PERCUJAM, le Jeudi 3 Mars à 20 Heures au Centre culturel Jacques Prévert, Place Pietrasanta à VILLEPARISIS et à l’OLYMPIA BRUNO COQUATRIX 28, boulevard des Capucines le Lundi 4 Avril 2016 à 20 Heures

PERCUJAM

 

« Percujam, le film & le concert », à l’Olympia le 4 avril 2016 à 20 heures.
Pour le film.
Réalisateur : Alexandre Messina. Auteurs et producteurs : Alexandra Lederman et Alain Miro.
Sur scène.
Laurent Milhem, Pierre Meinvielle, Pierre Dagnet, Nicolas Marquès, Ludmilla Brenelière, Sophie Zamaroc, Milène Massamba, Kévin Vaquero, Maxime Seené, Aurélien Durand, Gilles da Silva, Sébastien Clénet, Raphael Sigogne.
Réservations.
Au guichet : Olympia Bruno Coquatrix, 28, boulevard des Capucines, 75009 PARIS, du lundi au samedi, de 12 heures à 14 heures et de 17 heures à 21 h 30, dimanche et les jours fériés, 2 heures avant le spectacle. Par téléphone au 08 92 68 33 68 (0,34 €/min) de 10 heures à 18 heures en semaine et de 14 heures à 18 heures le sam-dim. Fauteuil roulant : réservation par téléphone uniquement. En ligne : http://www.olympiahall.com/rock-electro/percujam.html

Quel plaisir que ces retrouvailles avec le Groupe PERCUJAM que nous avions eu l’occasion de découvrir lors d’une soirée au Théâtre des Variétés, le 12 Octobre 2015, avec d’autres artistes du Futur Composé.

Le groupe a cette originalité d’être composé de 16 musiciens autistes et de leurs éducateurs.

Il convient de le préciser ces artistes ne se produisent pas sur scène parce qu’ils sont autistes mais parce qu’ils ont un véritable talent. Simplement, en raison de leur handicap, ils ont besoin d’être accompagnés, encouragés dans leur démarche artistique par des éducateurs eux mêmes musiciens.

Ces artistes poursuivent leur travail au sein d’une résidence collective F.A.M. ALTERNOTE à ANTONY. Ils ont notamment participé à des tournées avec des artistes de renom, Sansévirino, Calogéro, Yvan Le Bolloc, Sergent Garcia, Kana etc. se sont produits au Cabaret Sauvage, aux Zénith de Nantes et d’Amiens, au Parc de laVillette (devant 20 000 personnes) et viennent de créer leur troisième album « NOUVEAU REVE ».

Lors de la couturière qui s’est tenue au Centre culturel Jacques PREVERT de VILLEPARISIS, un film documentaire remarquable d’Alexandre MESSINA a été projeté avant le concert, permettant au public de faire connaissance avec ces artistes à travers leurs témoignages recueillis pendant les répétitions, les concerts mais aussi dans leur lieu de vie. A travers ce film, les spectateurs peuvent mesurer l’ampleur du travail de ces artistes, de cette formidable passion de la musique qui les anime leur permettant de dépasser leurs handicaps et de s’exprimer sur scène en toute légitimité.

N’ayons pas peur des mots, ce sont de véritables bêtes de scène, de grands interprètes – tel Kevin VAQUERO bouleversant lorsqu’il chante en solo « Au palais» de Pierre DAGNET – qui disposent d’un registre très varié, pop rock, slam, reggae, ska et ce qui ne gâche rien, de beaux textes composés conjointement par toute l’équipe.

Citons un extrait de « Pow Pow Pow » de Pierre DAGNET interprété par Maxime SEENE /Pierre DAGNET/Gilles DA SILVA

Des moyens dans l’handicap sont nécessaires

Si tu veux changer de cap mon frère

C’nest pas parc’qu’on est atypique, un groupe

un peu décalé qu’on a pas de cœur « rocker »!!!

On vit nos passions en musique et bizarreries qui

fliquent nos peurs « intérieures » !!!

Y a pas de pression « non » !!! Ni d’obligation « non » !!!

Que du bonheur « au cœur » !!!

qui donne le signal de la fête au cœur du public qui se lève, gagné par une irrépressible envie de danser.

