La valse du hasard de Victor Haïm au Studio HEBERTOT 78 bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris du 05 janvier au 13 mars 2016 du Mardi au Samedi à 19 Heures, le Dimanche à 17 Heures.

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Mise en scène

Patrick Courtois  Carl Hallak

Avec

Patrick Courtois  Marie Delaroche

La valse du hasard, ce n’est pas tout à fait le big bang de l’univers ni le sac de nœuds imaginé par David BOWIE, ni le jeu de l’oie, ni l’histoire d’une pauvre araignée suspendue au bout de son fil, ni, ni et ainsi de suite… C’est un exercice de style à deux personnages où deux pions, un dominé et un dominant doivent pendant un certain temps avant d’expirer ou de s’essouffler, se délester de leurs énergies affectives pour mettre à nu leur moi vibrant qui titille leurs méninges.

Le scénario est simple, un ange reçoit une jeune morte et lui fait passer des tests d’évaluation lui permettant de décider si celle ci est apte soit pour l’enfer, soit pour le paradis.

Pour une fois qu’on s’intéresse à elle, LA FEMME, qui ça on, L’ANGE, une créature du Bon Dieu ! De bonne grâce, la jeune morte, encore choquée par son accident, se résout à formuler quelques confidences sur sa vie à l’instigation de cet ange qui manifeste un malin plaisir à la déstabiliser pour lui tirer les vers du nez. La carotte c’est la sortie, avec une belle étiquette sur le front, gagnant ou perdant.

De toute évidence, Victor HAIM s’amuse dans cette valse du hasard où les régles du jeu sont pipées dès le départ par l’appréciation d’un juge attribuant de bonnes ou de mauvaises notes à la pauvre femme, suivant ses humeurs.

Qu’est-ce à dire sinon que tout un chacun est soumis au cours de sa vie au bon vouloir d’un quidam alors même que son destin est en jeu. Ainsi le poste où vous vous êtes porté candidat va dépendre de celui qui vous reçoit en entretien d’embauche, votre aptitude à travailler du visa du médecin de travail, votre réussite à un examen oral de l’indulgence ou sévérité d’une examinateur etc.

C’est révoltant mais c’est comme ça. Néanmoins, quelqu’un qui a un peu vécu, finit par entrevoir que la course d’obstacles d’une vie appelée désir, n’est pas tant déterminée par le bon vouloir d’un quidam que par le temps . L’être humain étant mu par une force du désir incontrôlable, il faut bien que la nature lui ménage quelques freins. Le maître mot c’est l’adaptation, la capacité d’adapter son moteur à son environnement. A ce propos, Victor HAIM – qui pourrait fort bien jouer le rôle de l’ange – fustige les lieux communs dans cette scène cocasse où la pauvre femme est obligée d’en vomir quelques uns pour redevenir propre.

Mais pourquoi donc l’ange s’intéresse t-il tant à cette femme ? Sans doute parce qu’immunisé par son immortalité virtuelle, il est touché par sa vulnérabilité, par le sentiment que quoiqu’elle dise sur sa vie, c’est la manière dont elle s’exprime qui importe, son ressenti qui échappe en réalité à tout jugement de valeurs.

Une sorte de chantage affectif s’instaure entre l’ange et la femme, le pompon de la bonne réponse ne servant qu’à exacerber le désir de la femme d’exister, d’affirmer son existence face aux dictats de cet ange énigmatique, une sorte de père idéalisé que toute fille dans ses fantasmes, encore un lieu commun, rêve de séduire.

L’ange interprété par Patrick COURTOIS à la mine chafouine, est aussi truculent qu’un moine défroqué, et la femme jouée par Marie DELAROCHE, frémissante de féminité, est très émouvante.

Sur scène, un empilement de valises usées jusqu’à la corde suggère la bonne pâte de nos bons vieux clichés sur les portes de paradis ou d’enfer . Aspect vieillot qui fait songer aux étiquettes effacées et humides qui résistent sur les bouteilles de vin en cave.

