (Soprano), Catherine Boni (Mezzosoprano), Antonel Boldan (Ténor), Anas Seguin (Baryton) / les danseurs : Antoine Arbeit, Zoe Bleher, Gregory Cianci / Et les jeunes et les éducateurs des institutions spécialisées : IME Alternance 75, IME Jean Richepin, IME Alternance 92, IME Jeune Appedia, Foyer Jeanne d’Arc, IME Cognacq-Jay, IME Cour de Venise, FAM Le Cèdre Bleu, FAM des Bons Plants, Fam La Coudraie, IME Montaigne, Domaine du Saule.

distributionTélécharger la distribution et les Biographies

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui (ce joli vers de Mallarmé) c’est le salut de toute une troupe d’artistes professionnels, (handicapés ou pas) et amateurs (autistes ou non) qui a travaillé d’arrache-pied pour sortir de terre, cette magnifique adaptation de la Traviata de Verdi, en comédie musicale, rêvée, imaginée vécue par le Docteur Gilles ROLAND-MANUEL Président et fondateur du Futur Composé qui organise tous les 2 ans son festival.

La création n’est pas réservée à des élites ou alors nous sommes tous des élites, semble nous dire ce passionné d’opéra. De la même façon que le soleil, la pluie et la lune touchent chacun des terriens qu’ils soient riches ou pauvres, heureux ou malheureux, les émotions que nourrissent, galvanisent les trois arts du théâtre, la musique et la danse sont universelles.

En pénétrant dans ce formidable vivier d’émotions de l’opéra de Verdi, les participants font fi de leurs complexes, leurs histoires particulières, leurs handicaps déclarés ou pas, pour seulement apporter leur flamme à un tableau vivant unique, celui certes d’une représentation éphémère, mais authentique qui restera gravée aussi bien intimement que communément.

La trace intime, la trace particulière, il faut le dire, c’est ce supplétif, ce supplément d’âme qu’ajoutent ces comédiens et chanteurs autistes, qui disposent d’une force d’expression peu commune, d’un enthousiasme étonnant parce qu’ils donnent l’impression de vivre au présent, rien qu’au présent, leurs prestations sur scène.

Ils forment le chœur de vagues bouillonnantes qui trouble, émule, fait vibrer les couples de danseurs et de chanteurs très inspirés qui interprètent en reflet les rôles de Violetta et Alfredo.

La mise en scène de Johanna BOYE étourdit les sens, l’on songe parfois à une peinture fauviste tant les mouvements de la danseuse balaient finement les chants des deux amants.

Surprenante et originale adaptation de la Traviata, elle même adaptée de la Dame aux camélias de Dumas fils, avec pour emblème bien sûr ce camélia rouge arboré sur les costumes des choristes dont on entend battre le cœur à l’unisson, heureux, vivace comme un bel aujourd’hui.

Paris, le 5 Juin 2016                                Evelyne Trân

FESTIVAL MISES EN CAPSULES au CINE 13 THEATRE – 1 Avenue Junot 75018 PARIS – du 23 Mai au 11 Juin 2016 – Du Lundi au Samedi à partir de 19 Heures –

Mises en Capsules

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C’est toujours l’effervescence au Ciné 13 Théâtre, lors du festival de Mises en capsules, qui accueille un public melting-pot, à l’affût de friandises théâtrales énergisantes fourrées de rire et de réflexion, sucrées, salées, voire fortement épicées.

Sont conviés aux rênes de ce festin théâtral, des auteurs contemporains, capables de mettre la main à la pâte en tant que metteurs en scène ou comédiens.

Quelle est donc la recette des participants à ce festival ? Une certaine dose de bonne humeur cela va de soi, mais aussi ce désir réactionnel qui est le moteur de toute création, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. N’avons nous pas besoin au cours de nos existences stressées, de nous purger de temps en temps de nos trop bonnes ou mauvaises pensées ?

