LA VIE BIEN QU’ELLE SOIT COURTE de Stanislav Stratiev au THEATRE DU LUCERNAIRE du 23 MARS AU 7 MAI 2016 du Mardi au samedi à 19 Heures

AFFICHE%20La%20vie%20bien%20quelle%20soit%20courte_HDMise en scène: Sophie Accard         Traduction : Catherine Lepront    

Musique originale : Cascadeur

 Avec Sophie Accard, Tchavdar Pentchev , Léonard Prain

 Durée : 1h15          

Serions nous des humains si nous ne savions pas nous compliquer l’existence ? L’histoire que nous conte l’auteur Bulgare Stanislav STRATIEV, ne tient pas debout. C’est tout son charme d’ailleurs. Imaginez un jeune architecte, plutôt fier de ses talents, qui décide un jour de faire entendre sa voix pour dénoncer « l’édification d’immeubles lamentables ». Est-ce un coup d’enflure de ses chevilles, voilà que le bouton de son pantalon cède et que le pauvre homme doit se mettre en quête d’un fil et d’une aiguille.

Parcours du combattant pour cet intellectuel qui au cours de plusieurs péripéties, va pouvoir prendre la mesure de ces petits détails matériels qui s’ils ne changent pas la face du monde peuvent bien lui faire perdre la sienne.

Chercher une aiguille et du fil dans un environnement déshumanisé revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Le seul mercier que notre héros a la chance de dénicher ne lui promettra de recoudre son pantalon dans un délai de trois jours, qu’après de multiples pourparlers et un questionnaire intrusif. Soit dit en passant, l’on ne voit plus guère aujourd’hui de boutiques de mercerie.

Le jeune architecte exaspéré a beau rêver de tordre le cou de cet inquisiteur de mercier, il doit ôter son pantalon et assumer son dénuement. Son interlocuteur n’était qu’un mur ce qui d’une certaine façon colle bien avec sa fonction d’architecte.

Notre héros s’est-il rendu compte que la froideur des bâtiments dont il a été lui même maître d’œuvre, a déteint sur les personnes. Le mercier auquel il a affaire n’est qu’un bureaucrate, voire un robot, sans aucun état d’âme.

On peut voir dans cette pièce un fable kafkaïenne mais il s’agit ici d’un réalisme comique poussé finement jusqu’à l’absurde qui fait penser à certains clins d’œil de Jacques TATI.

Beaucoup de fraîcheur , de la poésie même se dégagent de la mise en scène de Sophie ACCARD. On se prend à rêver que le monde serait peut être meilleur, si l’on pouvait se permettre de circuler sans pantalon .

La perte du pantalon figure aussi chez Beckett dans « En attendant Godot » . Curieux syndrome qui traduit bien cette propension humaine à se compliquer l’existence. Tout bien considéré, nous sommes des animaux habillés.

Ici la perte de pantalon, symbolise la perte d’humanité et la honte que le jeune architecte éprouve face à la laideur des immeubles bâtis pour les pauvres.

Nous somme séduits par la démonstration cocasse de Stanislav STRATIEV, la pièce servie par d’excellents comédiens nous interpelle vigoureusement.

Paris, le 29 Mars 2016                                          Evelyne Trân

Un Petit Garçon d’Elie PRESSMANN au THEATRE DE L’ESSAION – 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS – Du 10 Mars 2016 au 24 Avril 2016 – Les jeudi, vendredi et samedi à 19h45 – Le dimanche à 18h –

UN PETIT GARCON

Peut-être résonne t-elle de façon plus douce, plus tendre, cette voix d’enfant qui s’évanouit comme un nuage à l’âge adulte ? C’est selon, mieux vaut se garder d’idéaliser l’enfance comme les poètes. Un enfant est une personne douée de conscience, simplement, il n’a pas le droit à la parole dans un monde d’adultes. Les enfants ne sont pas non plus des anges, ils peuvent même être méchants.

Ce n’est pas le cas du petit garçon que met en scène Élie PRESSMANN, dans le monologue qu’il a écrit et qu’il interprète lui même. Il est dit dans la note d’intention que c’est un vieil homme qui raconte l’histoire d’un enfant durant la seconde guerre mondiale. Mais en vérité sur scène, le vieil homme et l’enfant se confondent complètement. C’est très étrange comme sensation.

On pourrait parler d’alchimie du verbe. Il y a des émotions comme des couchers de soleil qui accompagnent toute une vie. Banale formulation qui a juste le mérite de la simplicité. Le petit garçon juif dont il est question a vécu la nuit en plein jour, celle de l’exode avec ses sœurs, celle de la séparation avec ses parents. Et puis l’éclaircie fondatrice lorsqu’il fut accueilli par un savoyard retraité de la poste, athée et socialiste, Antoine BESSON qui lui fit découvrir le monde rural.