Mais c’est une bonne bouteille que cette valse du hasard . Il faut la goûter presqu’à jeun (vomir ses lieux communs) pour se laisser doucement gagner et enivrer par les vapeurs de la femme, juste le temps de croire voir passer un ange, assurément  !

Paris, le 17 Janvier 2016                              Évelyne Trân

VICTOR F. d’après le roman Frankenstein de Mary Shelley du 5 au 24 janvier 2016 / création au Théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie de VINCENNES Route du Champ de Manoeuvres, 75012 Paris du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h – Tél. 01 43 74 72 74

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d’après le roman Frankenstein de Mary Shelley

texte et mise en scène Laurent Gutmann

scénographie Alexandre de Dardel, costumes Axel Aust, lumière Yann Loric,
son Estelle Gotteland

avec Éric Petitjean, Cassandre Vittu de Kerraoul, Luc Schiltz et Serge Wolf

Après tout Victor Frankenstein n’était qu’un homme ! Pauvre exclamation qui risque de laisser sur leur faim les amateurs de films d’horreur et ceux qui confondent le créateur d’un monstre avec sa créature.

Mary SHELLEY a écrit FRANKENSTEIN il y a deux siècles, presque au coin du feu, raconte-t-elle, pour combler l’ennui de quelques soirées d’hiver entre amis lors d’un séjour en Suisse. C’est alors qu’elle eut l’idée lumineuse de coupler ses informations scientifiques avec ses propres lectures d’histoires allemandes de fantômes.

Les adaptations cinématographiques du roman, ont mis l’accent sur l’aspect fantastique du scénario. Que se passerait-il si l’homme à l’instar du créateur était capable de créer une créature dérivée de lui-même ? Mary SHELLEY imagine que la créature qui ne peut être qu’un monstre se révolte contre son créateur qui le renie parce qu’il considère avoir complétement raté son objectif celui de créer un humain immortel, fort et lumineux, libéré de toutes les vicissitudes humaines marquées par la souffrance, la peur etc.

 Ainsi sans le savoir Mary SHELLEY soulève un lièvre, celui de l’eugénisme (prôné par les nazis) qui fait débat et questionne les manipulations génétiques actuelles et à venir des savants sur les embryons d’animaux et humains.

 Il est probable que les savants d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec la folie anxieuse du savant Frankenstein particulièrement captivante dans le roman de Mary SHELLEY. L’ombre de cette folie plane tout le long du récit parce que l’auteure entend permettre à « l’imagination de cerner les passions humaines de manière plus complète et plus riche qu’un enchaînement de faits réels ».

Bizarrement, l’adaptation théâtrale du roman par Laurent GUTMANN va délibérément à contrepied de cette visée, espérant sortir du brouhaha confus de la conscience du savant une figure du monstre plus objective, plus adaptée au contexte de notre époque d’esprit hélas, mais ce n’est qu’un point de vue,  plus matérialiste,  en tout cas, très éloignée du romantisme gothique de Mary SHELLEY, épouse du célèbre poète Percy SHELLEY ami du scandaleux et ténébreux Byron.

Visuellement, la créature du monstre est très réussie, elle peut frapper l’imagination par son caractère avenant à la façon d’un masque de théâtre, de grosse tête de carnaval à qui il ne manque qu’un fouet.

Le décor restituant un paysage de montagne dans les environs de Genève est rutilant de couleurs, magique à souhait. C’est dans ce décor merveilleux mais glacé que Victor F, son ami aveugle, sa dulcinée et le monstre errent comme des pantins. La glace va-t-elle se fissurer pour laisser place au procès qui appelle à la barre Victor F jugé pour les meurtres de ses amis, commis par sa créature ?

Il appartient aux spectateurs d’en juger à la faveur de cette proposition déconcertante qui entend ouvrir le débat, en humanisant la créature de Victor F. Il est dit que Dieu créa l’homme à son image. Conclusion,  les hommes ne risquent-ils pas de créer des monstres à leur image ?! Quel danger ! Car l’homme qui n’a pas encore vaincu la mort ne sait pas non plus se regarder dans un miroir !