Alors la recette d’un bon spectacle du festival de mises en capsules, c’est quoi ? Tout d’abord une bonne pâte, le texte, qui couvre environ 45 minutes sur scène, et puis les ingrédients, qui permettent à la pâte de gonfler, de devenir de plus en plus croustillante et d’exhaler son doux ou plus âcre fumet. C’est le travail jubilatoire des comédiens et du metteur en scène, des techniciens, toute une équipe attachée à faire de leur spectacle quelque chose d’unique, voile au vent, qui respire l’aventure, qui fouette un peu le sang des spectateurs.

A cet égard, la pièce « Brice GOUBERTE ou la quête du magnifique néant » remplit excellemment les attentes de ce festival. Certes, le monde de l’entreprise n’a pas fini d’être satirisé, de même que le marteau sur l’enclume occasionnera toujours des étincelles Il n’empêche, se représenter un patron de grande entreprise sous la figure d’un charlatan ou d’un animateur de télé et celui de l’employé, sous celle d’un chien domestique, cela siffle dans l’oreille comme la fable de la Fontaine, « Le chien et le loup» , c’est aussi impressionnant, aussi cruel. Serviles patrons et cyniques employés, allez donc vous faire voir au théâtre !

La pièce « Je vais voir quelqu’un » qui met en scène des saynètes, des monologues et brèves, inspirés des expériences d’un analysé, fils de psy, Julien SIBONY, jouit d’une belle mise en scène, superbement rythmée et si bien interprétée ! C’est si drôle qu’on a du mal à se remettre à l’esprit combien le passage sur le divan d’un psychanalyste égale pour certains l’épreuve du fakir marchant pieds nus sur des clous !

Voilà des « Oh secours !» teintés d’humour qui font du bien. La programmation du festival de mises en capsules est très riche, gageons que les spectateurs y trouveront, chacun leur perle, leur aphrodisiaque pour rire et penser à la fois, pour ne pas mou-rire bête, n’est ce pas !

Paris, le 4 Juin 2016                             Evelyne Trân

http://www.misesencapsules.com/calendrier
Brice GOUBERTE ou la quête du magnifique néant
Le 25/05 à 21h15 – 28/05 à 22h00 – 1/06 à 19h00 – 4/06 à 19h45 – 8/06 à 20h30 – 11/06 à 21h15

 Je vais voir quelqu’un

Auteur : Julien Sibony
Metteur en scène : Julien Sibony en collaboration avec Constance Gay Avec : Emilie Caen, Catherine ANGLADE, Michael Abiteboul, Gil Galliot, Benjamin Guillard, Thomas Séraphin
Le 25/05 à 22h00 – 28/05 à 19h00 – 1/06 à 19h45 – 4/06 à 20h30 – 8/06 à 21h15 – 11/06 à 22h00

Le projet Poutine au THEATRE DES BELIERS – 14 Rue Sainte-Isaure, 75018 Paris – Du mercredi au samedi à 19h15 Matinée le dimanche à 17h30 – Jusqu’au 11 Juin 2016 –

POUTINE-TDBP-webUne pièce de Hugues Leforestier
Mise en scène de Jacques Décombe
Avec Nathalie Mann et Hugues Leforestier

P.S : Hugues LEFORESTIER était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio Libertaire, le samedi 28 Mai 2016, sur podcast pendant un mois ( Grille des émissions de Radio Libertaire ).

« Demeurer dans l’histoire celui qui aura incarné le renouveau de la Russie post-soviétique » Le projet Poutine est-il en bonne voie ?

Ne nous y trompons pas, le duel imaginé par Hugues Leforestier n’oppose pas seulement Poutine à sa propre conscience; il oppose le détenteur du pouvoir à une femme résolue et intègre. Les attaques de Svetlana sont pourtant systématiquement parées ou brisées sur l’armure; les mots seraient-ils impuissants ?

Fort du pouvoir qu’il détient, dont il use et abuse depuis si longtemps, Poutine se voit pourtant destabilisé lorsque la voix de Svetlana, à force de persévérance, résonne enfin à l’unisson de milliers d’autres, celles d’un peuple éreinté par l’oligarchie et la mafia; un peuple rassemblé sur le chemin qui mène là où l’on peut reprendre sa destinée en main.