Élie PRESSMANN rapporte comment cet enfant fut heureux grâce à cet homme alors même qu’il souffrait cruellement de l’absence de sa mère. Par son témoignage, il entend exprimer qu’il existe aussi des bonnes gens sur terre, même si ce sont celles dont on parle le moins.

C’est une histoire d’amour que raconte en quelque sorte Élie PRESSMANN, l’image de la mère se confondant presque avec celle de ce  grand père  car tous deux ont risqué leur vie pour le sauver.Il témoigne aussi de la résistance morale d’un enfant en temps de guerre.

Ce petit garçon qu’on imagine très tendre devait aussi être très vif et plein d’énergie. Nous comprenons que le vieil homme lui tienne toujours la main et nous approuvons surtout qu’il lui donne la parole, de façon si pudique, si délicate !

Paris, le 29 Mars 2016                                Évelyne Trân

LE BOURGEOIS GENTILHOMME AU THEATRE MICHEL – 38 Rue des Mathurins 75008 PARIS – Locations 01.42.65.35.02 –

LE BOURGEOIS GENTILHOMMEProducteur : Le Grenier de Babouchka    Auteur : Molière

Attachée presse : Valérie Gérard,   Tourneur: Charlotte Matzneff

Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre, Assistant(e) mise en scène : Olivier Girard
Adaptateur : Jean-Philippe Daguerre

Distribution:   Didier LAFAYE, Bruno DEGRINES, Yves ROUX, Olivier GIRARD,

Jonathan PINTO-ROCHA, David SLOVO, Stéphanie WURTZ, Barbara LAMBALLAIS
Mariejo BUFFON,  Séverine DELBOSSE.

14 avril à 14h15, 19 avril à 16h,  21 avril à 16h, 25 avril à 16h, 26 avril à 16h, 27 avril à 16h

28 avril à 16h, 29 avril à 16h, 1er mai à 14h.

Molière est peut-être bien l’ancêtre des Guignols de l’info, des caricaturistes de notre époque. Évidemment, il ne pouvait se permettre de tourner en dérision les puissants et notamment le Roi Louis XIV mais il avait le choix pour exprimer sa verve satirique.

Après s’être moqué des femmes savantes, des dévots, des médecins, il choisit de s’attaquer aux bourgeois. Sous le règne de Louis XIV, la bourgeoisie était en plein essor. Molière lui-même est issu de la bourgeoisie.

Mais cette bourgeoisie n’était qu’au 3ème rang de l’édifice social, le premier étant tenu par le clergé et le 2ème par la noblesse.

Le bourgeois gentilhomme dont se moque férocement Molière a un véritable complexe de classe. Parce qu’il est riche, il se croit tout permis, notamment d’acquérir des titres de noblesse qui s’achetaient effectivement.

Le bourgeois que nous peint Molière est ridicule à souhait mais pourtant touchant. Son désir de s’élever grâce à la connaissance, la pratique des sciences, des armes et des arts, est d’autant plus saisissant que Monsieur JOURDAIN est un homme d’âge mûr. Est-ce donc ce fameux démon de midi qui vient le frapper à la cinquantaine.

Véritables morceaux d’anthologie que ces leçons délivrées par les maîtres de musique, de danse, d’armes et de philosophie. Séverine DELBOSSE qui interprète à la fois Doriméne, la marquise et le maître de philosophie est irrésistible.

Sous la houlette de Jean-Philippe DAGUERRE, voici un bourgeois gentilhomme toujours aussi culotté. Didier LAFAYE est merveilleux dans ce rôle de Monsieur JOURDAIN qui tourne en bourrique sa famille avec ses chimères.

Le comique des situations atteint tous les personnages vêtus de façon colorée et parfois extravagante. A noter la présence du maître tailleur remarquablement interprété par Olivier GIRARD avec ses airs de couturier contemporain célèbre.

Au demeurant toute la distribution servie par des comédiens également musiciens est excellente.

Rappelons que le Bourgeois gentilhomme fut représenté pour la première fois devant le Roi Louis XIV et sa cour. Au théâtre Michel, c’est le public qui est roi, heureux de se divertir de bon cœur en famille, de façon jubilatoire.

Paris, le 28 Mars 2016                             Évelyne Trân

LE PRINCE TRAVESTI DE MARIVAUX – Mise en scène de Daniel Mesguich – Du 9 mars au 10 avril 2016 – Du mercredi au samedi à 20 H 30.

