Plus le temps roule dans le lit des rivières
Plus le brouillard engloutit les arbres
Plus la nuit moelleuse aiguise son couteau
Plus les mains inconnues épaules de caresses
Et plus la clarté épaisse du glacier apparaît.
Un volcan lové au creux du ventre
Un animal familier qui grogne.
Il faut s’avouer vaincu.
Un guerrier à l’assaut des courants
Un combat perdu contre le vent.
Je suis face à face
Avec une chose qui me dépasse.
Comme la première des premières femmes
Qui ne sait pas nommer cette faim étrange.
Il y a ce mot
Qui a traîné de main en main
Taillé dans l’écorce épaisse d’un vieux chêne
Aussi fin qu’une dentelle brûlée.
On l’appelait l’amour.
C’est d’une montagne dont je parle
D’un glacier dans la lumière coupante du matin.
D’un écho entre ciel et terre, d’un ferment.
D’un cadeau des astres
Ou d’une gangrène qui se propage?
Nanteuil 2 déc.2002
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Dans les moelleux ciels d’automne
Dans la silhouette des arbres
Que le soleil tranche au couteau
Dans la nuit, plus grande que mes bras.
Dans l’instant déroutant d’une musique
Il y a une marche ininterrompue.
Une douleur sourde et une force qui grogne.
Quelque chose d’ancien.
Chargé par des millénaires.
La même chose sans cesse, qui avance.
Toute la force de l’humanité.
Un ferment qui charrie
Le désespoir et l’amour.
Et le poète se penche,
L’oreille posée contre la terre.
Il écoute le galop qui remonte à lui,
Comme la source.
Il tend la main.
Il touche l’impalpable.
Son oeil acéré est une antenne.
Ses pas de funambule
Entre ciel et terre.
9 déc. 2002
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Il faudra tout recommencer.
Les premiers pas dans la neige.
Comme la main sur la page vierge.
Tout se réapproprier.
Secouer les draps par la fenêtre
Au printemps.
Sortir, les membres engourdis par la convalescence.
Ecouter l’écho neuf du coucou
La brise fraîche sur ma joue.
Les nuages et le ciel,
les prendre dans mes bras.
Contourner l’oeil sombre des forêts,
pour y voir plus clair.
Ecouter le galop qui vibre dans le ventre.
Retrouver tout l’amour éparpillé,
La musique douce dans ma tête
Qui s’accorde avec l’univers.
Nanteuil. 20 déc.2002
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Trois graines d’espoir dans la poche.
Quelques nuages coupés par le vent.
Le fleuve des passants
que je regarde, immobile.
Et ce rêve qui monte, doucement :
S’envoler, au-dessus des forêts sombres.
Dans la nuit épaisse.
Et la Loire; cette déesse
Avec l’oeil du ciel
Qui se penche sur elle.
Et le balai des oiseaux migrateurs
Qui apparaît et disparaît.
Une danse.
Que je cherche à comprendre.
Et tout cet amour au fait
A revendre.
Peut-être que c’est assez
Pour prendre sa valise
et se remettre à marcher.
28 Déc. 2002
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