Sans nul doute l’esprit festif qui règne dans ce groupe sera au rendez vous au concert de l’Olympia, le Lundi 4 Avril 2016 à 20 Heures, à ne pas manquer sous aucun prétexte !

Paris, le 14 Mars 2016                            Evelyne Trân

Espía a una mujer que se mata de Daniel VERONESE d’après Oncle Vania de Tchekhov au PANTA THEATRE – 24 rue de Bretagne 14000 CAEN – Mise en scène Guy Delamotte – du jeudi 3 au mercredi 16 mars 2016 – à 20h30 sauf le dimanche à 16h – (relâche les 7, 12, 13 et 14 mars) – Au théâtre de Lisieux le vendredi 25 Mars 2016 à 20 H 30 –

ONCLE VANIA

Mise en scène Guy Delamotte – Traduction Françoise Thanas

SEREBRIAKOV – Philippe MERCIER
SONIA – Marion LUBAT
ELENA ANDREIEVNA – Véro DAHURON
MARIA VASILIEVNA – Martine BERTRAND
IVAN PETROVITCH, dit VANIA – François FRAPIER
ASTROV – Timo TORIKKA
TELEGUINE – David JEANNE-COMELLO

 

Il n’est point besoin de forcer le trait pour représenter un tableau familial. Qui n’a pas en mémoire quelques courants d’airs de scènes familiales qui ont succédé ou précédé des moments de calme, de solitude, dans une maison. Présence, absence, entrée, sortie de chacun des personnages rythment la vie d’une même famille sans même qu’elle s’en aperçoive.

Le familier respire par tous les pores d’une maison ou d’un appartement, les murs n’ont pas seulement des oreilles, ils ont une mémoire. Dans « l’oncle Vania » Tchekhov met en scène ceux qui ont quitté la maison, la retrouvent puis l’abandonnent à nouveau et ceux qui y ont toujours demeuré et y resteront toujours.

Les difficultés des relations entre les personnages tiennent probablement de la différence de leurs tempéraments. Pour simplifier, certains seraient nomades, les autres sédentaires. Lorsqu’ils se retrouvent, les liens affectifs se dénudent, ils font éclater leurs boursouflures, les négligences qui les ont appauvris, leurs ruptures.

Dans cette pièce, l’atmosphère est chargée de tensions. Il y a l’émotion inévitable éprouvée par l’oncle Vania, sa nièce Sonia et la belle mère Maria par la venue du vieux professeur Sérébriakof, le père de Sonia et sa belle jeune femme Eléna. Lorsque l’oncle Vania réalise que le professeur n’est venu leur rendre visite qu’avec l’idée de vendre la maison qu’il occupe avec Sonia et Maria, sa colère et ses ressentiments éclatent . Il devient fou au point de tirer au pistolet sur Sérébriakof.

Les spectateurs peuvent se rendre compte qu’ils ont été des voyeurs impuissants, que beaucoup de choses dans le comportement, les propos de Vania présageaient cette issue, ils ne l’ont pas vue venir de la même façon que parfois l’on peut s’étonner de la violence d’un orage pourtant annoncée par de sinistres nuages.

Daniel VERONESE a adapté l’oncle Vania et baptisé la pièce d’une phrase, tirée de « l’oncle Vania » : A espia una mujer que se mata qui signifie : Espionne une femme qui se tue. Son adaptation très instinctive a le mérite de mettre en relief la sensitivité des personnages, de révéler le clair obscur de leurs attitudes, ce qu’il y a d’animal à sang froid ou chaud chez eux, en prise avec leurs interrogations existentielles, voire spirituelles.

Très dynamique, la mise en scène de Guy DELAMOTTE épouse toutes les nervures de la pièce qui se déploie de façon substantielle, pour aller à l’essentiel, ces paroles soufflées, articulées comme des prières, des pensées à voix haute encore embrumées par le rêve, l’émotion, qui font rayonner les silences.

La distribution est épatante, très inspirés par la résonance argentine qu’offre l’adaptation Daniel VERONESE, les comédiens interprètent avec bonheur ces personnages tchekhoviens incontournables, il y a notamment ces deux acteurs très instinctifs, très physiques toujours formidables sur scène, François FRAPIER, l’oncle Vania, Timo TORIKKA, Astrov.