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Avec : Sarah Mesguich (La Princesse)
Fabrice Lotou (Lélio)
Sterenn Guirriec (Hortense)
William Mesguich (Frédéric)
Alexandre Levasseur (Arlequin)
Rebecca Stella (Lisette)
Alexis Consolato (L’Ambassadeur)

Costumes
Dominique Louis
Scénographie Camille Ansquer
Son Franck Berthoux
Maquillage Eva Bouillaut
Régie générale Eric Pelladeau
Régie son Xavier Launois

 

Désir, amour, respectabilité pourraient figurer les trois arcanes du jeu de cartes qu’utilisent les personnages du Prince travesti de Marivaux.

Dans tout jeu, il y a des règles mais les arcanes dépendent de l’interprétation des joueurs, interprétation qui peut être détournée, subjective, faussée, arrangée .

Il faut tirer son épingle du jeu, signifie Marivaux, contemporain d’une société qu’il doit juger hypocrite par bien des aspects.Dans le Prince travesti, il met en parallèle, en miroir, la passion amoureuse qui dévore la Princesse et sa suivante Hortense et l’ambition démoniaque du ministre Frédéric. Lélio, le Prince travesti qui a décidé de se déguiser en aventurier à la cour de la Princesse, prend de la distance avec sa propre identité, en d’autres termes, il cache son jeu, n’entendant se dévoiler qu’au moment ultime.

Il y a des raisons politiques pour avancer masqué mais également des raisons affectives. Nous avons affaire à un échiquier où tous les protagonistes ont valeur de pions, sauf qu’Arlequin, l’espion de service, ne cesse d’y glisser, il y plane l’ombre orageuse d’un drame. Hortense la suivante et la Princesse sont amoureuses du même homme Lélio. Hortense n’ose avouer son amour à la Princesse, « une âme violente » par crainte des représailles.

La raison d’état prendra le pas sur les affres des passions. Car il faut bien que la Princesse, interprétée de façon très intérieure par Sarah MESGUICH choisisse, s’abandonner à la fureur de sa jalousie ou garder son rang, qui lui assure le respect et la dignité.

D’emblée, la scène avec ses miroirs sans tein fait penser à une sorte d’écrin fumeux qui a pour effet d’accentuer la solitude des personnages, notamment celui de la Princesse en quête d’amour et celui d’Hortense qui doit garder secréte son affection pour Lélio. Tout se passe comme si tous les protagonistes volontairement ou pas ne pouvaient exprimer leurs réels sentiments, par politique, pudeur, bienséance ou par crainte. Le désir se trouve au centre de l’écrin tel un foyer ardent où chacun risque de brûler son âme.

Et pourtant à l’intérieur même de cet enfer, de cette prison dorée, Marivaux ouvre une porte d’air frais et pur, exprimé par l’amour de Lélio et d’Hortense.

Marivaux traduit magnifiquement les atermoiements d’Hortense déchirée entre son devoir de fidélité vis à vis de la Princesse et cela qui lui paraît inespéré, unique, son amour pour Lélio.

Cette vulnérabilité, la comédienne Sterenn GUIRRIEC, l’exprime de façon bouleversante. William MESGUICH qui compose superbement un le ténébreux ministre Frédéric pourrait également faire pitié.

Curieusement c’est le Prince travesti joué avec beaucoup de naturel par Fabrice LOTOU qui paraît le plus libre. Quant à Arlequin, l’excellent Alexandre Levasseur sa grossièreté comique laisse percer l’ironie de Marivaux à l’égard des complications que se créent tous ces personnages.

L’issue de la pièce est heureuse mais nous pourrions nous demander s’il ne s’agit pas encore d’une mascarade. Plusieurs cœurs se sont trouvés incendiés, celui de la Princesse qui n’a droit qu’à un mariage de raison, celui de Frédéric démasqué.

Le metteur en scène Daniel MESGUICH ne porte pas de jugement, il donne à voir un bijou nommé désir qui brille de tous ses feux mais est terni par plusieurs incendies. C’est éloquent, violent, réflexif, c’est la passion qui couve derrière un regard profondément rêveur.