Hugues Leforestier aborde malicieusement et pourtant objectivement un Poutine bien réel. D’autre part, sous les traits de l’excellente Nathalie Mann, le personnage imaginaire de Svetlana, symbole de droiture et de détermination vous surprendra par sa capacité d’abnégation. La mise en scène est de Jacques Décombe; l’utilisation de projections vidéos la rende encore plus efficace.

Paris, le 3 Juin 2016                                       Michel TOURTE

L’ART CONTRE LE SILENCE – UNE SOIREE CARITATIVE LYRIQUE ORGANISEE PAR L’ASSOCIATION SVS EN LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES – le lundi 13 juin 2016 à 20h au THEATRE ANTOINE avec comme thème le conte de fées

SVS-L'art contre le silence-160613Qu’est ce l’association SVS

Que vous le sachiez ou non, quelqu’un de votre entourage a, un jour, été victime de violences sexuelles. Peut-être même vous-même.

Environ un homme sur six et une femme sur quatre sont victimes de telles violences dans leur vie.

Parler de violences sexuelles, c’est travailler avant toute chose à la protection de l’enfance, car les violences sexuelles débutent dès ce stade. Cette violence engendre de nombreux maux, conscients ou inconscients, le plus souvent non ou mal traités.

Il est temps que les choses changent, que la planète et notre pays en particulier disent STOP aux violences sexuelles, de façon déterminée, avec une vraie stratégie d’éradication, et prennent soin des personnes en souffrance pour les conduire à la guérison, une vraie guérison grâce à des protocoles de soins pertinents.

C’est pourquoi, l’association Stop aux Violences Sexuelles (SVS) est née.

toutes les infos sur le site http://www.stopauxviolencessexuelles.com/

Il était une fois…

Plongeons ensemble dans l’univers des contes de fée, des histoires de notre enfance.

Magiques, redoutables, effrayantes, drôles ou féroces, ces histoires, puisées dans le folklore et traversant les cultures, sont une source d’inspiration pour les artistes, qui ont proposé de nombreuses versions, notamment dans les domaines littéraires et lyriques.

Imagées et imaginaires, elles abordent des conflits profonds pour chaque lecteur, éveillant, dans son inconscient, ses peurs les plus enfouies, tout en lui donnant des clés pour se construire ou se reconstruire.

Lorsque l’on souhaite qu’une histoire captive son lecteur, « il faut qu’elle stimule son imagination, qu’elle l’aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions; qu’elle soit accordée à ses angoisses et à ses aspirations; qu’elle lui fasse prendre conscience de ses différences, tout en lui suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent.(…)

Cela est aussi vrai pour les enfants que pour les adultes. »

Nous avons sélectionné quelques uns de ces contes, parfois dans leur version originale censurée, qui abordent, directement ou non, le thème des violences sexuelles.

Grand méchant loup prédateur de jeunes filles ou de jeunes garçons, sorcière« dévorant » les enfants, violences conjugales, autant de fils  à tisser pour vous conter, chanter, murmurer, le temps d’une soirée, ces histoires captivantes…

Participerons au spectacle du lundi 13 juin au théâtre Antoine

Comme comédiens : Virginie Lemoine, Marraine de la soirée  

La voix d’Eric Genovèse

Artistes Lyrique :

Karine Deshayes, victoires de la musique 2011 et 2016

Marie Kalinine, Olivia Doray, Delphine Haidan, Marie Kalinine, Chiara Skerath, Florian Sempey, Beertrand Dazin, Virgile Frannais

Accompagnés par Thuy-Anh Vuong et Florence Boissolle

Vous entendrez des partitions aussi différentes que

Peau d’âne de Michel Legrand

Rusalka de Dvorak

Cendrillon de Massenet

Hansel et Gretel de Humperdinck

Le Barbier de Séville de Rossini

Roméeo et Juliette de Gounod

Erkönig de Shubert

des mélodies de Fauré, Moussorsky

Des pièces de Lecoq ou Offembach !