Voilà un spectacle qui a de l’étoffe, l’étoffe tchekhovienne, cela va sans dire, l’étoffe théâtrale de la vie, exaltante malgré ses clairs obscurs.

Paris, le 13 Mars 2016                          Évelyne Trân

GARDE BARRIERE ET GARDE FOUS d’après l’émission de France Culture  » Les pieds sur terre  » par Sonia KRONLUND au THEATRE DE L’AQUARIUM à la Cartoucherie de Vincennes – Route du Champ de manœuvre 75012 PARIS – du 8 au 26 Mars 2016 du mardi au samedi à 21 Heures, le dimanche à 17 Heures –

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Photo Patrick BERGER

texte et mise en scène Jean-Louis Benoit

décor Jean Haas, son Stéphanie Gibert, lumière et vidéo Pascal Sautelet, assistant vidéoOlivier Bemer, costumes Marie Sartoux, régie son et vidéo Gaultier Patrice, régie d’accueilMustafa Benyahia, production et diffusion Les 2 Bureaux – La Gestion des Spectacles

Avec Léna Bréban

Rares sont les personnes aujourd’hui qui font appel à un peintre pour faire leurs portraits. Le selfie a remplacé cette démarche qui peut paraître narcissique. L’art du portrait, c’est celui de sonder l’âme bien plus que l’apparence et d’être capable de suspendre au bout de son pinceau les frontières spatio temporelles. L’exercice en somme est aussi périlleux qu’une danse sur n’importe quel sol; le souffle, la respiration du peintre passent par le pinceau qui poursuit, prolonge le regard de l’artiste. Le metteur en scène Jean- Louis BENOIT est un portraitiste, son pinceau c’est son interprète, sa toile, la scène, et ses modèles inspiratrices, deux femmes qui l’ont interpellé à travers leurs propos recueillis dans des interviews diffusées lors de l’émission « Les pieds sur terre » à France Culture.

« Elle parlait très vite, je ne comprenais pas tout ce qu’elle disait » raconte Jean-Louis BENOIT surpris par le témoignage d’une garde-barrière capté à la radio, par hasard, alors qu’il était en voiture. Au moment même où il s’interroge sur l’existence des gardes-barrières, il entend cette femme parler de leur prochaine disparition. Et pendant ce temps, la voiture file à toute vitesse.

Sans nul doute, il y a ce sentiment chez Jean-Louis BENOIT de ce temps à plusieurs vitesses. Impossible de s’arrêter lorsque l’on conduit sur la vision, par exemple, d’une femme assise sur le bord de la route, ni même de lui faire signe.

A cet égard le témoignage de la garde barrière est éloquent, elle qui voit tous les jours passer des TGV raconte que sa vie est arrêtée, terriblement solitaire, qu’elle s’éprouve oubliée, abandonnée, que pour une misérable paie, elle a dû sacrifier sa vie familiale. Bientôt, elle sera effacée du paysage puisque personne n’a envie de s’intéresser à la vie de gardes barrières en voie de d’extinction. Au début pourtant, elle racontait sa fierté de protéger les étourdis qui s’engagent sur les rails sans se soucier des TGV, le plaisir de voir les conducteurs lui dire bonjour de leurs cabines. Il y a aussi l’anecdote de cet habitué qui un jour s’est envolé avec son vélo, culbuté par le train alors qu’il faisait le trajet quotidiennement La garde-barrière qui s’appelle Monique en a vu des choses, en a compris beaucoup, mais sa solitude lui pèse.

Le 2ème portrait c’est celui de Myriam, une infirmière de nuit en hôpital psychiatrique. Elle aussi est très impliquée dans son travail. Elle raconte ses longues nuits où elle veille sur les patients qui lui confient leurs angoisses, une patiente lui livre même son poème du jour. Myriam contrairement à Monique n’est pas isolée. Sa vie nocturne se confond avec celle de toutes ces personnes « folles » qu’elle côtoie, qu’elle est censée protéger. Elle parle d’elles tranquillement avec émotion, oui, elle aime ce travail difficile, elle s’y adonne complètement jusqu’à s’oublier elle même.