Paris, le 28 Mars 2016                                 Evelyne Trân

Le Dernier Jour d’un(e) condamné(e) de Victor Hugo au THEATRE DE L’ESSAION – 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS – Du 4 Avril 2016 au 31 Mai 2016 – Lundis et mardis à 21h30 –

 

LUCILLA

Auteur : Victor Hugo   Mise en scène : Pascal Faber et Christophe Borie

 Distribution : Lucilla Sebastiani

Le dernier jour d’un condamné à mort pourrait bien figurer l’épine dorsale de l’oeuvre de Victor Hugo. Parce que paradoxalement, il s’agit d’un hymne à la vie. Victor Hugo avait 28 ans lorsqu’il a écrit ce texte . L’homme qui parle dans son cachot en attendant le couperet n’est qu’un humain au sens le plus littéral. Faut-il qu’il soit acculé à la dernière extrémité pour rendre grâce à la vie ?

L’humain condamné est jeune et sain, en pleine force de l’âge. La vie qu’il sent en lui, on est en train de lui dire qu’au nom de la loi, on va l’arrêter. Qui ça on, des juges, des bien pensants, qui tiennent pour rien l’arbre de vie que représente son corps – Vous allez me tuer en pleine chair pensante, crie cet humain, vous allez me tuer vivant alors que je suis déjà mort pour vous, parce que ceux qui condamnent à mort n’entendent pas la vie. –

A travers le regard de cet humain qui n’a plus que quelques semaines à vivre, Victor Hugo dénonce, l’attitude inique des juges qui se retranchent derrière l’écriteau de la loi. Que peuvent ils faire d’autre d’ailleurs ? Faut-il qu’une sentence de mort mette fin aux troubles de la pensée, au doute. – Oui, maintenant que cet homme a été condamné, nous pouvons arrêter de penser à cet homme criminel. Qui prouve d’ailleurs qu’il fût un homme, il n’existe plus, nous l’avons effacé . Seul le tranchant un peu rouillé de la guillotine pourrait rappeler notre geste . 

Le souvenir d’une exécution publique d’un condamné ne s’est jamais effacé de l’esprit de Victor Hugo qui a combattu sa vie durant pour l’abolition de la peine de mort. Le journal d’un condamné à mort est un témoignage ulcéré de la part d’un homme qui se demande comment rester humain dans une société aveugle, devenue une bête humaine lorsqu’elle crie “A mort” pour réclamer la tête du criminel.

Il s’agit d’un texte fort qui a du ventre, des tripes. Qui mieux que Lucilla SEBASTIANI peut mettre en valeur ce texte en chair et en os. Car il faut de l’étoffe pour incarner cette condamnée qui parle de la vie d’une façon si lumineuse. Impossible d’oublier la prestation de cette comédienne et la mise en scène de ce spectacle.

Parce que c’est extraordinaire de ressentir comment la présence d’un seul être peut remplir l’espace qu’il soit celui d’une chambre ou d’une geôle. Plus que les chaines, ce sont les ailes de cette condamnée qu’entendent éclairer les metteurs en scène, Pascal FABER et Christophe BORIE, des ailes qui fouillent la vie, de façon sensuelle, à même le sol, à même une marelle où s’écrit à la craie la vie contre vents et marées.

Il faut cette incarnation du roman de Victor Hugo pour comprendre combien il est brûlant, actuel, universel.

Et puis, il faut le reconnaître c’est émouvant d’entendre dire ce texte par une femme, de l’entendre en tant que mère évoquer sa fille Marie. Extraordinaire Victor Hugo capable de se mettre aussi bien dans la peau d’un homme ou d’une femme, nous pensons à Lucrèce Borgia, toujours à la recherche de sa vérité, qu’elle soit obscure ou palpable.

Avec un tel spectacle, il y a le risque de se retrouver face à soi même, mais ce risque d’être touché corps et âme au théâtre, vaut tous les déplacements !

Paris, le 18 Juillet 2015,

Mis à jour le 27 Mars 2016                      Evelyne Trân

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SACRÉ, SUCRÉ, SALÉ dans le cadre du cycle PAROLES DE FEMMES au THEATRE DE L’AQUARIUM à A LA CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Route du Champ de Maneuvre PARIS – du 8 au 26 mars 2016 / durée 1 h – du mardi au dimanche à 19h 15

 

 

sacre bis

> dans le cadre du cycle Paroles de femmes

VOIR LE TEASER

texte, conception et jeu Stéphanie Schwartzbrod
avec des extraits de Gabbatha de Fabrice Hadjadj et Le repas de Valère Novarina

mise en scène Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

collaboration artistique Michel-Olivier Michel, lumière François Pierron, son Éric Sesniac, vidéo Raphaël Récamier, fenêtre Damien Caille-Perret, régie Emmanuelle Phelippeau-viallard, régie d’accueil Mustafa Benyahia, administration Danièle Gironès, diffusion Emma Cros

Bourlinguer, bourlinguer à travers quelques recettes de cuisine originaires de cultes ou traditions religieuses aussi bien judaïques, chrétiennes que musulmanes, c’est la pari de Stéphanie SCHWARTZBROD qui n’entend pas faire acte de prosélytisme , mais plutôt d’exploratrice des secrets d’histoire, de mythes ou de légendes qui accompagnent certains plats lors de fêtes religieuses.