Paris, le 11 janvier 2016               Evelyne Trân

 

 

Un beau ténébreux de Julien Gracq / Matthieu Cruciani / Cie The Party à la COMEDIE DE SAINT ETIENNE du mar. 5 au ven. 8 janvier / 20 h

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Photo Jean Louis FERNANDEZ

de Julien Gracq

adaptation et mise en scène Matthieu Cruciani

avec Sharif Andoura, Clara Bonnet*, Émilie Capliez, Frédéric de Goldfiem,  Pierre Maillet, Maurin Olles*, Pauline Panassenko*, Manuel Vallade

dramaturgie Yann Richard
scénographie Marc Lainé
lumière Bruno Marsol
son Clément Vercelletto
vidéo Jean Antoine Raveyre
costumes Véronique Leyens
régie générale Arnaud Olivier
décors et costumes Ateliers de La Comédie de Saint-Étienne

production La Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national / Compagnie The Party – Compagnie associée / Théâtre Dijon Bourgogne – Centre dramatique national
coproduction Centre dramatique national de Haute-Normandie, Rouen

Cet écrivain énigmatique, Julien GRACQ dont le nom résonne dans la bouche de façon ensoleillée et montante comme un chemin de montagne à parcourir, est un véritable compagnon de voyages. Le titre de son roman « Un beau ténébreux » dont il commença l’écriture en 1941 alors qu’il était prisonnier dans un camp, opère comme une apparition, et c’est dans notre imaginaire, Julien Gracq lui même qui surgit.

Dans un hôtel en bordure de mer appelé banalement « Les Vagues » de jeunes vacanciers riches, dégagés de toute préoccupation matérielle ou professionnelle, se trouvent livrés à eux mêmes. Jacques le narrateur s’ennuie, les états d’âme de la jeune bande ne suffisent plus à occuper son esprit . L’arrivée d’un couple extraordinaire, selon lui, vient mystérieusement jeter le trouble dans cet hôtel calme et sans histoires.

C’est la forte personnalité d’Allan dont les propos ont les accents ténébreux d’un Lautréamont, d’un Rimbaud ou de Byron qui déroutent les vacanciers et notamment Jacques fasciné par la beauté de l’épouse d’Allan, Dolorès. Tout le monde s’inquiète de la raison de leur présence dans un lieu si paisible.

Le roman a l’étoffe d’une véritable tragédie sauf que contrairement aux tragédies raciniennes ou cornéliennes, la fatalité n’est pas mise en cause. Nous le saurons, le couple a rendez vous avec la mort parce que les deux époux se sont promis de se suicider. Personne ne le sait mais quelque chose transpire du comportement de couple qui trouble le narrateur au plus profond de lui même.

Parole de jeune, rêve exalté. Parce qu’il a décidé de mourir, Allan a pu croire que s’ouvrait devant lui la possibilité de tout vivre en toute liberté . Ce ne sera pas le cas parce que son secret se révèle trop lourd, donnant une importance à la mort que les autres ne peuvent entendre.

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Photo Jean Louis FERNANDEZ

Défi orgueilleux de celui qui lève son verre à la vie, à la mort. Allan n’est pas un kamikaze, mais il croit peser le prix de la vie en affrontant la mort. Le prix, c’est aussi le regard des autres, leur suspicion, leur incompréhension, leurs peurs, leur amour ou leur haine.

Dans ce roman où l’œil semble vouloir toujours toucher les silences, il y a les traversées fulgurantes des monologues des personnages qui éclaboussent comme de hautes vagues, trahissant la jeunesse des protagonistes, celle de Christel, fragile parce que trop ardente, celle de Dolorès trop belle, celle d’Allan, exalté, celle de Jacques trop curieux.