Pour faire entendre ces interviews restituées littéralement, sans qu’un mot ait été enlevé ou ajouté, Jean-Louis BENOIT a opéré ce qu’il appelle une dénaturalisation. Cela passe par le corps, les gestes, le souffle de la comédienne formidable Lena BREBAN qui incarne les deux personnages. Nous n’avons pas l’impression d’écouter des monologues mais de véritables récits de vie qui jaillissent comme si l’oreille des spectateurs devait aussi être sollicitée par l’imaginaire.Car les histoires de vie de Myriam et Monique restent suspendues, flottantes, mouvantes, elles ne tiennent pas seulement aux mots qui les exprime, elles demeurent dans l’intention, elles se sont échappées de leur intimité, oui comme des ruisseaux entendus de très loin qui tout à coup baignent nos pieds.

Pari réussi de Jean-Louis BENOIT, celui de faire ouïr au théâtre ces professions de vie, garde-barrière, garde-fous, garde vie, garde souffle. Ces deux femmes ne sont pas des Pénélopes mais presque, elles pèsent le temps, elles l’épongent, quitte à en souffrir.Cette consistance charnelle du temps nous émeut profondément.

Paris, le 13 Mars 2016                              Evelyne Trân

ROSA LIBERTE DE Filip FORGEAU librement inspiré de la vie et du combat de Rosa LUXEMBURG au THEATRE DE L’EPEE DE BOIS à la Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 PARIS -Du 10 au 27 mars 2016 – Du jeudi au samedi à 20h30 – Le samedi et dimanche à 16h –

ROSA

teaser ROSA LIBERTÉ – Cie du Désordre
Auteur : Filip Forgeau
Réalisateur/Metteur en Scène : Filip Forgeau
Interprète : Soizic Gourvil

ROSAle 31 mars à La Souterraine, Centre culturel Yves Furet. Réservation : 05 55 63 10 06.
- du 5 au 8 avril à Saint-Etienne, Chok Théâtre, 24 rue Bernard Palissy 42000 Saint-Étienne. Tél. : 04 77 25 39 32
- le 12 mai à Guéret, La Fabrique (Espace Fayolle), 6 Avenue Fayolle 23000 Guéret. Tél. : 05 55 52 96 35

Sous la pancarte d’une Rue Rosa LUXEMBURG, nous pouvons lire « militante marxiste et révolutionnaire allemande , 1870-1919 ». Après avoir assisté au drame poétique qu’a écrit Filip FORGEAU « Rosa liberté » nous ne pouvons nous empêcher de penser que cette femme fut également poète et que ce qu’elle défendit tout le long de sa vie, c’est son inaliénable ressenti de la personne humaine, le respect de la personne humaine.

Il suffit de lire quelques lettres que Rosa LUXEMBURG écrivit lors de ses séjours en prison, pour comprendre qu’elle était au fond d’elle même une écorchée vive, elle écrit : « C’est ainsi que de ma cellule, je suis liée par des fils invisibles à des milliers de créatures, grandes et petites, que je m’inquiète, que je souffre, que je me fais des reproches pour tout ce qui leur arrive… vous faites vous aussi partie de ces oiseaux et de ces êtres pour qui je m’émeus à distance ».

Issue d’une famille de commerçants juifs, elle naît en Pologne sous la domination russe. Dès l’adolescence, elle s’engage comme militante au sein du Prolétariat, un parti révolutionnaire et doit s’enfuir en Suisse où elle entreprend des études d’économie politique. Puis elle s’installe en Allemagne et milite au sein du Parti social démocrate à la 2ème internationale . Pendant la révolution russe en 1905, elle défendit contrairement à Lénine, l’idée que la grève de masse était le principal moyen d’action révolutionnaire. Elle fonda en 1916 avec Karl LIEBKNECHT la ligue des spartakistes, un mouvement révolutionnaire et antimilitariste. Elle est assassinée par des soldats nationalistes le 15 Janvier 1919.

Rosa LUXEMBURG ne fut pas seulement une théoricienne, elle combattit physiquement, se mettant sans cesse en danger, tout en restant lucide. Elle qui se qualifiait de « Petite, boiteuse, juive »  disposait de deux armes, sa capacité d’analyse politique et son courage physique.

Véritablement du côté des humiliés, des offensés, elle fait partie de ces personnes rebelles et pourtant humbles qui représentent un danger pour les pouvoirs en place, parce qu’elles n’ont peur de rien, ayant tout à gagner.