On les appelle païennes, les fêtes qui célèbrent plusieurs dieux, et tout simplement religieuses celles qui ont pour origine les croyances monothéistes.

Le spectacle de Stéphanie SCHWARTZBROD s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux athées, parce qu’il n’est pas besoin d’être adeptes d’une quelconque religion pour croire à quelque chose .

Stéphanie SCHWARTZBROD croit aux vertus et aux pouvoirs des aliments que les hommes depuis la préhistoire associent à leur vie quotidienne, à la médecine, aux joies de vivre.

Que certaines recettes aient traversé l’histoire, qu’elles se soient attachées à quelques événements historiques marqués par les religions monothéistes, est révélateur des rapports à vrai dire complexes que l’espèce humaine entretient avec la nourriture.

Parce que l’être humain, nous dit-elle, cherche à donner un sens aux aliments comme si, de tout temps confronté à cette transformation de l’aliment en excrément, il voulait conjurer cette réalité peu valorisante.

C’est donc transformée en cuisinière que Stéphanie SCHWARTZBROD devient conteuse à travers un inventaire de quelques recettes qui frappent l’aile du calendrier comme autant de signaux culinaires affectifs.

C’est le manger ensemble que célèbre cette cuisinière. N’oublions pas que les ancêtres des religions monothéistes avaient leurs Dieux, et notamment Dionysos.

Il semble bien s’être invité au spectacle de Stéphanie SCHWARTZBROD, lui avoir insufflé sa gaîté, son exubérance, son sens de la convivialité.

En véritable bateleuse, elle fait le compliment de multiples plats de fêtes, nourris d’histoires et de légendes tandis que s’échappe le fumet de la chorba qui cuit sur scène tout le long de son spectacle.

Des recettes ensorcelantes ? C’est bien possible, mais oui, nous n’avons pas besoin de nous dire musulmans pour apprécier la chorba. Ne nous voilons pas le gosier nous dit Stéphanie SCHWARTZBROD, sachons goûter la nourriture pour ce qu’elle est, un outil récréatif du palais, prosaïque et pourquoi pas spirituel !

Paris, le 26 Mars 2016                           Evelyne Trân

« Prière de ne pas détruire ». Déambulation chorégraphique au Musée du Louvre (salles Antiquités Orientales) présentée par Tatiana Julien le Vendredi 18 mars 2016

DOSSIER DE PRESSE_DANCING MUSEUMS

Dancing Museums 11 (crédit Marie Pons)

 

Dans le cadre du projet de coopération européenne « Dancing museums » qui rassemble 5 structures de danse et 8 musées d’Europe, Tatiana JULIEN a invité les visiteurs du département des Antiquités orientales à une sorte de lâcher prise sensorielle, à travers cette figure de mer montante exprimée par l’avancée de quelques danseurs au milieu de la foule, venus telle une nappe de lumière impromptue, poser leurs émotions, sur le sol, sans d’autre conjecture que celle de se fondre dans le regard aussi bien des spectateurs que celui intrigant des imposantes statues mésopotamiennes.

Il ne s’agit pas d’un spectacle de danse, mais bel et bien d’une déambulation chorégraphique de quelques danseurs amateurs entraînés par des chorégraphes professionnels, qui viennent à la rencontre d’œuvres d’art chargées de leurs mystères, de leur stature immémoriale, de la façon la plus humble qui soit, à travers quelques gestes insoumis, ceux de leurs corps qui ont cette gageure, cette possibilité de caresser l’éternité, à travers ce babil de l’instant, pour une trajectoire d’émotions aléatoires, incontournables, mesurées, démesurées, nul ne le sait. Il y a juste cette étonnante conversation muette entre les danseurs et les éclairs de pensées qui jaillissent de ce lieu de mémoire, insondable, bouleversant.

Dancing Museums 12 (crédit Marie Pons)Dancing Museums 13 (crédit Marie Pons)Les figures qu’exécutent les danseurs habillés comme n’importe quel visiteur, peuvent apparaître sommaires comme la danse de l’escargot, mais c’est cette simplicité qui souligne cette proximité avec le spectateur lequel s’il avait la place pourrait avoir envie de danser lui même, invitant à son tour son corps à s’exprimer, à sonder l’espace et ce temps mobile, à se poser la question s’il n’est pas lui même interrogé, deviné par ces créateurs d’une autre époque, d’un autre monde.