La force incantatoire des monologues et dialogues du texte, nous la découvrons de façon tout à fait inattendue grâce à l’adaptation et mise en scène de Matthieu CRUCIANI. C’est une révélation d’éprouver que la langue de Gracq si poétique et réfléchie à la fois, puisse, incarnée par de grands comédiens, révéler sa puissance émotionnelle.

Les mots chez Gracq sont pleins, tels quels ils traversent les corps, ils ont été traversés par eux, ils sont ouverts aux sortilèges de Rimbaud qu’évoque le narrateur.

Sortilèges et fantômes, toute cette nuit fabriquée par les songes sont-ils ceux que renvoient les paysages mouvants, sombres, inquiétants , très suggestifs, en fond de scène tels des paraphrases des âmes tourmentées de ces jeunes gens.

A dessein, la scénographie est dépouillée, juste quels bancs de sable, des tables et des chaises, tant il est vrai qu’il n’est pas besoin de se substituer à l’imaginaire de Gracq qui découle de sa langue propre.

Gracq dût être « un beau ténébreux » à sa façon, invisible, élégante, mais jamais sournoise. Dans ce spectacle, toute l’équipe rend hommage de façon vibrante à un auteur réputé difficile, mettant en lumière, l’éclat de son style.

Jeunesse insolente aux portes de la nuit, instinct de vie et de mort à la fois. Jolie gamme de mélancolie exaltée et pénétrante aussi captivante qu’une vague qui avance. Il s’agit d’émotions presque convulsives, sortilège d’une eau qui n’est jamais endormie chez Gracq et sur laquelle marchent radieusement les interprètes Sharif ANDOURA, Clara BONNET, Manuel VALLADE, Emilie CAPLIEZ, Frédéric de GOLDFIEM,  Pierre MAILLET, Maurin OLLES, Pauline PANASSENKO. Remercions les !

Paris, le 11 Janvier 2016                              Evelyne Trân

 

Et en tournée 2015 / 2016

2 et 3 février 2016 – Centre dramatique national de Haute-Normandie, Rouen* / réservations : 02 35 03 29 78

10 février 2016 – Le Dôme Théâtre, Scène conventionnée d’Albertville / réservations : 04 79 10 44 80

du 10 au 13 mars 2016 – Les Ateliers, Lyon – en coréalisation : Célestins, Théâtre de Lyon, Théâtre Nouvelle

Génération – Centre dramatique national / réservations : 04 78 37 46 30

du 27 au 29 mai – Festival Théâtre en mai – Théâtre Dijon Bourgogne – Centre dramatique national /

réservations : 03 80 30 12 12

 

ARTAUD TOTEM avec Marc-Henri LAMANDE, le mercredi 9 décembre 2015 à 21h au Théâtre de la Reine Blanche – passage Ruelle 75018 PARIS

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UNE CRÉATION DE MARC-HENRI LAMANDE ET ANTOINE CAMPO

« Antonin Artaud aura 120 ans en 2016. Nous préparons activement la fête avec des feux de musique, des bengales de mots et des chants d’images. Soyez les premiers à venir célébrer l’immense Artaud qui nous interroge plus que jamais sur le présent éternel de cet art nommé théâtre. Cette création aurait pu s’intituler Artaud et son double. Marc-Henri Lamande donne à entendre la voix mais aussi l’humour, il incarne l’artiste qui fit don de sa vie à la création poétique et théâtrale. »

 Distribution :

MARC-HENRI LAMANDE, PIANO IMPROVISÉ ET INTERPRÉTATION

ANTOINE CAMPO, MISE EN SCENE, SCÉNO ET LUMIÈRES

FILM : SANDRINE ROMET-LEMONNE, ASSISTÉ DE JÉRÔME JAVELLE

CRÉATION PHOTOGRAPHIQUE : STUDIO CAMPO ET BURCKEL

CHORÉGRAPHIE : KATHY MÉPUIS

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Photo J.M. BLANCHE

Un bel hommage a été rendu à l’homme ARTAUD, au Théâtre de la Reine Blanche par Marc-Henri LAMANDE et ses amis.