Rosa LUXEMBURG n’était qu’un petit bout de femme, qui prit conscience à partir de ses épreuves personnelles, qu’elle pouvait mettre au service de son idéal humaniste, son intelligence, corps et esprit confondus.

C’est douloureux, bouleversant de l’éprouver à ce point à travers le poème de Filip FORGEAU. Cette chair à vif, la comédienne Soizic GOURVIL l’exprime avec une intensité rare.

Il est salutaire de prendre conscience que Rosa LUXEMBURG n’a pas dit son dernier mot. Il y a tous ces anonymes, tous ces gens qui doivent lutter pour défendre leurs droits qui lui font écho. Leurs combats ne sont pas pathétiques, ils sont force de vie. Non, Rosa LUXEMBURG qui fut assassinée de façon sordide, ne se présente pas comme une martyre. Elle savait qu’elle mourrait dans la rue. Elle s’est seulement représenté tout le long de sa vie, qu’elle ne devait pas se laisser impressionner par l’ignorance, la barbarie, parce que cette barbarie est sans esprit, elle n’a pas connaissance de la personne humaine. Et ce sens, Rosa LUXEMBURG l’avait, elle était née avec, il fallait qu’elle le communique.

Cette rencontre avec Rosa LUXEMBURG, dans la petite salle de l’Épée de bois, nous laisse bouche bée. Nous saluons la performance de Soizic GOURVIL qui traverse le long fleuve poème de Filip FORGEAU avec une grâce indicible. Nous saluons Rosa LUXEMBURG !

Paris, le 12 Mars 2016                                  Évelyne Trân

 

GARDE ALTERNEE au THEATRE DES MATHURINS – 36, rue des Mathurins 75008 PARIS – Le vendredi et le samedi à 19h00 – Le dimanche et le lundi à 21h00 (matinée le dimanche à 16h30) –

GARDE ALTERNEE

Avec : Patrick POIVRE D’ARVOR

Alexandra KAZAN, David BRECOURT

Alexandra SARRAMONA, Camille AGUILAR et Mathias HUGUENOT

Une comédie de Edwige ANTIER et Louis-Michel COLLA

 

La célèbre pédiatre Edwige ANTIER et Louis-Michel COLLA, auteur à succès de « L’Arbre de Joie » et « Bonté Divine » ont eu la bonne idée d’aborder cette question épineuse de la garde alternée qui concerne grand nombre de Français par le truchement de la comédie.

 Bien évidemment, il ne s’agit pas de faire une thèse sur le sujet mais d’évoquer  les situations les plus représentatives rencontrées par la pédiatre avec un souci de dédramatisation.

 Certaines scènes sont tellement survoltées que nous pourrions nous croire dans du Feydeau.

Le professeur émérite interprété par Patrick POIVRE D’ARVOR particulièrement bousculé par ses patients, reste néanmoins d’un sang-froid exemplaire.

Patrick POIVRE D’ARVOR est  tout à fait crédible dans ce rôle de psychanalyste. A vrai dire, y a t-il une si grande distance entre un journaliste et un psychanalyste, dans le travail d’interview des personnes humaines.

 Alexandra KAZAN élégante et fine campe avec beaucoup de charme, l’ex du professeur. C’est la note gaie de ce spectacle.

Pour ce qui est de la note drolatique, la note boulevard, nous sommes servis par la pétulance d’Alexandra SARRAMONA qui interprète avec flamme la mère extravertie.

David BRECOURT compose avec brio un père stressé, nerveux qui doit lutter pour faire admettre la légitimité de sa demande de garde alternée, en dépit de ses gros problèmes relationnels avec son fils.

 Quant à Mathias HUGUENOT qui interprète l’ado rebelle, il est à la fois très drôle et émouvant. Camille AGUILAR joue sa petite amie de façon très piquante.

La comédie l’emporte sur la gravité. C’est devenu un état de fait, après un divorce, la garde alternée concerne un enfant sur cinq. Il est inutile d’assombrir le tableau pour prendre en compte une réalité  parfois fort bien vécue par les intéressés, les enfants.

Bénéficiant d’une excellente distribution, la pièce se révèle divertissante tout en étant instructive. Les rapports entre le psychanalyste et l’adolescent  sont particulièrement intéressants. La mise en scène de de scène  Hervé VANDER MEULEN est enlevée. Il y a une belle complicité de tous les comédiens  qui  suscite  l’empathie du public pour cette Garde alternée, ma foi, très récréative.