Toute émotion est unique, celle qui s’est produite au Louvre, ce vendredi 18 mars 2016 a célébré de façon humble et amoureuse, un rendez vous avec les artistes mésopotamiens et des danseurs d’aujourd’hui, visiteurs compris qui ne cessent eux de danser avec leurs yeux, et le Louvre partenaire de l’esprit de la danse a souri à travers le regard du public, heureux, si heureux de ne pas se sentir seulement touriste mais participant à part entière à son énergie créatrice.

Paris, le 26 Mars 2016                                       Évelyne Trân

En attendant Godot De Samuel Beckett au THEATRE ESSAION – 6 Rue Pierre au Lard à PARIS -Du 17 Mars 2016 au 4 Juin 2016 Du jeudi au samedi à 21h30

Godot

 Distribution : Philippe Catoire, Vincent Violette ou Guillaume van’t Hoff, Jean-Jacques Nervest, Dominique Ratonnat. 

La salle du Théâtre ESSAION où se donne actuellement « En attendant Godot » à la fois modeste et belle nous paraît tout à fait appropriée pour accueillir cette portion d’humanité imaginée par Beckett qui n’en finit pas de se demander ce qu’elle fout là, en conversant de tout et de rien, histoire de passer le temps.

Il doit y avoir mille et mille manières de monter Beckett, mais celle qu’a choisie Jean-Claude SACHOT nous a réjouis parce qu’elle nous a divertis, émus, sans que nous ayons eu besoin de nous creuser la tête ou de nous la cogner contre les murs.

Les vieilles chaussures qui torturent Estragon en disent aussi long que de grands discours et il n’est peut être pas nécessaire de chercher Midi à 14 heures pour comprendre que nous avons affaire à quelques misérables échantillons de l’humanité auxquels nous pouvons bon gré, mal gré nous identifier.

Dans leur cour de récréation désertique, ces gueux d’Estragon, Vladimir, Pozzo et Lucky, poussent leurs gueulantes en geignant, en s’échappant vers la folie, en réchauffant leurs solitudes par quelques étreintes ou par quelques coups de fouet.

Des échantillons à poil certes, des va-nu-pieds mais qui ont la consistance de nous parler de nos pauvres corps exposés à la maladie, la vieillesse, la dépression, la mort… Cela est si peu gai que cela en devient risible.

Cette désespérance comique, les comédiens l’expriment à fond, et l’on en arrive à se demander si tous ces personnages qui n’ont rien à perdre – sinon en ce qui concerne Estragon et Vladimir attendre Godot – se prennent vraiment au sérieux. De la vie à la comédie, il n’y a qu’un pas. La comédie que se jouent ces personnages leur est inspirée par les tracas de leur condition, par leur sentiment de tourner à rond, comme des ânes.

Il y a ce moment irrésistible où Pozzo qui tient en laisse Lucky lui ordonne de penser. Comme si l’on pouvait ordonner à quelqu’un de penser ! A travers cet ordre infâme résonne déjà toute la folie humaine !

Guillaume van’t Hoff est prodigieux en Lucky atteint de logorrhée.  Philippe CATOIRE et Dominique RATONNAT, respectivement Estragon et Vladimir, à la fois drôles et touchants, par certains aspects rappellent Laurel et Hardy, Jean-Jacques NERVEST est un imposant et inquiétant POZZO. Il y a aussi cette jolie idée de faire jouer le petit garçon par une marionnette très expressive.

Voilà un « En attendant Godot » où l’on ne s’ennuie pas une seconde, heureux de constater que décidément la pièce n’a pas vieilli, n’a pas eu le temps de vieillir. C’est tant mieux pour cette excellente équipe que nous avions déjà appréciée dans « Fin de partie » et que nous applaudissons de plus belle !

Paris, le 21 Mars 2016                            Evelyne Trân

 

 

 

 

ROMANZO TEATRALE IN 8 PUNTATE – I TRE MOSCHETTIERI quando il teatro diventa uno sceneggiato in 8 puntate con 30 attori, 8 registi e 5 drammaturghi – IV PUNTATA – EPISODIO IV – di Ettore Capriolo / regia Myriam Tanant – Dal 17 al 23 marzo – TEATRO ASTRA – TURINO –

 

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Les Trois Mousquetaires quand le théâtre devient un feuilleton télévisé en 8 épisodes avec 30 acteurs, 8 metteurs en scène et 5 dramaturges.

