AU FESTIVAL MARTO 16e FESTIVAL MARIONNETTES & OBJETS DU 18 MARS › 2 AVRIL 2016 – 3 PETITS COCHONS – Théâtre Magnetic (Belgique) Bernard Boudru | théâtre d’objet à CLAMART le 26 mars 2016 ( la nuit des Marionnettes) au théâtre Jean Arp.

3 petits cochons

Photo Michel TOURTE

Conception, écriture, mise en scène, scénographie Bernard Boudru / création des éclairages Dimitri Joukovsky / yeux extérieurs Isabelle Darras et Karine Birgé / photos Christine Villeneuve / diffusion My-Linh Bu

Nous sommes en présence d’une famille manifestement dysfonctionnelle dont tous les personnages, à mesure qu’ils s’animent, semblent s’appliquer à nous renvoyer crûment l’image de la société des humains. Il s’agit (vous l’avez deviné) de la famille au sein de laquelle évoluent tant bien que mal nos trois petits cochons.

Au premier abord, Bernard Boudru, ne parait pas vouloir quitter l’enfance, pas plus qu’il ne semble désirer en extraire les personnages qu’il a en main, et pourtant, il les précipite sans tarder hors du bercail et les livre prématurément à eux-mêmes. Dès lors, nos trois petits héros, qui furent affligés dès la naissance d’un père absent et d’une mère abusive, se trouvent exposés au pire des dangers. Faisant face à l’adversité, un seul d’entre eux rencontre le succès; afin de ne pas nous décevoir, il lui faudra faire appel, au-delà de ses compétences en maçonnerie, à toutes les ressources dont il dispose car il ne saurait se contenter de rester sur la défensive et, par conséquent, il se trouve entraîné à la découverte de lui-même.

Réjouissant les uns, déconcertant les autres, les événements qui se déroulent sous nos yeux incrédules prennent finalement, contre toute attente, une tournure sentimentale et ce n’est certainement pas le loup qui trouvera à s’en plaindre.

Paris, le 30 Mars 2016                       Michel TOURTE

 

WERTHER ! Spectacle franco-allemand surtitré d’après GOETHE, mise en scène Nicolas STEMANN, avec Philipp HOCHMAIR au THEATRE DE THIONVILLE du 29 Mars au 30 Mars 2016 –

photos vidéos(onglet actif)

DISTRIBUTION

texte
Goethe
mise en scène
Nicolas Stemann
avec
Philippe Hochmair

C’est une véritable autopsie théâtrale qu’infligent à ce personnage romantique, WERTHER, le metteur en scène Nicolas STEMANN et l’interprète Philipp HOCHMAIR.

 Sous les traits de Philipp HOCHMAIR, Werther fait son one man show. Ses lamentations qui l’ont rendu célèbre, ne sonnent pas faux, elles sont particulièrement expressives, Philipp HOCHMAIR possède l’art de joindre le geste à la parole comme s’il extirpait les pensées du jeune Werther de son propre corps.

Tous les moyens sont bons pour exprimer la détresse du jeune Werther qui pleure après sa Charlotte, mais au demeurant les accessoires peuvent être très simples, un chou fleur, un bouquet de fleurs, une tête de mannequin. Quant à la vidéo, très instrumentale elle est toujours utilisée à bon escient pour illustrer de façon vagabonde et outrée les gesticulations de l’histrion .

De nombreux gags parsèment les monologues du jeune Werther tantôt en allemand tantôt en français. Le spectacle rôdé depuis déjà une vingtaine d’années en Allemagne où Philipp HOCHMAIR fait figure de star, a été recréé sous une version bilingue en 2015.

Il est donc possible de s’amuser avec des classiques ! Certes, voilà une vision de Werther plutôt iconoclaste, déjantée, mais qui possède le bulbe de l’encrier, juste ce côté foireux, qui excite les méninges. Au théâtre tout est possible, peut se dire le public adolescent, parfois éberlué . Cela dit l’abordage des souffrances du jeune Werther du côté de ses outrances le rendent d’autant plus palpable, d’autant plus humain.