Paris, le 9 Mars 2016                                        Evelyne Trân

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I FEEL GOOD de Pascal Reverte du 16 février 2016 au 26 mars 2016 – Mardi – Mercredi – Jeudi – Vendredi – Samedi à 21 H 30 – au THEATRE DES DECHARGEURS – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS –

Pascal Reverte  Mise en scène :   Vincent Reverte

Comédien(s)Aude Léger   Pascal Reverte
Musique Stéphane Cagnart
Lumières Jane Joyet  Romain Antoine
DécorsJane Joyet
Assistant mise en scène :   Anthony Binet
CostumesJane Joyet

I FEEL GOOD

Une conscience lâchée dans l’espace, l’homme qui parle qui dialogue avec une autre femme, donne l’impression d’être enfermé dans un cageot spatial sans d’autres repères que les turbulences de ses sensations.

Nous le comprenons assez vite, ces personnes sont dans le service de réanimation d’un hôpital, dans un état comateux, livrées au bon savoir, au bon vouloir des docteurs et des infirmiers. Les commentaires des uns et des autres qu’elles repêchent, les pénètrent comme dans une sorte de rêve éveillé. Ont-elles vraiment besoin de manifester leur présence, les autres parlent pour elles, ce sont des malades, des victimes d’accident, au pronostic vital engagé.

Seul, terriblement seul, l’homme doit se débrouiller dans l’espace confus de sa mémoire, s’accrocher certainement pour résister à la souffrance, aux assauts de piqûre de morphine.

Alors, il devient spectateur de cette unique, incroyable expérience, de se trouver là entre la vie et la mort, comme un fétu de paille pourtant encore embrasé par ses souvenirs, des fantômes qui se moquent de lui, qui s’amusent avec lui, qui lui font tourner la tête.

La vilaine pendule affiche délibérément les 29 secondes, le temps de leur évanouissement, qui permettent à cet homme et cette femme d’engager un dialogue fortuit comme dans une salle d’attente, ici l’antichambre de la mort.

La femme et l’homme parlent à tue tête, nous devinons qu’il s’agit de la même personne qui s’est divisée pour exprimer ses sentiments contrastés, où l’angoisse et l’humour se mêlent.

Le metteur en scène, Vincent REVERTE, fait cligner l’œil des spectateurs à travers les rayures du papier peint sinistre qui cernent la scène, faisant penser aux pyjamas rayés des bagnards. La réalité en somme la plus attristante se paie, il suffit d’y croire, le luxe de la fantaisie, celle de la femme qui abandonne sur le sol ses jolies paires d’escarpins à talons aiguilles, tels une nuée de pigeons égarés.

La mort fait partie de la vie nous dit en quelque sorte Pascal REVERTE, et il célèbre à sa façon un espace de liberté inouï celui de la création, l’instant de suspension suprême, un I feel good aussi doux qu’un je t’aime.

Servie par d’excellents interprètes, Pascal REVERTE, lui même, et Aude LEGER et une mise en scène suggestive qui met en valeur la force de la présence humaine dans un lieu qui frise l’inhumain, celui de l’infâme tristesse, celui de l’indifférente réalité, I feel good est une jolie pièce, une belle partition poignante et drôle, sur l’existence, quoiqu’il arrive…

Paris, le 6 Mars 2016                           Évelyne Trân

Pessoa, voyages de l’insomniaque de Fernando Pessoa du 1er mars 2016 au 9 avril 2016, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi et Samedi à 19 H 30

Pessoa

Traduction et Adaptation : Teresa Rita Lopes Mise en scène Laetitia Lambert

Comédien(s)Olivier Broda

Musique Yvan Paulik

Lumières Gilles Gaudet

DécorsNoëlle Ginefri

Oh poètes, faites donc un nœud à vos mouchoirs ! Saillant ce nœud comme le nombril du monde, figurera le lieu de naissance de PESSOA qui signifie Personne.

Né à Lisbonne en 1888, Fernando PESSOA est en quelque sorte un métis culturel. De formation anglaise puisqu’il vécut entre 1896 et 1905 à DURBAN en Afrique du Sud, il retourna à 17 ans au Portugal et devint le chef de file du modernisme portugais.