VIDEO & TRAILER

BACKSTAGE SCHERMA https://www.youtube.com/watch?v=L21vGaNeZPk

DICHIARAZIONI PROIETTI https://www.youtube.com/watch?v=mN0z1dOk-AM

TRAILER https://www.youtube.com/watch?v=wbyVO0haW-M

Interview expresse Beppe NAVELLO

Di Alexandre Dumas    testo Ettore Capriolo

TROIS MOUSQUETAIRES

coordinamento drammaturgico Andrea Borini   regia Myriam Tanant

regista assistente Lia Tomatis

con Luca Terracciano, Alberto Onofrietti, Diego Casalis, Matteo Romoli, Maria Alberta Navello, Sergio Troiano, Daria Pascal Attolini, Alessandro Meringolo, Stefano Moretti, Gianluigi Pizzetti, Marcella Favilla, Antonio Sarasso, Fabrizio Martorelli, Vincenzo paterna, Domenico Macrì, Matteo Anselmi, Giacomo Mattia, Andrea Romero, Francesco Gargiulo, Maria Josè Revert, Michela Di Martino, Valeria, Giuseppe Nitti, Riccardo De Leo, Bruno Pennasso, Michele Carli

scene e costumi Luigi Perego   con l’assistenza di Luca Filaci

musiche Germano Mazzocchetti   al piano Alessandro Panatteri

progetto luci Gigi Saccomandi     scenografo collaboratore Francesco Fassone

costumista collaboratrice Augusta Tibaldeschi

allestimento scenografico realizzato in collaborazione con TEATRO RE

C’est en 1844, sous le règne de Louis Philippe en France, que les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas entrèrent en scène, la scène de la littérature, en tenant en haleine durant plusieurs mois, les lecteurs du Journal quotidien Le Siècle, captivés par leurs aventures extraordinaires, à l’époque de Louis XIII et du Cardinal de Richelieu.

Quelle audace tout de même que celle d’Alexandre Dumas de mettre en scène des personnages historiques tels que Richelieu, Anne d’Autriche, Louis XIII, le Duc de Bickingham, bousculés par des personnages de fiction,  les Trois Mousquetaires, Athos, Porthos et Aramis et le fameux d’Artagnan (inspiré d’un réel d’Artagnan) pour mettre en perspective une période trouble de l’histoire de France, notamment le siège de la Rochelle.

La fusion entre les protagonistes historiques et les personnages de fiction est telle que si quelqu’un s’aventurait à dire que les trois mousquetaires n’ont jamais existé, nous le croirions pas.

Le savant mélange entre récit historique et récit d’aventure permettait d’attiser la curiosité du lecteur, de l’instruire tout en le divertissant.

Nous savons qu’Alexandre Dumas fortifié par le succès de ce roman feuilleton en fit lui même une adaptation théâtrale et que des metteurs en scène français de renom tels que Roger Planchon, Marcel Maréchal etc. l’ont également adapté pour le théâtre. Mais nous n’imaginions pas que la renommée des Trois Mousquetaires ait pu s’étendre jusqu’en Italie. C’était sans compter sur cet ambassadeur des lettres françaises Beppe Navello, fervent admirateur des Trois Mousquetaires depuis l’adolescence, qui a réussi à insuffler sa passion, à huit metteurs en scène (dont lui même) qui assurent les mises en scène de huit épisodes de ce roman fleuve au Théâtre ASTRA durant une saison qui a commencé en Janvier et se termine en mai.

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Pour cette entreprise extraordinaire, il a fallu transformer le théâtre Astra, recréer complètement sa scénographie afin de permettre au public installé de façon bi frontale, de se trouver de plain pied avec les comédiens, et de se projeter complètement dans le 17ème siècle grâce aux façades de la Place des Vosges en toile peinte.

Un véritable chantier qui a demandé la création de 96 costumes, 585 MÈTRES DE TISSU ,700 M2 DE SURFACE SCÉNIQUE, 1500 M2 DE TOILE PEINT etc et qui donne surtout l’opportunité à 8 metteurs en scène (de France, Italie, Pologne) 5 dramaturges, 38 acteurs, 25 collaborateurs, 11 techniciens de partager leurs talents durant 5 mois.

La durée du spectacle est certes une gageure mais le pari est gagné, puisque les Trois Mousquetaires vont afficher « complet » jusqu’au mois de Mai. Beppe NAVELLO particulièrement concerné par la précarité des conditions de travail des comédiens, ne peut que s’en réjouir car c’est avec un cœur d’Artagnan qu’il a mobilisé ses troupes.