Paris, le 31 Mars 2016             Evelyne Trân

Dans ma chambre – Création NEST 2016 – Conception Jonathan PONTIER, compositeur en résidence et Samuel GALLET, auteur, metteur en scène, au Lycée Hélène BOUCHER du 29 Mars au 1er Avril 2016

 

Dans ma chambre

 

Installée dans une yourte mobile de 70 places, c’est une chambre où le lit prend tout l’espace , fait carrément penser au radeau de la méduse en prise aux turbulences d’un jeune adolescent de 14 ans envahi par toutes sortes d’idées, bouillonnant de rêves, de fantasmes.

Cavalcade d’émotions où se mêlent les interrogations de l’adolescent sur son avenir, ses révoltes, de façon désordonnée et confuse jusqu’à ce que finisse par se canaliser son énergie grâce à la découverte de la musique et de la composition.

Les spectateurs assis sur des coussins ou sur des bancs font partie du cercle intime du jeune homme qui devise avec son alter ego, le musicien qu’il est devenu 20 ans plus tard.

Le plafond de la yourte fait penser à une toupie géante où se déversent un flot d’images sonores tandis que notre héros réussit à galvaniser le public, debout sur son lit, comme debout sur la scène, et le miracle a lieu, le lit n’est plus un lit mais un plateau où l’adolescent se produit en tant que chanteur vedette d’un concert pop rock intitulé« Dans ma chambre ».

Tout peut sortir d’un mot disait Victor Hugo. Tout peut sortir d’un rêve d’adolescent nous disent conjointement Jonathan PONTIER, compositeur et Samuel GALLET, l’auteur du texte. Servi par l’interprétation très agile de Martin SEVE, c’est un spectacle fusionnel aux portes de la création, très émouvant !

Paris, le 31 Mars 2016                      Évelyne Trân

En tournée

Du jeu. 28/04/16 au ven. 29/04/16

Vire
Le Préau

Le Préau
infos sur le lieu

Tel. +33 (0)2 31 66 66 26
Du lun. 02/05/16 au mer. 04/05/16

Beny-Bocage Collège du Val de Souleuvre – Beny-Bocage
infos sur le lieu
Du lun. 09/05/16 au mar. 10/05/16

Tessy-sur-Vire Collège Raymond Queneau de Tessy-sur-Vire
infos sur le lieu

 

 

OH BOY ! AU NEST THEATRE DU 31 MARS AU 1ER AVRIL 2016 A THIONVILLE

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DISTRIBUTION
mise en scène
Olivier Letellier
adaptation
Catherine Verlaguet
avec en alternance
Lionel Erdogan / Guillaume Fafiotte
création lumière
Lionel Mahé
création sonore
Mikaël Plunian
régie en altenance
Lionel Mahé et Laurent Labarrière
Le spectacle d’après le roman éponyme de Marie Aude MURAIL a obtenu le Molière du spectacle Jeune Public en 2010. Il se focalise sur l’histoire de BART, un adolescent attardé de 26 ans, sans père, ni mère (son père l’aurait abandonné à la naissance, la mère s’est suicidée) qui, un jour, apprend de la bouche du juge de tutelles qu’il a deux autres demi-sœurs et un demi frère.C’est un peu lourd pour les épaules de BART qui vit alors en couple avec un garçon. Mais les épreuves de BART ne s’arrêtent pas là, son demi-frère est atteint de leucémie et il doit le soutenir, l’aider à passer le cap. BART raconte tout cela aux auditeurs de façon légère, comme s’il s’agissait de péripéties de la vie. A vrai dire, il n’a jamais vraiment eu le temps de se lamenter, et son optimisme, sa façon positive d’affronter les événements est encourageante.Le comédien se sert d’objets, de poupées barbies, de canards en plastique pour représenter les différents personnages, les demi- sœurs, la juge de tutelle etc. et surtout pendant toute la durée du spectacle, il ne cesse de manipuler une armoire en bois dans tous les sens, debout, couchée, une armoire qui aurait une tête d’arbre familial.

Tout de même c’est le cas social typique, famille décomposée, recomposée, père absent, de plus il est homo . Eh bien figurez vous et c’est BART qui nous le dit, il n’y a pas de normes qui vaillent, il faut simplement s’adapter aux situations.

BART qui pourrait faire penser aussi bien au  Candide de Voltaire qu’à Peter Pan a beaucoup de charisme. A l’issue de la représentation, des adolescentes ont questionné le comédien Lionel ERDOGAN qui a créé le rôle, sur son âge jusqu’à lui demander son numéro de portable !