Néanmoins de son vivant, il ne publia qu’un livre « MENSAGEM ».Il écrivit sous plusieurs identités, des hétéronymes, reflets de sa personnalité complexe et donc à ne pas confondre avec des pseudonymes.

La pensée de PESSOA fait songer à une vague à l’intérieur de laquelle ceux qui s’y laissent ballotter, éprouvent qu’ils font partie de la mer, un peu comme l’embryon dans le ventre de la mère, presque en apesanteur.

Teresa Rita LOPES, frappée par l’étendue de l’œuvre de PESSOA (27000 manuscrits furent retrouvés après sa mort) imagine la traversée d’un voilier dans cette haute mer, qui parvient à remonter le courant de sa poésie à multiples figures, celle de PESSOA et de ses hétéronymes.

Ce qui frappe d’emblée chez PESSOA c’est la légèreté de son souffle qui lui permet de voyager, de rester sur le fil de l’eau, sans se laisser submerger.

Nous découvrons avec lui que la pensée couvre l’espace qu’elle peut être fluctuante, irraisonnée, sans objet et qu’elle peut être aussi substance fluide que terrienne dès lors qu’elle s’exprime, qu’elle tend à s’exprimer à travers tous les pores du corps, qu’elle habite, qu’elle occupe.

Souvent et malgré eux les poètes doivent traîner ces lourdes chaînes de mots usés, rouillées par l’habitude, des mots objets. Chez PESSOA c’est une pensée interrogative qui s’exalte, qui court-circuite, un peu comme ce soleil dans l’eau, annoncé par Rimbaud. PESSOA a charge d’âme. Est-t-elle prisonnière, est- elle en train de longer une crête de falaise, s’associe t-elle à tous ces signes muets qui troublent la conscience ? Quoi un oiseau immobile au-dessus d’un grand lampadaire, quoi une fleur ? « Le papillon est, sans plus, papillon et la fleur, fleur, sans plus. » écrit-il.

PESSOA qu’on a nommé poète « sensationniste » est certainement un homme oiseau. Nous sommes tous oiseaux, d’ailleurs, si nous nous souvenons que nos yeux nous permettent de voler et de se poser sur les choses.

Curieusement actif, ce poète contemplatif. Il ne fixe pas de vertiges, il en fait partie.

Quelques images flottantes courent sur la voile du voilier tel un œil ouvert visualiserait un poème adressé à la mer. Mouvement de vagues, silencieux autour de la figure du poète. Étrange et pourtant cohérent contraste entre le film très intérieur de Lætitia LAMBERT et la présence très physique d’Olivier BRODA.

Par la voix grave et vibrante d’Olivier BRODA, les paroles de PESSOA nous arrivent extraordinairement concrètes. Les spectateurs peuvent avoir l’impression d’être sur un bateau pour une croisière dans la mer de PESSOA, onirique et sensuelle, renversante. Il faut, musique des vagues aimer, se laisser pénétrer, lâcher prise…

Paris, le 5 Mars 2016                            Évelyne Trân

LES AVENTURIERS DE LA CITE Z à L’APOLLO THEATRE – 18 Rue du Faubourg du Temple 75011 PARIS – du 14 janvier au 30 avril 2016, du mardi au samedi à 21h30, le samedis à 17h30 et 21h30 et le dimanche à 16h30.

Affiche Apollo (light)

Auteur : Frédéric Bui Duy Minh, Cyril Gourbet, Aymeric De Nadaillac
Artistes : En alternance : Cyril Gourbet, Sara Lepage, Aymeric De Nadaillac, Loïc Tréhin, Marie Recours Bellessort
Metteur en scène : Aymeric de Nadaillac, Alain Sachs

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Photo copyright Cie NAD

Dix ans déjà que l’explorateur Percival Harrison a disparu; sa fille, la jeune et innocente Joan part à sa recherche en compagnie de Jack Beauregard mais la tâche va s’avérer plutôt duraille car ils seront amenés à faire de mauvaises rencontres lors de cette course au trésor dans laquelle ils se trouveront entrainés avec vous et vos enfants, pour le plus grand bonheur des petits et des grands. Tous ces personnages de BD mis en scène par Aymeric de Nadaillac et Alain Sachs vous attendent en chair et en os à l’Apollo Théâtre.

Paris, le 1er Mars 2016                                     Michel TOURTE