Nous avons pu assister au 4ème épisode « L’affaire des ferrets de la Reine » mis en scène par Myriam TANANT, dramaturge, metteure en scène également d’opéra, qui a travaillé avec Giogio STREHLER dont elle fut l’assistante au Théâtre de l’Odéon.

Un épisode bien entendu spectaculaire, au cours duquel d’Artagnan part à Portmouth rejoindre le Duc De Buckingham récupérer les ferrets de la Reine, où l’on assiste au fameux bal où la Reine doit exhiber sa parure etc . La voyage en bateau est figuré de façon incroyable grâce à de gigantesques voiles de part et d’autre de la scène qui flottent au vent. A l’heure du bal, les spectateurs qui se trouvent face à face peuvent endosser leurs propres masques dorés. Les tableaux hauts en couleurs sont agrémentés de combats de cape et d’épée et les mousquetaires qui circulent sur des chevaux à trottinettes, chantent à cœur joie des hymnes à la liberté.

Une mise en scène festive servie par d’excellents comédiens, qui est un véritable régal pour l’œil, extrêmement vive et sans aucune surcharge, juste ce qu’il faut pour évoquer par clins d’œils, le palais de Buckingham, un petit lupanar, les échaffourées, les intriques, de façon cocasse.

Nous voilà terriblement envieux du public Italien qui va pouvoir poursuivre les aventures de ces trois mousquetaires jusqu’au mois de Mai, mais rien n’est impossible aux amoureux du théâtre, qu’ils se le disent, Turin n’est juste qu’à quelques chevauchées de la France, les trois mousquetaires en dignes ambassadeurs de Dumas les attendent de pied ferme, Dumas qui rappelons le combattit auprès de Garibaldi et dirigea même un journal italien, L’Indipendente.

N’en doutons pas, c’est aussi la fibre italienne de Dumas qui résonne en ce moment au Théâtre ASTRA de la façon plus chaleureuse, la plus authentique, grâce à ce fantastique roman feuilleton théâtral, unique en son genre !

Paris, le 21 Mars 2016                                     Evelyne Trân

18-24 febbraio

I PUNTATA Regia di Beppe Navello

27 febbraio-4 marzo

II PUNTATA Regia di Gigi Proietti

8-13 marzo

III PUNTATA Regia di Piero Maccarinelli

17-23 marzo

IV PUNTATA Regia di Myriam Tanant

29 marzo-3 aprile

V PUNTATA Regia di Andrea Baracco

6-12 aprile

VI PUNTATA Regia di Robert Talarczyk

15-21 aprile

VII PUNTATA Regia di Ugo Gregoretti

26 aprile-1 maggio

VIII ed ultima PUNTATA Regia di Emiliano Bronzin

 

SACRÉ, SUCRÉ, SALÉ dans le cadre du cycle PAROLES DE FEMMES au THEATRE DE L’AQUARIUM à A LA CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Route du Champ de Maneuvre PARIS – du 8 au 26 mars 2016 / durée 1 h – du mardi au dimanche à 19h 15

Stéphanie

> dans le cadre du cycle Paroles de femmes

VOIR LE TEASER

texte, conception et jeu Stéphanie Schwartzbrod
avec des extraits de Gabbatha de Fabrice Hadjadj et Le repas de Valère Novarina

mise en scène Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

collaboration artistique Michel-Olivier Michel, lumière François Pierron, son Éric Sesniac, vidéo Raphaël Récamier, fenêtre Damien Caille-Perret, régie Emmanuelle Phelippeau-viallard, régie d’accueil Mustafa Benyahia, administration Danièle Gironès, diffusion Emma Cros

Stéphanie Schwartzbrod nous fait voyager d’une religion monothéiste à l’autre et, de manière inattendue, c’est en décrivant les rites culinaires si différents de chacune d’elles qu’elle accomplit la prouesse de mettre en évidence ce que ces religions ont en commun.

Le spectacle « Sacré, sucré, salé » est-il  une invitation à participer à la préparation d’un repas ou une invitation  à s’y préparer soi-même ?

Stéphanie Schwartzbrod tisse progressivement entre elle et son public un lien spirituel et fruitif qui nous fait oublier qu’elle est seule en scène.

La fin du spectacle pourrait vous paraître arriver trop vite, alors prenez le temps de savourer la chorba qui vous est servie gracieusement, ainsi la traversée du bois de Vincennes que vous devrez entreprendre pour rentrer chez vous ne se fera ni l’âme en peine ni le ventre vide.

Paris, le 18 Mars 2016                             Michel TOURTE