C’est toute la lumière intérieure d’Artaud qui inspire l’interprète pour une récréation affective, improvisée, ouverte aux cheminements d’un homme à travers cette chair qu’épaulent les mots, qu’agrippent les pensées comme autant de feuilles de branches au-dessus de la tête, bouleversent le corps tout entier.

marc henri sous le piano

Photo J.M. BLANCHE

Marc-Henri Lamande danse, frotte son corps contre le sol, se faufile sous le piano comme un enfant qui veut tout découvrir, humer, respirer.

Curieuse sensation de braise dans une forêt humide, les pensées d’Artaud extra-lucides prolongent notre regard, le poussent à lever les obstacles de l’obscurité pour se laisser éblouir.

Artaud était extrêmement sensitif, il entendait soulever la pierre trop lourde de la douleur pour autre chose.

Quand les pensées, les paroles deviennent gestes, il ne faut plus essayer de comprendre mais plutôt éprouver le bonheur de se deviner.

MARC HENRI ET LE LIVRE ACCORDEON

Nous entendons Artaud et ses destinataires se deviner à travers leurs correspondances, le témoignage fantastique d’Alain GHEERBRANT qui assista à l’enterrement d’Artaud, l’impressionnant documentaire de Marc-Henri LAMANDE qui raconte le calvaire d’Artaud pendant ses années de déportation en asile, et aussi à travers ses conférences sur le théâtre.

Et puis soudain le poème se fait chair, il parle contre un mur, il devient un arbre étonné qui vibre et sourit de toutes ses branches, éclairant la figure d’Artaud, d’un halo de tendresse !

Magnifique rencontre avec ARTAUD, émouvante, gracieuse, imaginative, heureuse !

Paris, le 2 Janvier 2015                               Evelyne Trân

 

 

PROMESSE A LA POUSSIERE – UNE PIECE DE THEATRE DE DASHIEL DONELLO – EDITEE AUX EDITIONS EDILIVRE –

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Photo E. Trân

Est-il possible que la mort prenne le visage d’un être aimé ? Des temps silences qui s’ouvrent, balbutient l’impossible. Le poète enfouit son visage dans ses mains, il converse avec cet impossible, le sien, se laissant assaillir par tout un corbillard de souvenirs dans lequel trône la figure idéale de sa bien aimée . Qui ne se souvient lors d’une promenade dans un cimetière avoir surpris de loin un homme ou une femme, seuls, vaquer autour d’une tombe, et s’être caché pour ne pas porter atteinte à l’intimité de cet homme ou de cette femme ?

Le long cri poème de Dashiell DONELLO m’évoque de façon lumineuse, de façon quasi transparente, les transports de ces inconnus qui parlent à des êtres invisibles venus à leur rencontre.

« C’est difficile l’incarnation » dit le poète. Il y a et surtout des douleurs, des solitudes, des désespoirs absorbés par nos paysages qui trouvent refuge peut-être – le sait-on – dans la beauté d’une montagne muette, qui sollicitent notre regard sans que que l’on sache pourquoi. Est-ce possible, cette fleur sur un balcon touchée par un rayon de soleil et au même instant le mouvement du visage d’une femme qui tire le rideau ? Cette femme nous a certainement regardés sans que nous soupçonnions sa présence et elle peut tout être dans un seul éclair fugitif, perçue par hasard par un quidam sur le trottoir.

Tout être avec cet organe de la parole qui se relève invisible qui crée ses propres mouvements parce qu’elle a pris naissance on ne sait où, on ne sait comment, et pourquoi ?

Dashiell DONELLO a écrit « Promesse à la poussière » pour le théâtre. Il s’agit d’une pièce d’une délicatesse extrême, exigeante.Je retiendrai cette phrase « Combien de ces Untel ont gardé secrètement en eux mêmes, un « je t’aime » qui aurait tout changé … ».

« Promesse à la poussière» c’est un rêve qui peut s’épancher, s’incarner au théâtre, s’élever, respirer !

Paris, le 1er Janvier 2016                         Evelyne Trân