Poèmes retrouvés par Vincent JARRY

vincent_jarry BIS     Plus le temps roule dans le lit des rivières
     Plus le brouillard engloutit les arbres
     Plus la nuit moelleuse aiguise son couteau
     Plus les mains inconnues épaules de caresses
     Et plus la clarté épaisse du glacier apparaît.
     Un volcan lové au creux du ventre
     Un animal familier qui grogne.

     Il faut s’avouer vaincu.
     Un guerrier à l’assaut des courants
     Un combat perdu contre le vent.

     Je suis face à face
     Avec une chose qui me dépasse.
     Comme la première des premières femmes
     Qui ne sait pas nommer cette faim étrange.

     Il y a ce mot
     Qui a traîné de main en main
     Taillé dans l’écorce épaisse d’un vieux chêne
     Aussi fin qu’une dentelle brûlée.
     On l’appelait l’amour.
     C’est d’une montagne dont je parle
     D’un glacier dans la lumière coupante du matin.
     D’un écho entre ciel et terre, d’un ferment.
     D’un cadeau des astres
     Ou d’une gangrène qui se propage?
                                                Nanteuil 2 déc.2002
                              _______________
    Dans les moelleux ciels d’automne
    Dans la silhouette des arbres
    Que le soleil tranche au couteau
    Dans la nuit, plus grande que mes bras.
    Dans l’instant déroutant d’une musique
    Il y a une marche ininterrompue.
    Une douleur sourde et une force qui grogne.

    Quelque chose d’ancien.
    Chargé par des millénaires.
    La même chose sans cesse, qui avance.
    Toute la force de l’humanité.
Un ferment qui charrie
    Le désespoir et l’amour.
   
    Et le poète se penche,
    L’oreille posée contre la terre.
    Il écoute le galop qui remonte à lui,
    Comme la source.
    Il tend la main.
    Il touche l’impalpable.
    Son oeil acéré est une antenne.
    Ses pas de funambule
    Entre ciel et terre.
9 déc. 2002
_______________________________________

  Il faudra tout recommencer.
   Les premiers pas dans la neige.
   Comme la main sur la page vierge.
   Tout se réapproprier.
   Secouer les draps par la fenêtre
   Au printemps.
   Sortir, les membres engourdis par la convalescence.
   Ecouter l’écho neuf du coucou
   La brise fraîche sur ma joue.
   Les nuages et le ciel,
   les prendre dans mes bras.
   Contourner l’oeil sombre des forêts,
   pour y voir plus clair.
   Ecouter le galop qui vibre dans le ventre.
   Retrouver tout l’amour éparpillé,
   La musique douce dans ma tête
   Qui s’accorde avec l’univers.
Nanteuil. 20 déc.2002

_____________________________
    Trois graines d’espoir dans la poche.
    Quelques nuages coupés par le vent.
    Le fleuve des passants
    que je regarde, immobile.
    Et ce rêve qui monte, doucement :
    S’envoler, au-dessus des forêts sombres.
    Dans la nuit épaisse.
    Et la Loire; cette déesse
    Avec l’oeil du ciel
    Qui se penche sur elle.
    Et le balai des oiseaux migrateurs
    Qui apparaît et disparaît.
    Une danse.
    Que je cherche à comprendre.
    Et tout cet amour au fait
    A revendre.
    Peut-être que c’est assez
    Pour prendre sa valise
    et se remettre à marcher.
28 Déc. 2002

________________________________________________

Laisser un commentaire