BART c’est le grand frère, le héros atypique, à qui on peut exposer ses problèmes, il va pas vous laisser tomber parce qu’il n’a pas peur, il n’est pas casse cou non plus, il laisse juste parler son cœur…

Un imbroglio de problèmes familiaux à rendre fou un arsenal d’assistantes sociales, allons donc ! Mais les problèmes c’est comme des pétards, ils peuvent être dégoupillés. BART est homo, célibataire, il n’a pas le profil pour prendre sous tutelle son demi frère ?! Qui a dit qu’il n’avait pas le profil ? Bart est le héros d’un conte initiatique moderne confronté à des situations très difficiles mais pas impossibles. En plus BART ne se prend pas au sérieux, c’est un héros malgré lui, doté sans le savoir d’un très grande générosité et d’un sens de l’humour imparable. 

La mise en scène d’Olivier LETELLIER aérienne, onirique,  laisse le champ libre au comédien d’être à la fois conteur, personnage, manipulateur d’objets, et de donner une tournure poétique inattendue à cette  histoire familiale cabossée mais si riche !

Paris, le 1er Avril 2016                                   Evelyne Trân  

 

SEMAINE EXTRA – LES ADOS FONT LEUR FESTIVAL – 2EME EDITON DU 29 MARS AU 1ER AVRIL 2016 AU NEST THEATRE A THIONVILLE –

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Combien d’adolescents n’ont pas dû couper cours à leurs premiers émois artistiques, face à leurs parents soucieux de leur avenir pour qui les études constituent la seule priorité.

La plupart des adolescents découvrent le théâtre en milieu scolaire, guidés par des professeurs de lettres heureux de pouvoir leur faire découvrir que le théâtre, ce n’est pas seulement quelques tirades de Molière ou de Corneille épluchées sur un banc d’école, mais que le théâtre ça peut aussi se conjuguer au présent, que cela peut aussi s’écrire et se vivre aujourd’hui.

Pour Jean BOILLOT metteur en scène et directeur du NEST et Cécile ARTHUS artiste associée à la jeunesse du NEST, la transmission des arts du théâtre est primordiale, les adolescents d’aujourd’hui sont les spectateurs et les créateurs de demain. Au cours de cette semaine extra, associés à des lycées, des centres sociaux, transfrontaliers, ils ont ouvert pas moins de 17 ateliers, 14 ateliers en temps scolaire et 3 ateliers participatifs qui ont permis aux adolescents de suivre les étapes d’un des spectacles proposés « Dans ma chambre ». Quant à la communication, tracts, dossiers de presse, interviews vidéo, elle a été en partie réalisée par les élèves eux mêmes.

Véritable effervescence créatrice, expérience unique pour souligner le besoin de rêve et de création des jeunes. Oui, ils ont le droit de rêver, d’ouvrir leurs esprits car entrer dans la vie active, ce n’est pas seulement savoir qu’il va falloir trouver un métier pour gagner sa vie c’est aussi essayer d’appréhender le monde, la société environnante, après être sortis du cocon familial. Expérience à la fois angoissante et exaltante !

Place à la découverte aussi ! Aux confins de l’imaginaire et de l’intime, de l’exploration d’autres univers, car ils sont plusieurs les univers d’adolescents, et c’est pour leur donner la parole qu’à l’issue d’un concours d’écritures auquel participent des lycées du Luxembourg, d’Allemagne, de Belgique et de France, des textes des lycéens, sont mis en scène par une équipe de professionnels. Cette année « Les IROQUOIS » avaient pour thème la vocation et étaient guidés par l’auteur ALBAN LEFRANC. Heureuse initiative de Jean BOILLOT qui permet à des jeunes de vivre un rêve inespéré, voir leurs pièces jouées sur scène par trois comédiens talentueux, Marie CHENAL, Grégoire GROS, Charlotte KRENZ et mis en scène par Catherine UMBDENSTOCK .

Au cours de cette semaine extra, adolescents et adultes se sont trouvés sur la même longueur d’onde théâtrale, avec une belle déferlante de spectacles originaux, « Dans ma chambre », «  Oh boy », « A la renverse»  et un Werther haut en couleur. Le théâtre, c’est peut-être du rêve, du loisir, mais c’est aussi très concret, pourront dire les adolescents qui ont été partie prenante de ce festival intense et fructifiant ! Vivement la prochaine édition !

Paris, le 3 Avril 2016                                              Evelyne Trân